Enquête sur les doctorants et les post-doctorants des unités de recherche de l'INSERM
Une étude portant sur
l'ensemble des unités de l'INSERM est actuellement en cours d'achèvement,
et va complèter la présente enquête, menée auprès
de 43 unités qui ont été tirées au sort.
Un questionnaire a été
envoyé aux unités en novembre 1997 et les réponses
ont été reçues en novembre et décembre 1997,
jusqu'en janvier 1998. Nous disposons des réponses de 40 unités,
dont 19 en province et 21 dans la région de Paris. L'étude
porte donc sur un sixième des unités de l'INSERM.
Les doctorants
Au moment de l'enquête 238 étudiants étaient en préparation de thèse dans les 40 unités: 25 % d'entre-eux en première année, 32 % en deuxième année, 27 % en troisième et 14 % en quatrième année; quelques-uns (2 %) en cinquième, ou même en sixième année de préparation de thèse.
L'âge moyen des doctorants
est de 28 ans. Leur nombre par unité est très variable: de
2 à 23, avec un nombre moyen de 6 par unité. Le rapport nombre
de doctorants/nombre de chercheurs statutaires varie de 0,1 à 2,3;
il est en moyenne de 0,9 et il est de 2 ou plus dans quatre unités.
Financement des doctorants
:
Les doctorants sont financés
pour 38 % par une bourse du ministère de la recherche (MRT). Une
grande proportion (21 %), notamment ceux qui sont en fin de préparation
de thèse, reçoivent une bourse de la Fondation pour la recherche
médicale (FRM), ou d'une association (ARC, Ligue).
12,2 % ont un financement
provenant de ''industrie ou d'une autre source du secteur privé.
La plupart des doctorants qui sont médecins sont pris en charge
par les hôpitaux; cette source représente le financement de
9 % des doctorants.
Les autres sources (université:
ATER, les régions, les bourses européennes) financent 12,5
% des doctorants.
ll faut souligner que 17 doctorants
(soit 7,5 %) ne reçoivent aucun soutien financier, avec ''indication
sur le questionnaire d'une source "familiale" ou "personnelle".
Avant d'aborder l'avenir des
doctorants, il convient de remarquer que la stratégie des laboratoires
vis-à-vis de la situation de l'étudiant en thèse est
très variable; au cours de cette enquête, nous avons compris
que dans quelques laboratoires aucune décision pour l'avenir de
l'étudiant n'est prise (ou indiquée), en particulier pour
la présentation au recrutement dans un organisme public de recherche
(EPST), avant la soutenance de la thèse, voire avant les résultats
d'un stage post-doctoral.
La concertation à propos
de l'avenir, entre les étudiants et les chercheurs qui les encadrent,
se fait évidemment de façon très différente,
dans le temps et dans la forme, d'un laboratoire à l'autre. Ajoutons
que les indications notées dans les questionnaires correspondent
tantôt aux souhaits des étudiants qui ont rempli la feuille
avec la secrétaire de l'unité, tantôt à la façon
de voir des chercheurs qui dirigent la thèse.
Tout ceci se reflète
dans la manière hétérogène dont les questionnaires
ont été remplis.
L'analyse des perspectives
d'avenir des doctorants fait ressortir les mêmes points que ceux
de l'enquête menée sur l'ensemble des unités de l'INSERM:
- 26 % des étudiants,
plus du quart, seraient candidats au recrutement à l'INSERM ou au
CNRS;
- 19 % des étudiants
envisagent un poste universitaire d'enseignant;
- 20 % s'orientent vers un
poste dans le secteur privé;
- parmi les doctorants qui
sont médecins (12 %), la plupart (8 %) auront une carrière
hospitalo-universitaire;
- Ia plupart des doctorants
étrangers qui préparent une thèse en France retourneront
dans leur pays d'origine, et ils comptent pour 8 % dans les perspectives
d'avenir des doctorants;
- pour 17,4 %, l'avenir n'est pas déterminé. ll s'agit souvent des étudiants en début de préparation de thèse. Cela peut aussi signifier qu'ils ne seront pas présentés au recrutement d'un EPST; pour quelques-uns, une décision pour leur avenir ne sera prise, par principe, qu'après la soutenance de thèse.
73 doctorants sont candidats
à un EPST; pour 36 d'entre-eux, plusieurs perspectives d'avenir
ont été indiquées (EPST et université pour
la moitié, EPST et industrie pour un tiers).
Les
post-doctorants
L'enquête a porté
sur tous les post-doctorants qui ont soutenu leur thèse dans les
unités de recherche de 1994 à 1997.
170 post-doctorants ont été
répertoriés dans les 40 unités;
40 ont soutenu leur thèse
en 1994, 44 en 1995, 45 en 1996, et 41 en 1997.
L'âge moyen des post-doctorants est de 32 ans.
Parmi les 1 70 post-doctorants:
- 47 sont recrutés
(28 %);
- 88 n'ont pas de poste (52
%);
- 26 sont partis ou vont partir
à l'étranger (15 %);
- 9 ont changé d'orientation
ou n'ont pas donné de nouvelles (5 %).
Seulement 47 (29 %) avaient
donc un poste au moment de l'enquête et le tableau qui suit indique
le type de poste. Une première remarque est que sur les 1 70 post-doctorants
qui ont soutenu leur thèse entre 1994 et 1997, 6 seulement ont été
recrutés à l'INSERM (dont un comme ingénieur) et un
seul au CNRS, soit 4 %.
Parmi ces 7 post-doctorants,
3 ont soutenu leur thèse en 1994, 2 en 1995 et 2 en 1996.
Une deuxième remarque
est la proportion relativement élevée de ceux qui ont un
poste dans le secteur privé (34 % des recrutés); le type
du contrat (CDD ou CDI) n'a pas été précisé.
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Sur la totalité des
post-doctorants, 24 (soit 14 %) sont médecins.
Sur les 20 médecins
français, deux devaient être présentés au recrutement
à l'INSERM, un a un poste dans l'industrie, les autres ont ou auront
un poste hospitalo-universitaire.
Trois ans après la soutenance
de thèse, où en sont les post-doctorants ?
34 post-doctorants, non médecins,
ont soutenu leur thèse en 1994;
7 ont été recrutés
(3 à l'INSERM, 3 dans le secteur privé, 1 à l'université),
9 sont partis à l'étranger (pour la plupart il s'agit d'un
retour dans leur pays), 3 ont changé d'orientation et 15 n'ont pas
de poste trois ans après la soutenance, dont 13 d'entre-eux sont
encore en stage post-doctoral.
Pour tenter d'évaluer
le laps de temps qui s'écoule entre la soutenance de thèse
et l'éventuel recrutement à l'INSERM, les dossiers des personnes
recrutées (CR1 et CR2) entre 1994 et 1997 dans les 40 unités
ont été étudiés. 16 personnes ont été
effectivement recrutées pendant cette période: 7 comme CR1,
8 comme CR2 et un ingénieur d'étude.
Ces personnes ne font pas
toutes partie de l'enquête car la date de soutenance de leur thèse
est antérieure à 1 994. Le temps entre la soutenance de thèse
et le recrutement à l'INSERM est donc très variable, allant
de quelques mois à 7 ans, pour les personnes examinées.
Pour les 7 CR1, le temps moyen
est de 3,5 années et pour les 8 CR2 il est de 3 ans.
Stages
post-doctoraux
Sur les 1 70 post-doctorants,
91 sont actuellement en stage post-doctoral et, pour 7 d'entre-eux, il
s'agit d'un deuxième stage; de plus, 12 autres post-doctorants ont
déjà terminé un stage.
Au total, 110 stages sont
en cours ou terminés. Plus de la moitié des post-doctorants
ont fait au moins un stage d'une annee.
Les sources de financement des stages post-doctoraux, connues pour 101 des 110 stages, sont indiquées dans le schéma ci-après.
Répartition géographique des stages post-doctoraux
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La majorité des stages
(38 %) est effectuée aux Etats-Unis et la plupart de ces post-doctorants
(61 %) sont alors financés par une source locale.
Pour les post-doctorants qui
font un stage en France, il n'est pas souvent précisé s'ils
restent dans leur laboratoire de thèse ou s'ils vont dans un autre
laboratoire français.
Les postdoctorants en France
reçoivent un soutien financier essentiellement des associations
(17 d'entre-eux, soit 50 %) et de l'industrie (26 %).
La proportion des stages dans
les pays européens est relativement basse; les 26 stages (soit 24
%) qui ont lieu en Europe se répartissent pour 9 en Suisse, pour
5 au Royaume-Uni, 3 en Allemagne, 2 en Espagne, 2 en Italie, 2 aux Pays-Bas,
2 en Belgique et 1 en Suède.
Avenir
des post-doctorants
Les perspectives d'avenir restent
à examiner pour la majorité des post-doctorants, c'est-à-dire
ceux qui n'ont pas encore de poste.
Sur 88 post-doctorants, 29,
soit 30 %, ne se voient proposer aucun poste.
La plupart des autres (41
%) sont ou seront candidats au recrutement à un EPST, quelques-uns
à un poste d'enseignant à l'université (13 %), ou
dans une compagnie privée (8 %); un petit nombre (3 %) se présentera
à un poste d'ingénieur.
Les candidats au recrutement
à l'INSERM (40) restent très nombreux.
On peut donc estimer à
une soixantaine ceux qui auront à trouver une situation en dehors
du secteur public; il est difficile de connaître les démarches
qu'ils mènent pour trouver un emploi.
Les
points les plus importants qui ressortent de cette enquête
- L'analyse des perspectives
d'avenir montre que le nombre de doctorants et de post-doctorants qui souhaitent
se présenter ou qui sont effectivement candidats au recrutement
à l'INSERM est très élevé et n'est pas réaliste.
Dans une même unité
il y a parfois ou il y aura plusieurs candidats en même temps au
recrutement, et la stratégie vis-à-vis de la présentation
au recrutement n'est probablement pas toujours discutée avec les
intéressés.
Devoir envisager un poste
en dehors de la recherche ou de l'enseignement public est encore considéré
comme un échec par beaucoup.
ll apparaît que les
démarches pour la recherche d'un emploi en milieu extra-académique
ne sont envisagées que tardivement.
- Dans le cadre de notre étude, qui concerne les post-doctorants ayant soutenu leur thèse entre 1994 et 1997, la proportion de post-doctorants qui ont un poste à la fin de l'année 1997 (28 %) et, surtout, le nombre de recrutés à l'INSERM (6) est très faible.
- Le temps entre la soutenance de thèse et le recrutement à l'INSERM peut être très long puisqu'il va jusqu'à sept ans pour un CR1 et six ans pour un CR2. Trois ans après la soutenance de thèse, la moitié des post-doctorants n'a pas de poste et la plupart sont en stage, souvent dans le laboratoire d'accueil.
- Un nombre trop élevé de doctorants ne reçoit pas de soutien financier, au moins pendant un certain temps de la préparation de la thèse.
Marie-Catherine
Postel-Vinay
Unité
INSERM U. 344
Faculté de médecine
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