Au travers des systèmes d'accès à l'enseignement (monitorat, ATER, vacations), de nombreux doctorants peuvent s'initier à l'enseignement supérieur. Nous renvoyons le lecteur au chapitre 2 pour le détail de ces différentes modalités.
Ces systèmes ont été mis en place à la fin des années 80 en
prévision des départs en retraite du corps enseignant universitaire (voir
page
). Le but était alors de constituer un vivier de jeunes docteurs, formés à l'enseignement supérieur, afin de
mener une politique de recrutement prévisionnel. Effectivement, même si
l'importance des départs en retraite a souvent été exagérée, on ne
peut nier qu'une fraction significative du corps enseignant universitaire sera
remplacé d'ici 2010. L'ouverture croissante de l'enseignement supérieur
impose alors une politique de recrutement volontaire afin de garantir un
encadrement décent. La plupart des estimations, syndicales et
ministérielles, s'accordent sur la nécessité de recruter environ 3000 à
4000 enseignants-chercheurs par an sur dix ans.
Une dernière dimension importante des doctorants est le rôle qu'ils ont à jouer dans l'aménagement du territoire, et en particulier l'irrigation harmonieuse du territoire au niveau de l'enseignement supérieur. Nous sommes bien conscients que des centres de recherche de haut niveau ne pourront être développés dans tous les villages de France et c'est pour celà que les principaux centres de formation de docteurs ont une mission d'essaimage inévitable et très importante. On doit toutefois veiller à ce qu'essaimage ne rime pas avec exil : les docteurs qui quittent leur centre de formation pour aller dynamiser une équipe et un établissement d'enseignement supérieur doivent être accompagnés par des moyens spécifiques leur permettant de garder contact avec leur centre d'origine. L'équipement informatique et le raccordement d'un nombre croissant de sites à RENATER est un des moyens appropriés. Mais bien d'autres sont importants : crédits pour missions et invitations, jouvence des bibliothèques... Si l'essaimage est accompagné des moyens idoines, il peut devenir un formidable outil de développement du territoire. En l'absence de ces moyens, ce sera un formidable gaspillage de ressources humaines.
Il est donc clair que les universitaires de demain sont les doctorants actuels. Comme pour la recherche, l'apport de sang neuf est vital à l'enseignement. Les difficultés accumulées depuis plusieurs décennies par les universités et le défi du nombre qu'elles doivent relever appellent un renouvellement et une remotivation du personnel. L'injection de sang neuf par le biais des doctorants est donc d'autant plus nécessaire.