Le problème principal rencontré par les moniteurs est celui de l'obligation d'enseigner en premier cycle comme cela est indiqué à l'article 5 du D-89-794 :
Afin de s'initier à la pratique pédagogique, les moniteurs doivent assurer, annellement, soixante-quatre heures de travaux dirigés ou quatre-vingt-seize heures de travaux pratiques ou toute combinaison équivalente en premier cycle ou exceptionnellement en second cycle.
Notons que les vacataires n'ont pas cette obligation. Dans la pratique certains moniteurs, sur leur demande et avec dérogation de leur CIES, effectuent des cours magistraux en premier cycle, ou des TD/TP en second voire troisième cycle : les directeurs des CIES sont aussi mis parfois devant le fait accompli.
La délivrance de dérogation des CIES dépend fortement des directeurs des CIES comme le souligne le rapport IGAEN à la page 18. Cela est confirmé par les témoignages des moniteurs.
Le problème lié à cette situation est qu'il n'y a pas d'attitude claire des commissions de spécialistes vis à vis de cette obligation et des dérogations : certains moniteurs sont en effet pénalisés devant les commissions de recrutement pour n'avoir effectué des enseignement qu'en premier cycle par rapport à des moniteurs ayant enseigné en premier et en second cycle.
Le moniteur est épaulé pendant toute la durée de son contrat par un tuteur qui doit-être une enseignant-chercheur titulaire.
Le tutorat est loin d'avoir atteint son objectif : certains moniteurs ne savent pas qu'ils ont un tuteur, d'autres ont des rapports épisodiques voire inexistant avec lui.
Article 1er- Les allocataires-moniteurs recrutés en application des titres I et II du décret susvisé reçoivent une initiation en matière de formation professionnelle afin d'accroître leurs connaissances, notamment sur les particularités pédagogiques des disciplines, les relations entre les différents degrés d'enseignement, l'organisation de l'enseignement supérieur tant en France qu'à l'étranger et une approche diversifiée des problèmes généraux qui s'y manifestent.Article 2- Cette formation est organisée sous forme de stages dont la durée annuelle ne peut être inférieure à dix jours.
Article 3- Les directeurs des centres d'initiation à l'enseignement supérieur auxquels sont attachés les allocataires-moniteurs sont chargés de définir le contenu et les modalités des stages après avoir recueilli les propositions du comité pédagogique.
Le contenu des stages a fortement evolué : de manière générale on trouve des stages pluridisciplinaires et des stages disciplinaires, certains à la carte pour les deuxième et troisième année.
``D'abord réticents à l'idée de suivre une formation générale commune dispensée par le centre sous forme de dix jours de stage annuels, les moniteurs, scientifiques et littéraires, normaliens ou non (avec un peu plus de réserve pour les premiers), ont peu à peu apprécié l'interdisciplinarité et l'ouverture d'esprit que procurent les stages.''
De plus le rapport IGAEN note à propos du CIES de Jussieu :
``La perception du stage dépend presque exclusivement de la qualité de l'intervenant ; le public des moniteurs reconnaît qu'il est difficile, et que son exigence s'accroît au fur et à mesure que la thèse entre dans la phase de rédaction ; toute intervention médiocre est aussitôt assimilée à une perte de temps.''
et souligne que le directeur du CIES tient compte de leurs avis :
``REMARQUE : le directeur s'emploie à sélectionner, d'année en année, les intervenants qui ont connu le plus de succès ; il reconnaît toutefois que le niveau global, surtout dans le travail en petits groupes, mais il se heurte au faible nombre des "bonnes volontés" parmi ses collègues.''
Ainsi il est normal que de futurs enseignants-chercheurs soient si attentifs à la qualité de la formation qu'on leur dispense.