L'ouverture du doctorat sur le monde industriel, et la multiplication des
contrats entre laboratoires de recherche et industrie soulève la question du
coût des recherches effectuées dans ce cadre. Chacun sait que dans le
financement d'un travail de recherche, doivent être comptés la masse
salariale des personnels impliqués, mais aussi l'équipement utilisé, la
maintenance de l'infrastructure sous-jacente. Il est extrêmement difficile de
chiffrer le coût d'une recherche effectuée dans un laboratoire public, ou
d'une thèse, mais il est bien supérieur à la simple masse salariale
perçue par les personnels impliqués
. La question clef dans un partenariat
industrie/état est de savoir comment répartir le coût réel de la recherche entre les partenaires.
Ces simples réflexions montrent immédiatement le danger inhérent au
partenariat état-industrie dans le domaine de la recherche. Premièrement,
est-on sûr que la répartition des charges de la recherche est équitable
entre les différents partenaires impliqués ? Deuxièmement, si elle ne
l'est pas, ne doit-on pas s'interroger sur l'impact de ce déséquilibre sur
l'emploi scientifique dans le secteur privé ? Pour nous, le risque est que
les modalités de partenariat entre industries et laboratoires publics, ainsi
que les modes de financement des doctorants effectuant une thèse en relation
avec une industrie, rendent profondément inutile et coûteux pour les
grands groupes industriels l'embauche de personnels au niveau doctorat et le
développement de véritables centres de recherche et
développement
.
Nous pensons qu'un certain nombre de chercheurs et d'enseignants-chercheurs ont
une part de responsabilité dans ces dérives. Pour nous, il est important
qu'une clarification ait lieu sur ce point. Le ``contrat de thèse'' proposé
en section 4.2.2 de ce rapport est un levier possible pour limiter et
éventuellement éradiquer la pathologie mentionnée ci-dessus. En effet, en
demandant un financement d'un montant au moins équivalent à celui d'une
bourse MESR et assorti d'une protection sociale décente, le développement
d'une main-d'
uvre de laboratoire sous-payée devient impossible. Enfin,
dans le ``contrat de thèse'' pourrait figurer la mention d'une contribution
financière ou en nature
du
partenaire privé, en sus du financement du doctorant, destinée
à couvrir les coûts afférants à
la recherche d'une manière raisonnable et équilibrée entre les
différentes parties impliquées.