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Ecoles Doctorales
Compte-rendu du Second Colloque des Ecoles Doctorales
Notes prises par P. Degiovanni, B. Bost, F. Goldfarb.
Version 1.0
Ce document est un compte rendu factuel du second colloque des
Ecoles Doctorales (Lille, 10-11 mai 2001). Il ne prétend pas à
l'exhaustivité mais se veut être un document de travail pour des
réflexions ultérieures. Il a été réalisé à partir de notes prises
par plusieurs participants au colloque. Ce n'est pas une analyse
ni un commentaire du colloque.
Copyright (c) 2001, Guilde Des Doctorants. Le contenu de
ce document peut être redistribué sous les conditions
énoncées dans la Licence pour Documents Libres.
Ce document est aussi disponible en PDF .
Introduction
Le second colloque des Ecoles Doctorales (ED) s'est déroulé à
Lille les 10 et 11 mai 2001. Il a regroupé environ 300
participants dont plus de 70 doctorants et jeunes docteurs.
Le colloque, dont le programme détaillé figure en annexe ,
a comporté diverses interventions de personnalités officielles ainsi qu'une
intervention de la présidente du conseil des Graduate schools
américaines qui sont l'analogue des ED. Puis le travail a été structuré en
4 ateliers :
- Atelier 1 : La place des ED dans les Universités.
- Atelier 2 : La place des ED dans le 3/5/8.
- Atelier 3 : Les liens avec le monde économique et social.
- Atelier 4 : Recruter, intégrer et motiver les doctorants ;
renforcer l'attractivité des formations doctorales.
Compte tenu de l'importance des effectifs, les discussions ont eu lieu
dans de petits groupes avec un modérateur/animateur. Les modérateurs
se sont ensuite réunis pour faire une synthèse des discussions. Ces
synthèses ont ensuite été présentées à l'ensemble des participants en
séance plénière (restitution des ateliers dans le programme).
Le compte rendu n'est pas exhaustif. Au niveau des ateliers, il se base
principalement sur ce qui a été dit aux groupes auxquels ont participé
les auteurs du compte-rendu.
Pour cette version, nous avons manqué de notes sur les ateliers 2
et 3. Si vous souhaitez apporter des compléments sur ce point (ou
sur d'autres), n'hésitez pas à contacter la
Guilde1. En
fonction des retours que nous auront, nous mettrons en ligne une
version remise à jour de ce document.
Nous avons inclus en annexe un glossaire explicatif des principaux
sigles employés (annexe ). L'intervention de la
présidente du conseil des Graduate schools américaines a été
retranscrite directement en anglais. Pour en faciliter la compréhension,
nous avons inclus une description du système universitaire des
Etats-Unis et un glossaire des principaux termes américains utilisés
(annexe ).
Intervention de J.-F. Mela, directeur de la MSU
Les premières ED ont été crées en 1992, mais l'utilisation de ces
structures était très inégale d'une université à l'autre. Avec la forte croissance du
nombre de thèses soutenues, elles connaissent
actuellement un nouveau souffle. En effet, environ 11 000 diplômes
de docteurs sont attribués chaque année, mais 3 500 diplômes
seulement intégreront l'enseignement supérieur ou des organismes
de recherche publics : c'est pourquoi l'une des vocations principales
des ED est d'aider à l'insertion professionnelle des futurs docteurs.
L'une des grandes difficultés sera d'assurer une certaine cohérence
ainsi qu'une exigence de qualité de la formation doctorale alors
qu'il existe 2 000 DEA répartis dans 311 ED. De bons exemples nous
viennent des SHS, qui impulsent souvent une dynamique originale dans
leurs réflexions sur la formation.
En ce qui concerne les relations entre les ED et les universités,
J.F. Mela a rappelé que c'est une demande contractuelle qui permet
la création des ED. Celles-ci ne sont donc pas soumises à des procédures
d'habilitation suivant des canons bien déterminés ce qui permet une
grande souplesse. Le ministère évalue les ED
mais l'attribution des allocations de recherche restera
du ressort de ces dernières.
Enfin, si le concept d'ED permet d'insister sur l'unité de la formation
"DEA + thèse", l'existence du diplôme de DEA n'est pas remise en
cause, et il reste toujours possible d'arrêter ses études à bac + 5.
Cependant, les DEA ont vocation à déboucher sur une thèse. Il semble
pertinent de mener une nouvelle enquête sur les effectifs en DEA
et en thèse, ainsi que sur le nombre de personnes susceptibles d'encadrer
des travaux de recherche et de créer un portail "jeune chercheur" pour
regrouper l'information. Des indications sur la qualité des laboratoires
d'accueil devront aussi être disponibles.
Malgré l'originalité des initiatives prises par les ED (notamment en
matière d'interdisciplinarité, dans un monde où les nouveaux enjeux
de la recherche se situent aux interfaces) des problèmes demeurent.
Il manque notamment des connaissances précises sur les débouchés des
docteurs, ce qui pénalisent beaucoup les demandes de budget au Ministère
des Finances. Ainsi, les doctorants se sont fait entendre pour une
revalorisation de l'Allocation de Recherche, mais une augmentation
se ferait au détriment du nombre de bourses allouées. Cependant, il
y aura une revalorisation, mais elle ne pourra pas mettre l'allocation
à hauteur des salaires existant dans l'industrie. Par contre, un
couplage systématique avec un monitorat est prévu pour la suite,
notamment grâce à la création de monitorats étendus à des domaines
autres que l'initiation à l'enseignement supérieur. Dans cette optique,
le nombre de moniteurs augmentera de 700 à la rentrée prochaine.
Intervention de D.W. Stewart, présidente du National Council
of Graduate Studies (USA)
Le National Council for Graduate studies est la fédération des
Graduate Schools américaines qui sont l'équivalent de nos ED.
C'est donc l'équivalent d'une association d'Ecole Doctorales.
There are roughly 450 members from the USA and Canada. The Council
is supervised by a directorial board composed of 12 elected
members. The total budget of the organization is around 2.5
million US $.
The missions of the council are:
- leading the national discussion on graduate education.
American education is extremely decentralized and all universities
are extremely independent. But the role of the council is to be a
voice of all institutions and people involved in graduate studies.
Example of discussions: how to prepare doctorates to assume
responsibilities in universities. Discussions on equal opportunity
issues (affirmative action toward minorities).
- promoting, disseminating and sharing information on graduate
studies
- lobbying function in Washington: the council tries to increase federal
funding for graduate education.
Three broad strategies are used to reach these objectives:
- gather members and shareholders: there are a variety of
meetings in the US to discuss about graduate studies.
- direct service to members
- partner with other organization in order to improve practices
Partner with Sloan and Ford foundations (private funding
foundations).
The Council has recently carried a global survey to determine the
issues that interest graduate schools. Here are the answers:
- funding !!! by far the first concern of grad. schools.
- diversity in graduate population: how to manage an increasing
diversity of expectations and background at the level of graduate
studies (massification issue).
- enrolment: PhD remains flat to slowly declining whereas
masters grows. This year there has been an absolute decrease of
the PhD number (- 4 %).
- managing interdisciplinarity curricula
- assessing program quality: this concerns has spread to
general medias such as journals which publish general ranking
studies on graduate schools (e.g. USA today). This is a
serious thing since these medias have a huge impact both at the
level of students and also of funding authorities. It makes a huge
pressure on departments.
Here are the more recent issues that are now interesting the
council :
Its nature, purpose and outcome are questioned. What is it for ?
Is its design suitable ? Are the results good ?
In the USA, 392 universities offer PhDs, 41140 doctorates are
granted each year (nb of PhD)
PhD is presently a very good preparation for research careers !
The problem is that more than half of the student will NOT do such
a career. There is a mismatch between the purpose of the degree
and the student's expectation.
These remarks rise the following question: how to modify the
training to address a broader array of expectations without
altering the quality of the research training.
Various proposals have been made among which to emphasize
interdisciplinary, to broaden the training and to prepare PhDs to
other fields of activities (out of the academics). Also quoted:
work in team, improve the presentations of their results, make
them understand the social and ethical underpinning of their
fields.
To summarize the general idea: it was previously assumed that the
PhD student would pick this up these abilities spontaneously but
now we realize that they need to be introduced in a more
structured way. A key issue is also to make the faculty to work
more effectively in team.
Frontiers of scientific fields change so fast that it is extremely
difficult to define PhD programs. Biology is an illustrative
example: with the explosion of biotechnologies and genetics, it
becomes more and more difficult to design the programs and even to
name them!
400.000 masters are awarded annually. The masters is called the
silent success of graduate education! This will continue to be a
success because of the increase of network based education.
However, this number of PhDs does not increase and even starts to
decay.
The emergence of graduate certificate programs is a related issue.
These are short term based programs, often issued at department
level , with highly specific learning objectives. They provide
graduate credits. The problem is that they suffer a lack of
standardization and they lack of quality control compared to PhD
and graduate programs.
There has been an expansion of the programs concerning postdocs.
Postdoc programs are supposed to provide a new PhD with continued
education focused on research. Although the postdoc system has
proved its efficiency for research careers, we are now facing
important problems:
- Isolation felt by postdocs in their work. Working conditions
are not that good.
- Retirement, health insurance benefits are not the same than
those of faculties.
- Problem of postdoc duration: years ago, in exact sciences
(maths, physics, biology, etc.) people usually got a position
after 2 years of postdoc. Now, they spend 4 to 6 years on
temporary positions !
- There is no common definition of the postdoc. Implies that
their precise number is unknown.
This situation arose from several factors one of them is an
unbalanced between research fundings (which have been strongly
increasing) and position numbers (which have remained constant).
As a consequence, less people try to take postdocs. In 1990, 70 %
of new PhD did a postdoc whereas in 1999, only 45 % choose a
postdoc. The attraction of academic careers is declining! A
proposal under study is to reduce of the length of postdocs,
trying to see if postdocs are elements of a scientific policy.
As a first issue, the international enrolment remains very strong
in the US graduate schools. This year have seen the strongest
international enrolment in the history of America. This has
several drawbacks among which a brain drain in other countries. It
is important than strong graduate programs should develop in other
countries to slow down this tendency.
The new Ford program seems to be a very efficient tool for that
purpose. It provides scholarship to students to go to graduate
schools anywhere in the world and it is very simple to apply
to that program.
Another globalization issue is the impact of information
technologies on graduate studies programs. Technology is reducing
the importance of time and place in graduate studies. Information
technologies are increasing opportunities to do distant or
multiply localized graduate studies. They open new international
collaboration opportunities.
Atelier 1 : La place des ED dans les Universités
En pratique le groupe est parti d'une question posée par le modérateur
mais ensuite la discussion s'est poursuivie assez librement suivant
les questions soulevées par les participants.
La première question a été de voir comment s'est passée la mise en
place des ED dans les différentes universités.
Visiblement, un certain nombre d'ED se sont heurtées à un manque de
moyens matériels : pas de bureau, souvent un manque de personnel
administratif. Cela pourrait être résolu par des redéploiements
de personnels au sein de l'université mais l'ED étant coincée entre
les administrations centrales des universités et les laboratoires,
ce n'est pas facile.
Une remarque historique du modérateur : les difficultés proviennent
du fait que la réforme Garden n'est pas arrivée sur un terrain vierge.
Il y avait déjà une notion d'ED avant cette réforme et donc beaucoup
de gens ont eu du mal à changer de concept.
Certaines ED ont rencontrées des difficultés liées à l'articulation
ED/DEA. Cependant, la reconnaissance des ED provient des nouvelles
missions et responsabilités qu'elles ont (signatures et avis du
directeur de l'ED), mais cela engendre aussi des luttes de pouvoir.
Il s'ajoute à cela un "problème d'identité" : il faudrait faire sentir
aux doctorants leur appartenance à une ED dès le DEA (importance des
associations pour cela), mais on se heurte à la possibilité de changer
d'ED entre le DEA et la thèse.
En pratique les discussions ont montré que beaucoup de préoccupations
tournent sur l'attribution des Allocations de Recherche et la composition
des conseils d'ED. Les échanges de témoignages ont été longs avec une
forte focalisation sur les AR et leur attribution. On sent que c'est une
source de tensions fortes.
Des tensions peuvent aussi exister dans les relations entre ED et UFR,
et entre ED et établissement, liées au transfert de responsabilités
vers les ED.
Enfin une doctorante d'Angers à souligné qu'il y a eu une réaction violente
des doctorants du fait de la mauvaise information sur la mission et les
objectifs de l'ED.
Question [GDD] : il y a visiblement diverses cas de figure ;
certaines ED sont internes à une université (St. Etienne) alors
que d'autres sont associées à plusieurs universités. Or la Charte
des Thèses qui définit les droits et devoirs du duo
doctorant/directeur de thèse dépend de l'université. Comment les
différentes ED prennent en comptent la ou les Chartes des Thèses
qui les concernent ?
Réponse [Univ. Toulouse III] : il existe un
collège des ED à Toulouse, muni d'un conseil. Ce conseil regroupe
les directeurs d'ED de l'université et le vice-président du CS.
C'est cette structure qui fait l'harmonisation entre les diverses
ED. Des doctorants y participent. Le conseil définit les règles
pour les demandes de financement, évalue les dossiers de
soutenance de thèse (car ce sont les directeurs d'ED qui font le
travail). Le directeur d'ED instruit le dossier et le fait
remonter les informations au conseil qui décide.
Réponse [Univ. Nantes] : il existe un chargé de
mission aux études doctorales. Nantes devrait adopter une charte
des thèses2.
Réponse [Univ. Paris VI] : il existe 19 ED
associées à l'université Paris 6, donc ce n'est pas facile. Là
encore, c'est un collège d'ED qui fait l'interface avec le CS et
le CEVU.
Apparemment les modalités pratiques diffèrent beaucoup suivant les
établissements. Dans de nombreux cas, on ne prévoit pas
d'identifier une personne ou une structure claire pour le suivi de
la Charte des Thèses. Au niveau des responsables, la
reconnaissance du travail de suivi au travers d'un statut de
chargé de mission n'est visiblement envisagée
qu'exceptionnellement.
Un président d'université a posé la question des outils qui pourraient
permettre aux ED de mieux accomplir leurs missions. Quels outils
pourraient être pertinents ? Comment mutualiser des moyens entre
plusieurs ED ou entre les ED et d'autres structures ?
Dans les outils, le site Web est important. Il faudrait d'ailleurs faire une
évaluation des sites Web existants. Visiblement, personne n'a une idée
de l'impact des divers sites Web, ni de ce qui peut être pertinent à
mettre dans un site Web d'ED (comment en particulier ne pas refaire ce
qui existe déjà par ailleurs).
- Charte des Thèses : environ un doctorant sur deux n'aurait pas
signé la Charte des Thèses. Un des obstacles est une méconnaissance, de
la part des encadrants, de son existence et de son rôle.
- Information des doctorants : les outils Internet ne sont pas
toujours accessibles pour tous les doctorants. Il y a donc un risque d'avoir
deux catégories de doctorants : ceux qui sont suivis et intégrés d'une part,
et les isolés d'autre part.
- Bilan de compétences : plusieurs personnes ont souligné l'intérêt de démarches
type bilan de compétence dans les actions liées à l'insertion
professionnelle. Mais la question des moyens et des ressources
pour la mettre en place n'est pas résolue.
- Moyens à disposition des ED : il existe une disparité des moyens
et des difficultés liées à l'hétérogénéité des situations.
- Rôle des associations de doctorants : on peut constater que les
ED les plus performantes sont celles qui ont de bonnes relations avec les associations
de doctorants.
- Place des ED dans le 3/5/8 : la 5ème année est à la fois une année
de sortie et une année de préparation à l'entrée en thèse. Quels sont les critéres
de sélection des doctorants à l'entrée en thèse ? Comment prévoir une ouverture
des possibilités d'inscription à des gens issus d'autres formations (DESS,
ingénieurs). Idée proposée (inspiré de ce qui se fait au Québec) : capitalisation
d'acquis. Il faut également penser à la sortie avant la thèse pour les étudiants
de DEA : possibilité de stage professionnalisant pour ceux qui le veulent.
- DEA et DESS : des passerelles entre DEA et DESS sont nécessaires
dans certaines disciplines. Ceci dit, en droit le DEA marche bien comme diplôme
professionnalisant. En fait se pose la question de la pertinence d'une fusion entre
les 3 types de BAC+5 : ingénieur, DEA et DESS.
- Habilitation à Diriger des Recherches : l'HDR recouvre une grande
disparité d'objectif (du prédossier de qualification pour les concours de professeurs
aux thèses d'Etat). Cependant, l'aspect encadrement de thèse n'est pas suffisamment
pris en compte.
Certaines ED prennent en charge l'autorisation de s'inscrire à l'HDR. Cela se fait
plutôt dans les ED thématiques. La question est de savoir si le transfert d'une
partie de la responsabilité de l'HDR aux ED peut aider à une redéfinition de l'HDR,
avec une meilleure prise en compte de l'aspect encadrement de thèse.
Autre élément de réponse, la mise en place de Professoriales, pour améliorer la
formation des encadrants de thèse. Il serait aussi possible de mettre en place
un coencadrement par des jeunes maîtres de conférences, avec une décharge
d'enseignement.
Interventions des doctorants
Concernant la Charte des Thèses (CdT), son application et son suivi
sont encore très hétérogènes.
On peut décliner les problèmes sur divers aspects de la formation
doctorale : les conditions d'encadrement, l'évaluation des ED, les
financements et le statut social.
Cela renvoie au cas des Sciences de l'Homme et de la Société
(SHS) : il y a de très fortes attentes en matière d'encadrement et
d'intégration qui portent en partie sur les ED.
Sur le financement des thèses et le statut social du doctorant : la CEC
prone depuis longtemps une homogénéisation des statuts sociaux, qui
ne soit pas une uniformisation. Il s'agit de faire en sorte que les
financements s'alignent peu à peu sur le modèle du Contrat à Durée
Déterminée, qui ouvre droit aux assurances maladie, accident du travail,
vieillesse et perte d'emploi. Ceci ne doit pas restreindre la diversité des
sources de financement. Ainsi la CEC se félicite de l'exemple donné par
la Région Rhône-Alpes qui vient de transformer ses bourses de thèse
en CDD d'un montant 7,3 kF nets mensuels3.
Comme chacun le sait, il y a une grosse attente sur la demande de
revalorisation de l'Allocation de Recherche portée par la CEC. Les
propositions de la MSU sont un début mais il faudrait aller plus loin.
La CEC prend acte de ces propositions mais demande un dialogue
durable et constructif pour assurer la perennité à moyen terme du
dispositif de financement des thèses par l'Etat. En particulier, elle
s'inquiète de la rigidité de certaines propositions comme celle qui
consiste à rendre obligatoire le monitorat pour tous les allocataires
de recherche.
Des doctorantes en SHS sont intervenus en tribune pour préciser les
problèmes rencontrés dans leur travail. Ce secteur est en effet
emblématique des difficultés qu'a souligné Claire Poinsot dans son
intervention. La discussion s'est donc enclenchée sur le problème
de l'isolement des doctorants en SHS.
Une directrice d'ED en SHS témoigne avoir beaucoup de difficultés
à rompre cet isolement. Cette tendance à l'isolement vient souvent
des doctorants eux-mêmes. Ceci s'explique en partie par deux
facteurs : tout d'abord, la plupart des doctorants en SHS ne
savent pas que les ED existent et encore moins quelles sont leur
mission et leur rôle. Ensuite, le non-financement renforce
l'isolement de nombre de doctorants qui sont obliger de mener une
activité professionnelle en plus de leur thèse. L'isolement est alors
renforcé par un véritable cercle vicieux : le doctorant isolé avance
lentement dans son travail scientifique, ce qui entraîne un sentiment
de honte et de culpabilité vis-à-vis de son directeur de thèse et donc
un enfermement sur soi.
Cependant des moyens existent pour rompre l'isolement. Plusieurs
pistes ont été avancées lors de la discussion :
- les associations de doctorants sont un lieu de socialisation
potentiellement très important ;
- mettre à la disposition des doctorants de locaux dans les
laboratoires permet de combattre l'isolement géographique ;
- les séminaires de recherche ;
- l'Internet progresse mais ne suffit pas : le contact dans le
monde réel est indispensable ;
- enfin a été souligné l'importance d'une meilleure implication de
l'encadrant notamment au travers de rencontres plus fréquentes.
En fait, il apparaît qu'une bonne coordination entre ces différents
outils peut vraiment faire changer les choses. Chacun sait que
l'encadrement à une influence forte sur le comportement des
doctorants en SHS. Il semble donc important qu'agissent en synérgie
d'une part les associations de doctorants auprès des doctorants et
prédoctorants et d'autre part les ED auprès des
doctorants et de leurs encadrants en faisant la promotion d'une
démarche qualité au niveau de la manière d'encadrer.
On a rappelé à ce propos les résultats d'une étude faite par la CEC
et le groupe Action-HotDocs en 1996 qui montrait que le principal
obstacle à une amélioration des taux de financement en SHS était le
taux d'abandon en cours de thèse. En effet, ce taux est tellement
élevé (55 %) que l'on imagine mal des financeurs potentiels vouloir
financer des thèses en SHS. Une politique d'amélioration du suivi et
de l'encadrement permettrait de motiver beaucoup plus d'éventuels
financeurs sans pour autant limiter la production en termes de thèses
effectivement finies. Une des propositions avancées serait de corréler
fortement la Prime d'Encadrement Doctorale et de Recherche (PEDR)
au taux de financement et d'encadrement des doctorants encadrés par
le candidat à ladite prime. Cette proposition a provoqué de larges
applaudissements.
Pierre Averbuch, de l'ABG, a souligné les enjeux derrière l'amélioration
de la qualité d'encadrement en SHS. En effet, les entreprises manquent
de docteurs en SHS. L'exemple de l'entreprise Renault est significatif.
D'une conception purement technique de l'automobile, la firme a glissé
vers le concept de voiture à vivre qui s'illustre par le développement
de multiples déclinaisons à partir d'une même base technique4. Mais définir des voitures à
vivre en fonction des besoins exprimés ou non de la clientèle demande
des compétences au-delà des aspects techniques ! Il faudrait intégrer
des spécialistes de SHS dans les entreprises. Le problème est que la
communauté scientifiques en SHS n'en a pas forcément conscience ou
ne l'encourage pas.
Dans la dernière partie de la discussion, des doctorants en SHS ont
confirmé la part de responsabilité des doctorants eux mêmes : certains
désertent les séminaires et ne profitent pas des outils qui sont mis à leur
disposition. Ceci est confirmé par l'enquête qui a été réalisée à l'université
de Bourgogne (Dijon). Ceci rejoint le problème de la pérennisation des
activités des associations de doctorants. Si tout le monde s'accorde pour
reconnaître le caractère cyclique de la vitalité des associations, on peut
toutefois aider à lisser les choses sans forcément tomber dans une
démarche d'assistanat. Bruno Bost (GDD) a ainsi souligné l'importance
qu'une association soit fondée sur une démarche volontaire et structurée
autour de projets plutôt qu'artificiellement montée pour satisfaire à des
critères marketing. Parmi les éléments importants pour assurer la stabilité
d'une association, la Guilde a remarqué quelques éléments qui sont
toujours fortement présents dans les cas d'associations pérennes :
- une implication des jeunes docteurs pour transmettre la mémoire
des anciens aux nouveaux arrivants ;
- quelques moyens matériels (locaux, ordinateur, etc.) et une
reconnaissance par les institutions (participation aux conseils, écoute
et disponibilité) ;
- un souci d'éviter l'instrumentalisation : l'association doit agir en
complémentarité avec l'institution, et l'un ne doit pas se substituer à
l'autre.
Présentation de DocNet et de l'ADDUM
Fabien Granier (Contact) et Pascal Degiovanni (Guilde des
Doctorants) ont présenté deux outils Internet pour les écoles
doctorales et les associations de doctorants.
La conception et la réalisation de ces outils se base sur une
observation simple : dans l'accomplissement de leurs missions, les
Ecoles Doctorales vont avoir un besoin croissant d'un système
d'information opérationnel et efficace. Ce système aura une
vocation interne pour permettre aux Ecoles Doctorales d'assurer
leur fonctionnement administratif ou pédagogique quotidien et pour
permettre de faire le suivi des docteurs. Mais il aura aussi une
vocation externe pour permettre de valoriser le potentiel des
jeunes docteurs auprès du monde socio-économique ou d'autres
communautés scientifiques que celle de l'Ecole Doctorale. Les deux
outils complémentaires présentés ici s'adressent précisément à ces
deux besoins :
Ces deux outils sont actuellement opérationnels. Une documentation
complète est disponible sur les sites WEB concernés. Il convient
ici de souligner leur complémentarité. De plus, la Guilde des
Doctorants et Contacts vont commencer le développement d'un module
de communication entre ces deux outils qui permettra d'utiliser
l'ADDUM pour fournir un certain nombre de données dans un noeud
DocNet.
Intervenants : Y. Fau et J.-M. Boidin, direction de la
Recherche.
La volonté de la MSU est d'accompagner les ED dans leur travail. Cela
se fera grace à la mise en place d'un véritable système d'informations
qui permette le suivi des attribution des Allocations de Recherche ainsi
que celui des doctorants. La MSU veut se donner les moyens de faire
un suivi plus intéressant et plus riche que celui effectué actuellement
pour les rapports sur les Etudes Doctorales. L'annuaire des Ecoles
Doctorales va évoluer : on affichera bientôt la liste des unités de
recherche associées à chaque ED.
Enfin, la MSU souhaite connecter son système d'informations à un
système d'affichage des CV des doctorants (allusion non explicite à
DocNet ?).
Dès maintenant, les demandes d'AR sont en ligne sur internet. La MSU
invite les ED à donner une vision synthétique et plutôt uniformisée de
leur politique de distribution des AR. La notification des attributions des
AR aux ED puis la remontée de l'information sur les attributions aux
candidats et enfin l'édition de contrats se feront à terme via Internet.
Cette année, qui est une année de transition, la notification des AR aux
ED se fera vers la mi-juin. La mise à disposition du module de saisie des
bénéficiaires sera faite pour une saisie entre juillet et le 30 septembre.
Depuis 2001, les demandes de prolongation ne remontent plus au ministère
(les contrats de travail sont gérés au niveau du recteur). Mais après 2003,
le contrat d'allocation passera à trois ans.
Le ratio entre le nombre d'AR et le nombre des premières inscription en
thèse chute en sciences dites exactes, à cause de la diminution des
inscription des thèses : - 25 % depuis 1995. Le nombre des AR utilisées
pour l'accueil de doctorants étrangers a plus que doublé cette année car
il y a eu un assouplissement des conditions pour postuler5.
Cas des désistements : il faut que l'ED fasse une liste supplémentaire
pour éviter d'avoir une allocation non pourvue. Sinon, l'allocation reste dans
l'université mais est attribuée à une autre ED. Si cela ne fonctionne pas, elle
repart à la MSU.
Allocations fléchées : il existe un contingent d'allocations fléchées,
attribuées aux membres de l'Institut Universitaire de France (IUF). L'idée
est pour les petites ED qui ont un membre de l'IUF de booster un peu le
nombre d'allocations (pour les grosses ED, avoir un membre de l'IUF ne
change rien). Ce contingent vient en plus des 100 allocations consacrées
aux programmes thématiques6.
Allocations perte d'emploi : dans le schéma avec gestion déconcentrée,
les allocataires sont rémunérés sur la ligne 43-80 gérée par les rectorats.
Question [GDD] : Quid de l'affichage d'indicateurs sur la recherche,
la qualité de l'encadrement via le système d'information de la MSU ?
Réponse : A terme, oui ca se fera. Il y a une
demande de la CPU.
Question : Monitorat et agrégation, comment se passera la validation
de stage pour les agrégés ?
Réponse : Tout allocataire agrégé aura un
monitorat.
Atelier 4 : Recruter, intégrer et motiver les doctorants ; renforcer
l'attractivité des formations doctorales
Présentation d'un travail effectué à l'université de Bourgogne (Dijon).
Ce travail a consisté en un double sondage effectué sur l'université de
Bourgogne. Ce sondage a porté sur le devenir professionnel des docteurs
de l'université de Bourgogne ainsi que sur les conditions de travail et de
vie des doctorants.
- avis sur leur emploi actuel
- avis sur les salaires
- avis sur les formations suivies
Sur les trois promotions, enquête faite en mai 2000, on observe :
- 76 % des docteurs en CDI
- 13 % en CDD
- 11 % en recherche d'emploi
Le taux le plus faible d'insertion en CDI se trouve en chimie (68 %) et le
plus fort se trouve en sciences de la terre (100 %). L'analyse de corrélation
entre la discipline de la thèse et l'emploi considéré n'a pas encore été effectuée.
Toutes disciplines confondues, parmi ceux qui ont un emploi, on observe la
répartition suivante :
- 50 % enseignement sup.
- 6 % postdocs et ATER
- 6 % enseignant hors sup
- 4 % cadres commerciaux entreprise
- 28 % cadres techniques
Le salaire moyen est de 12 kF nets mensuels (peu de variations suivant les
disciplines). Les données ont été analysées globalement et aucune analyse
montrant l'évolution de ces répartitions dans le temps n'a été effectuée.
Cette enquête a sondé les aspects relatifs aux conditions de vie et de travail
dans l'université7. 600 réponses sur 900 sondés ont été obtenues. Les éléments qui
ont été demandés sont les suivants :
- conditions matérielles d'accueil dans les laboratoires : bureaux, accès
aux moyens de communication ;
- conditions d'intégration dans les équipes de recherche ;
- qualité de la relation avec le directeur de thèse : disponibilité en temps,
mise à disposition de moyen, publicité faite de l'activité du doctorant ;
- connaissance et compréhension de l'ED, de son rôle et de son
fonctionnement ;
- représentation de leur avenir par les doctorants ;
L'analyse des résultats laisse apparaître trois grandes catégories :
- Les scientifiques : ils ont une forte insertion matérielle et sociale
dans les laboratoires. On observe chez eux une perception assez critique de
la relation au directeur de thèse. Ils ont de fortes attentes en matière de qualité
d'encadrement.
- Les littéraires : leur insertion dans le laboratoire est très aléatoire
mais leur opinion par rapport au professeur qui les encadre est souvent très
favorable ! En gros, c'est le modèle à l'ancienne de l'encadrement.
- Les composites : cette catégorie s'observe dans l'ED pluridisciplinaire
dont fait partie le modérateur. Ces doctorants sont en situation un peu intermédiaire
entre les deux catégories ci-dessus.
Divers résultats annexes ressortent de l'analyse multivariée qui a été effectuée :
- Les doctorantes sont toujours significativement plus insatisfaites que
les doctorants quelque soit la question.
- Les doctorants venant de l'extérieur (hors université de Bourgogne) sont
significativement plus insatisfaits que ceux qui sont issus de l'université de
Bourgogne.
- Les doctorants bénéficiant d'un financement sont souvent plus critiques.
En fait, cette enquête montre que les scientifiques s'identifient à un collectif
de travail (l'équipe d'accueil) alors que les littéraires s'identifient à un individu
(leur directeur de thèse). Il y a là un risque de perpétuation de l'attitude des
directeurs de thèse et donc un renforcement des effets d'isolement dans la
communauté littéraire. On voit, dans les disciplines de SHS, un véritable
effet miroir entre le directeur de thèse et les doctorants qu'il encadre.
En pratique la discussion s'est organisée autour de quelques questions posées
par le modérateur. Ce que nous présentons ici est une synthèse des réponses
qui ont été faites, agrémentées de quelques commentaires. Il est difficile de
restituer la diversité des expériences des différents participants. Pour cette
raison, ce compte-rendu est une digestion de ce qui a été dit plutôt qu'un
rendu exhaustif et littéral.
Les questions abordées ont été les suivantes :
- Comment favoriser l'intégration des doctorants dans les ED et dans leurs
équipes d'accueil ? (section
)
- Comment améliorer l'attractivité des formations doctorales et comment
motiver les doctorants ? (section
)
- Comment créer de bonnes conditions pour une activité interdisciplinaire ?
(section
)
Enfin, la discussion s'est dirigé sur la préparation des encadrants, leur formation
et leur évaluation via l'HDR (section ).
Avant toute chose, il est intéressant de voir que les ED, dans leurs pratiques
et dans les problèmes auxquels elles sont confrontées, constituent un
écosystème extrêmement varié. Tout le monde n'est pas au même point
de maturation quant aux réflexions sur le doctorat et sa finalité ou sur le
rôle des ED. Néanmoins, on sent globalement une volonté d'aller vers une
formation doctorale de meilleure qualité, même si tout le monde n'avance
clairement pas au même rythme.
L'intégration des doctorants
Il ressort des expériences et témoignages une grande diversité de situations.
Les SHS et les sciences dites exactes ont des pratiques très différentes,
notamment du fait de la différence dans les pratiques de recherche. Il faut
aussi noter en SHS une proportion de doctorants en formation continue
nettement plus élevée qu'en sciences dites exactes. Tous les enseignants
du secondaire qui préparent une thèse ont cette démarche. Or cela ne rend
pas les choses plus faciles aux ED du fait de la diversité des attentes
auxquelles elles doivent faire face.
Plusieurs éléments positifs pour l'intégration des doctorants et liés à la
création des ED ont été mentionnés :
- Les ED contribuent à créer un esprit d'Ecole et ont entraîné une
dynamique positive au niveau des personnels impliqués dans leur
fonctionnement.
- Dans un certain nombre de cas, les DEA ont été bien intégrés dans
le dispositif des ED. De chapelles indépendantes, ils sont devenus des
composantes de l'ED ce qui donne plus d'ouverture aux doctorants.
Au delà de ces points fondamentaux, les besoins et les actions mises en
oeuvre sont très divers. Si on raisonne en termes de boîte à outils,
c'est-à-dire d'actions ou de composants bien définis qui peuvent être
adaptés d'une ED à une autre, la discussion aura permis de dégager
quelques pistes intéressantes.
Tout d'abord, le premier composant cité est la notion de lieu physique
pour se rencontrer et travailler. C'est un point particulièrement important
en SHS où beaucoup de doctorants sont obligés de travailler chez eux. La
notion de lieu physique est pertinente pour l'ED car elle l'associe à un espace
physique et contribue à la sortir du virtuel. Elle est importante en tant que
support pour les doctorants (on pense à un lieu d'accès à certains moyens
de reprographie et de communication). Enfin cette notion s'applique aussi
aux associations de doctorants pour laquelle la mise à disposition d'un local
constitue à la fois un ancrage dans l'université, une facilité pratique et une
reconnaissance de l'utilité sociale.
Parmi les expériences existantes, on peut mentionner la Maison des
Ecoles Doctorales de Montpelier ou le local associatif de l'Association des
Doctorants de l'INSA de Lyon (ADIL).
Un autre composant fondamental sont les opportunités de coopération
proposées aux doctorants. Il s'agit de laisser un espace de liberté et d'encourager
les doctorants à travailler en groupe sur des projets distincts de leur thèse.
Ces projets peuvent être à vocation scientifique comme un groupe de travail
ou tournés vers le monde socio-économique (forum docteurs/entreprise,
petits-déjeuners avec des entrepreneurs, etc.), vers l'employabilité comme
la valorisation des compétences (bilan de compétences, projet professionnel,
annuaire). Plusieurs actions peuvent s'articuler autour de ce concept :
- Encouragement à la publication et à la participation aux colloques. La
mise en place d'un atelier consacré au monde de l'édition dans une ED de
SHS est un des exemples.
- Mise à disposition de locaux et reconnaissance dans les formations
complémentaires de séminaires organisés par des doctorants. Cette
reconnaissance peut se faire au moyen d'un capital d'heures qui motive les
doctorants pour y participer.
- Animation d'un service comme un noeud DocNet (annuaire de profils
jeunes chercheurs décrit en section
) par une association
de doctorants et une ED.
- On peut aussi signaler certaines formations délivrées dans les CIES
qui consistent en des ateliers de travail en groupe.
Enfin, un des outils fondamentaux est la mutualisation de l'information.
Plusieurs ED ont mis en place des services d'informations sur les financements,
les possibilités de collaborations internationales, l'emploi, les congrès et
événements scientifiques. Toutefois, une partie de l'information peut être
mutualisée à une plus grande échelle. Plusieurs associations nationales (Guilde
Des Doctorants8,
Association
Nationale des Docteurs ès Sciences9,
Association Bernard Grégory10) mettent
à disposition des informations générales. Les ED peuvent la compléter au
moyen d'informations locales ou propres à l'ED. L'utilisation et le signalement
de ces sources d'informations extérieures contribue à montrer aux doctorants
qu'il fait partie d'une vaste communauté à l'échelle nationale.
La question d'une meilleure préparation à la recherche a été abordée. En effet,
plusieurs personnes s'accordent pour dire que souvent les étudiants de second
cycle ne sont pas forcément bien préparés au doctorat sur le plan du travail en
équipe, en langue et même en termes de méthodologie. En SHS, le mémoire
de maîtrise est censé fournir une introduction à la recherche. Toutefois, cette
préparation se faisant par un travail plutôt solitaire, elle ne favorise pas
nécessairement une bonne intégration par la suite.
L'attractivité des formations doctorales et la motivation des
doctorants
Plusieurs responsables d'ED de SHS ont reconnu que le DEA et le doctorat
souffraient d'une désaffection de la part des meilleurs étudiants de second
cycle à cause des conditions de financement des thèses qui sont souvent
déplorables ou inexistantes. Le financement, lorsqu'il n'existe pas ou
s'il est d'un montant dérisoire, constitue donc un facteur répulsif. Les
ED doivent donc se donner les moyens d'aider à la recherche de financements
alternatifs à l'AR.
La qualité des conditions d'encadrement et de travail constitue un facteur
clair d'attraction. Ainsi, un responsable d'ED souligne le caractère
destructeur des pratiques d'encadrement qui tendent à isoler le doctorant :
Il faudrait en finir avec le face-à-face narcissique et destructeur
entre le doctorant et son directeur de thèse
Plusieurs pistes ont été explorées dans diverses ED pour essayer de changer
ces pratiques :
- valoriser la production scientifique du doctorant au moyen d'encouragements
à la publication (Paris VIII), de la participation à des colloques ou congrès avec
mise à disposition de crédits. A noter que ce point a été souligné aussi en SHS
où pourtant, la tradition n'est pas de publier avant la soutenance de thèse.
- capitalisation de crédits d'heures de formations complémentaires pour
soutenir des activités en-dehors de la thèse.
Les ED, en assurant un meilleur suivi des conditions d'encadrement, peuvent
avoir un rôle de "garde-fou" face aux laboratoires ou directeurs de thèse
"récalcitrants". De plus, elles disposent d'un moyen d'action dans la mesure
ou elles contrôlent l'attribution des AR.
Parmi les possibles facteurs influençant l'attractivité des
formations doctorales, un directeur d'école doctorale a cité
l'hétérogénéité entre les différents pays. Cela peut jouer dans
les deux sens (favorable comme défavorable). Il n'y a pas
forcément réciprocité des avantages, par exemple entre le Royaume
Uni et la France (droits d'inscription universitaires, aides au
logement etc.).
Interdisciplinarité
L'interdisciplinarité ne peut exister que s'il existe au départ un objet scientifique
interdisciplinaire. Une ED de Lyon11
s'est ainsi construire autour d'une réalité
scientifique interdisciplinaire (le numérique) préexistant à l'ED. C'est pour cette
raison qu'elle a pu se développer avec un caractère interdisciplinaire. Une fois
ce prérequis indispensable réalisé, l'interdisciplinarité peut se heurter à maints
obstacles tant au niveau de la formation doctorale qu'au niveau du recrutement
des profils interdisciplinaires.
Ainsi l'interdisciplinarité se heurte à un problème dans le fonctionnement
des systèmes d'évaluation : ils sont terriblement tubulaires et favorisent
l'hyper-spécialisation dans les disciplines traditionnelles. Il y a un frein global
de la communauté scientifique à sortir des schémas traditionnels.
Un biologiste de Toulouse a mentionné qu'il existe des inter-commissions au
niveau de l'INSERM. Ces commissions voient passer des profils beaucoup
plus atypiques que les commissions disciplinaires, avec souvent des publications
à moindre facteur d'impact mais qui sont nettement plus interdisciplinaires. Il
faut voir si cela pourrait pas être transposé à d'autres organismes ou aux
universités, mais en faisant attention à éviter les dérives.
Au niveau de la formation, les freins existent : elle se heurte au manque de
temps des chercheurs permanents pris dans les affres de la compétition
internationale (un facteur souvent cité en biologie). Un biologiste de Toulouse
pose le problème de la compétence scientifique des directeurs de thèse : pris
dans une compétition toujours plus féroce, bien peu ont une culture scientifique
suffisamment large pour encadrer des sujets interdisciplinaires. En extrapolant,
il risque fort d'y avoir un appauvrissement global de la communauté avec le
renouvellement par des générations toujours plus spécialisées et sans ouverture
d'esprit. Cet effet renvoie au problème de l'évaluation. Il y a peut être le risque
de voir s'amorcer un cercle vicieux aux conséquences dévastatrices.
Au niveau des ED, on peut pousser les gens à prendre des enseignements dans
des disciplines autres que la leur. Les attributions des allocations peuvent aussi
servir aux ED à faire des expérimentations ciblées quand un projet vraiment
original et interdisciplinaire se présente. Néanmoins, les remarques du paragraphe
précédent posent la question de la formation des encadrants qui semble totalement
déficiente ou inexistante actuellement.
La formation des encadrants et l'HDR
Tout d'abord en termes généraux, il apparaît clairement qu'il n'existe que très
rarement des formations à l'encadrement. Les HDR sont souvent des sortes
de thèses d'Etat pour lesquelles l'aspect encadrement n'est pas évalué. On est
dans une situation préhistorique comparable aux thèses de l'ancien temps qui
se déroulaient souvent sans aucun encadrement, le doctorant étant censé
acquérir spontanément la capacité et les méthodes de la recherche. Actuellement,
cela n'est plus le cas au niveau du doctorat (c'est le principal apport de la
révolution initiée par le rapport HotDocs en 1995) mais la pratique perdure au
niveau de l'habilitation.
Quelques expériences existent néanmoins qui peuvent permettre de compléter
la boîte à outils de nombreuses ED :
- l'INRA a mis en place des formations à destination du couple doctorant /
encadrant, consacrées à la réflexion sur la construction du projet de thèse et
sur les pratiques de recherche.
- J.-M. Jolion nous a informé qu'à Lyon, il existe des formations à la gestion
de projet appliquées à la thèse. L'ED a imposé à l'encadrant de venir
participer deux demi-journées à 15 jours d'intervalle pour participer à l'application
des techniques de gestion de projet au projet de thèse. Cette opération a rencontré
un vif succès au niveau des participants.
- Des professoriales ont été mises en place dans plusieurs établissements.
Concernant l'HDR, on sent bien qu'une prise de conscience est en train de
s'opérer dans la communauté scientifique (au moins au niveau des personnes
présentes). Toutefois personne n'a su à l'heure actuelle proposer une nouvelle
forme d'habilitation plus moderne et efficace. Cela tient à plusieurs facteurs :
en premier lieu citons le poids des traditions qui entraîne une difficulté à
imaginer l'évaluation d'autre chose qu'une épreuve de titres et travaux. Ensuite,
l'HDR souffre d'être utilisée pour deux choses distinctes : tout d'abord c'est
un feu vert pour l'encadrement de doctorants, mais aussi c'est un des éléments
nécessaires pour la qualification aux fonctions de professeur d'universités. Dans
l'esprit de beaucoup de gens, il est difficile de dissocier les deux aspects et donc
de faire évoluer l'HDR.
Enfin, mais c'est à notre avis un effet de contexte de ce colloque, les débats
dérivent rapidement vers des enjeux décisionnels et de pouvoir autour de l'HDR :
comment les établissements et les ED se positionnent-t'ils dans le processus
décisionnel de l'HDR ?
Restitution des ateliers 3 et 4
Principe général est que la thèse est une expérience professionnelle.
Il se dégage des discussions une vision de l'ED comme agence de formation
continue. Mais on bute encore sur une difficulté car cette vision n'est pas
forcément celle qui motive tous les doctorants. De ce point de vue, la
dimension bilan de compétences est importante et devrait être initiée dès
le DEA avec ensuite une réévaluation annuelle12.
Concernant les formations complémentaires, tout le monde s'accorde pour
dire qu'il faut un large spectre de formations et une grande souplesse dans
la validation. Le doctorant peut proposer lui même des formations. Ce
faisant, on privilégie une démarche d'activation des personnes. En fait la
meilleure forme semble être celle d'une obligation globale de formation via
un nombre total d'heures. Cela peut permettre de faire valider une partie de
l'engagement associatif dans les formations complémentaires.
L'intégration des doctorants renvoie au statut du doctorant. Une forte
demande de reconnaissance d'un statut est exprimée. Cette demande touche
aussi les financements. Plusieurs discussions ont montré que le mauvais
financement est un facteur de mauvaise image des formations doctorales.
Motivation des doctorants : initialement et dans une grande majorité
des cas, c'est faire de la recherche. Or un des problèmes est de sortir de
l'aspect recherche de la thèse. On observe une contradiction entre la diversité
des débouchés professionnels et l'omniprésence du projet enseignement
supérieur & recherche.
Ecoute des doctorants : il s'agit de la qualité des relations entre directeur
de thèse et doctorant. Cela renvoie à la qualité du directeur de thèse et à
l'application de la CdT (certaines universités ignorent encore la CdT). Les
ateliers ont abordé la question du role que l'ED pourrait avoir dans la
reconnaissance de la qualité des directeurs de thèse et dans la transmission
de cette information aux doctorants. Enfin, l'action des ED en matière de
médiation dans les conflits est très largement perfectible.
Il y a en général un déficit de circulation de l'information tant en interne que
à destination de l'extérieur (entreprises en particulier).
Plusieurs personnes ont souligné l'importance du réamorcage après la
thèse : comment faire en sorte que le doctorant issu d'une ED revienne vers
son lieu de formation (par exemple pour apporter son expérience aux générations
ultérieures). Il faut noter que cette pratique n'est pas courante
en France, mis à part dans les grandes écoles qui disposent de
réseaux d'anciens solidement constitués. En revanche, c'est une
tradition culturelle forte en Amérique du Nord.
Plus généralement, les discussions ont souligné la nécessité de
renforcer le rôle et la présence des acteurs socio-économiques au-delà de
la participation au conseil de l'ED.
Enfin, un gros point est la sensibilisation des encadrants et des responsables
de laboratoires à ces questions.
- problème de la maturité des prédoctorants (initiation à la recherche, travail
en groupe, etc.)
- la participation des professionnels doit dépasser la participation aux conseils
des ED. Mise en cohérence avec les structures de contact des universités.
- il serait bien d'établir pour chaque doctorant un vrai projet professionnels
mais pour cela il faut chercher les compétences à l'extérieur.
- la formation des encadrants et lien avec l'HDR : il faudrait vérifier au niveau
de l'HDR qu'il y a une vraie dimension encadrement et une capacité à accompagner
la démarche professionnalisante.
- importance d'outils de mutualisation à l'échelle locale : maison des ED, maison
des doctorants, etc.
Sur la question des langues comme l'anglais, voici quelques pistes :
- développer les enseignements en anglais dans certaines ED ;
- stage à l'étranger et thèses en cotutelle ;
- modules d'anglais dans les ED : bof, ca vient un peu tard. Le problème
devrait être résolu avant.
- faire des cursus en anglais pour faire venir des étudiants dans le bain
linguistique.
NDLR : attention car cette approche oublie totalement des
thèses à forte coloration internationale (collaborations
scientifiques) qui se déroulent hors des cadres formels ci
dessus !
Dans plusieurs ateliers, plusieurs personnes ont soulevé le problème des postdocs.
Il y a de fait une forte demande en biologie pour que soit mis en place un dispositif
de postdocs en France. Le président de l'ABG, qui a rendu compte de cette demande
lors de la restitution des ateliers, a fait remarquer qu'il existe une différence entre les
exigences du public et du privé vis-à-vis des docteurs. Les entreprises préfèrent les
docteurs jeunes alors que le monde académique tend à faire empiler les postdocs.
La poursuite postdoctorale ne compense pas toujours le surcroît de formation qu'elle
entraîne. Attention aussi aux risques d'enfermement dans un sujet. Bref en conclusion,
pour Cl. Jablon, président de l'ABG et directeur de la R & D chez Total-Fina-Elf :
"Le choix d'un séjour postdoctoral présente un certain risque pour une insertion
dans l'entreprise"
Conclusion du colloque : Cl. Feuerstein Président Université Grenoble I,
directeur de la commission Recherche de la CPU
Le Ministère envisage une modification de l'arrêté du 30 mars 1992 qui devrait
permettre une stabilisation des ED. Rien n'a été dit sur ce qu'elle contiendra.
La CPU insiste sur la prise en compte de la diversité des ED. Compte tenu de la
diversité des situations, le cadre général doit laisser une capacité à innover et
expérimenter. Enfin, la CPU souligne l'importance des anciens doctorants qui
peuvent revenir interagir avec leur formation d'origine.
Programme du Colloque
| jeudi 10 mai |
|
| 9h30 - 10h30 |
accueil, ouverture du colloque |
| 10h30 - 11h |
Les Ecoles Doctorales, variété et communauté ; J.-F. Méla (MSU) |
| 11h - 11h30 |
The Council of Graduate Schools experience ; D.W. Stewart |
| 11h30 - 13h |
Ateliers 1 et 2 |
| 14h30 - 15h30 |
Suite des ateliers 1 et 2 |
| 16h30 - 17h30 |
Restitution des ateliers et discussion |
| 17h30 - 18h |
Intervention des doctorants |
| 18h - 18h30 |
Intervention de la MSU |
| 19h30 |
Dîner à la Chambre de Commerce et d'Industrie |
| |
|
| vendredi 11 mai |
|
| 9h - 11h30 |
Ateliers 3 et 4 |
| 13h40 - 14h00 |
Présentation DocNet & ADUM |
| 14h - 15h30 |
Restitution des ateliers et discussion |
| 15h50 - 16h |
Conclusion, clôture du colloque |
Les études doctorales aux USA : glossaire et explications
Le système américain est très différent du nôtre. Il est basé sur les universités
qui ont une très forte autonomie. Beaucoup d'entre-elles sont privées et il n'existe
pas vraiment de statut de personnel universitaire uniforme comme en France. Le
contrat de travail d'un professeur d'université peut varier d'une université à l'autre.
Les universités américaines sont de deux types :
- les research universities ont une orientation vers la recherche fortes.
Elles abritent des laboratoires dynamiques et la recherche est une de leur priorités.
- Les teaching universities dont font par exemple partie les colleges
ont une vocation essentiellement d'enseignement. Les colleges n'abritent pas
de graduate schools qui sont l'analogue des ED : elles forment les étudiants
jusqu'à 4 ans après l'examen final du lycée. Il n'y a pas de notion d'Ecole d'ingénieurs.
Le Masters et le PhD sont des degrés universitaires fortement reconnus
par les entreprises américaines.
Le financement des activités de recherche est très différent de celui que nous
connaissons en France :
- En France, la recherche est structurée autour des universités et de
grands organismes publics. Aussi bien les universités que les organismes sont
financée quasi totalement par l'Etat via les ministères de tutelle (principalement
l'Education Nationale et la Recherche). Les chercheurs et les enseignants-chercheurs
ont un statut uniforme, qui ne varie pas d'une université à une autre. Les activités
de recherche sont financées principalement par une dotation de base fournie par
les organismes de recherche et les universités, mais depuis quelques années on
voit une part croissante des budgets provenir de contrats avec des partenaires
extérieurs.
- Aux Etats-Unis, la recherche est principalement faite par les universités.
Il existe aussi quelques grands laboratoires fédéraux comme les laboratoires de
Los Alamos ou des grandes agences comme la NASA mais cela n'est pas
comparable à nos organismes de recherches. Les universités ne reçoivent pas
de financement d'un ministère central. Elles tirent leurs ressources des droits
d'inscription, de la gestion de leurs actifs financiers et de financement privés
(dons et legs sont une tradition extrêmement développée outre-Atlantique). Le
financement des activités de recherche est principalement issu de grandes agences
publiques comme la National Science Foundation, le Department of Energy, ou
de fondations privées comme les fondation Sloan, Hewlett-Packard ou Ford.
Les financements sont attribués par contrats sur projets. On les appelle des
grants et leur emploi est très souple. Les gens les utilisent comme
complément de salaire, pour financer du matériel et des déplacement et enfin
pour financer des postdocs.
Glossaire
- assistant professor : enseignant junior à l'université. Ces emplois,
qui sont des contrats à durée déterminée, correspondent en gros à nos postes
de chargés de recherche et de maîtres de conférences. En général, le salaire
est plus élevé, la charge d'enseignement nettement moins importante (environ
60 à 100 heures par an).
- department : correspond à la notion de département de recherche (par
exemple un département de physique) comprenant de nombreux groupes de
recherches et organisant plusieurs filières d'enseignement. C'est un analogue
des UFR, mais sans la structuration en laboratoires.
- graduate schools : analogue des ED.
- graduate studies : correspond en gros au troisième cycle en France.
Cela inclut à la fois le PhD et aussi le masters qui est l'équivalent du grade
Bac+5 dans le schéma 3/5/8.
- grant : financement pour un projet de recherche. L'analogue en France
sont les Actions Incitatives (Ministère de la Recherche), les contrats européens de
l'Union Européenne, les contrats des collectivités locales.
- masters : équivalent de l'année bac+5 (DEA ou DESS).
- tenure position : poste permanent.
- tenure track position : poste quasi-permanent. Ce sont des contrats de
longue durée (5 ans minimum) qui peuvent, sous réserve d'une évaluation favorable,
déboucher sur un poste permanent.
Sigles
- ABG - Association Bernard Grégory : association dont
la mission est d'aider à l'insertion professionnelle des jeunes
docteurs, particulièrement dans le secteur privé.
WEB : http://www.abg.asso.fr/
- AR - Allocation de Recherche : salaire versé par le
Ministère de la Recherche dans le cadre d'un contrat de travail
à durée déterminée afin de permettre au doctorant de se consacrer
pleinement et exclusivement à ses travaux de recherche pour la
préparation de sa thèse. Le montant de l'allocation est de 7 400
FF bruts mensuels...
- CdT - Charte des Thèses : signée par les différents
partenaires d'une thèse (le doctorant, son directeur de thèse,
le directeur du laboratoire d'accueil, le financeur, etc.). Elle
vise principalement à responsabiliser chacun à ses droits et ses
devoirs.
WEB :
http://garp.univ-bpclermont.fr/CdT/
- CEC - Confédération des Etudiants Chercheurs : la CEC est
formée d'associations de doctorants et jeunes docteurs, ainsi que
d'adhérents directs. Elle a pour but notamment de se positionner
comme instance de propositions pour le 3ème cycle, l'enseignement
supérieur et les études doctorales, ainsi que comme organe de
représentation au niveau national. Elle permet, en fédérant les
associations, de mutualiser leurs actions locales.
WEB :
http://garp.univ-bpclermont.fr/cec/
- CEVU - Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire : un
des trois conseils universitaires, avec le Conseil d'Administration
(CA) et le Conseil Scientifique (CS). Le CEVU comprend de 20 à 40
membres ainsi répartis :
- de 75 à 80 % de représentants des enseignants-chercheurs et
enseignants, d'une part, et des étudiants, d'autre part, les
représentations de ces deux catégories étant égales et la
représentation des personnes bénéficiant de la formation continue
étant assurée au sein de la deuxième catégorie ;
- de 10 à 15 % de représentants des personnels administratifs,
techniques, ouvriers et de service ;
- de 10 à 15 % de personnalités extérieures.
Le CEVU propose au CA les orientations des enseignements de formation
initiale et continue, instruit les demandes d'habilitation et les
projets de nouvelles filières. Il prépare les mesures de nature à
permettre la mise en oeuvre de l'orientation des étudiants et la
validation des acquis, à faciliter leur entrée dans la vie active,
à favoriser les activités culturelles, sportives, sociales ou
associatives offertes aux étudiants, et à améliorer leurs conditions
de vie et de travail. Il examine, notamment les mesures relatives
aux activités de soutien, aux oeuvres universitaires et scolaires,
aux services médicaux et sociaux, aux bibliothèques et centres de
documentation. Il est garant des libertés politiques et syndicales
étudiantes.
- CPU - Conférence des Présidents d'Université : instance
regroupant les présidents des établissements d'enseignement supérieur,
présidée par le Ministre chargé de l'Enseignement Supérieur. Elle
joue un rôle consultatif auprès du Ministère, intervient dans la
modernisation des établissements (Agence de Modernisation des
Universités), et constitue une instance de réflexion sur l'enseignement
supérieur et la recherche.
WEB :
http://www.cpu.fr/institutions/cpu/cpu_home.html
- CS - Conseil Scientifique : un des trois conseils
universitaires, avec le Conseil d'Administration (CA) et le Conseil
des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU). Le CS comprend de 20
à 40 membres ainsi répartis :
- de 60 à 80 % de représentants des personnels. Le nombre de
sièges est attribué pour la moitié au moins aux professeurs et aux
autres personnes qui sont habilitées à diriger des recherches, pour
un sixième au moins aux docteurs n'appartenant pas à la catégorie
précédente, pour un douzième au moins aux autres personnels parmi
lesquels la moitié au moins d'ingénieurs et de techniciens ;
- de 7,5 à 12,5 % de représentants des étudiants de 3ème cycle ;
- de 10 à 30 % de personnalités extérieures qui peuvent être
des enseignants-chercheurs ou des chercheurs appartenant à d'autres
établissements.
Le conseil scientifique propose au CA les orientations des politiques
de recherche, de documentation scientifique et technique, ainsi que
la répartition des crédits de recherche. Il est consulté sur les
programmes de formation initiale et continue, sur la qualification
à donner aux emplois d'enseignants-chercheurs et de chercheurs
vacants ou demandés, sur les programmes et contrats de recherche
proposés par les diverses composantes, de l'université, sur les
demandes d'habilitation à délivrer des diplômes nationaux, sur les
projets de création ou de modification des diplômes d'établissement
et sur le contrat d'établissement. Il assure la liaison entre
l'enseignement et la recherche, notamment dans le 3ème cycle.
- ED - Ecole Doctorale : les ED fédèrent des équipes de
recherche de l'établissement dont elles dépendent et, le cas échéant,
des établissements partenaires. Les ED ont un rôle d'encadrement
en aidant les étudiants à construire leur projet professionnel,
à découvrir la diversité des débouchés, ainsi que le monde économique
et les entreprises. Elles font mieux connaître les études doctorales
auprès de l'ensemble des employeurs. Elles assurent le suivi du
devenir professionnel des docteurs et éditent les annuaires des
anciens élèves. Elles sont également responsables de la mise en
4#4uvre de la Charte des Thèses.
- GDD - Guilde Des Doctorants : association (Loi 1901) ayant
pour objectif la mise sur le réseau Internet d'informations et de
ressources consacrées aux Formations Doctorales.
WEB :
http://garp.univ-bpclermont.fr/guilde/
- HDR - Habilitation à diriger des Recherches : diplôme
permettant l'encadrement des thèses sans dérogation à celui qui le détient.
- MSU - Mission Scientifique Universitaire : partie du Ministère
de la Recherche placée sous controle conjoint de la Direction de la
Recherche et de la Direction de l'Enseignement Supérieur. Elle est en
charge du dispositif de formation doctorale ainsi que des moyens (hors
personnel) de la recherche universitaire.
- PEDR - Prime d'Encadrement Doctoral et de Recherche : prime
destinée aux enseignants-chercheurs qui se concentrent particulièrement
sur des activités de recherche et d'encadrement de doctorants. Elle
est accordée après évaluation d'un dossier individuel, présentant
l'activité effective au cours des quatre dernières années. Son attribution
nécessite un engagement du bénéficiaire à effectuer, au cours des quatre
années suivantes, une activité spécifique en matière de formation à la
recherche et par la recherche, et à se rendre disponible pour la recherche
et l'encadrement doctoral.
Les critères généraux d'attribution de la prime correspondent à l'accomplissement
des trois missions essentielles que sont la formation des jeunes diplômés,
l'élaboration des connaissances et la diffusion de ces connaissances. Les
candidats doivent fournir un certain nombre d'éléments sur leurs activités
scientifiques :
- participations à une équipe de recherche reconnue ;
- activité de publication scientifique de niveau reconnu, publication
de livres, prise de brevets ;
- activité d'encadrement doctoral tenant compte des principes
définis dans la charte des thèses.
La prime est versée sur 4 ans, avec un montant annuel de 21 000 FF pour
un maître de conférence, 30 000 FF pour un professeur de 2ème classe,
et 40 000 FF pour un professeur de 1ère classe.
- SHS - Sciences de l'Homme et de la Société : ensemble des
disciplines couvrant les humanités (lettres, langues, sociologie,
histoire et géographie, etc.), les sciences juridiques et économiques.
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Copyright © 1993, 1994, 1995, 1996, 1997,
Nikos Drakos,
Computer Based Learning Unit, University of Leeds.
The command line arguments were:
latex2html -split 1 CR-colloque-ED-v1_0.tex.
The translation was initiated by Pascal Degiovanni on 2001-06-13
Pascal Degiovanni
2001-06-13
Dernière modification de cette
page: Monday, July 30, 2001
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