La première partie de ce rapport étudie le rôle de la formation doctorale. Il nous a paru essentiel d'effectuer nos travaux à la lumière d'un attachement à la qualité de l'enseignement supérieur public dans lequel une partie d'entre nous vont évoluer.
Il n'est plus possible à l'heure actuelle d'ignorer qu'une menace pèse sur les universités françaises du fait de l'afflux massif d'étudiants dans les premiers cycles universitaires, afflux qui tend à niveller le niveau et à rendre impossible l'enseignement de qualité qui était dispensé jusqu'alors. S'il ne fait aucun doute qu'amener un nombre croissant d'étudiants vers un enseignement de haut niveau, à vocation générale comme professionnelle, est un objectif louable ; la qualité ne doit en aucun cas être sacrifiée sur l'autel de la statistique. Nous tenons à affirmer notre attachement à une certaine conception de l'enseignement supérieur : il doit être un lieu de production et de transmission des connaissances, mais aussi un lieu où la réflexion prime sur l'acquisition automatique et non-motivée de connaissances.
Pour fonctionner correctement, et donc donner à tous les étudiants qu'elle forme l'état d'esprit mentionné ci-dessus, l'université doit recevoir, d'une part, des missions précises ; d'autre part, les moyens, tant humains que matériels, nécessaires à ses missions. Nous constatons que ces différents points n'ont pas toujours été assurés avec la rigueur nécessaire. L'université est actuellement désemparée par le flou des missions qui lui sont assignées (former toujours plus d'étudiants sans savoir dans quelles perspectives), et souffre depuis plusieurs décénies de l'alternance de périodes d'abondance et de vaches maigres, tant au niveau budgétaire qu'au niveau du recrutement. S'il est évident que ce rapport ne peut prétendre comprendre l'université dans sa globalité et apporter des solutions à tous ses problèmes, nous tenons à marquer l'importance que nous accordons à certains principes :
En particulier, nous rejetons par avance tout aménagement qui aurait pour effet de provoquer l'afflux massif d'enseignants du secondaire, sans formation à la recherche, dans les premiers cycles et le retrait des enseignants-chercheurs de ces formations.
Ces moyens humains doivent bien entendu être corrélés aux objectifs assignés aux universités. Il va de soi que l'augmentation actuelle du nombre d'étudiants doit s'accompagner d'une campagne de recrutement volontaire et surtout régulière.
Il ne sert à rien de recruter des personnels hautement qualifiés si ces personnes n'ont pas, par la suite, les moyens de travailler dans de bonnes conditions.