Le secteur privé n'est plus un des employeurs principaux des
doctorants, il ne représente que 11 % des emplois en 1993. La situation a
évolué ces dernières années. Un article de ``Formation par la
Recherche 42 (1993)'' de l'Association Bernard Gregory, basé sur les
``Rapports bleus'' de la DRED (numéro 11) montre que pour les promotions 1987
à 1990 de docteurs, les entreprises constituaient le principal débouché
des docteurs. Nos statistiques, en section
3.2 du rapport, montrent que'en 1990, la proportion de docteurs
trouvant un débouché industriel était de 19 %, et qu'elle a chuté à
un peu moins de 10 % en 1993. Bien entendu, l'effort de création de postes
universitaires de 1989-1992 a permis le recrutement de beaucoup de docteurs
comme maîtres de conférences. Mais nous observons une diminution absolue du nombre de recrutements par le secteur privé, de 1306 en 1990 il
passe à 753 en 1993. L'étude du devenir des docteurs de la promotion 1992
(voir section 3.2.2, et page
) montre que les
recrutements se font le plus souvent dans l'année qui suit le doctorat. Il y
a donc une désaffection certaine du doctorat par les entreprises.
Un des facteurs de ce peu de succès du doctorat est sans doute, outre la crise économique 1992-93, la méconnaissance du travail de recherche et des acquis de la thèse, responsabilité incombant peut-être aux laboratoires et/ou aux formations doctorales qui n'ont pas su valoriser le doctorat et les compétences que son obtention nécessite.
Cette mauvaise reconnaissance du doctorat par le secteur privé (voir par
exemple les grilles de salaires d'embauche de certaines entreprises d'état) a
même pour résultat que certains ingénieurs sont moins bien
considérés par les entreprises lorsqu'ils sont docteurs. Certaines
entreprises préfèrent recruter des ingénieurs, plutôt que des docteurs,
pour s'occuper de leur secteur de recherche et développement. Il semblerait
enfin, que le post-doctorat soit boudé par les entreprises, le lecteur peut
voir page
les commentaires de l'Association Bernard Gregory
à ce sujet. Ne lit-on pas dans ``Formation par la Recherche 45
(1994)'' :
``Les employeurs français se distinguent par leur incompréhension de la valeur ajoutée d'un postdoc à l'étranger.''
Face à cela, quelques initiatives ont vu le jour, sous l'impulsion et autour
de l'Association Bernard Gregory
, mais le problème psychologique au niveau des industriels demeure.