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Concours CNRS 1998 : les propositions de la section 02 sur la mobilité

Préambule

La section 02 du Comité National a mené une certaine réflexion sur la question de la mobilite des jeunes chercheurs recrutés au CNRS. Elle vise à introduire une mobilitè au moment du recrutement CR2, afin de favoriser la communication entre laboratoires et parfaire la formation des jeunes, mais aussi, comme le montre le texte, afin d'assainir les conditions du recrutement en dissociant deux soucis légitimes des laboratoires: trouver un emploi à ses jeunes docteurs et recruter des jeunes chercheurs.

En ce sens, cette réflexion nous a semblé intéressante. De plus, il importe que chacun en soit informé et c'est pour cette raison que nous avons proposé au président en fonction de la section 02 de nous communiquer ce texte.

Rappelons enfin comment se passe le concours de recrutement au CNRS: c'est en concours en deux étapes. Dans un premier temps, après exament du dossier de candidature et après une audition, la section du comité national produit un classement qui est en fait un classement d'admissibilité. Puis, dans un second temps, un jury d'admission qui réunit des représentants des différentes sections et de la direction décide du résultat final du classement. Les affectations sont alors décidées au niveau de la direction du CNRS.

Pour le concours CNRS et ses modalités pratiques, nous invitons le lecteur a consulter notre page concours.

Enfin, nous remercions Jean-Bernard Zuber, président de la section 02 du Comité National, qui nous a communiqué le texte issu des réflexions de cette section. Ce texte devrait paraître dans un prochain numéro de la Lettre du Département SPM avec une introduction de la direction du Département.

Ce texte est disponible au format [postscript]


Propositions sur la mobilité des jeunes chercheurs

La section 02 du Comité National a mené une certaine réflexion sur la question de la mobilité des jeunes chercheurs recrutés au CNRS. Avant de présenter les propositions qu'elle transmet à la Direction du CNRS, il convient de rappeler dans quel esprit elles ont été concues.

La mobilité des chercheurs, et tout particulièrement des jeunes, est considérée de facon générale comme très bénéfique pour les raisons suivantes.
D'abord et avant tout, la mobilité est pour le jeune chercheur une source d'enrichissement et de maturation. D'une part, l'immersion dans un environnement scientifique différent de celui de ses années de formation est un puissant stimulant intellectuel. De l'autre, l'éloignement du jeune chercheur de son encadrement originel occasionne une prise d'autonomie plus grande et une évolution plus rapide que s'il était resté au même endroit. Un séjour postdoctoral dans un laboratoire étranger remplit bien sûr ce rôle, mais sa durée est en général limitée à un ou deux ans, période trop courte pour que cette expérience porte tous ses fruits.

Dans un contexte marqué par l'absence de post doc franco-francais, la mobilité organisée des jeunes recrutés au CNRS contribuera certainement à une meilleure communication des laboratoires entre eux, avec tous les bénéfices correspondants: échanges accrus, circulation des idées, renouvellement des thématiques et des collaborations, mobilités ultérieures, etc.

A toutes ces raisons d'encourager la mobilité au moment du recrutement, s'en ajoute une autre, portant sur les conditions mêmes de ce recrutement. En effet, il serait plus sain que soient dissociés les deux soucis légitimes de chaque laboratoire: trouver un emploi à ses jeunes docteurs et recruter des jeunes chercheurs.

Pour être réussie, cette mobilité doit être bien acceptée, et pour cela donner lieu à une véritable concertation entre l'ensemble des acteurs concernés: jeunes chercheurs et directeurs de laboratoire, mais aussi équipes de formation (directeurs de thèse) et équipes d'accueil. Le système organisant cette mobilité doit être simple et clair pour assurer l'égalité de tous. Il doit fonctionner de facon permanente, afin que puissent s'équilibrer les échanges. Enfin la mobilité ainsi instaurée pourra être réversible mais devra être effective pendant une période raisonnable.

La situation est particulièrement propice en section 02. Elle rassemble de facon quasiment exclusive des théoriciens travaillant dans une physique plus conceptuelle que liée à des instruments, donc a priori plus aptes à une mobilité géographique.

Ces considérations ont conduit à plusieurs propositions concrètes discutées au sein de la communauté des physiciens de la section 02 et avec la direction du Département SPM. Suite aux consultations de la commission 02 d'automne 97, à celle des directeurs de laboratoires relevant de la section 02, réunis au CNRS le 21 Octobre 1997, quelques principes simples ont fait l'objet d'un large assentiment et sont proposés à la Direction du CNRS pour leur mise en oeuvre. Il est en effet rappelé que la décision d'affectation revient à la Direction du CNRS. Voici ces principes :

  • Il est considéré comme hautement souhaitable que les jeunes recrutés comme CR2 au CNRS passent au moins 4 ans à partir de leur thèse en dehors de leur laboratoire de formation (c'est-à-dire le laboratoire où ils ont passé leur thèse).

  • En conséquence, la section demandera à la Direction du CNRS de privilégier, parmi les souhaits de chaque candidat, une affectation dans un laboratoire différent de celui de formation, en adéquation avec son projet de recherche. Dans de très rares exceptions, un séjour postdoctoral de deux ans pourrait être considéré comme suffisant.

  • Au bout de 4 ans, dont pourront être défalquées les années passées en post doc dans un laboratoire différent du laboratoire de formation avant le recrutement au CNRS, (mais en tout état de cause, au plus tôt à l'issue de son stage réglementaire de 18 mois), le jeune CR2 aura la possibilité de demander son changement d'affectation et son éventuel retour dans son laboratoire de formation, en accord avec le(s) directeur(s) concernés.

J'ai la profonde conviction que ces règles, appliquées de manière cohérente et dans la durée,  amélioreront très sensiblement la facon de travailler de notre communauté.

Jean Bernard Zuber, président de la section 02 du Comité National.