La formation du doctorant s'étend, en général, sur une période de trois à quatre années. Elle est non seulement une formation à la recherche mais également une formation par la recherche. Aussi, cette formation devrait lui permettre de trouver une place dans chacune des trois composantes du système enseignement - recherche - industrie.
Les besoins en nombre et en compétence des trois sous-systèmes par rapport à ce type de personnel sont différents et c'est peut-être le rôle de l'état que de réguler le flux des gens s'inscrivant en thèse. Il est clair que les doctorants ne peuvent pas avoir les mêmes priorités au cours de leur formation, selon qu'ils se destinent aux métiers de la recherche, de l'enseignement supérieur ou de l'industrie. À l'heure actuelle, le doctorant doit se battre sur tous les fronts (celui du nombre de publications, du nombre de vacations dispensées dans l'enseignement supérieur, ou de l'applicabilité de la thèse dans l'industrie), afin de s'assurer un débouché en fin de parcours ; débouché qui ne correspond pas forcément au choix original désiré, mais davantage à la contrainte du moment.
Les bourses allouées par le gouvernement à la formation des doctorants sont déjà de différentes natures. Certaines ont pour vocation de préparer des chercheurs pour l'industrie, d'autres à former les enseignants-chercheurs de demain.
Il importe que l'éventail des modes de financement soit assez large afin que les différents aspects de la recherche trouvent leur place au sein de la formation doctorale. De plus, il est souhaitable que soient garanties des passerelles entre la recherche, l'enseignement et l'industrie. Le Rapport sur les colloques thématiques de la consultation nationale 1993-94 contient une réflexion sur ce sujet : généralisation de l'habilitation à diriger des recherches pour les personnels des industries amenés à participer à des activités d'enseignement et de formation doctorale...
Les aménagements que nous proposons dans les sections 4.3.3, 4.4.1 et 4.4.2 de ce rapport pourraient contribuer à l'amélioration de la situation, en particulier susciter l'intérêt et la reconnaissance du doctorat dans le monde industriel. Mais, à notre avis, l'état ne fera pas l'économie d'un réel effort de pédagogie, d'une véritable campagne de promotion, s'il compte faire du doctorat un diplôme à vocation ouverte et pas seulement académique.