Toutefois, il serait illusoire de faire reposer tous les espoirs de recherche
et d'innovation en entreprise sur le tissu des PME-PMI. En effet, à cause de
leur marge de man
uvre financière limitée, elles ne peuvent
développer de véritables laboratoires de recherche. De plus, certains
secteurs comme l'automobile
ou l'électronique grand public
nécessitent des investissements tels que seuls les grands groupes y ont droit
de cité. Certains de ces secteurs sont de ``haute-technologie''
(informatique) mais d'autres sont plutôt de technologie moyenne (automobile).
Le rapport de F. Fillon de juin 1994 sur la recherche souligne, page 42, que la recherche industrielle s'est trop développée par le biais de grands programmes alliant l'état à des grands groupes industriels. À la différence de ce qui a pu se passer aux États-Unis puis au Japon, nos grands groupes industriels n'ont pas véritablement développé de grands centres de recherche, comparables aux centres IBM, ou aux centres de recherche NEC qui incluent même une composante fondamentale. Malheureusement, le rapport de Juin 1994 ne s'interroge pas vraiment sur les mécanismes qui ont aboutit à cette situation.
Nous pensons qu'il est temps de se demander pour quelles raisons les industries françaises n'ont pas toujours fait des efforts comparables à leurs homologues nippones ou américaines. Comme nous allons maintenant le voir, un certain flou artistique règne dans le positionnement des différents acteurs concernés : d'une part l'état et d'autre part les partenaires industriels impliqués. Nous exprimons le souhait qu'un certain nombre de points obscurs, comme celui qui est discuté dans le prochain paragraphe, soient abordés et que les responsabilités de l'état et du secteur industriel soient plus clairement définies qu'actuellement.