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Le Libre
La Guilde des Doctorants ou le paradigme du Bazar appliqué à la
notion de service libre
Pascal Degiovanni et Christophe Gouinaud
Cet article paraîtra dans la revue Terminal à la fin 1999
et correspond à une communication présentée
au colloque Autour du Libre 1999 qui s'est
déroulé à Brest en Janvier 1999.
La Guilde des Doctorants est une association loi 1901 qui vise à
développer des outils Internet pour la promotion et la
réflexion sur les formations par la Recherche. Elle fonctionne sur un
mode mutualiste : les Guildeurs développent, mettent en place
des outils et alimentent le serveur WEB de la Guilde avec des informations
fournies par les usagers.
Le but de cet article est de montrer comment, à partir de méthodes
de travail inspirées du logiciel libre et en utilisant le support du
réseau Internet, la Guilde des Doctorants en est arrivée à mettre
en place un certain nombre de services mutualistes libres.
Elle a ainsi transposé le mode de fonctionnement du logiciel libre dans
un autre secteur, qui celui du service et de l'action citoyenne.
URL Guilde des Doctorants :
http://garp.univ-bpclermont.fr/guilde
Mots-clé : Formation doctorale, service libre, Internet ...
L'accélération du développement du logiciel libre est un des
phénomènes intéressants catalysé par le développement
d'Internet. La qualité des logiciels issus de cette démarche est
maintenant telle que de grandes compagnies comme Sun Microsystems1, Netscape2 s'y intéressent et que Microsoft
commence à considérer l'impact du logiciel libre sur ses propres
marchés.
Evidemment, on peut se demander par quel miracle le développement libre
ne part pas dans tous les sens, pour finalement n'aboutir à rien de
concret. Eric S. Raymond a analysé ce paradoxe dans son fameux article
The Cathedral and the Bazaar [1] et a dégagé
quelques unes des conditions de bon fonctionnement de la méthode de
développement du logiciel libre.
Le but de cet article est de montrer comment ces considérations peuvent
en fait s'étendre à un autre domaine que celui du logiciel, qui est
celui du service. L'exemple qui est développé ici est celui
d'une association appelée la Guilde des Doctorants, qui
développe des services sur Internet à destination des doctorants
3 et jeunes
docteurs. Nous verrons que le mode de fonctionnement de la Guilde est en
fait très proche de celui décrit dans The Cathedral and the
Bazaar.
Pour ce faire, nous commencerons par décrire les activités de la
Guilde des Doctorants, puis leur impact dans la communauté à
laquelle elle s'adresse. Enfin, dans la conclusion, nous montrerons comment
dans le domaine des services, la Guilde a transposé certaines des
idées dégagés par E.S. Raymond dans son article.
Les objectifs de la Guilde
Depuis sa création par William-El-Kaim en fevrier 1995, la Guilde des
Doctorants collecte des informations sur les formations doctorales, et les
présente sur son serveur WEB. Destinées principalement aux
troisièmes cycles qui préparent une thèse de doctorat (les
doctorants) et aux jeunes chercheurs.
Par sa démarche, la Guilde entend permettre aux jeunes chercheurs de se
rencontrer via le Cyberespace et de travailler ensemble grâce aux
Nouvelles Technologies de l'Information (NTI). Elle contribue ainsi au
développement et à l'amélioration des formations par la
Recherche, dont le rôle est crucial pour l'avenir
économique et scientifique de la France. Enfin, elle encourage la
synergie des individus autour d'une démarche de
participation/mutualisation et donc de citoyenneté. Ces points
constituent, si on peut dire, la motivation politique de la Guilde et
caractérise l'esprit de ses actions, mais aussi les méthodes
utilisées.
Ainsi, les informations fournies par la Guilde proviennent des
interessés eux-mêmes.
Plus précisément, la
Guilde est un groupe technique formé de jeunes docteurs et doctorants
qui administre et développe des outils mais ce sont les utilisateurs
qui définissent et produisent le contenu.
Les Guildeurs, c'est à dire les adhérents de l'association,
se chargent de la structure globale du serveur, de l'organisation
des contenus et des différents logiciels qui sont utilisés. En fait,
les Guildeurs
sont des architectes qui
structurent, assemblent des outils Internet, mais ce sont les utilisateurs
qui expriment le potentiel de ces outils en fournissant du contenu.
Certains se joignent à la Guilde pour un projet précis ou
pour travailler plus dans la durée, ce qui assure une grande
proximité entre le contenu du serveur et les besoins de ses
utilisateurs. La Guilde fonctionne comme une machine à redistribuer
et à mutualiser les informations.
Plus précisément, l'ensemble des utilisateurs de la
Guilde est structuré en divers cercles suivant le degrés
d'implication des individus.
En périphérie se trouvent les utilisateurs passifs, qui
consultent le serveur de la Guilde de manière occasionnelle ou
plus régulière, mais ne contribuent pas au contenu.
Un ordre de grandeur de leur effectif (plusieurs milliers)
est donné par l'analyse des fichiers de consultation
du serveur WEB (voir section 3.4).
Parmis tous les
utilisateurs, un certain nombre choisissent de participer
mais de manière << légère >>, par exemple en prenant part à une
souscription lancée par l'association, en fournissant une information
ponctuelle via un des services de la Guilde, ou encore en faisant de la
publicité pour la Guilde auprès des autres jeunes chercheurs.
On peut alors parler de participants occasionnels mais il est
impossible d'en estimer le nombre.
Parmis toutes ces personnes, un certain nombre participent
à des opérations plus importantes et donc s'investissent plus longtemps.
Il s'agit là des utilisateurs impliqués,
en nombre variable mais pouvant
aller jusqu'à plusieurs dizaines.
Enfin, le dernier cercle est formé
des adhérents de l'association (une dizaine de
Guildeurs) qui s'impliquent de
manière régulière (au moins
sur plusieurs mois) dans le fonctionnement de
l'association. Les Guildeurs définissent la stratégie de la
Guilde, et qui coordonnent les << gros projets >> discutés
dans la suite ce cet article. Ils sont recrutés parmis
les utilisateurs les plus impliqués sachant que les Guildeurs
travaillent en contact direct avec eux.
La possibilité de multiples niveaux d'implication des personnes est un
des éléments essentiels au fonctionnement de l'ensemble des services
gérés par la Guilde comme
on le verra tout au long de cet article. Il permet l'établissement d'une
sorte de << contrat moral >> entre les Guildeurs et l'ensemble des usagers,
qui dit essentiellement << nous ne ferons que ce que vous
nous aiderez à faire >>.
Précisons enfin que
les activités de la Guilde sont complémentaires
à celles des institutions comme le ministère en charge de la
formation doctorale. Nous essayons en particulier de ne pas refaire ce
que le ministère développe sur son propre serveur WEB mais d'apporter
des services et des informations distinctes (compléments d'informations,
conseils de terrain, explications complémentaires etc).
Un des points essentiels de cette complémentarité est
l'indépendance de l'association qui peut jeter un regard critique sur
certaines pratiques dans le domaine des formations doctorales. Par
sa proximité avec les personnes concernées, elle peut
rien que par la diffusion d'informations ou de conseils
sur ces questions
jouer un rôle de relai des difficultés que les doctorants
rencontrent parfois dans leur activité. C'est quelque chose qu'une
autorité de tutelle ne peut pratiquement jamais faire. Cet aspect important
est développé en section 4.
La Guilde est le plus souvent associée à son serveur WEB. Celui-ci
est issu d'une fédération de plusieurs serveurs WEB
proposant diverses informations pour les doctorants.
C'est la
volonté de quelques personnes de pallier à l'extrême dispersion
de ces informations qui a conduit peu à peu à mettre en cohérence le
contenu des différents serveurs, jusqu'à les fusionner en 1997.
L'objectif est de placer les doctorants
dans une position de << professionnels >> de la recherche, pleinements
conscients de leur rôle dans les
laboratoires et bien informés, par opposition à une conception
plus << passive >> du doctorant, peu ouvert sur le monde
extérieur et manquant d'informations sur sa situation et les
perspectives qui s'offrent à lui.
Historiquement, une des réalisations
les plus importantes fut le
rapport HotDocs [2].
Ce document d'environ 145 pages fait un bilan des problèmes des
formations doctorales. Il a été rédigé par les abonnés
de la liste de diffusion
HotDocs au printemps 1995. C'est un des premiers
exemples de travail coopératif << militant >
> sur Internet à grande échelle. Il a
été immédiatement
diffusé via la WEB de la Guilde puis
reconnu comme une référence sur le
sujet .
C'est en quelque sorte le texte fondateur de tout ce mouvement.
Dans la continuité de ce travail, la Guilde héberge sur son serveur
WEB de nombreux textes de réflexion
consacrés aux formations par la Recherche, tant
dans leurs aspects académiques qu'extra-académique.
Depuis 1997,
le contenu à été profondément réorganisé, avec un découpage
en quelques rubriques thématiques :
La Guilde
(présentation de l'association et des services disponibles),
La Thèse (informations et conseils aux doctorants),
L'emploi (tout ce qui concerne la recherche d'emploi) et enfin
une rubrique Liens utiles pointant les serveurs potentiellements
intéressants.
Les divers secteurs du serveur sont maintenus par une petite équipe,
chacun s'étant plutôt spécialisé sur un thème particulier.
Deux tendances se dessinent pour l'évolution de ce serveur : tout d'abord,
un certain nombre de pages sont générées automatiquement par
des programmes. Ces
<< automates >> permettent
aux utilisateurs d'entrer des données au moyen d'un
formulaire. Elles sont alors traitées par un programme qui
génère les pages WEB correspondantes. C'est le cas des << machines
à profils >> détaillées en section 3.3.
L'autre tendance est le regroupement d'informations et l'élimination
des redondances entre les diverses parties du serveur. Ainsi, nous
disposons de deux Guides du doctorant [3] et [4].
Mais comme ces guides sont un peu anciens, il nous a semblé utile de
lancer une remise à jour / fusion de ces deux documents en un seul. A plus
long terme, l'idée serait de générer à partir d'un même
<< document électronique >>
non seulement des pages d'informations pratiques sur la thèse et
l'après thèse, mais aussi ce Guide du Doctorant, édition 2000
tant sous forme électronique qu'imprimable.
Il serait alors plus facile d'assurer la cohérence et la remise à
jour des informations présentes sur le serveur.
La Guilde administre un certain nombre de listes de diffusion sur le
réseau Internet. Des listes généralistes comme hotdocs
ou reservoir-docs constituent des forums de discussion pour les
doctorants et jeunes chercheurs. D'autres listes ont une vocation plus
précise : hd-emploi et ses sous-listes thématiques sont
consacrées à la diffusion d'offres d'emploi et au partage
d'expériences en matière de recherche d'emploi; hd-expats
est une liste pour les jeunes docteurs expatriés. Ces listes sont
archivées automatiquement sur le serveur WEB.
Signalons que le bouquet de listes hd-emploi-* fonctionne sur un
mode mutualiste : pour chaque secteur thématique, un ou plusieurs
volontaires se chargent de faire l'aiguillage entre la liste principale
hd-emploi et la liste thématique correspondante. Le nombre
d'abonnés des listes les plus fréquentées reste stable : aux
alentours de 600 pour hotdocs et de 1100 pour hd-emploi et
ses sous-listes4
, une centaine actuellement pour reservoir-docs et 180 pour
hd-expats
Services libres autour des recrutements universitaires
Chaque année, les candidats aux concours universitaires ont
les plus grandes difficultés
pour obtenir des renseignements sur les postes proposés. En
effet, si la liste des postes ouverts est publié par le Journal Officiel
(JO) et est mise à disposition sur le site Legifrance5, il est difficile d'obtenir des
renseignements indispensables pour bien préparer sa candidature (profil
précis du poste, personnes à contacter, ...).
Pour éviter que chaque candidat ne cherche ces informations de son
côté (ce qui est d'ailleurs une mission quasi impossible pour les
expatriés), la Guilde a développé un certain nombre d'actions
mutualistes sur ce thème.
Pour le concours 1997, la Guilde avait mis en place un service de recherche,
de saisie et de consultation de profils de poste. La recherche et la saisie
de ces informations avaient été effectuée par des abonnés
des listes de la Guilde
et une automatisation de la création des pages avait
été mise en place par la Guilde. Les formulaires de
candidatures avaient aussi été rendus disponibles sous divers
formats.
Les informations fournies pour chaque poste (le << profil >>)
consistent d'une part en un descriptif du travail proposé au sein de
l'université (activités de recherche et d'enseignement) et d'autre
part en les coordonnées d'un ou deux contacts susceptibles de renseigner
le candidat.
En 1998, nous avons continué ces activités mais de manière plus
systématique. Notre objectif a été double : d'une part
améliorer la qualité de notre << machine à
profils de postes >> afin d'augmenter la convivialité
logicielle et de limiter au maximum les interventions des administrateurs ;
d'autre part, mettre en place d'autre services complémentaires tels la
mutualisation des listes de postes d'ATER ou encore une base de données
des dates d'auditions.
L'opération 1998 a été préparée longtemps avant le
concours à proprement parler. Elle a été accompagnée par une
forte publicité afin de catalyser la participation des utilisateurs :
- Envoi de courriers électroniques sur toutes les listes de la
Guilde et aux associations de doctorants et envoi postal par la Guilde à
toutes les présidences d'université, aux directions des IUFM et
écoles normales, et aux 14 CIES d'une lettre d'annonce de
l'opération (coût environ 800 F) ;
- Mise à disposition sur le WEB d'affiches sous divers formats
(Word PC et Mac, Postscript, RTF) annonçant l'opération, à
placarder dans les laboratoires ;
- Mise en place de pages d'aides et d'informations sur le serveur de la
Guilde et constitution d'une équipe de <
< dépanneurs >> pour répondre aux questions des
utilisateurs.
Un certain nombre d'outils ont été mis en place afin de faciliter
les étapes pratiques de constitution de dossier. Tous ces outils ont
été élaborés par des utilisateurs de la Guilde qui nous les ont
ensuite transmis :
- Formulaires de qualification et de candidature aux formats suivants :
Word 7 PC, 5.1 et 6.0 Mac, RTF, Postscript, LATEX et LATEX2e.
- Outils logiciels de production automatique de dossiers de
candidatures lors de candidature sur plusieurs emplois.
Le logiciel gérant les profils de postes a été entièrement
réécrit. Il a alors acquis les fonctionnalités suivantes, qui
n'étaient pas présentes dans la première version :
- Authentification de l'utilisateur qui saisit un profil par retour
d'un code confidentiel (appelé << clef de profil >
>) par courrier électronique ;
- Fonctionnalités de correction du profil (sous réserve d'avoir
la << clef de profil >>) ;
- Détection des tentatives d'altération des informations ;
Du coup, chaque usager est devenu un << posteur de
profil >> potentiel. Nous n'avons pas eu à constituer
d'équipe de personnes habilitées à entrer les données ou
à les corriger. L'accent a alors été mis sur l'aide aux
utilisateurs, par la mise en place d'une liste d'aide. Ceci a sans doute
contribué au succés de l'opération dont l'impact est discuté en
section 3.4.
Avant de conclure cette description, signalons que des machines analogues
ont aussi été développée pour les postes d'ATER (qui sont des
contrats à durée déterminée). Enfin, la machine à profils
permet non seulement de centraliser des profils de Maîtres de
Conférences mais aussi de Professeurs des universités. Même si les
personnes concernées sont à priori plus agées que les jeunes docteurs,
les problèmes de circulation de l'information se posent dans les
mêmes termes. La Guilde ayant le souhait de promouvoir la transparence
dans les recrutements universitaires à tous les niveaux, il est logique
qu'elle cherche à étendre ce type de services à tous les types
d'emplois universitaires.
L'impact de la Guilde
L'audience semble s'être stabilisée pour un temps autour de
plus de 120.000 accès mensuels en provenance d'environ 8.000 machines
distinctes. Le record actuel correspond au concours de recrutement des
enseignants-chercheurs 1999: 600.000 accès en provenance de
18.000 adresses Internet distinctes. Evidemment, la relation entre le nombre
de personnes distinctes consultant notre serveur et le nombre
d'adresses distinctes n'est pas une simple égalité. L'existence de
machines multi-utilisateurs et de caches WEB fait que plusieurs personnes
peuvent consulter le serveur depuis la même adresse Internet.
Dans l'autre sens, une même personne peut apparaître depuis plusieurs
adresses.
Néanmoins,
nous pensons que le nombre d'adresses est du même ordre de grandeur, et
probablement inférieur au nombre de personnes physiques qui consultent
le serveur.
C'est un taux de pénétration élevé : on estime qu'il y a
environ 65.000 doctorants en France, dont une petite moitié en sciences
dites exactes6.
Nous conjecturons qu'environ 30.000 d'entre eux ont
un accès à Internet dans des conditions leur
permettant de surfer sur le WEB.
Nous savons par ailleurs que des personnels permanents consultent notre
site, mais il nous est impossible de savoir dans quelle proportion.
Ces données nous laissent penser que la Guilde est connue
dans beaucoup de laboratoires mais bien entendu, seule une étude plus
précise permettrait de cerner éxactement la situation.
À titre de rappel, pour le concours 1997, environ 200 profils de postes
de Maîtres de Conférences et de Professeurs, soit près de 10 %
du total avaient été mis à disposition.
Les éditions 1998 et 1999 ont vu un doublement de ces chiffres :
480 emplois de Maîtres de Conférences et 85 emplois de professeurs
ont été saisis en 1998, puis 850 et 230 en 1999. Ceci constitue une
progression tout à fait spectaculaire.
Pour 1998,
une étude du rapport entre le nombre de postes saisis et le nombre de
postes proposés au concours (<< taux de couverture >
> de notre machine à profils) montre évidemment
que les sections de sciences dites exactes ont été les mieux
couvertes avec un taux de 27,8 % pour les postes de maîtres de
conférences et de 9,9 % pour les professeurs contre 3,2 % et 2,4 %
respectivement en sciences de l'homme et de la société. Les groupes
de sections CNU les mieux couverts sont les groupes 6 (Physique) et 10
(Biologie), avec des taux pour les maîtres de conférences de 47 et
42 % respectivement, puis viennent les Mathématiques et l'Informatique
avec 34 % et les Sciences de l'Univers (29 %). La chimie et les
disciplines de Génie sont à 19 % et 16 % respectivement. Tous les
groupes de sciences humaines ont un taux de couverture Maître de
Conférence inférieur à 4 % à l'exception du groupe 2
(Sciences économiques et de gestion) qui affiche un taux de 5,6 %. Ces
différences s'expliquent bien entendu par la pénétration
d'Internet dans les différentes disciplines mais aussi par les pratiques
culturelles de chaque communauté. Quoi qu'il en soit, des taux de plus
de 30 % doivent être considérés comme la signature d'une
excellente perception de notre initiative dans ces communautés
scientifiques.
Dans toutes les sections, les postes de professeurs sont moins bien
couverts que ceux de maîtres de conférences. L'effet est
particulièrement marqué dans le groupe 10 (Biologie) : 42 % pour
les maîtres de conférences et 3,9 % pour les professeurs. Ceci
s'explique sans doute par le fait qu'une bonne partie des profils ont
été saisis par des jeunes docteurs, peu concernés par les postes
de professeurs (effet de ciblage). Mais nous pensons que ce n'est pas le
seul effet, et que la pratique du recrutement au niveau professeur n'a pas
évolué au même rythme que les pratiques pour les maîtres de
conférences du fait de la différence de pression à l'entrée
dans chacun de ces corps7.
Par ailleurs, des services concernant les postes d'Attaché Temporaire
d'Enseignement et de Recherche (ATER) ont été mis en place. A la
différence du concours de recrutement enseignant-chercheurs, la
procédure pour les ATER est nettement plus décentralisée, car
elle repose sur les rectorats. Nous avons donc proposé de centraliser
les informations en provenance des rectorats (modalité de retrait des
dossiers, listes de postes par académie). Le principe a été
mutualiste : la Guilde fournir un lieu de mutualisation de
l'information mais ce sont les utilisateurs qui ont été chercher les
informations. Ainsi, les informations sur les modalités de retrait de
dossier ont été obtenues pour 25 rectorats sur 30. Nous avons
collecté 15 listes rectorales sur 30 potentielles.
Enfin, et c'est une des retombées inattendues des activités de la
Guilde, nous avons réalisé que l'administration des machines de la
Guilde et de leur contenu pouvait servir de << support >
> à l'apprentissage de métiers liés aux
nouvelles technologies de l'information. Ainsi, un doctorant en biologie a
pu se reconvertir au métier d'ingénieur système par le biais
d'une
Allocation Formation Reclassement (AFR) au sein du CUST8 en utilisant les machines de la
Guilde pour la partie pratique de son apprentissage.
Ce type d'action montre comment notre association peut contribuer à la
formation de jeunes docteurs aux nouveaux métiers des NTI et est donc
à rapprocher de quelques autres initiatives dans ce domaine9.
Les conditions d'émergence du << service libre >>
Le travail accompli par la Guilde depuis 1995 sur les formations doctorales
fait référence, auprès des utilisateurs, mais aussi d'institutions comme
le ministère en charge de la formation doctorale. Deux questions
se posent immédiatement : tout d'abord,
celles des méthodes et outils
utilisées pour réaliser des projets de cette ampleur
par un groupe de moins de 20 bénévoles (section 4.1).
Mais surtout,
on peut se demander ce qui rend possible la mise en place de tels
<< services libres >>, c'est à dire à la fois d'essence mutualiste
et situés hors de la sphère marchande. Sans prétendre apporter une
réponse universelle à cette question, nous montrerons
sur l'exemple de la Guilde comment les
modes d'organisation sociale et méthodologiques du service libre
sont à rapprocher de ceux à l'2#2uvre dans le domaine du logiciel
libre (section 4.2).
Méthodes de travail utilisées
La Guilde des Doctorants est une structure légère. Elle ne regroupe
qu'une douzaine de personnes dont plus de la moitié est active à un
moment donné. Les << guildeurs >>
concentrent leurs efforts sur le développement d'outils ou de services
coopératifs.
Ce modèle est proche, dans l'esprit comme dans la lettre, de celui qui
prévaut dans le monde du logiciel public : projet Linux, GNU, ou
plus récemment du projet Mozilla lancé par la société
Netscape10. Les
Guildeurs sont l'exact analogue des <
< coordinateurs >> de projets
logiciels comme le Navigateur Netscape bien qu'ils jouent aussi le rôle
de développeurs.
La nouvelle édition
du Guide du Doctorant suit cette logique : un coordinateur
s'occupe de définir l'architecture du nouveau guide, de concaténer
les documents déjà disponibles. Une fois cette phase préliminaire
achevée, nous savons quelles informations sont obsolètes,
incomplètes, lesquelles sont
à jour et comment réorganiser l'ensemble. Avec
cette vision globale de l'architecture du document, le coordinateur
du Guide s'occupe de réunir des utilisateurs intéressés par compléter
les diverses sections de l'ensemble. Il se charge de leur transmettre les
sources correspondantes, de leur donner les indications
nécessaires à la composition du document. Il peut ensuite transmettre
les nouveaux textes à d'autres utilisateurs pour relecture et correction,
les inclure dans le document global et rendre publique une nouvelle version
tout comme
dans le monde du logiciel libre, les coordinateurs du développement
le font avec les sources et packages du logiciel.
Comme les guildeurs sont à priori sur l'ensemble du territoire national (et
même ailleurs), un tel travail n'est possible que grâce à la mise
en 2#2uvre de certains outils que nous allons maintenant détailler.
Assurer la cohésion et la motivation du groupe, ainsi que son renouvellement
est aussi un point important que nous discuterons.
Comme nous l'avons expliqué,
le serveur WEB est coadministré par plusieurs personnes qui se chargent
de la production ou de la mise en forme du contenu. Chacun a en
général un ou plusieurs secteurs de prédilection dont il
maintient et complète le contenu. Des éléments de
présentation sont prédéfinis et inclus à la volée par le
programme qui sert les pages WEB
(démon http)11
ce qui garantit l'homogénéité du serveur et
facilite considérablement l'écriture des pages.
Les modifications des pages sont reportées dans un journal au fur et
à mesure. Les liens sont
aussi analysés par Linkbot, ce qui permet de savoir lesquels
sont à jour. Enfin, récemment, un plan du serveur, maintenu
automatiquement, est mis à disposition sur le serveur. De la sorte,
les guildeurs peuvent plus facilement avoir une vision d'ensemble
du serveur et de ses modifications. Cet élément est indispensable vu
notre mode de fonctionnement à plusieurs.
Enfin,
les statistiques de connexions du serveur sont
analysés automatiquement de
manière quotidienne sur une base mensuelle12.
Cette analyse est très utile pour savoir si un nouvel ensemble
de pages est suffisamment mis en valeur et aussi pour avoir une
idée des préoccupations des utilisateurs en fonction de ce qu'ils
consultent statistiquement.
Tout ceci est organisé autour d'un Intranet qui comprend d'une part une
zone WEB à accès controlé, où les documents de travail sont
accessibles à tous les Guildeurs, et d'autre part quelques listes de
discussion archivées qui servent de << salle de
réunion virtuelle >>.
L'aspect humain est très important. La cohésion de l'équipe des guildeurs
est assurée par les outils techniques que nous venons de présenter mais
aussi par une tradition de réunions dans le << monde réél >>. En
moyenne, elles ont lieu deux fois par an13.
Elles constituent un moment de convivialité
et d'échange entre les guildeurs, durant lesquels la stratégie pour les
mois suivants est arrétée.
Du fait même de la structure des études doctorales14,
le renouvellement est un des problèmes majeurs
de la Guilde. Même si de nombreux guildeurs sont en fait déjà
docteurs et s'investissent largement après obtention de leur thèse,
le taux de renouvellement des actifs est voisin de 80 % au bout de 5 ans.
Ceci n'est possible qu'à condition de recruter de nouveaux guildeurs très
régulièrement. Cela se fait soit par cooptation lorsque quelqu'un
lance une initiative particulièrement intéressante (il est alors
contacté par un guildeur qui lui propose de mettre son travail en valeur
sur le serveur de la Guilde), soit par << appels à volontaires >>.
Lors d'opérations comme celles relatives aux concours, de tels appels
ont été lancés pour organiser la publicité et fournir une <
< hotline >> aux utilisateurs. Dans ce
cas, l'équipe de la guilde s'enrichit de nouvelles personnes, qui
parfois deviennent des guildeurs à part entière.
Le paradigme du Bazar en action
Dans [1], E. S. Raymond énonce un certain nombre de
principes de fonctionnement qui sont nécessaire au succès d'un
projet de logiciel libre15.
Nous allons voir qu'en fait, la Guilde en a, de
manière inconsciente, transposé certains dans l'élaboration de
ses services libres.
Au niveau méthodologique, Raymond insiste à la fois
sur la nécessité de
fournir des versions successives d'un logiciel le plus souvent
possible et sur l'importance
des << testeurs >> du logiciel.
Il énonce un certain nombre de principes que nous pouvons qualifier de
<< principes de parallélisation du cycle de développement >>
(principes 716, 817 et 1018)
parce qu'ils montrent comment un ensemble important de
personnes travaillant simultánément
sur un logiciel peuvent aller sensiblement plus vite qu'une équipe
restreinte.
La Guilde utilise également ces principes : qu'il s'agisse de logiciels
ou de nouvelles pages (c'est à dire d'informations), le temps de
réaction est très court, et les retours des utilisateurs sont pris
en compte. Ainsi, des appels à volontaires sont souvent lancés pour
remettre à jour tel ou tel secteur du serveur WEB. Le contenu
est mis à jour de manière parallèle, en impliquant le plus grand
nombre de personnes possible.
De même, un
nouvel automate est testé par une équipe de volontaires avant sa
mise en service définitive. Par exemple, le développement de la
machine à profils 1998 a commencé en janvier et la mise en service
définitive s'est faite en mars. Entre temps, une équipe de testeurs
volontaires a permis de débugger et d'améliorer le logiciel, d'écrire
les pages de présentation et le mode d'emploi.
Eric Raymond souligne aussi le rôle du
renouvellement des programmeurs : c'est le principe de
<< transmission intelligente des tâches >>19.
Pour qu'un service ou un logiciel évolue, il faut savoir
transmettre le flambeau à d'autres qui
apporteront de nouvelles idées. Il en est de même pour la Guilde :
de nouveaux guildeurs arrivent et reprennent parfois des projets
déjà existants. Ceci renvoie à la manière dont
de nouveaux projets émergent et
se réalisent à partir de l'existant.
Eric Raymond
souligne ainsi
qu'un outil ne révèle pleinement son potentiel que par des
utilisations qui n'avaient pas été prévues au
départ20.
C'est aussi le cas dans la Guilde : la première machine
à profils n'est qu'une adaptation d'un logiciel qui gérait de
manière automatique la mise en place de mini-CV de doctorants. C'est en
voyant d'une part les difficultés des doctorants à trouver des
informations sur les postes d'enseignants-chercheurs, et d'autre part des
affiches contenant de tels profils circuler dans des circuits
semi-confidentiels que deux guildeurs ont eu l'idée d'utiliser le
logiciel gérant les mini-CV pour rendre disponible à tous
l'information sur les profils. Cette utilisation de l'automate mini-CV
n'avait pas été prévue au départ.
La première machine à profils a donc été développée
en trois jours en recyclant un code déjà existant. La seconde
machine en revanche ne reprend que peu d'éléments de cette
première version qui était trop peu modulaire. Mais en fait, le
choix du développeur de la seconde machine à été de fournir
un système qui puisse facilement être adapté pour d'autres
taches. C'est comme cela que les machines à profils PRAG et ATER ont
d'ailleurs été développées. Le module d'authentification des
utilisateurs21 sera réutilisé dans d'autres logiciels dont le
développement vient de commencer. On peut parler
de recherche de la modularité maximale
dans le domaine du logiciel libre comme dans le cas de la Guilde.
Dans le cadre d'un projet logiciel, du code peut être
recyclé, << upgradé >> ou au
contraire repris à zéro. Le Guide du Doctorant, avec sa
méthode d'élaboration explicitée en section 4.1,
est un exemple
de recyclage appliqué à de l'information et non pas à du logiciel.
Eric Raymond a souligné l'importance du recyclage dans le modèle
de développement libre22. Ce
<< principe de
paresse constructive >> se retrouve aussi dans
le fonctionnement de la Guilde. La << recherche de modularité >> n'en est
finalement qu'une des expressions.
On peut se demander quels sont les prérequis pour que des services ou
des projets mutualistes émegent sur Internet et comment un groupe
relativement restreint comme la Guilde peut maintenir une dynamique de
groupe et un esprit mutualiste indispendable au développement de tels
services libres. Cette question a été développée par Raymond en
section 923 de son article.
Une des premières conditions est que le groupe, ou plutot ses membres,
soient capables non seulement de lancer des projets valables mais aussi
d'identifier les bonnes idées venant d'autres personnes. Comme le
souligne Raymond à propos du logiciel,
il n'est pas critique que la Guilde génère des idées
parfaitement abouties ex nihilo, mais elle doit pouvoir
intégrer les idées intéressantes et identifier les besoins
latents des utilisateurs. C'est ce processus qui a conduit à la mise en
place des listes hd-emploi thématiques : c'est en posant la
question aux utilisateurs de hd-emploi de ce qui pourrait
améliorer ce dispositif que l'idée a émergé. D'une
manière générale, la capacité d'innovation d'un groupe comme
la Guilde provient d'un bon équilibre entre d'une part des gens qui
détectent les besoins latents et définissent un nouveau service et
d'autre part des gens capables de réaliser ou de mettre en 2#2uvre les
outils logiciels nécessaires, et enfin des gens capables de rechercher,
analyser et structurer l'information relative aux formations doctorales
(c'est le pendant << contenu >> du
développement logiciel).
Cette synergie est précisément ce qui a permis l'accomplissement
du rapport HotDocs, même si à l'époque nous en étions
parfaitement inconscients. Le projet du rapport a été conçu par
un groupe d'une demi-douzaine de personnes, qui avaient tous identifié le
potentiel politique de cette démarche (le besoin latent dont nous
parlerons plus loin), qui pour certains avaient commencé à collecter
des informations (statistiques, rapports divers sur la Recherche et
l'Enseignement Supérieur) ou à réfléchir par eux-mêmes
sur leur vécu et plus globalement sur la formation par la recherche.
Enfin, quelques personnes avaient une connaissance de l'outil Internet et
avaient pressenti que c'était le média idéal pour un tel travail
coopératif.
Evidemment, la condition que nous venons d'énoncer ne suffit pas. Elle
permet de déterminer des projets mais encore faut-t-il pouvoir engendrer
une dynamique. Ceci renvoie à l'aspect humain, et aussi au contexte
social dont nous allons parler dans le prochain paragraphe.
Le contexte social, berceau du service libre
Le contexte social24
enfin a été un des éléments clé pour
qu'une activité comme celle de la Guilde émerge. Il convient de
rappeler en effet que la population doctorante se caractérise par une
extrême atomisation, et par une tendance forte à l'individualisme.
Ne parle-t-on pas de << la solitude du thésard de
fond >> ?
Enfin, le doctorant, qui n'est finalement plus un étudiant mais qui,
trop souvent encore, n'est pas vraiment reconnu comme chercheur non plus, se
trouve être parfois dans une position ambigue au sein de
son environnement de travail.
De la découle, pour reprendre les mots d'I. Pourmir,
une souffrance identitaire et parfois sociale
qui n'avait jamais été exprimée
collectivement à grande échelle25 avant
1995.
Avec l'afflux de nouveaux docteurs à partir de 1993-1994,
conséquence de la politique d'augmentation du nombre de doctorants
lancée à partir de 1990, et avec la récession de 1993, les
problèmes d'insertion professionnelle ont pris une importance
croissante. Parmi les doctorants, la prise de conscience s'est produite fin
1994 et au début 1995. Le manque d'information sur les
débouchés, sur des points administratifs simples comme les droits
sociaux se sont alors fait cruellement sentir. Par la suite, l'opacité
des recrutements dans l'enseignement supérieur est apparu comme un
sérieux problème. Enfin, ceux et celles qui avaient entrepris de
faire évoluer la condition des doctorants ont très vite compris
l'importance de la diffusion d'informations solides. Tous ces facteurs ont
contribué au développement de serveurs WEB d'information pour les
doctorants et en particulier de la Guilde des Doctorants. Bien
évidemment, ceux et celles qui les ont mis en place étaient
concernés par ces problèmes26.
C'est sans doute parce que les actions initiées par la Guilde, ou par
des groupes d'abonnés de HotDocs répondaient à des
besoins forts que des activités initiées par un petit nombre
de personnes ont pu prendre une telle ampleur. Si le rapport HotDocs a
été initié par six personnes, sa réalisation en a
mobilisé largement plus d'une centaine.
Tout cela s'est fait grâce à un mode de travail très peu
hiérarchisé. Mais,
comme dans le cas du logiciel libre, on peut parler de
coordination de projets par un petit groupe de gens. La Guilde des
Doctorants joue ce rôle pour ce qui est de la diffusion d'informations
sur Internet pour les doctorants. Dans le même domaine, mais sur un plan plus
revendicatif, d'autres structures ont joué et jouent encore ce
rôle comme Action-HotDocs27 ou la Confédération
des Etudiants-Chercheurs28.
Dans ces différents cas, une des actions cruciales est la coordination,
c'est à dire la capacité à identifier des besoins, des problèmes
ou des tendances (techniques, politiques etc)
puis à réunir des talents et des idées afin de faire
émerger soit le concept informatique (dans le cas de la Guilde),
ou le concept politique (dans le cas de la CEC) qui permet d'apporter
une réponse aux questions posées. Dans un système << libre >>,
les pistes de réflexion ou les
solutions ne sont pas imposées par les coordinateurs. Au contraire,
leur rôle se limite
à les faire émerger, de sorte que chaque personne
intéressée puisse s'y investir et y
introduire ses propres idées.
Une fois le projet
précisé et les ressources
humaines, techniques ou conceptuelles nécessaires identifiées,
la coordination consiste à permettre aux différentes personnes
impliquées de mener à bien le projet qu'elles auront librement
et collectivement défini.
On peut,
comme Raymond, parler de principe de compréhension mutuelle pour
désigner le mode de fonctionnement de toutes ces structures et les
relations qu'elles ont avec les communautés auxquelles elles s'adressent.
On retrouve là des schémas communs à ceux du développement
de logiciels libres : projet répondant à des besoins latents mais
forts, puis mobilisation d'une communauté importante pour l'avancement
du projet, sans structure hiérarchique mais avec une coordination
non-autoritaire de l'action.
L'exemple de la Guilde des Doctorants suggère fortement que le paradigme
développé par E. Raymond peut être transposé dans le
domaine des services et dans le domaine d'une action citoyenne. Nous sommes
conscients que la communauté auquelle l'action des guildeurs s'adresse
est très spécifique29 et qu'il n'est pas
évident d'extrapoler ces idées à d'autres domaines.
La question des moyens mobilisés pour ces activités est encore ouverte.
Certains services de très haute qualité pourraient être
développé par notre association mais leur développement et peut être
même leur fonctionnement nécessiterait l'emploi de personnel à
temps partiel ou complet. Ceci pose immédiatement le problème
du financement de telles activités à hauteur de plusieurs
centaines de kilo-Francs par an, qui n'est pas résolu actuellement.
Il s'agit là d'un des grands défis pour le modèle service
libre que nous avons illustré : attirer des moyens financiers
comparables à ceux de professionnels du service
tout en conservant ses spécificités.
Néanmoins, comme E. Raymond dans le cas du logiciel, nous pensons que
ce mode de fonctionnement pourrait bien s'imposer dans d'autres secteurs
d'activité parce que, ni les services commerciaux, ni, dans le cas
d'actions citoyennes, les organisations << syndicales >
> traditionnelles ne pourront mettre en synergie
autant de talents sur un problème donné.
Nous remercions toutes les personnes qui ont participé à l'action de
la Guilde, et plus généralement du mouvement HotDocs. Sans leur
participation à cette aventure, rien de ce que nous avons décrit
n'aurait eu lieu. Enfin, nous remercions le referée de cet article
pour les remarques judicieuses qu'il a fait sur les diverses versions de
ce texte.
-
- 1
- Eric S. Raymond, The Cathedral and the Bazaar,
1998.
- 2
- Formation Doctorale : enjeux, bilan, propositions,
1995.
Disponible à l'URL :
http://garp.univ-bpclermont.fr/guilde/Rapport-HD
- 3
- Guide de l'Etudiant-Chercheur, Etudiants et
Recherche (1994)
Disponible à l'URL http://poppea.polytechnique.fr/er/.
- 4
- William El Kaim, Guide du doctorant, 1995
Disponible à l'URL
http://garp.univ-bpclermont.fr/guilde/Alire/guide-will/.
- 5
- I. Pourmir, Jeune chercheur, souffrance identitaire
et désarroi social, Editions l'Harmattan (1998), ISBN 2-7384-6596-1.
La Guilde des Doctorants ou le paradigme du Bazar appliqué à la
notion de service libre
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LaTeX2HTML translator Version 98.1p1 release (March 2nd, 1998)
Copyright © 1993, 1994, 1995, 1996, 1997,
Nikos Drakos,
Computer Based Learning Unit, University of Leeds.
The command line arguments were:
latex2html -split 0 Article-Libre-2_0.tex.
The translation was initiated by Pascal Degiovanni on 1999-10-13
Footnotes
- ... Microsystems1
-
Sun vient de rendre gratuit pour un usage non commercial la version 64 bits
de son système d'exploitation, Solaris 7.
- ... Netscape2
-
Netscape vient de basculer le code source de son navigateur dans le domaine
public, afin de le faire bénéficier des méthodes de
développement du logiciel libre.
- ...tex2html_comment_mark3
-
Ceux qui préparent une thèse, aussi appelés thésards
ou encore PhD students dans le monde anglo-saxon.
- ... sous-listes4
-
Total cumulé des adresses, redondances enlevées. Le taux de
redondance est assez faible : 1800 abonnements versus 1100 adresses uniques.
- ... Legifrance5
-
http://www.legifrance.gouv.fr
- ... exactes6
- Voir les Rapports sur les études doctorales de
la direction générale en charge de la Recherche
- ... corps7
-
La pression est beaucoup plus forte au niveau maître de conférences
qu'au niveau professeur.
- ... CUST8
-
Institut des Sciences de l'Ingénieur de l'Université Blaise Pascal,
à Clermont-Ferrand
http://custsv.univ-bplermont.fr
- ... domaine9
-
Voir les travaux de l'association Société, Université et
Recherche par exemple.
- ...
Netscape10
-
Voir http://www.mozilla.org
- ... http)11
- Nous utilisons des
<< server side includes >> sécurisés.
- ... mensuelle12
-
Par une adaptation du logiciel Accesswatch-1.33.
- ... an13
- Sans compter
les rencontres fortuites entre quelques guildeurs.
- ... doctorales14
- Une thèse
dure entre trois et quatre ans et est suivie d'une période de recherche
d'emploi plus ou moins mouvementée qui entraîne souvent un
changement de vie (mobilité géographique).
- ... libre15
- Ces principes sont rappelés en version
originale dans les notes en bas de page. Le texte original de Eric. Raymond
est disponible a l'URL suivante :
http://www.tuxedo.org/~esr/writings/cathedral-bazaar/
- ... 716
- Release early, release often and listen to your
custommers
- ... 817
- Given a large enough beta-tester and co-developer
base, almost
every problem will be characterized quickly and the fix obvious to
someone.
- ... 1018
- If you treat your beta-testers as if they're your most valuable
resource, they will respond by becoming your most valuable resource.
- ... tâches >>19
- When
you lose interest in a program,
your last duty to it is to
hand it off to a competent successor.
- ...épart20
- Any tool should be useful
in the expected way, but a truly great
tool lends itself to uses you never expected.
- ...
utilisateurs21
-
L'utilisateur fournit son email et recoit en retour un code qui lui permet
de valider, puis ensuite de corriger l'information qu'il a soumis par un
formulaire WEB.
- ... libre22
- Good programmers know what to write. Great
ones know what to
rewrite (and reuse).
- ... 923
- Intitulée Necessary Preconditions
for the Bazaar Style.
- ... social24
- Voir la section 10 intitulée
The Social Context of Open-Source Software du texte de E. Raymond.
- ...échelle25
-
L'association Etudiants et Recherche avait exprimé ce malaise des
doctorants entre 1987 et 1993, mais elle avait une implantation
essentiellement parisienne car ne disposant pas de l'outil Internet.
- ...èmes26
- Selon E. Raymond : To solve an
interesting problem, start by finding a problem that
is interesting to you.
- ... Action-HotDocs27
-
Groupe informel formé par une partie des rédacteurs du rapport
HotDocs. Entre juillet 1997 et décembre 1997, ce groupe a effectué
le suivi des propositions du rapport HotDocs.
- ... Etudiants-Chercheurs28
-
Confédération d'associations de doctorants créée en mars
1996, avec pour vocation de représenter les doctorants devant les
institutions. La CEC a travaillé étroîtement avec
Action-HotDocs et aussi avec la Guilde autour du concept clé de <
< Contrat de Thèse >>.
- ...écifique29
-
Elle a un niveau d'études élevé, un accès à Internet
aisé dans une proportion élevée, et enfin est de taille assez
réduite : un peu moins de 100.000 personnes.
Pascal Degiovanni
1999-10-13
Dernière modification de cette
page: Wednesday, August 1, 2001
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