Le rapport Lavroff (Mars 1995)

Ce rapport a ete remis au ministre Fillon par "la commission sur l'evolution du premier cycle universitaire" presidee par Dmitri Lavroff, proffesseur de Droit a Bordeaux-I. La lettree de mission mettait l'accent sur : Les principales recommandations de la commission pour ce qui nous concerne sont :

Introduction

Les rapporteurs posent des questions prealables sur la fonction du premier cycle : Les reponses a ces questions determinent en partie l'organisation a mettre en place, et les personels enseignants a utiliser.
Sur le plan des chiffres, les premiers cycles representent 60% des etudiants dont plus de la moitie se repartissent dans les premiers cycles universitaires. Ces 10 dernieres annees, les effectifs ont cru de 46% par l'augmentation du nombre de bacheliers, et la democratisation de l'enseignement superieur, not- tament pour les bac techno et pro. Si cette croissance des effectifs sera plutot stoppe dans les 5 prochaines annees, une nouelle augmentation devrait intervenir a l'horizon 2000 essentiellement due aux bacheliers pros et techno.
Les taux de reussite en 3 ans sont de 60% en premier cycle universitaire, compare avec 70%en STS et 80% en IUT. Au bout de ces 3 ans, 10% abandonent, 10% persistent, et 20% se reorientent. Ces taux sont variables suivant le bac d'origine : + de 65% de succes pour les bacheliers generaux contre - de 30% pour les bacheliers technologiques. Ils sont aussi variables suivant les filieres : + de 60% en sciences et lettres contre 52% en droit et sciences-eco.

Chapitre-1 : La fonction du premier Cycle

Le premier cycle general actuel n'est pas adapte a l'universite de masse

Jusqu'a present, le 1er cycle etait concu comme un enseignement preparatoire au 2nd cycle, a une epoque ou l'universite debouchait apers 4-5 ans sur un metier. A une epoque ou les etudiants qu'il accueille ne sont pas tous aptes a poursuivre des etudes longues, le DEUG est maintenant inadapte. Les efforts de renovation du DEUG ont bien porte quelques fruits (la probabilite pour un etudiant entrant en 1er cycle d'acceder au 2nd cycle est passe de 46% a 56 % entre 87 et 91), mais ils se sont reveles insuffisants.

Les bacheliers qui s'inscrivent en 1er cycle universitaire sont les moins bien prepares.

Le dysfonctionement des orientations conduit les meilleurs eleves a integrer les filieres courtes car elles sont selectives et contraint les bacheliers technologiques qui reussiraient dans ces fillieres a s'inscrire en DEUG. De plus, ces baxheliers qui auraient plus besoin que les autres d'etre remis a niveau et orientes soufrent d'un moindre encadrement.
Les bacheliers technologiques disposent de places insuffisantes dans les fillieres courtes. Si 47% d'entre eux s'inscrivent en STS, seulement 8% trouvent leur place en IUT ou ils representent 30% de l'effectif total. De nombreux bacheliers generaux sont attires par ces voies selectives ou ils sont bien encadres et obtiennent un diplome reconu sur le marche du travail, puiis tentent de poursuivre des etudes en second cycle (en 88, 30% des BTS et 50% des DUT). Cette poursuite d'etudes longues est parfois difficile car les enseignements theoriaues qu'ils ont suivi n'etaient pas assez complets par rapport au DEUG.
Les premiers cycles de lettre et d'hitoire et de droit sont composes d'etu- diants de niveau heterogene (20% des bacheliers technologiques s'y inscrivent). Il y a donc dansces DEUG une population d'etudiants inscrits par choix dans ces fillieres et qui poursuivront des etudes longues sans difficultes ; et une population population d'etudiants qui ne seront pas aptes a poursuivre en 2nd cycle et quitteront l'enseignement superieur avec un DEUG peu, voire pas reconnu sur le marche du travail.
Cette heterogeneite a tendance a retardes les meilleurs etudiants par le travail en commun avec des etudiants moins bons.

Diversifier la fonction du premier cycle

Si l'Universite doit conserver pour role la formation des elites de la nation, elle ne doit pas pour autant renoncer a l'enseignement superieur de masse, et ne doit pas devenir selectie. Par ailleurs, il ne serait pas realiste de maintenir dans le cursus universitaire tous les etudiants en tentant de reduire l'ampleur de l'echec. 3 propositions sont a mettre en place : La notion de college universitaire qui correspond a des antennes regionales delivrant un enseignement plus proche des lycees (enseignants non-chercheurs) et integre dans le tissu economique local ne recueille pas l'approbation de la commission qui est atachee a une separation entre enseignement secondaire et premier cycle et considere aue ses propositions quand a la diversification des premiers cycles n'impose pas de creer des structures nouvelles.

Chapitre-3 : Les personels

Il est necessaire d'impliquer les universitaires dans l'enseignement en premier cycle.

La participation des universitaires au premier cycle a fortement decru avec l'augmentation du nombre des etudiants. En Droit, ils representent 20 a 45% des intervenants, en lettre et sciences humaines entre 30 et 55%, et 40 a 70% en sciences. Ce desengagement peut etre du a des charges pedagogiques trop importantes qui penalisent la recherche ainsi qu'a l'heterogeneite et la faible motivation des etudiants. Si la diversification des types d'enseignants en premier cycle n'est pas forcement domageable, il faut en revanche que les universitaires y assurent un role d'animation d'equipes pedagogiques.
Pour remotiver les universitaires, il faudrait mieux tenir compte pour leur carriere de leur investissement (sur le plan qualitatif) en premier cycle. Une plus grande autonomie pedagogique des premiers cycles serait aussi une solution.

L'intervention des personels du secondaire

La place de ces personels (PRAG, PRCE) a particulierement augment entr 91 et 93 et represente 17% du personel enseiganant, soit autant que la proportion de professeurs d'Universite. Plus de la moitie d'entre eux sont des litteraires ou ils representent 34% des effectifs. Ils ne representent que 14% dans les autres domaines.
La situation necessite une analyse diferenciee suivant les filieres, car l'appel a ces enseignants dans les IUT et les enseignements technologique est une pratique ancienne et reconnue. Il faut aussi noter qu'une pqrt importante de l'augmentation de ces enseignants est du au transferts du budget des IUFM vers l'enseignement superieur. On a recours a eux de facon differenciee suivant les disciplines, mais ils representent moins de 12% dans en premier cycle Universitaire.
Sur le plan budgetaire, il est clair qu'ils constituent une economie, mais leur utilisation nuit aux docteurs ainsi qu'aux agreges-docteurs. Sur le plan pedagogique, ils sont utiles dans les enseignements technologiques et les matieres non-dominantes. En ce qui concerne les matieres dominantes, leur emploi ne devrait se faire qu'a la condition qu'ils aient un profil de recherche. Dans les disciplines literaires, les meilleurs etudiants se dirigent plutot vers l'agregation que vers le DEA. Enfin, leur experience de l'enseignement en lycee peut constituer une aide pour les etudiants.
Sur le plan du statut de ces enseignants au sein de l'Universite, plusieurs problemes se posent : leur charge importante d'enseignement est une gene pour faire de la recherche ; ils sont devavorises sur le plan de leur notation par rapport a ceux qui exercent dans le secondaire ; enfin, le vivier d'agreges est parfois trop faible, ce qui impose d'engager des professeurs certifies sur les postes de PRAG (dans les disciplines technologiques).

Recommendations

Conclusion :

L'essentiel des conclusions que tirent les rapporteurs est dans la synthese ci- dessus. Le mot de la fin est que la reforme doit etre pragmatique (sans jeu de mots). Elle doit tenir compte de la grande diversite des situations suivant les disciplines et garantir la reconnaissance nationale des diplomes.

Annexes :

En annexe, on trouve les contributions de certains membres de la commission qui n'ajoutent rien au rapport en lui meme, et de nombreuses donnees chiffrees qui pouront eventuellement etre utiles en phase de redaction finale.



David SAMSOEN samsoen@cenbg.in2p3.fr