Enfin, certains docteurs abandonnent définitivement la recherche à la fin de leur thèse. En 1993, 4,6 % des docteurs deviennent des professeurs du secondaire et 3 à 4 % d'entre eux travaillent dans l'administration. Rappelons que le secteur administratif inclut le secteur hospitalier, et en particulier hospitalo-universitaire.
Il est rappelé que les concours de professeur du secondaire ne sont ouverts
qu'aux titulaires d'une licence (CAPES) ou d'une maîtrise (agrégation).
Pour mémoire, le nombre de postes proposés au concours de l'agrégation
est actuellement de l'ordre de 3000 par an. Etrangement, le nombre de docteurs
s'engageant dans l'enseignement secondaire est resté stable ces dernières
années. Pourtant, la crise des débouchés aurait pu entraîner une
augmentation (voir page
). Nous ne savons pas comment ce
comportement va évoluer. Il est fort possible que l'origine d'une aussi
faible irrigation de l'enseignement secondaire par les docteurs soit, en
particulier dans les disciplines scientifiques, due à un certain ``mépris''
de l'enseignement secondaire dans les laboratoires, dont les personnels sont
intégrés dans le tissu universitaire ou dans les organismes de façon
quasi-systématique depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
La présence d'enseignants ayant eu une formation par la recherche dans les
lycées est bénéfique. Toutefois, sans remettre en cause ce principe, il
convient de se demander comment les docteurs qui deviennent professeurs dans le
secondaire vivent ce passage. Dans certains cas, une vocation
pédagogique est à l'
uvre : c'est l'idéal. Mais si la crise des
débouchés du doctorat prend le développement que nous prévoyons dans la
section 3.5 de ce rapport, le risque est non-nul de voir un flux de
docteurs désenchantés aller enseigner dans les lycées. On peut
s'inquiéter des effets de tels enseignants sur les générations
futures... Comme l'a écrit F. Fillon dans le Rapport sur la Recherche
de juin 1994 :
``La diffusion de la culture scientifique est le garant de l'adhésion de la nation à la nécessité de l'effort de recherche''
Or, il nous semble que les collèges et les lycées sont parmi les premiers endroits de contact entre les citoyens et la culture scientifique...