|
La Guilde
La thèse
Emploi
Liens utiles
© 1997-2005
|
Retour aux pages Documents
Rapport sur la technologie et l'innovation (1997)
La révision ou la définition de nouvelles politiques de la technologie et de l'innovation sont à l'ordre du jour dans tous les pays industrialisés, en raison de l'évolution rapide des marchés et des techniques, de la pression des contraintes budgétaires, de l'externalisation croissante de leur recherche-développement par les grandes entreprises. Cela tient aussi à la conviction générale que la capacité d'entreprendre, d'innover, de diffuser les technologies nouvelles, plus qu'à d'autres moments de l'histoire économique, constitue un déterminant essentiel de la compétitivité, de la croissance et de l'emploi. < Comment se situe la France dans ce mouvement général ?Mes nombreux entretiens avec les acteurs de la recherche et du développement ont mis en valeur les atouts solides dont dispose notre pays : la créativité, un capital intellectuel de grande valeur, une formation et une recherche scientifique de très bon niveau, un soutien public important à la recherche, des entreprises compétitives à la pointe du progrès dans certains secteurs. Sur le terrain, des enseignants, des chercheurs, des créateurs initient des projets innovants et des coopérations exemplaires encore trop méconnus. Pourtant le sentiment qui prévaut parfois est celui d'un système national d'innovation qui avance les freins serrés passant difficilement à la vitesse supérieure au moment où la concurrence internationale s'intensifie. Certes, le diagnostic n'est pas nouveau. Je rappelle pour mémoire qu'en 1985, Hubert CURIEN avait demandé au Secrétariat de l'OCDE une évaluation sur ce thème. Les conclusions des experts étrangers avaient établi à l'époque un tableau sans complaisance, voire brutal, de notre situation. Force est de constater, plus de dix ans après, que certaines critiques restent d'actualité, même s'il convient de ne pas sous-estimer les progrès accomplis. Or, le monde extérieur évolue vite. Pour expliquer ce décalage, beaucoup de mes interlocuteurs ont d'abord mis en avant l'attitude culturelle de la société française vis à vis du risque et de l'esprit d'entreprise, la permanence de mécanismes économiques et sociaux peu favorables à l'innovation. C'est pourquoi un signal politique fort du Gouvernement est attendu avant toute annonce d'un train de mesures concrètes, au demeurant indispensables. Le besoin se fait sentir d'une stratégie et d'un engagement clairs de l'Etat pour lever les freins qui s'opposent à l'innovation, là où la responsabilité publique s'exerce. L'analyse du dispositif national de recherche-développement et du système d'innovation a fait l'objet d'un ensemble d'études et de rapports, notamment à l'initiative du Commissariat Général du Plan. De ce fait, et dans l'esprit de ma lettre de mission, il m'a semblé nécessaire de me concentrer sur quatre thèmes prioritaires.
Une partie importante du travail de la mission a été consacrée au recueil des données nécessaires à l'établissement d'un diagnostic aussi précis et exhaustif que possible sur ces thèmes. J'ai été surpris de constater que c'est dans le champ des politiques publiques que l'absence de vision de synthèse est la plus marquante. Cette lacune traduit sans doute le poids pris au sein des administrations centrales par les tâches de gestion au détriment des fonctions de réflexion stratégique et d'évaluation. Enfin, il convient de souligner que la mission a produit plusieurs notes d'étapes définissant des orientations et des propositions dont plusieurs sont déjà en cours d'application. Certaines parties du rapport définitif perdent, de ce fait, de leur actualité. Il me reste à remercier les nombreuses personnes qui ont bien voulu m'apporter leur témoignage et leurs conseils durant cette mission.
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Autres partenaires | scientifique (1) | ||
| ROUSSEL UCLAF | Synthèse de produits bioactifs (UMR26) | ||
| RHONE POULENC
Université Montpellier II | Polymères précurseurs de matériaux (UMR 44) | ||
| RHONE POULENC AGROCHIMIE | Physiologie et biologie cellulaires végétales (UMR 41) | ||
| Sté EUROPEENNE PROPULSION
Université Bordeaux I | Composites thermostructuraux (UMR47) | ||
| Bio MERIEUX | Chimie et biochimie moléculaire (UMR103) | ||
| INSTITUT FRANÇAIS DU PETROLE | Polymères thermostables (UMR 102) | ||
| BRUKER SPECTROSPIN
Université Strasbourg I | RMN et modélisation moléculaire (UMR50) | ||
| SAINT GOBAIN | Surface du verre et interface (UMR125) | ||
| RHONE POULENC RORER | Biologie cellulaire et physico-chimique des endotheliums6 | ||
| RHONE POULENC RORER
Université Paris XI | Génétique moléculaire de la neurotransmission et des procédés neurodégénératifs (UMR 9923) | ||
| SANOFI DIAGNOSTICS PASTEUR
Université Montpellier I | Immunoanalyse et innovation en biologie clinique (UMR 9921) | ||
| VERILOG
IMAG | VERIMAG | ||
| L'AIR LIQUIDE
Université de Bourgogne | Laboratoire d'ingénierie moléculaire pour la séparation et les applications des gaz (LIMSAG) (UMR 9953) | ||
| ERIDANIA BEGHIN SAY | Sucrochimie (UMR 143) | ||
| THOMSON CSF | Structures magnétiques artificielles (UMR137) | ||
| ELF ATOCHEM | Systèmes macromoléculaires hétérogènes (UMR167) | ||
| RHONE POULENC CHIMIE | Physico chimie des milieux aqueux complexes (UMR166) |
Source : MENRT
(1) : le CNRS comporte 7 Départements scientifiques :
SC : Sciences chimiques
SDV : Sciences de la vie
SPM : Sciences physiques et mathématiques
SPI : Sciences physiques pour l'ingénieur
SHS : Sciences de l'homme et de la société
IN2P3 : Institut national de physique nucléaire et de physique des particules
INSU : Institut national des sciences de l'univers
La formule des GIE a également été utilisée par certains organismes : c'est le cas du LETI et du CNET qui se sont associés dans le GRESSI pour collaborer avec SGS-Thomson. Un autre exemple est fourni par l'INRIA. Le GIE offre un cadre de coopération beaucoup plus souple, mais il comporte un risque, car ses membres sont indéfiniment et solidairement tenus des dettes communes à l'égard des tiers.
De fait, les relations contractuelles sont devenues le vecteur quasi-exclusif de coopération entre les laboratoires et les entreprises. Il s'agit bien entendu d'un phénomène commun à tous les pays, car le contrat offre les modalités les plus souples de collaboration.
Le maillon faible du dispositif français, auquel la loi de 1982 souhaitait remédier, reste néanmoins l'organisation efficace de coopérations d'envergure impliquant par exemple une même localisation, l'utilisation conjointe d'équipements et mobilisant des financements dans la durée.
On constate que la formation de consortiums regroupant des PMI, des grandes entreprises et des laboratoires, par exemple pour la recherche technologique de base, ou que le lancement de centres de recherche coopératif entre entreprises et recherche publique constituent une priorité importante des politiques technologiques de nos principaux partenaires. Dans la plupart des cas, ces coopérations s'appuient sur des structures juridiques proches du fonctionnement d'une entreprise privée ou d'un statut associatif.
L'exemple du Land de Bavière est très illustratif. Il a mis en place un programme assurant l'abondement de collaborations université - entreprise et soutient les Forschung Verbunds , une quinzaine d'associations travaillent sur la supraconductivité haute température, l'intelligence artificielle, le génie génétique, les microsystèmes, la catalyse... La formule de Centre de recherche coopératif, appliquée également dans certains pays, offre le modèle d'un statut juridique et d'un mode de fonctionnement les plus proches possibles d'une petite entreprise. Ce centre, placé sous l'autorité d'un directeur, possède un conseil d'administration constitué de représentants des organismes et des entreprises qui définit la stratégie et la politique de protection et de partage du savoir-faire.
Enfin, on peut citer la constitution aux États-Unis, sous l'égide de la NSF, d'une vingtaine de centres de compétences implantés au sein des différentes universités et auxquels participent plusieurs industriels souvent concurrents.
Dans le cas français, le GIP ne constitue pas une solution satisfaisante à ce besoin. Il conviendrait donc de la remplacer par une nouvelle formule juridique mieux adaptée à l'objectif de coopération avec l'industrie, qui pour certains de mes interlocuteurs pourraient être une société à objectif de recherche à durée limitée (4 à 5 ans maximum) dont le statut fiscal pourrait être incitatif.
L'utilisation de cette nouvelle structure juridique serait placée sous l'autorité du Conseil d'administration des établissements, après avis du contrôleur financier, et sans recourir à la procédure de l'arrêté interministériel qui peut introduire des délais parfois excessifs incompatibles avec une stratégie de coopération industrielle.
Les prises de participation et la création de filiales sont les dernières modalités prévues par la loi du 15 juillet 1982 pour permettre aux organismes de valoriser les résultats de leurs recherches. En fait, le nombre de participations prises par les EPST (et notamment les quatre établissements étudiés par la Cour des Comptes) est resté faible (11 participations non compris FIST et TRANSGENE) entre 1983 et 1992. Aucune nouvelle participation n'a été prise depuis 1992.
Si elle s'était accompagnée d'une dynamique très forte de l'essaimage appuyée par le capital-risque privé, cette évolution ne serait pas inquiétante en soi. Les organismes de recherche sont en effet mal armés pour définir et exécuter une stratégie de participations financières. Il n'apparaît pas souhaitable en particulier qu'ils deviennent majoritaires dans les fonds d'amorçage qui seront mis en place, ni à fortiori qu'ils en assurent eux-mêmes la gestion.
Ces points seront développés dans la partie consacrée au financement de la création d'entreprises innovantes.
En 1995, les contrats de recherche-développement perçus par les organismes de recherche et les établissements d'enseignement supérieur en provenance des entreprises s'élevaient à 3,4 MdF. Plus de 50% de ces contrats ont bénéficié aux Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), et principalement au CEA. Les EPST ne représentent qu'un peu plus de 10% du total, mais leur part est en légère hausse depuis 1992 comme le montre le tableau suivant :
| TOTAL (en MdF) | ||||
| Reçu par : EPST (hors CNRS)
CNRS EPIC (dont CEA) Universités et Écoles** Institutions sans but lucratif (y compris ADER***) |
|
|
|
|
Total |
Source : MENRT
y compris de la part d'entreprises étrangères.
**incluant les unités mixtes avec le CNRS ou d'autres organismes.
***ADER : Association de développement pour l'enseignement et la recherche
L'examen de l'ensemble des ressources sur la période 1992-1995 montre que les contrats avec les entreprises représentent une part faible du budget total et des dépenses de R-D des organismes et des établissements. C'est ainsi qu'en 1994, le montant de ces ressources contractuelles représentait 3,1% des dépenses intérieures de R-D des organismes (hors CEA), 17,4% pour le CEA et 4,3% pour les établissements d'enseignement supérieur. Or les ordres de grandeurs correspondants pour les universités américaines par exemple, s'établissent à 7% dont 12% pour les domaines des sciences du vivant et de la médecine.
Il est vrai que si l'on exclut la masse salariale, l'importance de ces ressources devient plus significative. C'est ainsi qu'elles sont, pour les établissements d'enseignement supérieur à comparer aux 2 MdF de crédits de soutien des programmes octroyés en 1997 par le MENRT.
Il faut noter aussi que dans un nombre croissant de laboratoires, les financements communautaires deviennent plus importants que les contrats passés avec les entreprises françaises. Une étude de l'impact de ces contrats communautaires devrait être lancée par le MENRT, notamment pour apprécier leur influence sur les choix des partenaires et des thèmes de recherche par les laboratoires.
Les données sur 1996, qui sont détaillées dans les tableaux suivants, permettent de comparer les performances relatives des organismes de recherche, des Universités et des Écoles d'ingénieurs.
En comparant la situation des EPST et des Universités, il apparaît, à travers les réponses à l'enquête que nous avons lancée, que la part respective des contrats passés avec les PME par rapport à ceux passés avec les grandes entreprises est plus importante dans le cas des Universités : environ la moitié du montant des ressources contractuelles industrielles pour les universités provient des PME, environ un tiers dans le cas des EPST.
Cette tendance des Universités à passer une part importante de leurs contrats industriels avec des PME est confirmée par les enquêtes statistiques du ministère auprès des entreprises ; en 1995, les dépenses extérieures de R-D des entreprises vers l'enseignement supérieur s'élevaient à 228 MF pour les PME et 146 MF pour les PME indépendantes. En 1994, ces chiffres étaient respectivement : 233 MF et 76 MF.
Notre enquête met en évidence des disparités selon les établissements : des universités de taille relativement modeste paraissent avoir une politique volontariste de valorisation en direction de l'industrie. De grandes universités parisiennes sont par contre beaucoup moins impliquées dans des relations contractuelles avec l'industrie.
Les écoles d'ingénieurs sont les plus impliquées dans les partenariats industriels : les contrats industriels représentent en effet environ 10% des ressources des écoles d'ingénieurs ayant répondu au questionnaire, avec toutefois des disparités importantes.
| CNRS(1) | |||||||||
| INSERM | |||||||||
| INRA | |||||||||
| INRIA | |||||||||
| CEA | |||||||||
| ONERA | |||||||||
| CSTB | |||||||||
| IFREMER | environ | ||||||||
| Institut Pasteur | |||||||||
| CNEVA | |||||||||
| CEMAGREF | |||||||||
| ORSTOM | |||||||||
Source : MENRT
(1) CNRS hors instituts nationaux.
(2) PME pour le CEA : entreprises jusqu'à 2 000 salariés.
Résultats non pris en compte : ADEME, agit comme une Agence d'objectifs. N'a pas de laboratoires propres.
Institut Curie : données insuffisantes, mélange d'activités médicales et scientifiques.
CNES : déclare des activités différentes de celles des autres centres de recherche.
(3) Contrats hors nucléaire.
Échantillon d'Universités
ayant répondu à notre enquête (suite)
| |||||||||||
| GRENOBLE I (Joseph Fourier) | |||||||||||
| BORDEAUX II (Victor Segalen) | |||||||||||
| BREST (Bretagne Occidentale) | |||||||||||
| LE HAVRE | |||||||||||
| LYON I (Claude Bernard) | |||||||||||
| AMIENS (Picardie Jules Vernes) | |||||||||||
| ANGERS | |||||||||||
| AVIGNON (Pays de Vaucluse) | |||||||||||
| CLERMONT-FERRAND I (Auvergne) | |||||||||||
| LE MANS | |||||||||||
| CHAMBERY (Savoie) | |||||||||||
| DIJON (Bourgogne) |
| ||||||||||
| PARIS VII (Diderot) | |||||||||||
(1) C : chercheurs
EC : enseignants-chercheurs
IR : ingénieurs de recherche
Du point de vue des entreprises, on peut estimer que les contrats avec la recherche publique représentent de l'ordre de 3% du financement de leur recherche. L'évolution économique récente explique peut être la stagnation enregistrée sur la période 1992-1995. Mais alors que le phénomène d'externalisation des travaux de recherche par les entreprises a pris depuis quelques années de l'ampleur, il ne bénéficie encore que trop faiblement à la recherche publique.
L'enquête statistique menée par le MENRT auprès des entreprises françaises déclarant exécuter de la recherche est la seule source permettant d'analyser la structure des dépenses extérieures de R-D des entreprises.
Le tableau suivant donne la ventilation complète en pourcentage des dépenses extérieures (ou de sous-traitance) pour l'année 1995. Ces données ne peuvent être comparées directement aux résultats issus de l'enquête auprès des établissements, puisque celle-ci inclut les dépenses des entreprises étrangères et des entreprises françaises non déclarantes.
| en MF | ||||||
| DERD vers enseignement supérieur | 634 | 2,3% | 285 | 1,4% | 5 | 0,2% |
| DERD vers CEA | 1 032 | 3,8% | 589 | 2,9% | 11 | 0,4% |
| DERD vers CNES | 10 | 0,0% | 10 | 0,0% | 0,1 | 0,0% |
| DERD vers CNRS | 141 | 0,5% | 120 | 0,6% | 2 | 0,1% |
| DERD vers ONERA | 46 | 0,2% | 41 | 0,2% | 2 | 0,1% |
| DERD vers autres organismes publics | 462 | 1,7% | 339 | 1,7% | 9 | 0,4% |
| Total DERD vers public | ||||||
| DERD vers ISBL | ||||||
| DERD vers organismes professionnels | 300 | 1,1% | 101 | 0,5% | 14 | 0,6% |
| DERD vers entreprises du même groupe | 7 477 | 27,5% | 4 891 | 24,3% | 378 | 15,4% |
| DERD vers entreprises hors groupe | 10 735 | 39,4% | 8 862 | 44,0% | 1 570 | 64,1% |
| Total DERD vers entreprises | ||||||
| DERD vers entreprises étrangères du même groupe | 1 947 | 7,2% | 1 177 | 5,8% | 4 | 0,2% |
| DERD vers entreprises étrangères hors groupe | 2 996 | 11,0% | 2 537 | 12,6% | 453 | 18,5% |
| DERD vers organismes étrangers | 1 222 | 4,5% | 1 121 | 5,6% | 1 | 0,0% |
| Total DERD vers étranger | ||||||
| TOTAL DERD |
Source : MENRT
| DERD ayant reçu un financement public et exécutée hors des entreprises françaises
( = 2450 - 1962) | |||||
*il s'agit du montant de la DERD pour les entreprises qui ont reçu un financement public quelle que soit son utilisation (DIRD ou DERD)
** :il s'agit de la dépense extérieure de R-D directement financée sur fonds publics
Les données ci-dessus montrent que les entreprises qui reçoivent les financements publics n'ont pas plus recours que les autres entreprises aux différentes composantes de la recherche publique. On constate même que les entreprises déclarant bénéficier d'un financement public pour faciliter l'externalisation de leurs recherches le font presque essentiellement en direction d'autres entreprises plutôt que vers les laboratoires publics. Le montant de 29 MF seulement de retour vers la recherche publique des programmes financés sur aide de l'Etat. est surprenant. Même s'il est confirmé par les statisticiens, il doit être considéré avec une extrême prudence. Néanmoins, son ordre de grandeur conduit à s'interroger sur l'impact des financements publics en faveur de la coopération entreprises-recherche.
On peut donc estimer, sans considérer que la croissance des contrats avec les entreprises soit une fin en soi, qu'il existe encore un potentiel de développement de ces relations contractuelles, en premier lieu avec les PMI largement sous représentées à l'heure actuelle.
Il est difficile d'obtenir des données exhaustives sur les redevances perçues par la recherche publique, notamment par les Universités, même si le CNRS assure une part significative de leur valorisation.
Pour les quatre organismes examinés par la Cour des Comptes et pour les deux Universités, dont le bilan financier tiré des redevances de brevets est positif, l'évolution est la suivante.
| CNRS | ||||||||
| INSERM | ||||||||
| INRA(2) | ||||||||
| INRIA | ||||||||
| U. Paris VI (1) | ||||||||
| U. Paul Sabatier (Toulouse) |
Source : MENRT
(1) Recette sur exploitation de résultats applicables de recherche fondamentale de moins de 12 ans, ou de cessions rétribuées de ces résultats ou de leurs droits de propriété ou de leurs droits d'exploitation.
(2) Il s'agit des redevances liées aux brevets et aux licences de savoir faire. Pour mémoire en1996 les diverses formes de propriété industrielle, COV (certificat d'obtention végétal) compris, ont rapporté à l'INRA 23 MF.
La progression des redevances perçues par le CNRS et l'INSERM est significative depuis 1990. A ces sommes il faut ajouter, en 1996 un montant de 5 MF correspondant aux redevances perçues par les universités et ne transitant pas par le CNRS. L'accroissement très sensible en 1997 des redevances perçues par le CNRS est en partie attribuable au brevet pris sur le Taxoter qui représente 40% de leur montant. Ce résultat illustre un phénomène bien connu des valorisateurs : les redevances sont concentrées sur un nombre très restreint de brevets dont le rendement est important.
Au total, les redevances de brevets équivalaient en 1996 à 0,6% du budget total des quatre organismes examinés par la Cour des Comptes.
A cet égard, les comparaisons internationales sont éclairantes. Ces données sont à rapprocher par exemple du montant de 430 MF perçu entre 1992 et 1994 par les universités anglaises qui effectuent la quasi totalité de la recherche publique dans ce pays. Dans le même temps, les quatre EPST avaient perçu 172MF.
Mais c'est encore à l'expérience américaine qu'il convient de se référer pour apprécier notre performance.
Durant la première moitié des années 90, le transfert de technologie de la recherche publique vers le secteur privé a littéralement explosé. Entre 1991 et 1995, le nombre de dépôts de brevets a augmenté de 127%, les revenus bruts de 126% (132 M$ à 299 M$), l'activité de transfert de 66%. Plus de 10000 accords de licences ont été signés dont 2600 pour 1995.
Entre 1980 et 1996, 1633 nouvelles sociétés ont été créées à partir de licences accordées par les universités, dont près de 30% (464) sur les deux années 1994-1995.
Enfin, selon une récente étude de la NSF, près de 75% des brevets pris par l'industrie américaine ont une référence scientifique issue de la recherche publique.
Ces résultats spectaculaires sont le fruit d'une politique de long terme qui a été amorcée au début des années 80 quand le Congrès a pris l'initiative d'une nouvelle politique technologique visant à améliorer l'impact économique des investissements fédéraux de R-D. C'est le cas du Bayh-Dole University and Small Business Patent Procedure Act de 1980 qui a accordé aux universités et aux PMI dont la recherche était cofinancée par des fonds fédéraux, la propriété intellectuelle de leurs découvertes et donné aux universités le droit de les transférer sur la base de licences exclusives.
Aujourd'hui, les universités engendrent 10 fois plus de transferts que les laboratoires fédéraux. Le caractère majoritairement non exclusif des licences accordées par les agences fédérales répond certes au souci de discrimination maximale de l'acquisition de savoir soutenu par l'Etat, mais ce mécanisme est inadapté aux impératifs stratégiques et technologiques de l'industrie. De plus, ces agences sont plus orientées vers le développement que vers la recherche de base.
Au contraire, une université déposera un brevet, si elle a trouvé un partenaire industriel assumant le coût de la protection en échange d'une concession d'exclusivité (Option agreement). Dans le cas d'un essaimage, la politique de l'université est de prendre une participation dans le start-up en échange de son apport de brevet (Equity policy).
L'expérience américaine suggère d'autres leçons :
Il est clair que la situation française en matière de transfert de technologie est loin d'être aussi favorable, bien que notre pays ait connu au milieu des années 80 une évolution législative dont l'esprit était voisin de celle des USA.
La question de structures ad-hoc de transfert sera réexaminée par la suite. Deux autres points fondamentaux nécessitent d'être examinés et clarifiés :
Il a fait l'objet de deux décrets datés du 2 octobre 1996 qui visaient à combler une lacune réglementaire puisque le statut de chaque EPST avait prévu qu'un décret fixerait les limites dans lesquelles l'établissement intéresse les inventeurs aux résultats de l'exploitation commerciale de leurs inventions.
L'intéressement est versé conformément aux principes suivants :
Ce dispositif constitue un réel progrès puisqu'il répond à une attente de plus de dix ans pour assainir la situation. Mais pour nombre de mes interlocuteurs, il ne paraît pas encore pleinement satisfaisant et soulève des difficultés de mise en uvre.
Parmi les problèmes évoqués, on peut citer : le traitement des frais directs, l'application du statut d'ayant-droit, le cas où le brevet, fruit de recherches communes, est pris par une personne privée (ce qui peut se produire en cas de création d'entreprises), la portée de la notion de travaux valorisés, la situation des boursiers, post-doc, thésards, non allocataires de recherche du MENRT, la notion de personne publique bénéficiaire....
Certains représentants des établissements de recherche souhaiteraient que l'adaptation du dispositif se fasse dans un cadre élargi, qui - par analogie avec le régime de participation des salariés du secteur privé aux résultats des entreprises - autoriserait une mutualisation d'une partie des ressources propres des organismes afin d'instaurer un système plus large d'intéressement des personnels impliqués dans des activités de valorisation. Ce système pourrait être défini dans un texte législatif plus large traitant du transfert de technologie et de la création d'entreprises par les chercheurs.
Il existe en tout état de cause une forte attente pour préciser le dispositif réglementaire en vigueur.
En toute hypothèse, il conviendrait de ne pas limiter le caractère incitatif du dispositif actuel. C'est ainsi que le MENRT avait étudié une hypothèse de plafonnement de l'intéressement à 300 000 F par an. Une règle de cette nature ne concernerait que 10 chercheurs au CNRS et à l'INSERM ; elle risquerait de donner un signal négatif, alors que la situation de transfert de technologie est celle qui vient d'être décrite. On voit d'ailleurs mal au nom de quel principe on limiterait pour un chercheur les retombées d'une innovation bénéficiant à l'économie nationale à un niveau très inférieur aux rémunérations annexes, et mal connues, que perçoivent certains autres fonctionnaires.
Comme l'a souligné la Cour des Comptes, cette doctrine varie d'un établissement à l'autre, oscillant entre deux logiques : celle de l'octroi de clauses favorables aux partenaires industriels et celle de la défense ferme des intérêts patrimoniaux de l'organisme.
C'est ainsi que le CNRS donne la priorité aux industriels pour la propriété des brevets en contrepartie d'un retour sur les redevances éventuelles et l'exploitation.
L'INRA au contraire a pour principe d'assumer la propriété tout en accordant des licences (souvent exclusives) à ses partenaires. Mais sous la pression des industriels ou de chercheurs en interne, cette ligne peut être infléchie dans certaines situations. L'INSERM est toujours propriétaire ou copropriétaire des brevets ; dans ce dernier cas les droits de dépôt, d'extension et de maintien sont à la charge des partenaires industriels.
Les conditions dans lesquelles s'effectuent les négociations avec les entreprises, ont fait également l'objet de remarques de la Cour : faut-il pour les organismes valoriser leur apport au coût marginal ou pour ceux qui disposent d'une comptabilité analytique, au coût complet ? Comment doit être pris en compte le financement public éventuel au bénéfice de l'entreprise (par exemple du Fonds de la recherche et de la technologie, FRT) dans le cas de copropriété ?
On ne peut que recommander aux Ministères de tutelle de définir rapidement une doctrine claire sur l'ensemble de ces questions, même s'il serait contreproductif d'enfermer les organismes dans un cadre de règles rigides.
Dans le cas des start-up et des PMI de croissance, la logique du développement économique et de l'emploi devrait primer sur la défense stricte des intérêts patrimoniaux à court terme des organismes.
En outre, afin d'introduire plus de souplesse dans les relations avec les PMI, la gestion de la propriété industrielle des unités mixtes devrait être transférée aux établissements d'accueil, chaque fois qu'ils disposent d'une structure appropriée.
L'apport direct par les organismes de recherche des brevets déposés au capital de l'entreprise ne paraît pas une solution à retenir à titre de recommandation générale ; elle pose de nombreux problèmes : évaluation de l'apport, intéressement des éventuels autres chercheurs, sortie du capital pour l'organisme de recherche.
Par contre, d'autres solutions peuvent être envisagées :
En cas de brevet susceptible de couvrir plusieurs applications, la licence exclusive peut être limitée aux seules applications rentrant dans l'objet social de l'entreprise.
Enfin, le contrat de licence, étant un contrat conclu intuiti personae , des clauses prévoyant la résiliation de la licence en cas de modification de la structure du capital semblent être licites.
Dans ce cas, il convient de recommander aux organismes de recherche, de prévoir des conditions financières favorisant le développement et la pérennité de l'entreprise. En effet, une licence exclusive est généralement concédée moyennant le versement d'une somme forfaitaire à la signature de la redevance et de minimum annuels garantis ; ces conditions devront nécessairement être adaptées au cas de l'entreprise en création.
Par ailleurs, sans imposer que la durée de la licence soit celle de la durée des brevets, il convient que celle-ci soit suffisante pour permettre à l'entreprise de développer et d'exploiter.
Cette cession peut être totale (totalité des applications, totalité du territoire auquel s'applique le brevet et pour toute sa durée). Mais elle peut également être partielle si les parties ont convenu d'en limiter l'objet, le cédant conservant certains droits attachés au brevet en limitant le droit d'exploitation cédé à une partie du territoire couvert, à certaines revendications ou à certaines applications de l'invention.
Cette division technique ou géographique du droit du brevet crée une situation de copropriété sans indivision entre le cédant et le cessionnaire, devenus cotitulaires du brevet dont les droits d'exploitation sont techniquement ou géographiquement distincts.
La cession peut être également partielle lorsque le breveté cède 50% de la totalité de ses droits sur l'ensemble du territoire, instaurant ainsi une copropriété avec indivision. Mais la cession partielle est d'un maniement délicat et assez lourd à gérer nécessitant l'intervention de spécialistes.
Le prix de cession peut consister en une somme déterminée lors de la conclusion du contrat payable comptant en tout ou en partie, le paiement du reliquat pouvant être échelonné, ou bien en une somme déterminable constituée par une redevance proportionnelle au chiffre d'affaires réalisé par le cessionnaire, ou bien les deux (somme forfaitaire et redevances).
La cession est la solution la plus favorable au créateur ou à l'entreprise créée. En effet, le cessionnaire devient propriétaire des brevets et ce, pour toute la durée de validité de ceux-ci avec comme obligation d'en payer le prix et d'exploiter avec diligence en mettant en uvre les compétences de l'homme de l'art.
Le ou les brevets entrent dans l'actif de la société avec comme conséquence en cas de liquidation judiciaire l'impossibilité pour l'organisme de recherche d'en reprendre la propriété.
La cession moyennant une somme déterminée ne paraît pas une solution à recommander : comment fixer le prix, problème de l'intéressement des éventuels autres inventeurs ? La cession moyennant une somme déterminable semble plus adaptée, les conditions financières pouvant être similaires à celles d'une licence permettant ainsi l'intéressement des autres chercheurs et de l'organisme au développement de l'invention.
A noter également que la cession directe au chercheur qui apporterait ensuite le brevet à la société créée lui permettrait, me semble-t-il, de bénéficier des dispositions de l'article 93 quater I du Code Général des Impôts relatif au report d'imposition de la plus-value d'apport.
Ces orientations devraient, après consultation des organismes, être harmonisées et promues par le MENRT pour l'ensemble des laboratoires de recherche.
La mobilité des hommes et des femmes entre le système de formation et de recherche et les entreprises constitue le vecteur le plus efficace du transfert des idées, des savoir-faire et de la technologie.
Cette mobilité peut revêtir plusieurs formes : mises à disposition et détachement de chercheurs statutaires, départ définitif vers l'entreprise, essaimage, accueil de boursiers, de thésards, de post-doctorants...
La mobilité est bénéfique d'un triple point de vue :
pour l'entreprise, par l'apport d'une compétence de haut niveau immédiatement disponible, capable de prendre du recul par rapport aux problèmes de court terme, ouvrant les portes des laboratoires et facilitant le dialogue avec la communauté scientifique,
pour le chercheur, par l'opportunité de voir ses travaux déboucher sur des réalisations économiques, par la connaissance d'un milieu nouveau, aux conditions de travail attractives,
pour le laboratoire, par la possibilité de définir de nouveaux axes de recherche étroitement concertés avec des besoins industriels et de nouer des relations contractuelles avec l'entreprise.
Pour mesurer la mobilité, deux sources de données peuvent être utilisées : le résultat des enquêtes auprès des entreprises sur l'origine des chercheurs entrant en entreprises, les données fournies directement par les établissements.
En fait, les données sur la mobilité des chercheurs des organismes et des établissements d'enseignement supérieurs sont extrêmement parcellaires et traduisent l'absence en ce domaine, d'une véritable politique de ressources humaines au sein de la recherche publique.
L'origine des chercheurs entrant dans les entreprises en 1995 est retracée dans le tableau suivant qui se fonde sur les déclarations des entreprises.
| Entrants dans la vie active (et CIFRE)
Mobilité interne Venant de la recherche privée Venant de la recherche publique Venant de l'étranger |
|
|
|
|
|
|
| Total des arrivées de chercheurs | ||||||
Source : MENRT
Le phénomène marquant sur la période 1992-1995 est l'augmentation sensible des jeunes entrants dans la vie active, notamment dans les PMI. Pour leur part, les CIFRE ont cru de 392 en 1992 à 620 en 1996
1,74% des entrants, soit 146 personnes sur 8402 venaient de la recherche publique, dont 106 sont entrés dans des entreprises de moins de 500 personnes.
Lorsqu'on examine les données des organismes de recherche, on ne peut qu'être frappé par la faiblesse des mouvements de mobilité et plus grave par leur tendance à la décroissance.
Le rapport de la Cour des Comptes chiffrait à 700 personnes, toutes positions statutaires confondues, la mobilité totale depuis une dizaine d'années des EPST vers l'industrie, soit 0,2% des effectifs en moyenne annuelle. Ces mouvements ont été le plus souvent temporaires : à la mise à disposition ou au détachement succède en général la réintégration dans l'EPST et non un départ définitif vers l'industrie.
A l'INSERM, par exemple, les mises à disposition ou détachement ont été très faibles - moins d'une quarantaine durant les quinze dernières années - et axés sur les entreprises issues de l'INSERM. Pour l'INRA, c'est sans doute moins de 50 personnes sur la même période, les entreprises de destination étant soit des grands groupes comme Danone, Rhône Poulenc, soit des entreprises à technologie INRA .
Le tableau suivant retrace les flux annuels pour le CNRS.
| Mis à disposition | |||||||||||
| Détachement | |||||||||||
| Disponibilité | |||||||||||
| TOTAL |
Source : MENRT
En ce qui concerne le département SPI, de 1987 à 1996, 46 chercheurs ont effectué une mobilité (dont 7 à titre définitif). Ce qui représente une fraction très faible de l'effectif d'un département qui devrait jouer un rôle pilote dans les relations avec l'industrie.
Ainsi, pour les années 1995 et 1996, la mobilité statutaire pour l'ensemble des EPST et des EPIC serait de l'ordre de 30 à 40 personnes par an sur un total de plus de 25000 chercheurs.
En sens inverse, 891 personnes en provenance des entreprises étaient accueillies en 1995 dans des établissements publics de recherche. Il s'agit surtout de boursiers, 59% contre 41% en 1992, mais également de 138 chercheurs et de 222 ingénieurs et techniciens.
| ||||||
| en provenance des entreprises | ||||||
| dont accueillis dans les EPST** | ||||||
| dont accueillis dans les EPIC | ||||||
| dont accueillis dans les EPA | ||||||
| **dont INSERM | ||||||
| **dont INRA | ||||||
| ** dont INRIA | ||||||
| dont INTRETS | ||||||
| dont CEA |
Source : MENRT
Ce constat sur la mobilité des chercheurs est le reflet, sans doute le plus inquiétant, des blocages culturels qui dans le monde de la recherche comme au sein des entreprises, s'opposent à l'approfondissement des relations de coopération et nous différencient de nos principaux concurrents étrangers.
Il n'existe pas bien entendu de recette miracle permettant d'opérer dans le court terme un changement quantitatif significatif du flux de mobilité.
Il convient en priorité de sensibiliser les chercheurs à l'intérêt d'une meilleure connaissance du monde économique et d'une mobilité qui peut revêtir des formes variées aux différentes étapes de leur carrière. Une politique efficace de mobilité suppose aussi que son intérêt soit perçu aussi bien par l'émetteur que par le récepteur, et que les moyens nécessaires soient mis en uvre à cet effet.
Du côté de l'entreprise, l'accueil de chercheurs doit être organisé, ce qui implique d'abord une capacité de dialogue avec les laboratoires au sein de leur service de recherche. Le témoignage d'un grand groupe est à cet égard révélateur : l'affectation à plein temps d'un cadre de sa Direction des Ressources Humaines avait permis de lancer une action ambitieuse de détachement de chercheurs, dont la majorité s'était ensuite intégrée à l'entreprise (ce qui était d'ailleurs l'objectif poursuivi). Le départ et le non-remplacement de ce cadre, faute d'impulsion de la Direction Générale, ont brisé cet élan. D'autres expériences réussies montrent que les chercheurs ne pâtissent pas de leur mobilité vers l'industrie, si l'entreprise veille à ce que leurs travaux se concrétisent par des publications en parallèle à l'action de valorisation qu'elle-même assure en direct.
La volonté politique d'encourager la mobilité des chercheurs et des enseignants-chercheurs a pourtant été maintes fois r&