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Consultation nationale sur la recherche (93-94)

La consultation nationale s'est deroulee de Juin 1993 a Juin 1994. Elle a donne lieu a plusieurs rapports qui ont ete envoyes dans beaucoup d'unites de recherche. Ils doivent donc etre disponibles aupres des secretariats ou des directeurs de ces Unites. Malheureusement, il n'existe pas de version sur reseau de ces textes.

  • De Juin 1993 a Janvier 1993 se met en place un comite de reflexion sur la recherche francaise qui prepare un rapport d'orientation. Une version preliminaire voit le jour vers Octobre 1993 puis est remaniee et diffusee largement en Janver 1994.
  • Janvier 1994: Le rapport d'orientation issu des travaux preparatoires a la consultation a proprement parler.
  • Printemps 1994: Six colloques thematiques ont lieu dans six endroits differents. La communaute est sensee s'exprimer pendant cette periode sur le rapport d'orientation.
  • Avril 1994: Deux rapports issus des differents colloques qui se sont tenus un peu partout (6 en tout): les "Rapports generaux des colloques thematiques nationaux" et le "Rapport de synthese" (auteur: G. Aubert).
  • Juin 1994: "Rapport sur la recherche francaise" de F. Fillon.

Je me souviens avoir vu dans le Journal du CNRS des recommandations du CNRS sur la recherche francaise. Malheureusement, je n'ai pas garde ce texte. Il se peut que d'autres organismes aient apportes leur contribution a la consultation mais je n'en sais rien.

Pour la suite, je pense que l'ideal serait d'avoir l'ensemble de ces documents sur reseau. Je ne me sens pas capable de faire un resume complet de l'ensemble. Je vais donc donner les points cles du rapport final de F. Fillon et ce qui a mon avis en ressort. Puis, sur certaines questions specifiques (le corps unique, le recrutement universitaire, la decentralisation etc), je vais citer ce qui etait dit dans le rapport d'orientation (le rapport initial si on veut) et ce qui est apparu dans les rapports finaux.

I. A propos du rapport Fillon

Comme c'est le rapport final, on peut s'attendre a ce qu'il donne une idee de ce qui a ete retenu de la consultation. Bien sur ca ne dit pas comment les choses vont se passer dans les faits.

Plan du rapport Fillon.

  • 1. Introduction: les enjeux
  • 2. Etat de la recherche
  • 3. Retrouver une vision strategique
  • 4. Recherche publique et politique de recherche
    • 4.1 Recherche universitaire et organismes publics
    • 4.2 Recherche et amenagement du territoire
    • 4.3 La dimension internatinale
  • 5. Recherche et entreprises
    • 5.1 Un partenariat recherche publique/entreprises
    • 5.2 Un developpement technologique PME/PMI
    • 5.3 Des competétences pour l'entreprise
  • 6. Mobilite des hommes et des connaissances
    • 6.1 L'emploi scientifique et technique
    • 6.2 L'impératif de la mobilité
    • 6.3 L'information scientifique et technique
  • Conclusion: les 12 points cles

Les 12 points cles occupant deux pages, je les ai retape pour que chacun puisse se faire une idee.

Ce qui, a mon avis, ressort de ce rapport mais aussi des autres, c'est

  1. Une forte volonte de retrouver une certain controle sur le developpement de la recherche en France. Ca passe par la creation du Comite d'Orientation strategique (voir l'article correspondant du Monde) et par la vogue des "programmes" et de la contractualisation des EPST..
  2. Recentrer les moyens afin d'eviter leur dispersion: "conforter les centres d'excellence de l'enseignement superieur" et "necessite d'un equilibre en excellence scientifique et repartition territoriale harmomieuse de l'effort de recherche", "soutien a la recherche en region et organisation de l'espace national en sites scientifiques de haut niveau"...
    Commentaire personnel: personne ne sait actuellement comment va se reorganiser le paysage des unites de recherche selon les nouveaux statuts suggeres dans le rapport Bigot mais je me demande si on ne verra pas une concentration des UMR dans les "centres d'excellence" avec eventuellement des regroupements d'URA de thematiques voisines en UMR de taille plus importantes. Depuis quelques temps, le CNRS a fait des experiences d'unites multi-localisees qui vont un peu dans ce sens (je suis dans l'une d'elle et une UMR bilocalisee entre l'ENSLyon et l'Observatoire de Lyon vient de se créer).
  3. Developpement de la relation avec les entreprises: voir les points 7, 8 mentionnes par F. Fillon. C'est un domaine que je ne connais pas, et donc je ne dirai rien dessus.
  4. Une plus grand implication de la recherche dans les problède société: emploi, chomage, environnement, ville entre autres.

Quelques points moins recurrents mais qui sont signales:

  1. Maintien du caractere national de l'evaluation
  2. Garantir une recherche fondamentale solide et equilibree

II. Détail de certaines parties du rapport Fillon.

Je vais maintenant détailler le contenu de quelques unes des perties du rapport Fillon -- celles qui me sont le plus accessibles. J'ai essayé de cites les passages pertinents mais rien ne saurait remplacer le texte complet. Enfin, dans ce qui suit, je me limite à un compte rendu du rapport, sans commentaires. Les citations du texte de F. Fillon sont en italique.

II.1 Une vision stratégique.

La rapport part du constat que l'Etat a perdu toute vision stratégique du processus de recherche: (p14)

Mais c'est surtout l'abscence d'une vision stratégique de la recherche nationale qui frappe l'abservateur alors que le nombre des acteurs s'est considérablement accru et que le développement scientifique exisge des coopérations de plus en plus intenses et élaborées.

et explique un certain nombre de problèmes rencontrés par les organismes par cette abscence de vision stratégique comme l'importance relative des dépenses de personnels: (p15)

L'Etat a perdu la maitrise de ses organismes de recherche au sens ou il ne leur donne pratiquement plus les éléments d'éclairage stratégiques indipsensables à une mobilisation dans la cohérence du dispositif de recherche publique. Du coup, la gestion quotidienne l'emporte sur la politique de recherche. Une des conséquences est le poids considéré comme excessif des charges de personnel par rapport aux soutien aux programmes et d'investissement. Ce poids est très grand à l'INRA, au CEA, au CNRS, à l'INSERM à l'ORSTOM sans parler des universités ou la dispersion des moyens de recherche aurait eu des conséquences facheuses sans la contractualisation.

et la difficulté à conduire des recherches dur de nouveaux thèmes à partir des ressources existantes:

"Cette rigidité constitue en particulier un handical pour les thématiques transversales -- comme l'environnement -- qui ont émergé postérieurement à la création des grands établissement publics de recherche.
Une autre conséquence de cette abscence de réele maitrise de la part de l'Etat est la multiplication des acteurs sur un même domaine sans réele concertation. Des coopérations bilatérales existent mais elles sont insuffisantes. L'approche Etatiste qui consiste à multiplier les acteurs, à créer une nouvelle structure chaque fois qu'une question scientifique se pose et à accroitre les ressources sans vision claire de secteurs prioritaires est dépassée. Le temps est donc venu, non de boulverser, mais de vouloir utiliser au mieux le portenties existant...

Selon le rapport (section III), la mission de l'Etat est de garantir:

une recherche équilibrée assurant un potentiel de qualité à long terme, potentiel indispensable à l'élaboration d'une stratégie scientifique nationale.

et aussi:

l'équité dans la production des connaissances. L'équité, cela veut dire que chaque champ disciplinaire doit avoir vocation à atteindre l'excellence.

Il est amusant de voir combien l'équité est un concept à la mode en ce moment. Son apparition primordiale (à ma connaissance) se trouve dans le raport d'Alain Minc "La France de l'an 2000". On retiendra que le rapport en déduit:

L'Etat a un role crucial à jouer dans le financement à moyen et long terme de la recherche fondamentale

Pour assurer ces deux missions, le rapport suggère (p 19):

  • L'émergence d'une vision globale pour la définition des objectifs futurs de la recherche française
  • La définition d'une stratégie de recherche en accord avec les demandes de la société (sont cités en particulier et de manière récurrente dans le rapport: la santé, l'environnement, le développement économique et social).
  • La mise en place d'indicateurs clairs et précis permettant la définition d'une stratégie de recherche.

"La principale mesure concrète suggérée est la création du Comité d'Orientation Stratégique:"

Ce comité stratégique pour la recherche sera une structure légère, directement rattachée au Ministre en cherge de la recherche, Il comprendra un nombre limité de membres, siégeant à titre personnel, choisis en fonciton de leut haute compétence et de leur capacité à promouvoir une vision globale en matière de recherche et de technologie. Pour couvrir les principaux facteurs d'analyse, le comité devra être composé de personnalités issues de la communauté scientifique, du monde économique et de l'entreprise, et issues des autres grands secteurs d'intérêt collectif. Ses membres seront nommés par le Premier Ministre sur proposition du Ministre en cherge de la recherche.

Ce COS a en fait été mis en place par decret le 3 Janvier 1995. Voir l'article correspondant du Monde dans le JVT.

II.2 Organisation des moyens de la recherche publique

C'est principalement de ce sujet que traite la quatrième partie du rapport Fillon. La réorganisation de la recherche publique est abordée sous trois aspects:

  • La relation entre les organismes et les universités
  • La répartition spatiale des moyens (aménagement du territoire)
  • L'insertion internationale (au niveau de l'UE en particulier)

Avant de rentrer dans le détail de ces trois points, le rapport souligne une fois de plus la nécessité de l'excellence scientifique et technologique pour l'"indépendance" du pays. La recherche publique est présentée comme un des facteurs clés de la place de la France dans "l'effort scientifique et technologique global". On retiendra que son manititen est une de nos priorités!
L'autre role de la recherche publique est un role de formation:

Par son impribation avec l'enseignement supérieur, la recherche influe directement sur la préparation des générations de demain, facteur décisif car les ressources humaines setont au premier plan dans la performance économique et la cohésion sociale.

Relation organismes/universités

Dans un premier temps, le rapport souligne encore l'existence et l'importance de centres d'excellence universitaires et leur role d'essaimage et de centres de formation de chercheurs. Le maintien et le renforcement de ces centres est affirmé:

Pour toutes ces raisons, la recherche à l'université et dans les grandes écoles doit être renforcée et ses centres d'excelence préservés. l'Etat doit veiller au renouvellement de leurs équipes et de leur moyens. Le système de répartition des moyens et des postes universitaires sera réformé pour que la recherche soit considérée comme un critère privilégié dans la répartition des budgets et des emplois. La campagne d'habilitation des DEA qui aura lieu en 1995 permettra une évaluation d'ensemble des troisièmes cycles de recherche et constituera un instrument permettant d'atteindre ces objectifs.

Ensuite, les organismes de recherche sont vus comme des "agences de moyens et d'objectifs" pour la recherche fondamentale et appliquée mais qui doivent aussi assurer la descente de leurs résultats en amont (vers les utilisateurs et le public) via une forte coopération avec l'enseignement supérieur et les entreprises.
Selon le rapport (p25):

La démarche engagée doit être renforcée dans deux directions prioritaires: en promouvant un lien plus fort entre les organismes, l'enseignement supérieur et la recherche universitaire pour créer enfin les conditions d'une mobilité réelement fructueuse entre les personnels; en établissant ensuite des réseaux efficaces de coopération entre la recherche publique et les entreprises, en particulier de moyenne technologie, l'inertie des institutations et le poids des habitudes ayant freiné l'extension des coopérations

Ensuite, le rapport aborde les quesitons de structure des unités de recherche, d'implication des chercheurs des organismes dans la formation universitaire et dans les processus de décision au sein de l'université. Il est suggéré (p26):
  • Un renforcement des intéractions et associations au niveau des laboratoires entre organismes et universités
  • Une association des chercheurs au instances de décision des universités
  • Une implication des chercheurs à la formation dans tous les cycles

Au niveau des laboratoires, un renforcement des associations entre unités dans le cadre de programmes bien défini est appuyé:

Nous devons par ailleurs développer les conventions de coopération sur programmes entre organismes et laboratoires universitaires afin de multiplier, au sein de la recherche publique, les réseaux, les laboratoires associés et les unités mixtes.

La fin de cette section (III.1) du rapport est consacrée à la contractualisation des organismes. C'est semble t'il le levier choisi pour mettre en place un stratégie de recherche (p27):

Avec le renforcement des intéractions à la base et de la concertation inter-organismes, la politique contractuelle sera la clef de voute de tout le dispositif de mobilisation strat2gique de la recherche publique.

On y arrive, suit une liste de vertus supposées de la contractualisation (continuité, stabilité, déconcentration de la gestion) et enfin des propositions explicites:

L'Etat concluera avec chaque organisme un contrat d'objectifs concernant l'ensemble de ses missions ou des contrats sur projets prioritaires destinés à être évalués à mi-parcours. Les actions incitatives, qui ont quasiment disparu dans les organismes ces dernières années seront relancées pour rétablie un équilibre entre leur financement récurrent et les financements sur projets. Enfin les capacités d'analyse et d'expertise des organismes seront mises à contribution pour éclairer les décisions à long terme de la puissance publique.

Un calendrier est même proposé:

La démarche sera expérimentée dès 1994-95 avec cinq organismes: le CEA, l'ADEME, l'INRA, l'INRIA et le CIRAD. La contractualisation, générale ou sur projets, sera progressivement étendue à l'ensemble des organismes de recherche publique.

D'aprés les informations qui ont circulé sur hotdocs, le processus a même été entamé des 1994 pour l'INRA et pour l'INRIA:

A mon avis le problème n'est que reporté après les présidentielles. Il serait intéressant de voir ce qui s'est passé au CEA, ADEME et CIRAD... et ce qui sortira du Rapport Charvolin sur le CNRS (sortie attendue 03/95)

Repartition spatiale des moyens

Deux questions sont posées pour cette partie:

  • Comment concilier recherche de haut niveau et répartition harmonieuse sur tout le territoire?
  • Comment doivent s'organiser les relations Etat/Régions?

Le premier message est qu'il faut éviter de saupoudrer les unités de recherche n'importe comment. La notion de "masse critique" d'un centre de recherche est citée. Voir page 29

Une des enjeux de la mise en place d'un centre de recherche en région est l'établissement de relations entre entreprises et laboratoires de recherche. L'exemple cité est celui des technopoles et en particulier de Sophia-Antipolis (p29). Le développement des technopoles sera encouragé. A propos de la décentralisation de la région Parisienne, les objectifs affichés sont les suivants (p30):

Les contrats de plan pour la période 1994-1998 prévoient que plus de 80% des investissements de l'Etat pour l'enseignement supérieur et pour la recherche seront destinés à des opérations en région. Ansi que le Gouvernement l'a décidé, l'objectif pour 1997 est de voir 55% de la recherche publique française localisée en province.

Sont abordés ensuite:

  • Le développement de réseaux de communications à haut débit (type RENATER)
  • Clarification des relations Etat-Région.

Pour ce dernier point, le rapport réaffirme la répartition de compétence (p30-31) suivantes: à l'Etat la définition stratégique des objectifs, et la gestion des grands équipements et leur planification. Aux régions les Etablissments d'Enseignement Supérieur. Les Régions peuvent suggérer des projets qui seront soumis à évaluation nationale. Ils seront intégrés dans des chartes de développement du territoire.

Insertion internationale

Pas encore fait...

II.2 Mobilité des hommes et des connaissances

Ce chapitre du rapport Fillon expose la politique souhaitée en matière de metiers de la recherche et de l'enseignement supérieur. En ce sens, il est fondamental au sein du rapport.

L'introduction expose ce qui est entendu par mobilité et ce qui en est attendu. C'est une dorte de définition par objectif:

  • Diffusion de l'expertise au sein de la société
  • irrigation du territoire national
  • rénovation de l'enseignement supérieur
  • établissement de relations recherche/entreprises

Cette mobilité peut se faire au sein de la fonciton publique:

Nous pouvons améliorer la situation sans remettre en cause les métiers, sans affablir le potentiel de recherche, sans déstabiliser les organismes publics et la recherche universitaire, à condition toutefois de se départir de pratiques et de rigidité qui prévalent encore. L'appartenance à la fonction publique des chercheurs et des enseignants-chercheurs, désormais largement acceptée, constitue une caractéristique du système français. Mais dans un environnement aussi compétitif que le notre, les dispositions statutaires de la fonction publique ne doivent pas servir d'alibi aux corporatismes et aux rentes de situation qui nuisent à l'excellence scientifique et à la crédibilité des acteurs de la recherche. Beaucoup doit être fait pour que la mobilité trouve une application concrète au sein de l'actuel dispositif statutaire.

Le rapport pose ensuite la question fondamentale à ses yeux: celle de l'emploi scientifique:

Il y a cependant une question fondamentale pour l'avenir de la recherche au sujet de laquelle l'Etat ne saurait déroger à sa reponsabilité: c'est celle du renouvellement des générations par la politique de l'emploi scientifique et technique.

La question de l'emploi scientifique

On part alors de deux constats de base (p54):
  • L'exigence d'excellence et la nécessaire attractivité des carrières. Les chercheurs doivent être motivés et doivent avoir les moyens d'exprimer leurs talents. Moyennant quoi on attend d'eux le meilleur.
  • Le bilan de la pyramide des ages montre l'importance d'un recrutement régulier:

    La réalité de la pyramide d'age, des chercheurs comme des enseignants-chercheurs, montre l'acuité du défi à relever. Plus de la moitié des chercheurs et ingénieurs de recherche du secteur public civil ont aujourd'hui plus de 45 ans. Dans l'enseignement supérieur, même en ne tenant pas compte de la médecine, la tranche d'age de 45 à 60 ans regroupe 77 % des professeurs et 57 % des maitres de conférence en exercice. Les départs à la retraite annuels des enseignants-chercheurs et des chercheurs des établissements publics passeront respectivement de 750 et 230 en 1996, à 1550 et 580 en 2004.

    On appréciera tout particulièrement (p54):

    Mais le maintien de notre potentiel de recherche dépend de la capacité de l'Etat à éviter les à-coups en assurant un flux régulier, de qualité et suffisant, non seulement de jeunes docteurs mais aussi du personnel de soutien -IATOS, ingénieurs, administratifs, techniciens et ouvriers de service- dont l'importance au sein des laboratoires est reconnue par tous.

Face à ces problèmes, F. Fillon propose la mise en oeuvre des moyens suivants (p 55):
  • La mise en place d'une analyse prévisonnelle des flux de personnels de la recherche aussi bien dans les organismes que dans les universités. Elle conernera les chercheurs et les personnels ITA et IATOS. Elle sera globale et distinguera entre champ disciplinaires et par fonctions. Elle sera transmise tous les deux ans aux organismes et aux etablissements d'enseignement supérieur. Elle sera prospective à deux ans.
  • Un plan pluriannuel basé sur des prospectives à 10 ans:

    Un plan pluriannuel, basé sur des projections à dix ans, sera établi par l'Etat pour permettre le renouvellement annuel régulier des effectifs. Afin d'éviter les ``coups d'accordéon'' dans le recrutement, des emplois en surnombre doivent être prévus par anticipation. La période de recrutement correspondant aux départs à la retraite dans telle ou telle catégorie pourrait être élargie par des postes d'accueil, définis comme des emplois réservés pour différer dans le temps les recrutements définitifs.

De plus deux points sont abordés:
  • Les postdocs: on diot les encourager mais limiter leur nombre en pourcentage afin d'éviter la précarisation.
  • La nécessité d'assurer un flux de promomotions satisfaisant dans les organismes de recherche. En particulier, une revalorisation des carrières ITA et IATOS est envisagée.
Le texte correspondant du rapport est celui-ci (p 55):

C'est dans ce cadre que devront être envisagés deux problèmes importants comme la formation post-doctorale le renforcement du caractère attractif des corps de chercheurs. Ce sont là d'indispensables compléments à une politique résolue de renouvellement des générations. Le post-doctorat permet à un jeune chercheur d'acquérir une expérience diversifiée de la recherche et donc une dimension réellement pluridisciplinaire, tout en forgeant son propre profil de compétence. Il représente un outil précieux pour le recrutement de jeunes hautement qualifiés, à condition de subordonner son développement à la réalité des débouchés. Il est préférable de limiter le pourcentage de docteurs qui s'y engagent, afin d'éviter les risques inhérents à une accumulation progressive du personnel se trouvant sans embauche, chaque discipline devant désormais fixer un pourcentage approprié. Le renforcement du caractère attractif des corps de chercheurs dans les organismes publics permet non seulement d'ouvrir des entrées différenciées dans le système, mais aussi une politique efficace de promotion des chercheurs. Enfin, la revalorisation en cours des fonctions des ITA et des IATOS est un point essentiel pour le développement des activités de recherche

Mobilité des hommes

Quatre aspects sont abordés dans cette partie (p56-57): (1) qu'est ce que la mobilité dans un système avec deux corps, (2) la mobilité des jeunes, (3) la mobilité au sein d'une carrière, enfin (4) mobilité et évaluation.

Sur le système à deux corps (p56): la nécessité de conserver un tel système est affirmée:

L'idée d'un corps unique avancé par certains est difficilement pratiquable. Elle présente des risques pour l'excellence, en particulier de la recherche fondamentale.

Mais cela ne signifie pas un statu-quo sur la manière de vivre la relation entre ces deux corps:

Le parallélisme actuel des statuts doit autoriser une variété de foncitons et des alternances successives au cours de la carrière permettant de mettre les chercheurs qui en ont la volonté au contact des étudiants de tous cycles, aux universitaires de disposer de périodes de recherche à temps plein, enfin aux uns et aux autres de faire de la recherche en entreprise ou encore de contribuer à la dimension internationale de la recherche.

Rappelons que page 60 du rapport de Syntèse des colloques thématiques de la consultation etait affirmé le refus du corps unique.

Sur la mobilité des jeunes (p 57): Il s'agit de mobilité initiale après la formation doctorale (à savoir aprés la thèse). Elle est actuellement de 20 % et le rapport suggère de la faire passer à 60-75 % sous réserve qu'il existe des lieux d'acceuil. Cette mobilité est necessaire pour l'autonomie des jeunes. Mais elle nécessite des moyens (p57):

Pour cela, il faut dégager des crédits spécifiques destinés aux jeunes équipes pour leur permettre de faire leurs preuves. Cela permet non seulement de favoriser la reconnaissance de jeunes chercheurs mais aussi de promouvoir un essaimage géographique susceptible de contribuer au développement du territoire. Cette mobilité initiale ou en début de carrière devra être prise en compte dans les contrats signés entre l'Etat, les organismes publics et les établissement d'enseignement supérieur, mais aussi pour l'attribution des postes d'attachés temporaires d'enseignement et de recherche qui devra concrétiser une mobilité entre académies.

On notera que pour l'attribution des postes d'ATER, cette mobilité pourrait devenir un des éléments d'attribution

Sur la mobilité au sein d'une carrière (p58) le rapport fait état de 100 mobilités enseignement supérieur recherche / an et 50 avec les entreprises. Cela est jugé insuffisant et un objectif de 15005 sur la période 1995-2000 est affiché. Les postes perdus par mobilité seront remplacés mais modulo une pondération fonction de l'encadrement dans l'établissement en question (voir p58). La mobilité réciproque entre un Etablissement d'enseignement supérieur et les organismes de recherche associés avec cet etabliseement sera prise en compte dans le contrat les reliant.

La mobilité en entreprise est encouragée pour les sciences appliquées (p58):

Réciproquement, il faut faciliter la venue d'ingénieurs ou de chercheurs d'entreprise dans nos organismes et nos universités. Cela suppose la mise en place de commissions de sélection ad hoc o\`u les sciences appliquées trouvent leur juste place.

Sur l'évaluation: elle doit prendre en compte la mobilit2 à la fois thématique et géographique. Cela doit être vrai au niveau des instances d'évaluation des organismes comme des etablissement d'enseignement supérieurs. Enfin l'évaluation de la mobilité thématique, dans le cas d'un travail interdisciplinaire, ou dans le cas d'une implication dans le développement local peut nécessité la mise en place de structures spécifiques.

L'information Scientifique et Technique: mobilité des connaissances

La mobilité des connaissances est jugée nécessaire pour trois raisons principales (p59):

  • Pour la recherche
  • Pour la société qui attend une réponse scientifique à certains problèmes
  • Pour bloquer la montée de l'irrationnel

Un des moyens de favoriser la diffusion de l'Informaiton Scientifique et Technique (IST) serait un Haut Conseil de l'IST (mise en place Printemps 1994). Il est chargé de définir la politique en matiére d'IST selon trois axes: l'IST pour la recherche, la mobilisation des acteurs de l'IST et la diffusion élargie de la culture scientifique et technique (autrement dit la vulgarisation).

Sur l'IST pour la recherche, le rapport souligne la nécessité de renforcer le potentiel national de diffusion d'IST ainsi que l'accés aux ressources mondiales. La numérisation de textes littéraires est citée. Enfin, on notera (p59-60)

La mise en place de revues électroniques connectées au réseau international, de fichiers des compétences et des thèses constamment renouvelés, représentent un outil de veille scientifique indispensable et une condition de la lisibilité des actions entreprises.

Un effort particulier pour les bibliothèque devrait être entrepris (p60):

Un effort spécifique sera consacré aux bibliothèques universitaires qui forment un réseau de connaissances dense mais encore insuffisamment exploité. Un schéma directeur informatique permettra le rapprochement de l'ensemble des catalogues d'ouvrage et de périodiques des bibliothèques universitaires ainsi que des différents services qu'elles proposent. Ce maillage de bibliothèques contribuera très efficacement au développement du territoire.

A propos des réseaux informatiques, le rapport aborde:

  • Les problèmes soulevés par la confidentialité et les rêgles d'échange d'information sur le réseau (mais sans proposer quoi que ce soit de clair!)
  • L'accés aux ressources modiales (via Internet par exemple) doit être encouragé et rendu le plus convivial possible. Le role de l'INRIA est souligné pour apporter les innovations technologiques nécessaires.

    Note: J'ai reçu il n'y a pas longtemps l'article suivant de PHYSICS WORLD ELECTRONIC NEWS, No 17 -- Friday 17 February 1995 (c'est un magazine electronique publié par IOP Publishing:

    >17.1  World Wide Web leaves CERN
    >--------------------------------
    >
    >from Richard Sietmann, Berlin
    >
    >The World-Wide Web (WWW) is moving from CERN, its birthplace.  CERN has
    >decided to cut back on fringe developments, such as the WWW, so that it
    >can concentrate resources on building the Large Hadron Collider, which
    >was approved last December (see PWEN9 item 1). 
    >
    >The Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique
    >(INRIA), the French national institute in computer science and control,
    >will take over WWW development.  The host "info.cern.ch", which served
    >as the starting point for many internet users in Europe, will now be
    >operated by the WWW consortium, a collaboration between INRIA and the
    >Massachusetts Institute of Technology (MIT) which was set up to ensure
    >the compatibility of WWW servers.  The new address for the World-Wide
    >Web home page is http://www.w3.org/ 
    >
    >The WebCore project, as the European activity is now called, will be
    >funded by the telematics programme of the European Commission with ECU
    >1.4 million over the next 18 months.  Ten to 20 staff will tackle issues
    >such as: up-dating specifications for Web components, development of a
    >reference code, information services on the Web, promotion and
    >dissemination in Europe. 
    >
    >The Web was conceived at CERN in 1989 as a means of communication for
    >the widely dispersed high energy physics community.  CERN provided the
    >technical reference point and invested substantial resources in WWW
    >development.  Now that WWW software has become fundamental to the global
    >information infrastructure, further development needs to be pursued in a
    >wider context.  CERN will remain a major user of WWW and continue to be
    >accessible via its home page http://www.cern.ch. 
    >
    >The two permanent members of the WWW-team at CERN are moving.  Tim
    >Berners-Lee has already joined MIT, and Robert Calliau, who is still
    >with CERN, is expected to manage the WebCore project at INRIA. 
    >
    

Sur l'implication des acteurs de l'IST: la mission des enseignants chercheurs dans la diffusion de l'IST doit être reconnue (p60). Les méthodes et outils de diffusion de l'IST devraient faire l'objet d'une formation plus poussée, notamment auprés des futurs chercheurs, cadres et ingénieurs. Dans cet esprit:

L'attribution des bourses d'information scientifique et technique pour les étudiants allocataires sera poursuivie.

L'effort de formation sera fait au niveau des personnels des bilbiothèques

Sur la vulgarisation scientifique (p61-62): on retiendra surtout l'idée que les chercheurs eux-mêmes doivnt être impliqués dans cet effort. Les enseignants-chercheurs en particulier pourraient jouer un role dans la transformaiton des musées d'histoire naturelle en musées des sciences et techniques style Palais de la Découverte ou La Villette. Les jeunes chercheurs et thésards pourraient alors participer à l'animation de ces lieux. Sont mentionnés enfin la création de la 5 et les journées Science en Fête.


III. Comparaison avec le rapport initial

Je vais maintenant comparer sur certains points ce qui a été dit dans le Rapport Fillon et ce qui apparait dans le rapport initial de Janvier 1994

Sur le corps unique

La question est posée en p61 du rapport initial toutefois ce même rapport reconnait qu'une telle opération serait extrêmement difficile à mener sans frictions. Il n'en est plus trace dans le raport Fillon et l'importance de la dualité organisme/universités est soulignée.

Toutefois, tous les rapports s'accordent pour souligner l'importance de passages d'un mode à l'autre au cours d'une même carrière. Le rapport initial pose la question d'une procédure de recrutement unifiée pour les chercheurs et les enseignants du supérieur mais cette proposition disparait par la suite.

Sur les créations de postes dans l'enseignement supérieur

Sur l'emploi des jeunes scientifiques

Sur la contractualisation

Dernière mise à jour le 10 août 1996

Dernière modification de cette page: Friday, April 2, 2004