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Guilde des doctorants

 

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Quelques pratiques universitaires à connaître...

Ce texte décrit quelques pratiques universitaires que les doctorants gagneraient à connaître . Il s'agit d'une transcription d'une intervention à L'université Lumière Lyon 2 dans le cadre des journées de Sciences Eco le 14 février 1996. L'intervenant avait déjà soulevé des objections très pertinentes à l'idée du contrat de thèse, basées entre autres sur l'asymétrie d'information entre encadrants et encadrés.

Une référence

Les écoles doctorales de sciences économiques ont récemment reçu un document du ministère qui brosse un tableau des thèses en sciences économiques. On y trouve en particulier une étude des financements qui permet de déterminer les opportunités de trouver un financement de tel ou tel type en fonction du plusieurs facteurs, dont le sujet. Ce document est très instructif et devrait être consulté par les doctorants et surtout par les pré-doctorants.

Trois effets pervers

L'intervenant a ensuite décrit successivement trois grands effets pervers dans les pratiques universitaires dont les doctorants sont susceptibles de faire les frais.

L'incohérence entre la politique de long terme et celle de court terme

Il y a souvent une incohérence entre la politique de formation doctorale à court terme et celle qui serait bénéfique sur le long terme. Au niveau du ministère, cela se traduit par une augmentation du nombre des allocations de recherche en DS 6 et 7 (la politique de court terme) et, d'autre part, par un afflux de PRAGs massif pour des raisons budgétaires. Les doctorants risquent fort de faire les frais de cette hésitation à haut niveau sur laquelle il n'est pas évident d'agir tant elle met en jeu des facteurs macroscopiques.

La divergence des intérêts entre encadrant et doctorant

Le doctorant et son encadrant ont souvent des intérêts divergents. Par exemple, dans le choix du sujet de recherche, l'encadrant aura tendance à privilégier ses centres intérêts personnels indépendamment de toute contingence extérieure, par exemple les chances d'insertion du doctorant dans le monde extra-académique. Le sujet est rarement replacé dans un contexte général. De tels choix à risques sont admissibles de la part d'un titulaire mais sont dangereux pour un doctorant.

La prime d'encadrement doctoral favorise le sur-encadrement : elle est attribuée sur des critères purement quantitatifs et absolument pas qualitatifs. Il existe des cas de directeurs de thèse incapables de fournir la liste exhaustive de leurs étudiants.

Les futurs doctorants peuvent se préparer à éviter ces pièges en se renseignant sur la façon dont l'encadrant pratique la formation doctorale. Ils peuvent pour cela interroger les anciens doctorants, se renseigner sur leur devenir et ce, dès l'année de DEA. Du point de vue des universitaires, l'année de DEA permet de repérer les étudiants susceptibles de devenir de bons doctorants. De manière analogue, il serait bon que les futurs doctorants profitent de l'année de DEA pour observer les encadrants potentiels et s'en faire une opinion.

Les divergences d'intérêts entre ceux inserrés dans le système universitaire et ceux qui n'y sont pas

Il existe une asymétrie évidente entre les intérêts de ceux qui sont déjà insérés dans l'université et ceux qui ne le sont pas ! Elle se manifeste au niveau des commissions de spécialistes par deux phénomènes :

  1. La tendance chronique de ces commissions à l'endogamie : on préférera le candidat local au candidat extérieur même si ce choix contredit des critères de valeur scientifique.
  2. L'utilisation des emplois de maître de conférences pour les mutations. Chaque année un certain nombre de postes sont utilisés pour des mutations. Le jeu est en théorie à somme nulle mais le poste libéré n'est en général pas remis au concours la même année mais utilisé pendant un an pour un ATER (précaire donc) ou pour un visiteur. On n'a en général aucune garantie que le poste soit conservé ou qu'il soit remis à disposition de la même discipline. NDLR : Ceci entraîne une différence entre le nombre de postes publiés au JO et le nombre d'emplois effectivement occupés par de jeunes docteurs qui peut atteindre 400 postes sur 2600.

Conclusion

Les vraies barrières ne sont pas tant au niveau des nombres de postes ou de la difficulté du travail de recherche qu'au niveau des pratiques du milieu universitaire.

Pour y faire face, il importe d'avoir un réseau de contacts le plus développé possible et de conserver une ouverture maximale. Surtout, ne pas se laisser enfermer dans sa thèse.

Les doctorants doivent faire un travail d'information et d'explicitation de ces pratiques afin d'une part d'éviter d'en subir les effets et d'autre part de limiter leur développement.

Dernière modification de cette page: Monday, July 30, 2001