Imbrication recherche-enseignement



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Imbrication recherche-enseignement

 

L'imbrication enseignement-recherche est fondamentale pour le fonctionnement du secteur académique. Il n'y a pas de bons chercheurs sans une formation supérieure solide, et pas de formation supérieure digne de ce nom sans l'apport des chercheurs, qui évitent la simple répétition des acquis dans l'enseignement. C'est une véritable irrigation de l'enseignement qui est maintenue grâce à l'imbrication entre enseignement et recherche. Partant des formations les plus spécialisées (le troisième cycle), les méthodes nouvelles, les concepts issus de la recherche vont irriguer les formations de second puis de premier cycle. Il importe de maintenir ce réseau hydrographique et de donner latitude aux enseignants pour tenter des expériences pédagogiques. Pour cette raison, nous affirmons notre attachement au principe du couplage enseignement-recherche dans les établissements d'enseignement supérieur.

Mais nous sommes conscients que l'afflux d'un nombre croissant d'étudiants amène à une réflexion sur le métier d'enseignant-chercheur. Clairement, plusieurs déclinaisons de ce métier émergent. Certains enseignants-chercheurs se concentrent sur leur recherche et sur des enseignements de spécialité, d'autres au contraire s'investissent dans (ou s'obligent à) un enseignement moins spécialisé, en premier ou en second cycle. Ils renoncent, par exemple via le système des contrats pédagogiques, à la recherchegif. Cette différentiation des fonctions, suivant les individus et aussi dans le temps pour un même individu, est un concept relativement récent, qui n'est pas bien passé dans les mentalités. Les problèmes qui apparaissent dans les procédures de recrutement et d'évaluation universitaires, ainsi que les problèmes liés aux heures complémentaires (voir section 4.5 de ce rapport) montrent que sur ces questions, un équilibre n'a toujours pas été atteint.

Face à ce constat, quelques remarques s'imposent. Tout d'abord, renoncer à la dualité enseignement-recherche serait fatal à l'enseignement supérieur. En particulier, laisser à des personnels n'ayant que peu ou pas d'expérience de recherche - par exemple des PRAG - le soin d'enseigner en premier cycle serait catastrophique. Mais d'autre part, il est nécessaire que la fonction d'enseignant-chercheur soit à géométrie variable. Comparé aux PRAG ou aux heures supplémentaires faites en nombre excessif, le système des contrats pédagogiques présente l'avantage de clarifier la situation et de positionner clairement l'universitaire qui le choisit. Toutefois, nous nous interrogeons sur l'importance de la prime associée (voir page gif). Nous insistons, de plus, sur la nécessité que les enseignants qui choisissent ce système se maintiennent en contact avec des équipes de recherche, même s'ils ne participent pas activement à leurs travaux. Ceci nous semble indispensable, afin d'éviter une possible sclérose inhérente à un enseignement qui se découplerait totalement de la recherche et des évolutions qu'elle apporte.



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Pascal DEGIOVANNI
Sat Apr 22 23:10:45 MET DST 1995