Fac : ces difficiles premières années.
Avertissement : Ce texte est un résumé d'un article paru dans le journal "Le Progrès de Lyon" en date du 14 décembre 1995.
L'observatoire universitaire régional de l'insertion professionnelle de Rhône-Alpes vient de publier une étude portant sur les étudiants en situation d'échec trois ans après leur prelière inscription à l'université.
L'enquête a été réalisée sur un panel de 72 étudiants ayant obtenu le bac en 1987 et inscrits dans l'une des huit universités de la région Rhône-Alpes. Ces personnes se trouvaient en situation d'échec total ou partiel en 1990 tandis que 72% des bâcheliers de 1987 avaient obtenus un diplôme de niveau bac+2 ou bac+3.
40% de ces personnes en situation d'échec étaient issus de milieux "défavorisés". 80% avaient un bac d'enseignement général tandis que les 20% restant étaient sortis de filières technologiques ou professionnelles. A noter que leur cursus scolaire a été qualifié de moyen ou médiocre par les intéressés eux-même.
Les causes de l'échec
57% ont déclaré ne pas être motivés lors de leur entrée à l'université. Le passage du lycée à l'université a été ressentie de façon très diférente selon les individus. Pour les uns, le campus et les amphis sont apparus comme très anonymes alors que pour d'autres ils ont constitué de formidables lieux de rencontre.
Question travail, 44% estiment ne pas avoir été au niveau, 20% pensent avoir mal choisi leur filière, 14% déclarent ne pas avoir travaillé en conséquence tandis que 15% étaient satisfaits de leur prestation. En revanche, les deux tiers avouent avoir été incapables d'organiser leur temps de travail tandis que 61% ont émis de vives critiques eu égard au mode de contrôle des connaissances. Enfin, le manque de contact entre étudiants et enseignants est cruellement ressenti.
La sortie de l'université
Trois ans après leur sortie sans diplôme du système de formation supérieure, une personne sur deux possède un emploi d'employé ou correspondant aux professions intermédiaires dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée. 30% sont en poursuite d'études après réorientation ; parmi ceux-ci, la moitié a enfin atteint un niveau bac+2. Enfin, 10% sont au chômage et 5% en formation par alternance, les 5% restants représentants les appelés du contingent et des inactifs (mère au foyer).
Les souhaits des étudiants
Avec le recul des années, ce passage est évoqué avec douleur côté résultats mais est jugé positivement sur le plan personnel. Les étudiants regrettant de s'être trompés de voie avouent qu'il referaient le choix de l'université tout en optant pour une filière différente de celle initialement suivie. Le manque d'information sur les formations offertes ainsi que l'encadrement et l'évaluation des étudiants sont très critiqués. Et l'article de conclure sur l'exemple des universités anglaises qui offrent des structures d'accueil très proches de l'étudiant moyennant une forte sélection à l'entrée.
Bibliographie :
ROCKEN, Vincent. "Fac : ces difficiles premières années." in Le Progrès de Lyon. 1995-12-14.