Le rapport du Comite National d'Evaluation
"Evolution des Universites, dynamique de l'evaluation"
Introduction
Le Comite National d'Evaluation (CNE) a ete cree en 1984. Le rapport
"1985-1995 Evolution
des Universites, dynamique de l'evaluation" (La Documentation Francaise,
Paris, 135p) marque le terme d'une periode ou l'ensemble des etablissements
d'enseignements superieur (Enseignement Superieur) ont ete evalues. Il decrit les evolutions
qui ont ete imaginees et qui devraient se developper ulterieurement :
evaluations de l'ensemble d'une discipline, des structures et des moyens,
des politiques de recherche, notamment sur le devenir des diplomes.
Il aborde aussi deux questions :
- les universites et l'amenagement du territoire,
- les difficultes du Premier Cycle.
Sur ce dernier point, le Comite ne fournit pas de solutions mais il est en
mesure de rappeler les grands principes qui pourraient aider a en formuler.
L'expertise du Comite s'appuie sur la competence et le jugement des
"pairs" : 80% des experts du Comite sont des professeurs d'Universite, le
reste comprend des etrangers pour la plupart universitaires, et des
representants des entreprises publiques ou privees. Les experts sont
designes librement par le President du Comite.
Composition du CNE 1993-95 :
MM. Mornex (president), Duranton et Vincent(vice-presidents)
MM. Andrieu, Cambus, Chaigneau, Dagonet, Didier, Flamant, Gilson, Legeais,
Maurin, Mayeur, Menasseyren, Pinet, Richard.
Groupe de travail "Devenir des diplomes": MM. Gilson, Vincens, Pottier, Mme
Ribier.
I- Le devenir des diplomes.
Nous assistons a une mutation considerable dans la transformation des
debouches. La demande d'information se fait pressante. Y-a-t'il equilibre
quantitatif et qualitatif entre la production de l'enseignement superieur
et les besoins, en evolution tres rapide, de l'economie ?
La transformation des debouches
Les sorties de l'Enseignement Superieur au niveau licence et plus, representent 19.4% des
sorties du systeme educatif en 1992, alors que le nombre de sortants a ce
niveau est passe de 41 000 en 1981 a 106 000 en 1992.
Cette croissance rapide va se poursuivre, compte tenu de l'accroissemnt
constant du nombre de bacheliers et des poursuites d'etudes longues.
La majorite des sortants des universites (pour les 3eme cycle, les 3/4
d'entre eux) sont embauches par le secteur prive.
Les previsions les plus optimistes sur le taux de croissance economique
envisagent un recrutement annuel moyen a peine superieur au nombre des
sortants. Dans ce contexte, la concurrence entre jeunes et actifs ne peut
que s'accentuer : les politiques de recrutement des entreprises et de l'Etat
peuvent induire des variations annuelles considerables dans les acces a
l'emploi.
Des lors, il faut manier les indicateurs d'insertion avec la plus grande
prudence : les taux de chomage ne peuvent etre assimiles a de simples
indicateurs de performance pedagogique ou economique de l'Enseignement Superieur. Ils expriment
d'abord les formes de l'usage fait par les employeurs des categories
d'actifs (debutants ou experimentes).
La formation a l'emploi
Pour la decennie 90, le flux des sortants sera vraisemblablement tres
superieur a celui des possibilites de recrutement des jeunes debutants.
Il existe une forte mobilite des diplomes : selon les regions, de 20 a 50%
vont exercer leur premier emploi dans une region autre que celle de leurs
etudes. Ce phenomene est a prendre en compte dans la definition des besoins
locaux (implantation de nouveaux etablissements).
Ce double desequilibre rend delicat l'adaptation des flux de diplomes aux
besoins de l'economie.
Personne ne croit qu'il serait possible de prevoir avec suffisament de
certitude l'evolution de l'emploi a moyen terme et encore moins par
profession. On ne peut articuler l'Enseignement Superieur et l'economie.
Cependant, une politique de regulation proche du marche du travail peut
permettre d'ameliorer le fonctionnement de l'Enseignement Superieur. Elle repose sur 2
principes :
- Le transfert de l'information : si une bonne formation universitaire donne
des capacites d'adaptation, les risques de desequilibre sont reduits.
- Une bonne connaissance du marche du travail peut etre utilisee dans les
Universites, dans certaines filieres, pour moduler les flux. Dans les
fileres ouvertes, elle pemet de mieux orienter le choix des etudiants.
Il n'y a donc pas contradiction entre la conviction qu'il n'est pas
possible de prevoir a moyen terme les besoins de l'economie et le souci de
connaitre le devenir des diplopes pour faire reagir dans les meilleures
conditions possibles les etablissments.
[note personnelle : ca veut dire en clair qu'on ne peut pas faire de
previsions, et que les flux seront controles a posteriori par comparaison
avec une consigne mouvante ; bref c'est de la Regulation]
La preoccupation des debouches
Elle est presente dans toutes les Universites, mais de maniere inegale : le
clivage essentiel est celui qui separe les filieres ouvertes de celles a
numerus clausus.
Les premieres sont la tradition de l'Universite "apprendre a apprendre", a
partir de referentiels purement scientifiques. La preoccupation des
debouches y est faible.
Les secondes se sont tres fortement developpees ces dernieres annees ; les
enseignants ont besoin d'etre a l'ecoute des milieux professionnels pour
faire evoluer le contenu des formations et les adapter aux evolutions du
marche.
Ces 2 forces coexistent dans la plupart des Universites, ce qui ne conduit
pas a donner une large place a la preoccupation des debouches tout au moins
au niveau de l'institution. Qui donc s'en preoccupe ?
- Les presidents d'Universites : tous l'admettent, mais peu disposent des
instruments necessaires.
- Les Services Communs d'Information et d'Orientation : c'est leur mission.
Leurs enquetes ponctuelles se multiplient, mais ils n'ont souvent pas le
personnel qualifie requis et ne peuvent s'interesser suffisament aux
profils des postes, a la relation entre etudes et emploi, au contenu des
emplois.
- Les responsables des filieres professionnalisees : ils y sont generalement
attentifs, tout en laissant aux associations d'eleves le soin de faire les
enquetes et les annuaires. Leur souci est d'adapter leurs enseignements a
un creneau professionnel precis ; ce n'est pas celui de l'universite prise
dans son ensemble.
- L'etat et les autorites de tutelle : ils savent que la connaissance du
devenir des etudiants est un outil indispensable pour l'etude des besoins
d'evolution des formations et des diplomes. Mais les administrations ne
peuvent suppleer a la relative meconnaissance des realites concretes au
niveau de l'etablissement et ils n'ont souvent pas le personnel qualifie
requis.
- Les collectivites territoriales : elles s'impliquent de plus en plus dans
les schemas de l'Enseignement Superieur, et y voient un outil d'amenagement du territoire. Ceci
est tres discutable (cf mobilite).
Il faut rajouter a cela 2 autres difficultes :
- les informations, lorsqu'on les recueille de maniere objective, ne sont
pas toujours bien recues par les responsables ;
- cet investissement n'est pas pris en compte dans la carriere des enseignants.
Un effort necessaire
L'engagement politique de l'institution universitaire est absolument
necessaire, car :
- elle est confrontee a une demande sociale, economique, scientifique de
plus en plus forte et polymorphe ;
- les effets de la reconnaisasnce europeenne des diplomes doivent etre anticipes ;
- elle doit se preparer a accueillir un public de plus en plus nombreux en
reprise de formation.
Il est couteux et difficile de reunir des informations utiles et de qualite
sur le devenir des diplomes. Il faut absolument distinguer les niveaux
d'informations :
- national, qui est traite par l'observatoire Entree dans la Vie Active
(EVA) du CEREQ (caracteristiques structurelles et conditions de
l'insertion, mobilite geographique, orientation et parcours des bacheliers) ;
- local ou regional, a condition de se doter de personnels tres qualifies.
La creation actuelle de multiples observatoires regionaux va dans ce sens.
Conclusions et recommendations
Il y a 2 types de besoins pour la connaissance du devenir :
- general pour la politique ministerielle de l'Enseignement Superieur ;
- specialise pour les filieres professionnalisees ;
Pour maintenir et developper le reel acquis sur le devenir professionnel,
il faut :
- le developpement des observatoires par les universites ;
- soutenir les initiatives inter-universitaires ou inter-academiques ;
- constituer un reseau d'observatoires ;
- encourager les equipes universitaires qui travaillent sur la question ;
- conforter les enquetes nationales (cf CEREQ) ;
- ameliorer la rapidite et la transparence des resultats ;
- ameliorer la coordination entre les instances de decision et les services
d'information mis en place ;
- avoir une grande rigueur dans la collecte des informations, leur
traitement et leur utilisation par les etablissements.
II- Les difficultes des premiers cycles universitaires
Historique des positions du CNE depuis 1987
L'Universite a la charge de former des etudiants et le taux de production
des diplomes constitue un parametre permettant de jauger son efficacite.
Depuis 1987, le probleme des taux d'echecs importants en Premier Cycle
preoccupe le CNE.
Son importance ne peut pas etre mis totalement sur le compte de
l'organisation des formations. En effet, malgre le developpement du secteur
ferme (principalement le triplement de la capacite des STS), l'universite a
vu entre 1983 et 92 le nombre d'etudiants multiplies par 2,5 en Premier Cycle.
Les previsions jusqu'en 2003 de la Direction de l'Evaluation et de la
Prospective (DEP, "education et formations" novembre 94) envisagent un
notable tassement des taux de croissance, tout en maintenant d'importants
flux.
Rapport de 1987
- Les bacheliers les plus aptes a suivre l'Enseignement Superieur long, conduisant a la
formation par la recherche, s'engouffrent dans les classes preparatoires
(CPGE).
- Les bacheliers qui sont refuses aux CPGE mais qui ont un bon niveau, ont
tendance a preferer les IUT voire les STS.
- Ainsi une trop grande part des etudiants de DEUG est constitue de refuses
aux CPGE et IUT, d'ou le fort taux d'abandon et d'echecs, le DEUG
(preparation a un cycle long) ne repondant pas a leurs besoins.
- Les etudiants aptes se trouvent noyes dans un flot qui les decourage et
nuit a la preparation au 2eme cycle faute d'encadrement adapte.
Rapport de 1989
- Il est essentiel de mettre en oeuvre toutte une strategie d'information,
d'orientation, et de suivi des etudiants, des avant le bac et jusqu'a
l'insertion professionnelle.
Rapport de 1990
- L'enseignement superieur doit accueillir tous ceux qui souhaitent y
poursuivre des etudes.
- L'enseignement de masse a conduit au "College unique" avec des
difficultes toujours non resolues. Il ne saurait conduire a un "Lycee
unique" et encore moins a une "Universite unique" : ce serait la faillite de
toute forme d'excellence et la baisse inexorable du niveau.
Recommendations :
- Necessite de reequilibrer et diversifier le systeme ouvert : "amener les
bacheliers qui ne peuvent pas s'engager dans des etudes longues et qui ne le
font que faute d'avoir trouve une place dans les STS ou dans les IUT, a
trouver une place dans ce type de formations. Il faut pratiquer une
information et une orientation sufisamment efficaces pour reduire
rapidement le dysfonctionnement actuel."
- Exigence d'une veritable formation permanente avec reprise d'etudes a tous
les ages : "il faut encourager une partie des bacheliers a l'entree rapide
dans la vie active mais en leur offrant des facilites de reprise d'etudes."
- Faire de l'orientation la priorite majeure : mieux eclairer les jeunes sur
les voies offertes et aider chacun d'eux a mieux discerner ses gouts et ses
possibilites. Le choix du cycle d'etudes correspondant le mieux a leur
vocation et aux besoins de la societe devrait se faire generalement avant
l'entree a l'Universite, avec reoritation possible.
- creer des types d'IUT accessibles notamment aux titulaires des bacs
techniques et professionnels.
- organiser les DEUG en nombre reduit de modules qui restent acquis si on
se reoriente (cf concours Sante). Ceci permet de moduler le temps des
etudes pour les salaries.
Rapport de 1993
- L'ouverture de l'universite a permis qu'y accedent des etudiants issus de
couches sociales qui n'avaient pas la pratique culturelle de l'Enseignement Superieur. Le
manque de reperes est flagrant : absence d'information, de motivation,
objectifs d'etudes trop flous, difficultes a maitriser les contraintes d'un
travail plus autonome qu'au Lycee.
- L'"orientation" doit etre distinguee du "tri" qui, sans limite
quantitative, ne prend en compte que les capacites des etudiants et de la
"selection" qui vise a choisir les meilleurs en fonction de leurs capacites,
des moyens et des besoins.
recommendations :
- Mettre en place une politique globale de l'orientation elaboree des
l'entree en seconde.
- Developper la coordinnation entre Lycees et Universites : faire de la
premiere annee un palier de determination individualise ; orientation fondee
sur le livret scolaire, les resulatats au bac avant soit l'entree directe
soit le passage d'un temps de consolidation ; puis decision d'orientation
avec appel possible par examen. Ceci n'a jamais ete applique nulle part.
- Reequilibrer les flux en fonction de la nature du bac. Les chances de
succes des bacs technologiques en DEUG sont extremement reduites, tous les
chiffres concordent. Les IUT et les STS ne pratiquent-ils pas une selection
abusive et parfois artificielle du fait des candidatures multiples ? Desormais,
beaucoup d'IUT ne font pas le plein.
Situation actuelle et evolution probable
Les resultats finals ne repondent pas totalement aux esperances et
l'evolution des flux laisse persister une reelle inquietude
Les flux d'entree en Premier Cycle
La selection de chiffres provient du rapport de la DEP deja cite.
| annee |
Pourcentage d'une classe d'age en terminale |
Pourcentage de bacheliers |
| 1987 |
40% |
33% |
| 1992 |
63% |
54% |
| 2003 |
72% |
58% |
L'objectif des 80% (sans autre justification) de la loi de 1989 ne sera pas
atteint. Cette evolution limitee se constate dans tous les pays europeens.
| annee |
flux d'entree dans l'Enseignement Superieur |
dont Universite |
% |
| 1983 |
208 000 |
96 000 |
46.15% |
| 1992 |
443 000 |
249 000 |
56.20% |
| 2003 |
485 000 |
277 000 |
57.11% |
Les flux vont rester eleves.
| disciplines ou filieres |
1988-89 |
1990-91 |
1991-92 |
1992-93 |
1993-94 |
| sciences |
61 281 |
77 649 |
83 491 |
85 930 |
85 866 |
lettres, langues, sci. humaines |
11 8202 |
12 8811 |
137 315 |
144 939 |
163 741 |
| IUT |
37 041 |
41 724 |
43 767 |
47 708 |
52 773 |
droit, economie, gestion |
97 419 |
103 411 |
108 923 |
114 346 |
117 176 |
| medecine |
24 729 |
22 968 |
21 753 |
22 981 |
26 245 |
| STAPS |
5 274 |
3 220 |
3 475 |
3 862 |
4 080 |
| pharmacie |
12 403 |
9 954 |
9 207 |
8 792 |
8 992 |
| TOTAL
| 356 709 |
387 737 |
407 931 |
428 558 |
458 873 |
les etudiants de Premier Cycle
L'evolution des effectifs en Premier Cycle fait apparaitre 3 familles :
- les sciences avec une courbe concave vers le bas ;
- la medecine, la pharmacie, les STPAS (Science et Techniques des Aptitudes Physiques et Sportives) avec une courbe concave vers le haut ;
- les autres, quasi lineaire.
Augmentation du nombre de diplomes : 105 800 en 1992 contre 41 000 en 1980 sans
alteration semble-t-il de leur niveau. Les 10 prochaines annees seront
marquees par une evolution quantitative et aussi qualitative, car une donnee
essentielle est la nature du bac : on a cree dans les annees 60 les bacs
technologiques, et dans les annees 80 les bacs professionnels.
L'augmention des bacheliers entre 1992 et 2003 est en hypothese moyenne de
54 000 (3 000 generaux et 51 000 technologiques ou professionnels). Avec un
taux actuel de 50% qui rentrent a l'Universite, 27 000 etudiants de plus
qu'aujourd'hui proviendront majoritairement des bacs professionnels et
technologiques. Et rien de permet de considerer que ceci aurait des chances
d'ameliorer les resultats du Premier Cycle.
Les resultats en Premier Cycle
Ces resultats par etablissement et par discipline sont de plus en plus
difficile a cerner en raison des inscriptions multiples, des abandons
rapides, de la multiplication des redoublements (la duree necessaire pour l'obtention des
diplomes reste tres mal connue) et de l'eclatement des DEUGs en UV.
Cependant de 1987 a 1990 le pourcentage des inscrits pouvant acceder au 2nd Cycle
passe de 45.1 a 53%. En 1992, 55% des inscrits peuvent acceder au 2nd
Cycle (dont 60.7% de bacs generaux et 23% de bacs technologiques). Par le
jeu des reconversions, les resultats s'ameliorent un peu mais les analyses
les plus optimistes fixent a 1/3 des entrants les etudiants qui quitteront
apres 2 a 3 ans l'Universite avec seulement le bac.
Le nombre de diplomes delivres est un parametre facile a utiliser mais qui
n'approche qu'imparfaitement la realite : celle-ci doit etre ramenee a la
qualite de la formation recue.
L'analyse des taux de succes par cycle d'etude et par discipline dans
chaque etablissement est rarement faite, meme lorsque la comparaison entre
une antenne et une universite-mere pourrait conduire a certaines remises en
cause.
Pour beaucoup d'etudiants, le DEUG n'est pas un passeport pour la vie
active. Ce n'est qu'un enseignement preparatoire aux etudes longues.
Un nombre de plus en plus grand de titulaires du DEUG poursuit a
l'Universite, probablement a cause de la pression economique (difficulte
de trouver un travail correspondant aux ambitions) mais aussi de l'idee que
l'accumulation des diplomes assure une plus grande chance d'insertion (ce
qui est actuellement discute).
Les solutions preconisees n'ont repondu que partiellement aux attentes
La renovation des DEUG
- Effet mitige du systeme de modules capitalisables
Cette organisation a des consequences negatives car elle fait perdre
l'unicite des enseignements, et des favorables car c'est une amelioration
des UV multipliees a l'exces. Les cursus n'ont pas toujours de coherence
pedagogique et trop d'UV optionnelles rendent le parcours des etudiants
illisible.
- Inefficacite du premier trimestre d'orientation
Les etudiants consideres comme trop faibles souhaitent souvent poursuivre
leurs etudes dans le seul but de conserver un droit a une bourse mais,
considerant que l'annee est perdue, relachent leurs efforts; la division en
semestre ameliorerait peut-etre cela.
- Une grande inegalite du tutorat
Pour la reussite de ce dispositif, il faut :
- un encadrement solide par des enseignats experimentes qui
animent, coordonnent et controlent ;
- les groupes doivent etre de petites tailles ;
- la finalite doit etre claire : apprentissage de l'universite,
fonctionnement, aide methodologique, mediation vis-a-vis des enseignants
Ce dispositif risque de devenir inefficace lorsqu'il est abandonne aux
tuteurs, malgre leur bonne volonte. Il peut alors constituer un alibi pour
les enseignats qui s'en sont desinteresses.
Les lacunes des etudiants touchent (exemple du secteur economie a Paris) :
- les mathematiques ;
- la difficulte d'abstraction ;
- le manque de preparation a la vision d'ensemble, a l'analyse des
problemes, a l'elaboration d'un expose ;
- les defauts d'organisation : prise de notes insuffisantes, bachotage,
manque de coordination entre cours et TD.
Le tutorat apporte une aide a l'adaptation mais se heurte au glissement
vers le TD classique et a l'evaporation des etudiants notamment a
l'approche des partiels.
La ou la renovation du DEUG s'est mise en place de maniere la plus
satifaisante, le taux de reussite a augmente de maniere significative et
les abandons ont regresse. Mais notamment avec un tutorat d'accompagnement
simple realise par des etudiants, les taux d'echecs en licence ont eux aussi
augmente dans certaines disciplines.
Les efforts d'orientation pre-universitaire
A part la dissuasion contraignate existant dans quelques etablissements,
ils n'ont pas eu un succes significatif. On a une "masse flottante" de
40 000 a 50 000 etudiants (10% de la masse des Premiers Cycles) n'ayant pas de motivations
claires et qui s'orientent en fonction de facteurs agissant en sens
contraire : la mode (attractif) et les recommendations fermes des
etablissements (repulsif). Cette population peu motivee est certainement la
moins apte a faire face a des filieres aux debouches incertains, voire a
numerus clausus.
La terminale n'est pas l'annee la plus adaptee pour l'orientation, en raison
de l'effet d'ecran du bac. Cette disposition psychologique a peu de chances
de se modifier et ramene donc l'orientation a la premiere annee de l'Enseignement Superieur.
Les echecs a l'universite
Specificite de l'Enseignement Superieur universitaire
La vie de l'etudiant au sein de ce systeme est dominee par l'autonomie et
la liberte avec la necessite de se prendre en charge et de realiser des
choix.
Des competences acquises en particupier pendant le secondaire vont
conditionner le succes :
- des connaissances factuelles de base (et correspondant au projet
pedagogique) sont indispensables (ex: un Premier Cycle de langue pour quelqu'un qui ne
connait que le francais n'est pas raisonnable) ;
- les capacites a gerer son temps, a concentrer son attention, a memoriser,
a prendre des notes ;
- celles de soutenir un effort prolonge, de determination, qui sont
conditionnees par la qualite du projet initial (en clair la motivation
raisonnee de l'orientation). Or une enquete recente en premiere annee de
sante ou vont tradionnellement de bons bacheliers fait apparaitre des
lacunes preoccupantes.
Les causes de l'echec en Premier Cycle
- La situation n'est pas du simplement a une baisse d'efficacite du
secondaire, ni aux bacs technologiques.
- C'est l'environnement societal et son approche moderne des connaissances
qui pesent sur le futur etudiant. La multiplication des informations un peu
dispersees pousse a retenir des faits que l'on utilisera immediatement
(ingurgitation-regurgitation) au detriment d'une acquisition structuree.
- Le manque de tenacite et d'application dans l'apprentissage correspond au
transfert de l'habitude du zapping.
- La tonalite generale de l'evolution de la societe (allegement des
contraintes, reduction du temps de travail et recherche de loisirs) fait
que cette image tres repandue de facilite et de protection contraste avec
l'etudiant et l'effort soutenu exige de lui pour preparer son avenir.
- La population des Premiers Cycles est tres heterogene : de niveau d'abord,
d'environnement (une partie des etudiants ne benefiecie pas de la tradition
culturelle de l'universite, des savoirs-faires non-enseignes : capacite a
produire un discours par ex.)
- inadequation entre les connaisances de base et les exigences
- absence de maitrise de concepts abstraits
- insuffisante rigueur en matiere de methode de travail
- manque d'encadrement et de suivi
- desorientation au sein d'une masse d'etudiants
Les consequences des echecs du Premier Cycle universitaire
- Il faut distinguer les consequences de l'accroissement des flux d'entree
et celles des taux d'echec (sortie sans autre diplome que le bac apres 1 a
4 ans). Le flux d'entree a ete multiplie par 2.5 et le nombre absolu
d'echec a augmente. Il existe un phenomene auto-entretenu ou l'echec
entraine l'augmentation du nombre, ce qui degrade les chances de succes.
- Toute reflexion sur les taux d'echec en Premier Cycle ne doit pas ignorer les taux
eleves dans les filieres selectives courtes (IUT, STS), malgre leur
selection a l'entree. Cependant si les sorties de l'Enseignement Superieur au niveau bac sont
de 76 500 en 1992 a partir du DEUG, elles sont de 39 700 a partir des STS. Ce
phenomene introduit une notion qualitative que les taux bruts de succes ou
d'echec ne doivent pas occulter :
- Peut-on comparer le niveau reel des differents diplomes ?
- Les STS plus pratiques ne donne-t-elles pas plus de chances d'insertion, meme apres un echec, que le DEUG qui a un autre but ?
Consequences pour les etudiants
Lorsque l'inscription a un but essentiellement conservatoire, et doit donner la possibilite d'attendre une
annee avant l'inscription voulue, on peut considerer que le dommage n'est pas tres grand pour
l'etudiant, tout en denoncant ce role des Premier Cycles.
Pour les etudiants inscrits par defaut (et pour leur famille qui ont mise sur leurs etudes), et qui n'ont pas
la possibilite de rejoindre rapidement la filiere voulue, la situation est plus grave. Il semble qu'une
proportion elevee d'entre eux, notamment les bacs technologiques, ne reussiront pas a obtenir le
DEUG. Mais il est frappant de voir qu'aucun ne regrette cette annee "perdue". Cette periode
intermediaire entre l'adolescence et la vie de l'adulte, assure une certaine forme de partage du travail.
Elle renforce un certain lien social.
L'etude effectuee par l'Observatoire Universitaire Regional de l'Insertion Professionnel (OURIP-Rhone
Alpes) montre que la moitie des jeunes en situation d'echec en Premier Cycle avaient 3 ans plus tard trouve un
emploi, en majorite de niveau DEUG, probablement grace a l'acquisition de competences non certifiees
par un diplome. Ils auraient ete mieux armes s'ils avaient fait d'autres etudes ou reussi celles qu'ils
avaient entreprises. C'est la meme chose pour ceux qui ont choisi de s'inscrire a l'Universite de
preference aux filieres fermees mais sans bien connaitre les conditions de la reussite, sans etre bien
prepares (type de bac, niveau).
Consequences financieres
Il est courant d'insister sur le cout des echecs et des redoublments. Mais est-on en mesure de definir des
normes et des indicateurs avec suffisamment de fiabilite pour calculer ce cout? Il faudrait tenir compte
des couts marginaux et des effets de seuil qui font que l'on ne peut etablir de relation lineaire entre le
nombre des etudiants et le montant des depenses.
N'y-a-t-il pas aussi une certaine complicite des etablissements qui tirent parti du nombre d'inscrits pour
solliciter postes, locaux et financements ?
- Quel serait le cout du premier cycle pour obtenir a peu pres le meme nombre d'etudiants ayant le
DEUG, mais avec des taux d'echec tres reduits?
Sur les 250 000 entrees a en 1992, 140 000 ont obtenus
un diplome de Premier Cycle. Il est probable que tout se passe comme si les 250 000 bacheliers etaient restes en
moyenne 2 ans en Premier Cycle, soit une charge de 500 000 etudiants-annee pour obtenir 140 000 accessions, ce
qui pourrait etre fait theoriqument avec 280 000 (140 000*2) etudiants-annee.
- Une autre facon de calculer consiste a se demander quel serait le cout necessaire pour amener une
proportion plus elevee des inscrits actuels a un diplome de Premier Cycle.
Les resultats deja obtenus en sciences
montrent que l'Universite n'est pas condamnee a generer des echecs. Le cout supplementaire resulterait
en realite d'une reduction des depenses correspondant aux etudiants qui sortent sans diplome ; mais cette
reduction ne serait possible que race a une depense supplementaire!
- Enfin, on peut ajouter au premier mode de calcul la depense consentie pour offrir une autre formation a
ceux qui ne seraient pas entres dans les Premier Cycles universitaire actuels.
Chacune de ces methodes correspond a une conception de la liberte de faire des etudes superieures.
Quand on met l'accent sur le gaspillage du Premier Cycle, en sous-entendant qu'on pourrait ameliorer les cycles
superieurs a depense constante pour la nation, on suppose qu'il est possible de limiter l'acces a
l'Universite sans rien proposer d'autre. Cela parait etre une illusion dangereuse.
Quand on propose d'ameliorer les taux de succes en Premier Cycle, on suppose que la nation accepte de depenser
davantage puisque l'on augmentrait les effectifs dans les cycles superieurs. On ne peut pas alors ne pas
poser le probleme des debouches dont l'inadequation avec le nombre de diplomes va croissant. On
pourrait dire que l'utilite d'un diplomé travaillant dans une fonction moins qualifiee est meilleure ; mais
on ne peut ignorer la frustration alors ressentie : le diplome n'est plus un passeport universel, mais un
laisser-passer pour un monde de plus en plus fonde sur une selection, et dont la severite est d'autant
plus ressentie que tout a ete fait jusque la pour l'eviter.
Il faut donc souligner que toute politique doit prendre en compte l'ensemble du probleme des couts, et
pas seulement ceux du Premier Cycle.
Consequences pour les Universites
L'accroissement rapide des entrants amplifie par les echecs, aboutit a un desequilibre quantitatif
entre le Premier Cycle et les autres cycles. Lorsque le poids du Premier Cycle depasse la moitie de l'ensemble des activites
pedagogiques le premier cycle absorbe une part trop lourde des charges d'enseignements. Rares sont les
cas ou une repartition harmonieuse se fait pour toutes les categories d'enseignants entre les differents
cycles ; trop frequents sont les cas ou les enseignements sont abandonnes aux PRAG, PRCE,
vacataires... ce qui n'est pas sans aggraver les difficultes des etudiants.
Quelquefois, des enseignants se consacrent - cela est respectable - totalement aux Premiers Cycles, mais se voient
detournes de leur responsabilite de recheche. C'est bien la la difficulte majeure. D'autre part, l'effet de
masse finit par modifier la pedagogie, alourdisant la taille des TD, rendant impossible une correction
equilibree ou - ce qui est plus grave encore - aboutit dans certaines disciplines a la suppression des oraux.
Il faut aussi insister sur sur la situation dramatique des centres de documentation qui doivent accueillr
des etudiants a la recherche d'un simple lieu de travail et se detournent d'une richesse culturelle qui
diminuent leur chances et genent les cycles superieurs.
Cet accroissement amplifie l'effet des translations qui conduisent les bacheliers a s'inscrire
successivement dans telle filiere puis telle autre. L'ampleur de ces mouvements erratiques depasse
souvent les limites des ajustements que l'Universite peut gerer. La liberte d'inscription implique ce
risque, qui se manifeste dans les periodes de perturbations de l'emploi.
On est frappe de constater dans Paris intra-muros notamment une "evaporation" massive des individus
apres leur inscription.
La reponse ne consiste pas a donner aux Universites, le plus rapidement possible, les postes
d'enseignants pour faire face a ces brusques augmentations. Il n'est pas souhaitable que l'evolution a
long terme des effectifs des enseignants-chercheurs d'une discipline soit gouvernee par les inscriptions
aleatoires en Premier Cycle.
Le programme Universite 2000 aura soulage partiellement les contraintes de l'accueil physique. Mais
l'entretien du patrimoine immobilier va absorber dans les prochaines annees des credits massifs (en
postes et en finances). Pour certaines Universites, le probleme est aussi foncier. La delocalisation se
heurte a de multiples obstacles psychologiques.
Le CNE a exprime ses tres vives reserves vis-a-vis de la multiplication des antennes
universitaires dont la tendance naturelle est de devenir des Universites de plein exercice sans pour autant
disposer de la masse critique notamment en equipements. Un certain nombre d'antennes se limitant aux
Premier Cycles ne presentent pas des conditions d'encadrements convenables, sont depourvus de bibliotheques ou
de laboratoires, les enseignements sont tres secondarises.
On a donc affaire a un probleme de taille, de structure par cycle, de diversites des filieres, et de maitrise
de la croissance. Il n'est pas question d'en conclure que la liberte de faire des etudes superieures, doit
etre restreinte par principe, mais il faut en tirer un argument fort :
la capacite d'offrir l'acces au savoir pour tous ceux qui y sont prepares.
Les solutions proposees
La plus simple serait d'etablir pour chaque etudiant une evaluation du niveau, avec une procedure de
pre-requis. Ceci devrait etre evident et peut etre defini sans ambiguite pour les activites physiques ou
les langues. On ne peut cependant pas se cacher que cette evaluation de niveau serait vite interpretee
comme une selection, avec tout ce que cela entraine de repulsion pour l'ensemble de la communaute.
Cela se heurte aussi a la loi de janvier 1984, qui limite le controle des flux a l'entree en maitrise. Sa
revision assurant une orientation rationnelle sans exclusion devrait pouvoir echapper aux reactions
passionnelles . Sinon, il faudra s'en tenir a des palliatifs, qui necessiteront aussi des retouches
legislatives.
Creer un sas apres le bac
- Les colleges universitaires
On y regrouperait des enseignants chercheurs et des enseignants non universitaires, avec des
enseignements proches des IUT, mais sans option professionnelle. Ceci allegerait le Premier Cycle, pourrait etre
delocalise dans les villes moyennes, et imposerait une cohabition avec le Premier Cycle ou bien sa disparition. Il en
decoule des problemes de limitations d'entree dans le cycle proprement unniversitaires (apres le college
universitaire) et une modification de la nature du baccalaureat.
- La propedeutique
Sa reconstitution d'une annee permettrait une mise a niveau par modules complementaires et pourrait
constituer une antichambre d'observation. Il serait necessaire de restructurer completement la licence, et
donc le cadre reglementaire. Cela repousserait le premier diplome a bac+3, et la disparition du DEUG risque
d'etre mal vecue, meme si ce n'est pas un diplome professionnel.
- Une annee d'observation
On pourrait generaliser la premiere annee d'observation apres l'entree a l'Universite, par exemple sous
forme d'ateliers sur le "metier d'etudiant" (experience de Strasbourg en psychologie). Cela ne resout
pas le probleme du poids du Premier Cycle, et de la deviation du metier d'enseignant-chercheur.
Une autre solution serait d'assurer largement (90%) cette annee par des enseignants non chercheurs.
Cela aurait le double merite du moindre cout et de la continuite de l'encadrement , avec elargissement
progressif de la taille des groupes et sans penaliser la fonction de recherche. Cette annee servirait a la
prise de conscience de leur niveau et de leur motivation par les etudiants, pour s'engager dans le DEUG
dans de meilleures conditions. Des derogations devraient etre prevues sur entretien et/ou dossier. Le lien
avec l'Universite serait assure par la participation active mais limitee, d'enseignants chercheurs assurant
des prestations specifiques.
- Une preparation universitaire exterieure a l'Universite
Le sas pourrait etre etabli en dehors de l'Universite. C'est le cas au Canada. Dans cet esprit avait ete
evoquee l'existence de classes preparatoires au cycle universitaire (CPCU) ou terminale superieure, qui
pourrait etre proposees aux etudiants s'estimant insuffisament armes apres le bac.
- Analyse
Toutes ces solution se heurtent a la loi de janvier 1984 qui stipule que tout "candidat est libre de s'insrire
dans l'etablissement de son choix" dans le ressort de l'academie de son Lycee ; et aussi aux problemes
economiques car l'on peut craindre un allongement de la duree des etudes, meme si aujourd'hui le poids
tres eleve des redoublements entraine un effet identique.
Il faudrait un meilleur encadrement et de petits groupes, des efforts accrus pour les etudiants en
difficultes. Il y a enfin un probleme intrinseque au systeme general de formation : plus de 3/4 des
etudiants s'orientent logiquement en fonction de leur serie de bac, laquelle traduit la succession des
orientations selectives qu'ils ont connus au Lycee.
Sortir le premier cycle du controle universitaire
Ceci permettrait une consolidation des acquis et des procedures d'orientation plus judicieuces. En
integrant un cycle professionnel qualifiant, on repondrait aux besoins, notamment de formation par
alternance. En confiant ceci a des enseignants non chercheurs, on diminue le surcout financier que
represente la formation par petits groupes, pedagogiquement plus efficace.
Le bac devrait alors etre remis en cause. Si on y pense souvent dans le domaine des sciences exactes,
les sciences humaines et juridiques ou la formation de l'esprit se fait surtout pendant le Premier Cycle. Enfin, la
CPU y est opposee.
Multiplier les ouvertures de cycles courts professionnels
C'est la politique menee depuis plusieurs annees, avec la multiplication des STS et l'augmentation des
places en IUT. Cela doit permettre une meilleure orientation des bacheliers technologiques et
professionnels. Comme l'acces pour une formation qualifiante apres une periode d'activite serait tres
possible, ca ne favoriserait pas la discrimination.
C'est ainsi que les Instituts Universitaires Regionaux avaient etre proposes, mais l'on se demande ce
que cela apporte par rapport aux IUT, et l'articulation avec une gestion regionale a souleve des critiques
tres vives.
Conclusions et recommendations
Cette analyse de la complexite du probleme pourrait a tort laisser penser que chacun craignant d'aborder
le probleme de la selection et le cout apparent etant moindre que celui d'autres solutions, les usagers se
satisfont de la situation presente et qu'il suffirait d'ameliorer le Premier Cycle sans chercher a revoir le cadre
legislatif pour des solutions meilleures. En fait, les Universites ne peuvent plus faire face a des
fluctuations d'inscriptions massives, brutales et reversibles d'une annee sur l'autre, quels que soient
leurs moyens.
Il faut rappeler que le niveau des etudes superieures est eleve et doit le rester, et que le bac n'en garantit
pas le succes.
-
La vocation de l'enseignement superieur est de repondre aux attentes et aux besoins de formation du
plus grand nombre de ceux qui sont armes pour faire face a cette formation.
- L'enseignement univertaire est caracterise par la relation permanente entre la transmission du savoir et
son renouvellement qui repose sur l'activite de recherche. Donc la dispersion geographique est
incompatible.
Il faut veiller au niveau des etudes. L'Universite ne devrait plus servir de refuge a tous ceux qui n'ont
pas ete admis dans certaines filieres courtes du secteur ferme. Mais elle doit rester un recours pour ceux
qui ont d'abord aborde une activite professionnelle et veulent reprendre une formation.
Un reequilibrage coherent de l'ensemble du systeme de repartition des bacheliers entre les diverses
composantes de l'enseignement post-secondaire est necessaire. Il ne pourra etre effectue sans conflits
graves que si le veritable sens du principe de la liberte d'inscription est strictement respecte, lequel
n'implique pas que chaque bachelier puisse s'inscrire n'importe ou et n'importe comment. Il consiste a
garantir la liberte de choisir entre les filieres ou il a des chances serieuses de reussir compte tenu de ses
acquis, ses gouts et ses motivations.
- L'orientation doit rester une cle serieuse et realiste, etre largement renforce dans le second degre,
meme si ses suces sont relativement limites. Il faudrait mettre l'accent d'avantage sur les exigences
d'une filiere pour l'etudiant, que sur l'interet de cette filiere et ses debouches.
Il faut que la procedure d'evaluation reponsabilise l'etudiant et lui impose de faire une auto-analyse sur
ses capacites et motivations pour se persuader qu'il n'a qu'une probabilite infime de reussir dans telle
filiere, ce qui est previsible dans de nombreux cas.
Des tests auto-corriges par les etudiants leur permettent de mesurer leurs capacites, les laissant libre de
la decision finale. Ces tests de pre-orientation valent bien la "course a l'inscription", meme si le minitel a
remplace les files d'attente.
Aucune consequence concrete ne peut decouler d'une orientation si celle-ci est totalement depourvue de
contrainte dont il faudrait laisser le choix aux etablissements.
[note personnelle: ca ressemble pas a terme a une classification des facs, ca?]
- Tout systeme n'est acceptable que s'il comporte des passerelles et des possibilites de changement
d'orientation. Il semble qu'il n'est pas opportun de trop limiter le passage des sortants des STS et IUT
vers l'Universite, mais on peut preconiser aussi la meme chose du Premier Cycle vers les IUT.
La formation continue doit devenir une regle et une des responsabilites de l'enseignement initial afin d'y
preparer les futurs diplomes. Il faudrait insister sur l'imperieuse necessite de mettre a la disposition de
tous tout au long de la vie professionnelle des voies de retour dans le systeme educatif en termes de
formation continue diplomante.
- Les enseignants doivent assurer un grand investissement des le Premier Cycle.
Les etablissements doivent egalement mettre en place une evaluation interne de l'enseignement par
cursus, participative et decentralisee. Ainsi ils pourront ameliorer leurs methodes, a condition qu'ils
sachent echapper aux tendances laxistes de certaines instances.
[note personnelle: des noms! des noms! des noms!]
- Il faut donner du temps a toutes les structures pour que les procedures s'adaptent et que l'efficacite de
l'ensemble s'ameliore. Il faut maitriser sa courbe de croissance.
Il serait souhaitable de ne pas amplifier, par laxisme, la charge qui s'est recemment imposee au monde
universitaire si nous voulons le preserver.
Bruno PAUL brpaul@ccr.jussieu.fr