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Bibliothèque HotDocs
Ouvrages sur la recherche et l'enseignement supérieur
Voici quelques fiches de lecture à propos de livres
analysant l'enseignement supérieur et
la recherche.
Ces ouvrages sont, pour la plupart, disponibles en librairie.
Nous vous invitons bien entendu à compléter cette liste en
nous envoyant
des références commentées.
- Livres
- Les intellos précaires, A. & M. Rambach,
Fayard (2001), ISBN 2-213-60927-6.
Un livre tout à fait remarquable qui a levé, pour un public assez large, le coin du
voile sur les situations de détresse dans lesquelles se débattent nombre de
travailleurs intellectuels. Il complète le travail d'I. Pourmir référencé sur
cette page. Mais les auteur des Intellos Précaires ne se limitent pas aux étudiants
chercheurs vu qu'elles couvrent aussi les mondes de la presse et de l'édition.
Parmi les passages consacrés aux étudiants-chercheurs, on retiendra les pages
240 à 251 qui montrent que parfois, l'université n'a rien à envier aux
ateliers de confection du Sentier.
Elles passent en revue divers aspects de la vie des "intellos précaires", jusqu'à
leurs habitudes de consommation et leurs appartements. Mais au delà de l'anecdote, elles
mettent en évidence dans leur chapitre De la servitude volontaire,
les mêmes mécanismes d'auto-enfermement que ceux qu'Isabelle Pourmir
a exhibé dans Jeune chercheur : souffrance identitaire et désarroi social.
La fin du livre est particulièrement pertinente: outre une analyse du fossé
entre les intérêts des "statutaires" et "hors statut" qui explique le désintérêt des
syndicats traditionnels de ces questions et un mini-guide à l'usage
des précaires, le livre se termine en invoquant le
le fossé générationnel entre la "génération X" et la "génération 68".
Une fin très Houellebecquienne qui vient couronner ce livre juste et utile.
- L'accès aux emplois en entreprise des docteurs scientifiques : les impacts des collaborations industrielles., C. Perret, Thèse
Sciences économiques - Décembre 2000 - 241 p. + annexes (136 p.)
Nous reproduisons ici le résumé de cette thèse en attendant
de vous en donner une revue.
Résumé :
Cette thèse s'attache à connaître les impacts des multiples formes de collaborations de la recherche académique avec l'industrie sur le recrutement en
entreprise des docteurs en sciences, notamment comme chercheurs industriels. Dans cette perspective, la première partie est consacrée à l'élaboration d'un
cadre d'analyse des liens entre le processus de production des connaissances, la formation et l'accès au marché du travail. L'analyse de la phase de
préparation du doctorat permet de définir les attributs communs à tous les docteurs ès sciences et les caractéristiques engendrées par les collaborations
industrielles. L'étude de l'accès aux emplois, à partir de l'examen des théories du fonctionnement du marché du travail, est ensuite articulée avec les
particularités des docteurs. Nous soulignons ainsi le rôle des stratégies des diplômés relatives à leur formation et à leur quête d'emploi. Nous présentons
également les influences vraisemblables des stratégies de formation des docteurs par les entreprises, de leurs modes de recherche d'un salarié, de leurs
politiques de gestion des chercheurs et de leurs modes d'organisation des activités de R&D. La seconde partie est consacrée à l'analyse empirique des
phénomènes. Elle s'appuie sur des exploitations statistiques et économétriques d'une enquête du Céreq auprès des diplômés de doctorat et d'une enquête
originale concernant plus de 250 équipes de recherche. Ces deux enquêtes permettent de décrire les effets des différentes formes de collaborations
industrielles des docteurs et des équipes de recherche qui les accueillent. Ces équipes s'assimilent, pour ce segment atypique de main-d'œuvre, à des
intermédiaires sur le marché du travail. Des essais de modélisation approfondissent, par spécialités académiques, les conséquences de l'intensité des relations
industrielles, d'une part, et le poids respectif des liens docteurs/industrie et équipes/industrie, d'autre part.
- La recherche passionément Pierre Joliot,
Editions Odile Jacob
(2001), ISBN 2.7381.0940.3
Le livre de Pierre Joliot est l'un des rares textes, à part peut
être certains passages de l'Amibe et l'Etudiant, qui
étudie l'évolution des conditions dans lesquelles on peut
pratiquer la Recherche et qui apporte une contribution originale
aux débats sur le futur de la Recherche. On peut lui reprocher de
dire des choses évidentes mais il parait salutaire de rappeler que
la Recherche n'est pas qu'une simple activité de haute technicité
et qu'elle comporte en premier lieu une dimension créatrice et
ludique. En effet, avec l'industrialisation croissante de la
Science, de la même manière que la malbouffe sans saveurs ni
odeurs a envahi nos assiettes, une forme de science sans
imagination risque de peu à peu envahir les laboratoires. Pierre
Joliot montre comment, devant ce risque majeur, chaque chercheur a
sa part de responsabilité dans l'exercice des diverses facettes de
son métier (recherche, communication scientifique, enseignement,
encadrement, évaluation et expertise, management). Un livre qui
remet les pendules à l'heure et que toute personne voulant faire
de la Recherche devrait lire.
- Jeune chercheur, souffrance identitaire
et désarroi social,
I. Pourmir, L'Harmattan eds. (1998), ISBN 2-7384-6595-1.
Ce livre est en fait une étude concernant les chercheurs hors
statuts qui travaillent dans les laboratoires. Doctorants peu ou pas
financés, postdocs payés au lancie pierre, la
précarité et ses conséquences sont leur lot commun.
En fait, ce livre se base sur l'observation du vécu des hors-statuts
et montre la souffrance engendrée par
l'absence de rémunération et l'absence
de perspectives d'avenir. I. Pourmir montre dans le chapitre 3
comment ces situations peuvent perdurer du fait
d'un certain culte de l'"excellence désintéressée",
lequel aboutit à nier le droit aux doctorants à
à une rétribution du travail effectué.
Ce livre est donc un ouvrage remarquablement intéressant.
Même si le rapport HotDocs
énoncait clairement une volonté de ne plus utiliser de
hors-statuts, il y manquait une analyse aussi fouillée de
ces situations humaines, et des raisons psychologiques et sociologiques
qui font qu'elles perdurent. Le livre
d'I. Pourmir comble parfaitement ce manque.
- Toute vérité est bonne à dire,
Cl. Allègre, Robert Laffont & Fayard eds. (2000),
ISBN 2-221-09307-0.
Mammouth inside pourrait en être le sous-titre.
Ce livre est aussi captivant qu'un bon polar : on y découvre
les rouages du plus gros ministère de la République
comme jamais auparavant. On apprend aussi plein de choses sur
le déroulement du travail
gouvernemental. Sur ce plan, ce libre est très instructif.
Concernant l'action de Cl. Allègre
lui-ême, on retiendra surtout un certain nombre de bonnes intentions
qui se sont heurtées à de grosses difficultés pour
passer dans le concret.
Le bilan de son action sur les formation doctorale
est presque paradoxal : il insiste sur la résorbtion de la
fuite des cerveaux (qui n'est pas résorbée loin de là)
mais passe sous silence des avancées profondes comme la refonte des
formations doctorales et la Charte des Thèses. Dans la même
veine, on aurait aimé en lire plus sur la loi sur l'Innovation
ou sur le dispositif des Actions Incitatives qui constituent pourtant des
mutations importantes du dispositif de recherche.
- Précarité dans l’enseignement supérieur.
Allocataires et moniteurs en sciences humaines,
Charles Soulié,
Actes de la Recherche en Sciences Sociales 115 (1996), p 58-64.
- Questions de France, C. Allègre et D. Jeambar,
Fayard (1996), ISBN 2-213-59744-8.
Ce livre pourrait être sous-titré "La France du
XXI-ème siècle vue par Claude Allègre". C'est un livre très
intéressant qui montre une vision impressionante
des problèmes de la société française par C. Allègre.
Le chapitre IX, intitulé "Le temps du savoir"
et consacré à l'éducation, à
l'enseignement supérieur et à la Recherche est plein
de bon sens et vraiment passionnant.
Las, il semblerait que le ministre Claude
Allègre n'ait pas vraiment les mêmes vues
que l'auteur Claude Allègre... C'est bien dommage.
- Campus Blues, D. Lapeyronnie et J.-L. Marie,
Seuil (1992), ISBN 2-02-013718-6.
Une analyse sans concessions ni fioritures du malaise
universitaire. Du mal-être des étudiants au sentiment de
déclassement des enseignants-chercheurs, l'histoire de l'Université
française décline corporatismes, absence de missions
claires, dissolution des responsabilités et nostalgie d'une
université renfermée sur elle-même.
Campus Blues est un texte de référence
à lire absolument avant de travailler dans l'université
comme enseignant, chercheur ou technicien. Un électrochoc salutaire
pour ne pas finir dégouté par son métier.
- L'amibe et l'étudiant, A. Devaquet,
Odile Jacob eds (1988), ISBN 2-7381-0033-3
Ecrit un an après les événements de décembre 1986 par
l'ancien ministre de la Recherche du premier gouvernement de cohabitation,
L'Amibe et l'étudiant présente un intérêt historique
évident vu qu'il décortique les mécanismes de
cette crise universitaire.
Au delà de l'histoire, c'est aussi le regard d'un scientifique lucide
sur son propre univers. A. Devaquet brosse un tableau lucide
des problèmes de la Recherche et des Universités en 1987. Il
avait su anticiper les difficultés de la massification de
l'enseignement supérieur en appréhendant l'Université
et la Recherche comme un système complexe. Cette analyse brillante
fait d'autant plus regretter que ni lui, ni
ses successeurs de tous bords
n'aient su véritablement résoudre ces problèmes.
Dernière modification de cette
page: Friday, April 2, 2004
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