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Re: HD: Emploi des docteurs : un GROS problème non résolu
On Mon, 18 Oct 2004, J.-F. Moyen wrote:
> -- Si on prend la thèse sous l'angle "un diplôme", il n'y a aucun
> engagement de la part du "formateur" à donner un boulot aux étudiants. Une
> université n'a, par exemple, aucune responsabilité vis à vis de l'avenir
> professionnel des étudiants en DESS ou en maitrise et personne ne va
> réclamer qu'on réduise la taille des promos de maitrise sous pretexte que
> 50 % reste sur le carreau après.
> Un diplôme, c'est pas une assurance de trouver un boulot correspondant
> après --ni même de trouver un boulot, tout court; et c'est encore moins une
> promesse de la part de l'université de procurer des débouchés.
> Quelque part, à chacun de prendre ses responsabilités quand il s'engage
> dans un diplôme, thèse ou autre chose, et de se demander quels en seront
> les débouchés après. Si on s'engage dans un diplôme sans débouchés, faut
> pas venir pleurer qu'on trouve pas de boulot.
Je pense qu'une chose qui serait tout de même en partie de la
responsabilité de l'université (en l'occurrence, des écoles doctorales)
serait d'informer un peu plus les doctorants et les élèves de master
sur les possibilités de débouchés (en prenant en compte le fait
qu'évidemment, la situation peut évoluer pas mal pendant la durée d'une
thèse).
Evidemment, ce serait aussi au doctorant de s'informer par
lui-même, mais c'est loin d'être toujours facile, d'autant plus que les
statistiques sur le devenir des docteurs sont parfois très difficiles à
trouver... Je repense par exemple à une certaine étude de cohorte
figurant me semble-t-il sur le site du ministère (pas facile à trouver)
qui portait sur les qualifiés de 1998 et étudiant leur situation en 2001
après 4 possibilités de candidatures: certaines sections CNU avaient
un taux de recrutés MCF qui était de l'ordre de 10%, même si on ajoute
tous les organismes de recherche ça ne doit pas faire bien lourd...
Est-ce que si les étudiants en master de ces sections étaient au courant
de ces chiffres, il s'en trouverait autant pour vouloir s'engager
en thèse ? Pas sûr... Par ailleurs, je connais des cas de labos
où les gens en place non seulement ne cherchent aucunement à informer les
doctorants potentiels du faible nombre de débouchés, mais au contraire
ont plutôt tendance à tout faire pour esquiver le sujet.
> (fût-ce sous la forme d'une responsabilité morale). Le docteur a bossé pour
> la fac pendant trois ans; la fac l'a salarié et a reconnu ses compétences
> par un diplôme, remplissant une double fonction d'établissement de
> formation, et d'employeur; et on se sépare après trois ans, chacun vit sa
> vie sans plus de responsabilités ou de devoirs l'un envers l'autre.
C'est certes logique. Cela dit, je ne sais pas s'il y aurait autant
de gens prêts à bosser bien plus que 35 heures par semaine, et avec
souvent divers abus (par exemple des moniteurs dans certaines matières
littéraires à qui on colle des cours d'amphi....), en fermant leur gueule,
s'il était clair que dans une proportion non négligeable des cas, leur
thèse aurait à la sortie à peu près autant de valeur qu'un joli bout
de papier...
Cordialement,
Estelle
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