L'université est et doit rester ouverte à tous. Il faut trouver des moyens de concilier les remarques faites ci-dessus avec l'augmentation du nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur. Cet état de fait, logique et normal pour un pays développé, doit cesser d'être considéré comme un handicap pour notre société et son système d'enseignement, mais bien comme un atout.
Nous ferons ici quelques modestes suggestions et propositions qui doivent permettre de préserver la qualité de l'enseignement et de la recherche universitaire tout en faisant face au défi du nombre.
Le nombre de postes d'enseignants-chercheurs doit être impérativement augmenté pour faire face aux besoins criants de l'université française, tant en matière d'enseignement que de recherche. Il n'est pas dans notre intention de demander la création immédiate de 31250 postes qui représentent l'équivalent de six millions d'heures complémentaires.
Nous sommes en effet conscients des coûts afférants au recrutement d'un enseignant-chercheur : frais d'installation et de vie scientifique (locaux, mobilier, matériel, bibliothèque, missions...), augmentation de la masse salariale due à l'avancement des personnels etc. Toutefois, en diminuant la part des heures supplémentaires, un certain nombre de postes seraient ainsi créés. Cela aiderait à la réalisation d'un plan de recrutement à l'université sur dix ans.
Rappelons à cet égard que, compte tenu de l'augmentation des effectifs
étudiants, plusieurs sources estiment qu'entre 3000 et 4000 (voire 5000)
postes d'enseignants-chercheurs devront être proposés au concours par an
pendant dix ans. Vincent Courtillot
écrivait dans un rapport sur Le monitorat d'initiation à
l'enseignement supérieur en juin 1991 :
Pour garantir l'encadrement des futurs étudiants, c'est plus de 5000 recrutements qui devront avoir lieu chaque année dans un système qui, rappelons le, compte environ 35 à 40 mille enseignants (enseignants-chercheurs, professeurs agrégés exercant dans le supérieur, personnels hospitalo-universitaires).
En corollaire de ce qui précède, il convient de limiter fortement le nombre
de postes non pourvus à l'issue des campagnes de recrutement
(voir section 3.3.4). De même l'écrat entre le nombre
de postes vacants publiés au J.O. et le nombre de postes proposés au concours
pose un sérieux probléme de transparence.
Les candidats reçus
ont été reconnus aptes à assurer la fonction de
maître de conférences et les postes non pourvus ne le sont que
rarement par manque de candidats recevables.
Dans le contexte de chômage actuel, il n'est
pas normal que tant de postes soient laissès vacants, alors que les besoins
existent. Nous reconnaissons toutefois que peuvent exister des circonstances
particulières, conduisant à la non-attribution d'un poste (voir page
de ce rapport pour une description de certains mécanismes), soit parce qu'il
n'est pas mis au concours, soit parce qu'il n'est pas pourvu.
Mais une reflexion doit être
engagée pour que soient repensés puis peut-être les mécanismes de recrutement ainsi que
les mécanismes de mutation. Sur ce dernier point, on se souviendra que la
valeur nationale des postes de chercheurs des organismes de recherche
permet une vision beaucoup plus claire du nombre de postes offerts au concours.
En ce qui concerne la gestion des heures complémentaires, un certain nombre de mesures pourraient être étudiées :
uvre pour recréer le dialogue entre enseignants et étudiants, tout
spécialement en premier cycle.