Le problème du financement des thèses



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Le problème du financement des thèses

 

Plusieurs sortes de financement existent : les allocations de recherche, les contrats avec une entreprise (bourse CIFRE) ou des bourses financées par des organismes. Tous ces financements ont des statuts différents, certains imposent une affiliation au régime général de la sécurité sociale (MESR, CNRS, CIFRE,...) et sont comptabilisés pour la retraite. D'un autre côté, certaines bourses laissent le libre choix du régime de la sécurité sociale et la cotisation retraite doit être volontaire. Il est à noter que ces dernières sont d'un montant nettement moins élevé que l'allocation de recherche MESR (qui est de 7400F bruts par mois soit environ 6000 F nets par mois).

Malgré la diversité des financements existants, de nombreuses thèses se réalisent sans financement propre. Les données du MESR pour 1992-93 montrent l'existence d'une proportion non négligeable de thèses réalisées sans bourse. Notons qu'il ne s'agit pas forcément de thèses effectuées en dehors de tout financement sachant que souvent dans certaines disciplines, littéraires en particulier, l'étudiant exerce déjà un métiergif (professeur en collège ou lycée...). Dans les disciplines scientifiques, cela est déjà beaucoup plus rare. Le phénomène est général (19-20 %) avec toutefois une ampleur variable selon les secteurs. Ainsi dans les directions scientifiques les moins touchées (DS2, DS3, DS8), il est de l'ordre de 10 %, contre 20 à 26 % dans toutes les autres. Il faut aussi noter que ces chiffres sont probablement sous-évalués du fait des situations non connues (voir les données quantitatives fournies dans ce rapport). Enfin, le montant des bourses n'est pas homogène ni toujours suffisant pour garantir une réelle indépendance financière du doctorant. Ce n'est bien sûr pas le cas des bourses CIFRE ou d'une allocation MESR couplée à un monitorat mais, comme le dit le rapport DGRT 95, le problème se pose pour certains doctorants étrangers.

Ainsi, certains doctorants se voient dans l'obligation de travailler en sus de leur travail de thèse pour subvenir à leur besoins. On estime qu'environ un tiers des thèses commencées n'aboutissent pas. Le manque de financement et la limitation de la durée de la préparation du doctorat ne sont-elles pas parfois cause de certains abandons ? Comment, par exemple dans les disciplines scientifiques expérimentales, concilier le travail scientifique en équipe avec la nécessité d'un emploi alimentaire ?

Rappelons que certaines personnalités de l'enseignement supérieur s'étaient élevées contre la limitation de la durée de la thèse à trois années. Elles estimaient que pour faire une bonne thèse en lettres, un   minimum de cinq ans de travail étaient nécessaires. Ces estimations sont confirmées par le rapport DGRT 95 (page 54) : la durée de la thèse moyenne est de l'ordre de 4 ans dans les disciplines littéraires, et de l'ordre de 3 ans dans les disciplines scientifiques.

Nous constatons que, de 1988 à 1993, le nombre des aides à la formation par la recherche distribuées par le MESR a plus que doublé, passant de 1900 à 4060 (voir page gif pour le détail). Un léger rééquilibrage a été opéré au profit des disciplines ``pauvres'' : Mathématiques, Sciences de la Terre et de l'Univers, Sciences de l'Homme et de la Société, mais ce rattrapage a été modeste, compensant tout juste, dans le cas des sciences de l'Homme et de la Société, la perte représentée par la suppression des postes d'assistants.



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Pascal DEGIOVANNI
Sat Apr 22 23:10:45 MET DST 1995