On ne saurait oublier enfin que le lieu de formation de nombre des enseignants du secondaire est l'enseignement supérieur. Le CAPES (respectivement l'agrégation) nécessite une licence (respectivement une maîtrise) et les préparations à ces concours de recrutement des enseignants du secondaire sont implantées au sein des universités ou des Écoles Normales Supérieures. Ces dernières années ont d'ailleurs vu ces préparations remporter les suffrages de nombre d'étudiants, au point de poser de sérieux problèmes de fonctionnement.
Si, comme nous le montrons dans notre étude prospective (page
), il survient une crise de l'emploi des docteurs,
on risque d'assister à une ruée de ceux-ci sur les concours de
l'agrégation et/ou du CAPES. Dans ce sens, une rapide enquête au sein des
Ecoles Normales Supérieures montre que les chercheurs conseillent de plus en
plus aux élèves des ENS de passer une agrégation ``au cas où''. La
présence, dans les équipes enseignantes des lycées, de personnels ayant
eu une expérience de recherche nous semble une bonne chose. Lorsque la
présence d'un docteur en lycée est le résultat d'un réel attrait pour
l'enseignement et d'un choix de vie, c'est un atout pour l'enseignement
secondaire. En revanche, c'est tout l'inverse lorsque l'enseignant est là
suite à un choix par défaut vécu comme un échec (voir page
).
Nous ne saurions que trop souligner l'importance de ce lien rétro-actif entre le supérieur et le secondaire. Si du point de vue des élèves, l'enseignement supérieur est situé en aval du secondaire, du point de vue de la formation des enseignants, c'est l'inverse. Nous pensons que la formation universitaire de second et troisième cycle a un rôle déterminant à jouer dans le maintien de la qualité du corps enseignant du secondaire. L'archétype historique d'une telle symbiose est fourni par l'École mathématique française, qui au travers de ses filières de formation des universitaires mais aussi des classes préparatoires et des lycées, a su maintenir un terreau fertile sans commune mesure avec ce que l'on pourrait attendre d'un pays de la taille de la France.