Une réunion de la Société Francaise de Physique (SFP) a eu lieu samedi 10
Juin 1995 sur le
campus de Jussieu et traitait des problemes de l'emploi et de la formation des
docteurs.
La presence de responsables du ministere a permis de clarifier
certains points cles. Des membres de Phillips étaient aussi présents, ainsi que de nombreux chercheurs et enseignants chercheurs en physique des particules et
physique théorique. En particulier, plusieurs responsables de DEA
et d'écoles doctorales. La journée s'est dérouléee suivant le
programme
suivant.
Plutot que de reprendre l'ordre chornologique de la journée, nous avons préféré
regrouper un certain nombre de sujets:
Les sections plus générales sont celles consacrées aux problèmes généraux
des universitées, à la thèse et à l'entreprise. Lors de cette journée a été
donné un descriptif des activités
de formation par la recherche du CEA qui montre
quelques initiatives très intéressantes en matière de formation doctorale, de préparation des sujets de thèse et de préparation à l'insertion en milieu
industriel.
Problèmes généraux des universités
Intervenant: J.-P. Dedonder, président de Paris 7.
Le premier constat évident est la diminumtion des moyens des universités humains et financiers, alors que les flux d'etudiants augmentent fortement.
A titre indicatif, la dépense moyenne par an et par étudiant et de 10kF inférieure
en université qu'en lycée. L';intervenant a rappelé que la dépense
par an et par étudiant est de l'ordre de 53 kF en IUT et de 60 kF/an
en BTS.
En réponse à une question, l'intervenant a précisé que le relèvement des
droits d'inscription à l'université n'aurait qu'un effet marginal
compte tenu des sommes mises en jeu.
Sur les recrutements: Le recrutement de ces dernières annéees
(89-93) était voisin de 3000 emplois par an dont un peu moins de 1900 emplois
d'enseignants-chercheurs. A comparer aux 1000/an de la période 1986-1988.
De plus en plus de PRAG (professeurs agreges du secondaire, qui ne font
pas de recherche et deux fois plus d'enseignement) sont recrutes.
C'est catastophique pour les universités nouvelle comme Marnes la vallee ou
Cergy ou plus du tiers du corps professoral sont des PRAG. L'activite
recherche a donc d'enormes difficultés à décoller.
La question posee est : Le premier cycle deviendra t'il un super lycee ?
L'intervanant a insisté sur le fait politique suivant: "il n'y a pas de selection a
l'entree". C'est un choix politique désormais incontournable. Pour
l'université, cela signifie qu'elle doit s'adapter à l'afflux d'étudiants
qui en est le corrollaire.
L'intervenant a ensuite discuté des problèmes rencontrés en premier cycle.
Par exemple, la mauvaise orientation des jeunes à l'issue du secondaire:
la preuve en est
l'affluence record pour la psychologie l'année derniere (un SCOOP : cette
année, c'est la geographie qui va subir un afflux massif).
Il faut que les chercheurs et enseignants-chercheurs
aillent expliquer en premier cycle les metiers de la
physique, de la chimie, de l'informatique. Il faut leur faire visiter les
labos et les faire "rever". La responsabilité du corps enseignant dans cette information est fondamentale.
On note une inadequation totale au marche de l'emploi pour certaines
filières sans qu'aucune solution ne soit proposee. Le rythme des departs a
la retraites n'est pas si important que ca (notamment en Informatique) et
il ne faut pas trop attendre de ce cote. L'intervenant a d'ailleurs presente des statistiques
qui sont identiques a celles exposées dans le rapport HotDocs.
L'intervenant s'est efforce de mettre en lumiere les forces
principales qui gouverneront la politique des universités:
- L'afflux d'etudiants de plus en plus nombreux
en premier cycle, mais aussi par contre-coup en second et troisièmes cycles.
Cela va de pair avec une diversification des demandes.
- Doit-on aller vers des universités thématiques ? L'intervenant a émis
l'idee que les universités seraient de plus en plus amenées à
collaborer pour l'organisation de leur enseignement sur une base
regionale. Le modele explicitement cité est celui des
formations doctorales (ecoles doctorales). Ceci remet en question
l'autonomie des universités. L'intervenant pense que sous une forme
trop forte, ce concept n'est plus valable. Il pense que l'organisation de la
formation doctorale via les ecoles doctorales peut jouer un
role capital dans cette evolution.
- Les universités ne jouent pas un role assez important dans la
formation permanente. Or ce secteurs, du fait de l'évolution de plus en plus rapide des techniques, est amené à se développer.
- Doit-on limiter le nombre
d'etudiants par filiere en fonction des previsions de debouches (en tenant
compte de l'effet retard du au temps de collecte et d'analyse des donnees
statistiques) ?
En clair, la principale force qui guidera les universités dans leur choix
n'est plus forcément la recherche mais plutot les besoins en terme
d'enseignement. Ce fait relativement nouveau n'a pas encore été intégré par
les enseignants-chercheurs.
En réponse à une question de P. Binetruy (Prof. P11), J.-P. Dedonder a
affirmé qu'un réequilibrage devrait se faire entre disciplines littéraires
et scientifiques. Ainsi, les sciences concernent 22 % des étudiants mais
mobilisent 40 % des enseignants-chercheurs et fournissent près de 70 % des
thèses. A l'inverse, en lettres, le pourcentage des
étudiants concernés est de 30 % et le nombre de thèses de 10 %. Le réequilibrage dans les recrutements à venir est donc inévitable.
Les DEA.
Intervenant: M. Gaillard (en remplacement de M. Le Bellac absent)
M. Gaillard a souligné l'importance dans les problèmes de débouchés
de la formation doctorale des
effets retard dans l'établissement des statistiques, et de l'effet
d'agrégation des étudiants sur certains laboratoires et/ou sujets et/ou
directeurs de thèse. Dans une situation ou le système devrait pouvoir
anticiper et s'adapter afin d'éviter une crise, ces deux effets n'améliorent pas les choses.
Quelques données
Intervenant: M. Gaillard (en remplacement de M. Le Bellac absent) et
R. Deniau, de l'Observatoire des flux et débouches (MESR).
Environ 1200 étudiants s'inscrivent dans les DEA de physique, environ 1100 sont diplomés. Ceci va dans les seus des observations de R. Deniau pour la DS2
dans son ensemble: e taux d'insertion après la thèse est un des plus faibles
(5 %). Environ 900 étudiants embrayent sur une thèse. Parmis ceux la, on dénombre 400 financements sur allocations MESR (AM+AMN), et environ 500
autres financements (BDI+CIFRE). Il subsiste toutefois un taux de non financement d'environ 13 %.
Le MESR se prononce clairement contre le non financement des thèses en DS2
Il s'avère que en physique et chimie, le gros des DEA possède entre 10 et 40 étudiants. Il n'existe presque plus de petits (<10> DEA et au dela de 40, le nombre de DEA chute fortement. Environ 60 DEA sur 120 ont entre 10 et 40 étudiants.
Sur la campagne d'habilitation des DEA
Intervenant: M. Gaillard (en remplacement de M. Le Bellac absent)
Les representants du ministere ont deplore que certains DEA consideres
comme non habilitables par la commission de specialistes l'aient ete sous
pression des regions et/ou des instances ministerielles.
Ainsi, en DSPT2 (Phisique - chimie) : 6 non habilitables au depart au lieu
des 2 publiees).
M. Le Bellac (s'occupe des DEA de la DS2 au ministere)
regrette qu'il n'y ait pas
assez d'idees nouvelles dans les programmes des DEA.
De toute facon, a son
avis, il y en a trop par rapport aux debouches actuels. Ils aimeraient que
les petits DEA (moins de 10) soient supprimes ou regroupes a long terme.
La surspecialisation de certains DEA est vivement critiquee.
Il insite aussi sur le fait que les impulsions pour les
expériences pédagogiques (nouveaux programmes, nouveaux champs d'activité) doivent venir de la base,
donc des directeurs de DEA et d'ecoles doctorales, car au ministere, ils
ne pourront, vu la charge qui pese sur les experts scientifiques,
emettre de nouvelles idees pour les programmes de DEA.
L'enseignement en DEA reste encore trop theorique, il faut apprendre aux
jeunes chercheurs a monter une experience de maniere scientifique et qui
peremette que les resultats sont reproductibles (donc fiables).
La thèse: financement, encadrement, débouchés
Financement des thèses
Intervenant: M. Gaillard (en remplacement de M. Le Bellac absent)
Les bourses de thèse MESR seront attribues avant Juillet (et non pas en
septembre comme le pretend la rumeur).
Les BDI (Bourses de Docteurs Ingénieurs)
sont des bourses accessibles a tous et non plus uniquement aux
ingenieurs. Elles sont ouvertes aux magisteriens et possèdent un champ thématique plus large qu'avant. Il faut encourager les DEA a
postuler sur ce type de bourse.
La DSPT2 apparaissant comme un secteur ou la crise des debouches est la plus flagrante (avec la DSPT 5),
plus de 100 bourses de thèses seront redistribuees a d'autres
sections sur 4 ans. Rappellons que le taux de chomage atteint 14 % environ
dans l'année qui suit le doctorant et passe
à 7 % l'année d'apres. C'est un signe de sur-production flagrant selon le
ministere.
La biologie devrait aussi subir des pertes de bourses. Chaque DSPT doit
donc tout mettre en place pour placer ses docteurs, sous peine d'en subir
les contre-coup.
Les gens presents se sont inquietes du fait que le nombre de bourses
attribuees par le ministere reste constant (ou presque) et sont maintenants
aussi offertes aux ingenieurs de Polytechnique, Normale. L'ONERA et le CEA
sont sur les rangs et ont depose des demandes... M. Gaillard s'est prononcé pour un contingent global ventilé entre les différentes écoles et l'université
car un tel système semble plus souple.
L'encadrement
M. Le Bellac pense qu'un taux maximal
d'encadrement des thèses est de un étudiant par encadrant
habilité simultanement
(et non par de une par encadrant habilite et par an). Le ministere
compte s'attaquer aux "usines à thèses" dans les prochaines années.
Les Ecoles Doctorales
Les Ecoles Doctorales sont considerées
comme un succes par le ministere. Ils ont
reconnu que certaines marchent mieux que d'autres.
Un idee interessante, experimentee depuis plusieurs années
par l'ecole doctorale de physique theorique (J. Illiopoulos), a ete d'instaurer "des cours de seconde année de DEA" qui
permettent pendant la duree de la thèse de continuer de former les jeunes
chercheurs PAR la recherche et non pas A la recherche. Ce sont essentiellement
des cours de haut niveau dans la continuation du DEA.
Cette initiative a ete un echec, car les encadrants considerent que cela
faisiat perdre du temps aux thesards et donc ne les encouragent pas, voire les décourangent, à suivre ces enseignements.
L'exemple du CEA
Intervenant: P. Brossier, responsable de la formation par la recherche au CEA.
Un repésentant du CEA a exposé la politique de formation doctorale au niveau du CEA :
- Avant la thèse:
- Les sujets de thèse sont donnés un an à l'avance et discutés dans
le laboratoire. L'avantage est de catalyser une politique de recrutement de doctorants cohérente au niveau de chaque labo. Le risque que le sujet soit mal cible
est alors diminué.
-
Une vaste publicité est faite dans l'ensemble des DEA oar la diffusion d'une brochure
- Pendant la thèse: l'étudiant doit suivre une formation doctorale
complémentaire. Divers enseignements sont proposés:
- cours d'ecriture d'articles en anglais et d'exposes en anglais.
- cours de formation aux traitements de texte et aux techniques
necessaires à l'écriture d'un texte volumineux (une thèse).
- ecole d'ete sur le domaine de recherche du laboratoire.
- formation a la mise au point et a la conduite de projets de recherche
- formation aux realites de l'entreprise et aux techniques de transferts
de technologie
- pratique de l'entretien d'embauche
Il a aussi ete discute le fait d'assouplir les regles actuelles pour
permettre aux thesards d'enseigner plus facilement.
Le représentant CEA a souligné l'importance des formations doctorales
complémentaires pendant la thèse : trop souvent, l'élargissement de la
culture est négligé et le thésard qui se renferme sur son sujet de thèse en ressort scientifiquement appauvri car trop spécialisé.
Le taux de passage CEA vers enseignement supérieur est en croissance. Mais les anciens doctorants du CEA qui font ce passage se plaignent du caractère stérilisant pour leur recherche des premières années d'activité dans le supérieur. Ce phénomène est assez général.
Paul Friedel (Phillips)
a souligne que les formations doctorales type formaiton
pedagogiques ou formations a diverses techniques etaient fondamentales
pour le passage dans l'industrie.
Evaluation des thèses
Un intervenant a dit qu'une fois qu'on etait entre dans une ecole
d'ingenieur, on etait sur d'avoir son diplome. Un responsable du prive a
alors replique : "Connaissez-vous beaucoup de thésards qui n'ont pas leur
thèse ? Meme si le travail scientifique est mauvais, il est possible qu'il
ait sa thèse". La question posée est alors : Peut-on admettre qu'une thèse
echoue ?
Pour certains, la reponse a cette question est que la constitution du jury
de thèse tres souvent n'est pas faite dans les regles.
Pour d'autres, il faut renforcer le pouvoir du directeur de l'ecole
doctorale qui ne signe l'accord de soutenance de thèse que s'il pense que
lme travail est correct.
Question posée :
Dans les thèses qui n'aboutissent pas combien sont des echecs
scientifiques (voie sans issue) et combien sont des echecs du a un abandon personnel
et a un probleme d'encadrement?
Note (P. Degiovanni): Actuellement il n'existe aucun moyen fiable
de savoir quel est le taux d'echec en thèse. Une estimation qui se
trouve dans le rapport DGRT 1995 avance un taux de 30 % environ. Bien entendu, on sait encore moins ce qui a causé l'echec...
Note: Il n'y a pas eu d'allusions aux propositions HotDocs
comme le contrat de thèse ou sur la modification du contenu
du diplome de doctorat. Seule l'expérience des industriels
faisait explicitement référence au caractère trop académique du doctorat.
Postdocs:
Les postdocs ont du mal a retrouver une place et un emploi en France, il
reste donc a l'etranger (notamment sur des postes de maitre-assistant aux
USA pour 5 ans). Une fuite des cerveaux est donc en train de se mettre en
place. De plus ces postdocs gardent une certaine amertume et pleins de
desillusions. Ils ne reviennent pas dans le milieu academique et le rejettent.
La thèse et l'entreprise
Intervenants: D'une part Paul Friedel de Phillips, et
d'autre part D. Swiersky, de Phillips egalement.
Les industriels presents ont eu un langage franc et direct. P. Friedel
a tout d'abord expliqué les mécanismes de recrutement au sein de Phillips
et a tenté de dégager les étapes bloquantes pour les titulaires d'un doctorat. Ensuite, D. Swiersky a expliqué quelles étaient selon lui les qualités les plus
susceptibles de jouer dans l'embauche d'un docteur en industrie. A noter
que ceci était basé sur une expérience personnelle. D. Swiersky est titulaire d'un DEA de physique théorique (1987) puis a effectué une thèse en physique des particules au CEA.
Voici les points principaux soulevés par P. Friedel:
- un docteur met en moyenne un an pour trouver un emploi dans le privé.
(Ce chiffre est aussi celui donne par le president de l'ABG)
- un docteur qui veut partir dans le prive, doit le faire apres la
soutenance de sa thèse. Plus il est jeune, mieux c'est (conscensus autour
de 27 ans). De ce point de vue, le séjour postdoctoral est
rarement un atout. L'age de retour avoisine en effet les 30-32 ans ce qui
est trop tard selon les critères industriels.
- Un docteur qui poursuit en ATER ou POSTDOC est considéré comme
quelqu'un qui a tout tenté pour rester dans le milieu académique et qui a
échoué. Souvent il a aussi des competences trop techniques.
- D'autre part, un docteur qui est reste trop longtemps dans le milieu
academique est considere comme trop independant ("trop libre").
- P. Friedel a reconnu un veritable blocage des dossiers de jeunes
chercheurs au niveau des Directions des Ressources Humaines (DRH).
Chez Phillips, les dossiers passent à
travers un premier filtrage au niveau de la DRH, puis ils sont
ventilés au sein des services demandeurs, qui font leur choix.
P. Friedel a fortement insisté pour que les
responsables de DEA nouent des contacts directs avec les chefs
d'entreprise. Selon lui c'est la seule méthode valable. L'exemple des petites écoles d'ingénieurs dont les directreurs et
enseignants ont tissé un réseau de relation avec le tissu industriel local et régional est significatif.
Finalement, c'est lors de ce premier tri par les DRH
que les docteurs se font eliminer
en masse, principalement car le doctorat est totalement opaque a l'entreprise sur les qualites qui l'interesse.
Paul Friedel a insitste sur le message suivant: les candidats docteurs doivent à tout prix contourner les DRH. Le
contact personnel est crucial.
Ce reseau de contact ne peut venir des doctorants eux memes mais doit etre developpe par les directeurs de thèse et de laboratoire qui
ont la une responsabilite tres nette.
Ce que recherche l'industrie? Selon P. Friedel, l'industriel qui
recrute un docteur recherche non pas une compétence technique ultra-pointue
(d'ailleurs il sera amené à changer de spécialité lors de son passage en industrie), mais plutot un potentiel. Le potentiel, c'est d'avantage un réseau de connaissances qu'une compétence propre. L'industriel recherche un être humain qui pourra s'inserrer dans une équipe, et qui saura utiliser ses
expériences précédentes au sein de l'entreprise. Par exemple, qui saura mobiliser son réseau de connaissances dans le monde académique pour résoudre un problème.
D. Swiersky est alors intervenu pour souligner selon lui quelles
qualites un docteur pouvait presenter pour l'entreprise:
- Dans certains cas, le sujet de recherche du docteur intéresse directement
l'entreprise. Alors sa copmpétence technique "pointue" intéresse en premier plan l'entreprise. Mais ce cas est marginal.
- Les qualités de rigueur et la capacité d'évaluation
du coteru sont un plus. Le docteur peut cerner un problème, possède et maitrise la notion d'erreur et certains ordres de grandeur.
-
Un jeune docteur qui ve en entreprise doit avant tout mettre en avant
- Sa personnalité, et surtout sa capacite d'adaptation.
-
Sa capacite de travail en groupe: l'industrie travail en équipe, parfois en environnement multisite, international avec des échéances! La notion de projet est importante: comment organiser un projet, et le mener à bien?
- Sa maitrise de techniques d'expression ecrites comme orales: savoir rédiger, savoir exposer, maitriser l'anglais
Un thesard ne doit donc pas, comme c'est
encore trop souvent le cas, faire sa thèse "en restant assis sur sa chaise
derriere son terminal. Au contraire, il doit:
- avoir des contacts avec d'autres laboratoires
- enseigner, en école d'ingénieur, en prépa etc afin de développer ses capacités pédagogiques
- apprendre à s'exprimer, à parler, à organiser des travaux de groupe
L'encadrement du doctorant (directeur de thèse et autres membres permanents du laboratoire)
a un role important à jouer dans la préparation du passage dans l'industrie. C'est l'encadrement qui peut permettre au thésard de développer les qualités ci-dessus ou au contraire les inhiber. De plus, souvent le passage dans l'industrie est considéré par la monde académique comme un pis-aller. Ceci engendre un blocage psychologique chez les docteurs
et ne favorise pas leur entrée dans le monde industriel.
Les participants ont deplore que les postes de recherche dans l'industrie
soit trop souvent associés à des postes d'ingénieurs (le titre de l'enquete
de ``l'Usine nouvelle'' du mois dernier étant montre comme reference : "Ecoles
d'INGENIEURS : Ou recrutent les grands groupes ?").
Enfin, la thèse semble souvent opaque pour les recruteurs qui ne sont pas capables
de retrouver les mots clefs habituels. A noter que
la partie hobby, loisirs des CV devient importante car elle permet de
voir le coté humain du candidat.
Les recrutements dans le secteur académique
Trois interventions ont eu lieux: celles des présidents de commissions 02 (physique, théorie et modèles) et 03 (physique nucléaire et des particules) du
CNRS, et celle du chef du service emploi et prospective du CEA. Malheureusement, nous ne disposons pas de notes sur l'intervention du président de la commission 03.
Sur la commission 02
Intervenant: O. Bohigas, IPN Orsay, président de la 02.
Le nombre de chercheurs relevant de la thématique 02 est voisin de 275.
Environ 66 % sont en région parisienne. La proportion CR/DR est de 50/50.
Les sujets sont très variés:
- Physique des particules, physique nucléaire
- Physique mathématique, théorie des champs, gravitation
- Physique statistique, des milieux désordonnés, des plasmas, des fluides,
polymères
- Turbulence et phénomène non-linéaires
L'étendue de la thématique n'est pas sans poser quelques problèmes.
Le taux de transfert dans l'université est assez bas. Ainsi, on comparera
la situation dans la commission 02:
L'objectif de 3 % de renouvellement n'est pas encore atteint.
Les taux de pressions à l'entrée augmentent dépassant 10 au niveau CR2. Les entrées sont concentrées en province, principalement dans la région sud/sud-est. O. Bohigas déplore le faiible nombre de postes dans la région parisienne.
Notons que ceci est basé sur le contrat d'objectif signé par le CEA (sauf la
Division des Applications Militaires (DAM)) qui prévoit une stabilisation
des effectifs du CEA au niveau de 16500 personnes environ pour 1998.
On ne sait donc pas quel sera l'effet de l'allongement des durées de
cotisation, et comment sera renouvellé l'accord de 1988 relatif aux recrutements
versus les départs en retraite.
L'Etat n'a pas signifié au CEA l'arret de ses activités de recherche fondamentale. Elles doivent toutefois être connectées au nucléaire. Elle sert
en somme d'appui à la composante appliquée dont le but est le perfectionnent
de la technologie nucléaire.