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Dernière modification : Thursday, October, 8, 1998
Un autre regard...
Cette rubrique est une tribune que nous souhaitons ouverte à d'autres regards sur les sujets qui seront traités dans ce cyber-magazine.Pour ce numéro, l'ARDP de Rouen se présente. Nous publions aussi une lettre ouverte de cette association sur le problème des emplois jeunes docteurs en IUFM récemment mis en place par le ministère de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie.
Page blanche à : l'ARDP de Rouen, afin qu'elle se présente... Nous aimerions pointer vers une association différente à chaque numéro du Mag.
L'Association Rouennaise des Doctorants en Physique est une association de type Loi 1901 qui a été créée le 27 octobre 1997. Sa déclaration a fait l'objet d'une parution dans le Journal Officiel du 22 novembre 1997. Nous faisons partie, au même titre que l'AJPM de Montpellier et Dphy de Caen, des associations de jeunes physiciens qui collaborent avec la Société Française de Physique (SFP).
L'association a pour objet de représenter les doctorants, de défendre leurs intérêts, de dynamiser et de promouvoir la formation par la recherche afin d'aider leur insertion dans la vie active.
Une participation active des doctorants en physique a permis de mener plusieurs actions :
1 - Diffusion d'informations relatives au 3e cycle par l'intermédiaire d'un bulletin électronique quasi-hebdomadaire
2 - organisations de séminaires sur les doctoriales et l'insertion professionnelle
3 - Réalisation d'un guide du doctorant regroupant des informations pratiques sur les différentes bourses de thèse, les vacations, les postes d'ATER, les Post-docs, le monitorat, ...
4 - Rédaction d'un annuaire des docteurs en physique de Rouen.
5 - Participation à un groupe de réflexion national sur la thèse. Ce groupe, réuni par la Société Française de Physique, est constitué d'universitaires, d'industriels, de représentants de PME-PMI, d'associations de doctorants et de l'association Bernard Gregory. Il se réunira une fois par mois à Paris de décembre 1997 à juin 1998 et présentera au ministère des propositions pour une réforme de la thèse.
7 - Participation à l'organisation des Doctoriales de Normandie 1998.
8 - Participation à l'exposition de Physique organisée par la SFP du 15 au 17 septembre 1998 à Paris Expo - Porte de Versailles. L'ARDP a partagé une partie du stand de la SFP avec d'autres associations (AJPM, DPHY) afin de faire un point jeunes physiciens.
D'autres projets sont en cours, comme l'élaboration d'une plaquette. Son but est de créer un climat de confiance avec les industriels en leur présentant ce qu'est un docteur et quelles sont ses compétences, notamment dans dans le cadre de la gestion de projets innovants.
Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez consulter notre page Web : http://www.crihan.fr/ARDP ou nous écrire: ardp@univ-rouen.fr.
Afin de compléter le dossier de ce numéro, nous avons souhaité ouvrir nos cyber-colonnes à d'autres personnes ou groupes de réflexion qui se sont penchés sur le problème de l'insertion des docteurs..La présente rubrique s'enrichira au fil des semaines de nouvelles contributions que nous pourrons collecter. Bien entendu, les opinions qui sont exprimées ici ne sauraient engager que leurs auteurs, et pas la Guilde des Doctorants.
Nous publions ici une lettre ouverte de l'ARDP au ministre concernant les emplois jeunes pour docteurs en IUFM récemment mis en place par le ministère de l'Education Nationale et de la Recherche.
Cette lettre est intéressante car c'est le premier exemple de réaction de terrain à ces emplois jeunes. Et cette réaction n'est pas très favorable. Elle soulève aussi un problème de fond, qui est celui de la perception de ces emplois par les personnes concernés. Voir aussi notre article d'actualité dans le présent numéro du Mag.
Enfn, cela pose aussi le problème des personnels qui doivent développer les nouvelles technologies de l'information dans les établissements publics : quels doivent être leur situation et leur statut ? Ce que nous voyons se dessiner, c'est l'introduction de personnels non-fonctionnaires dans les établissements publics. Mais, en admettant que pour certains métiers, cela soit une solution intéressante du fait du renouvellement des personnels que cela induit; dans quelles conditions cette introduction doit-elle se faire ? Nous rejoignons là un débat considérablement plus vaste. Vos réactions et commentaires sont les bienvenus.
Versions imprimables (présentation de l'association & lettre ouverte) :
[ Word 97 PC ] [ Word 95 PC ] [ Word 5 Mac ] [ RTF ] [ Postscript ] Réaction de l'ARDP face aux emplois jeunes docteurs dans les IUFM
En juin dernier, L'ARDP a souhaité réagir suite à la proposition du ministère de l'éducation de la recherche et de la technologie de créer des emplois jeunes pour docteurs dans les IUFM. Cette réaction s'est traduite par un communiqué de presse et par une lettre ouverte adressée à Monsieur le Ministre Claude Allègre, que vous pouvez consulter ci-dessous.
Cette lettre ouverte a été également adressée à tous les députés de la Seine Maritime et de l'Eure. Bon nombre d'entre eux ont témoigné de leur soutien et ont personnellement interpellé le ministre Monsieur Claude Allegre. Ce mouvement s'est finalement traduit par une question au gouvernement posée par Monsieur le Député P. Herr, qui est parue au journal officiel du 3 Août 1998.
Le texte de la lettre
Monsieur le Ministre,
Nous avons appris que le ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie s'apprête à recruter une première vague de 200 jeunes docteurs (de moins de trente ans) dans les IUFM. Leur mission, pour une durée maximale de cinq ans, est d'adapter les nouvelles technologies à la pédagogie et de familiariser les futurs enseignants à ces innovations.
Nous sommes stupéfaits et révoltés que vous puissiez proposer pareils emplois à des docteurs. Quelles perspectives leur offrez vous ? Quelle image donnez-vous de la formation par la recherche ? Vous qui investissez dans cette formation en allouant aux doctorants des allocations de recherche, comment pouvez-vous leur proposer des emplois qui compromettent fortement leur avenir ? Ces emplois jeunes pour docteur ne peuvent être valorisés pour une future recherche d'emploi. Coupés de toutes activités de recherche durant cinq ans, comment les jeunes docteurs pourront ils postuler sur des postes d'enseignants-chercheurs dans les universités ou intégrer les organismes de recherches publics et privés ? surtout à 35 ans ?
Il est vrai que l'insertion des docteurs est de nos jours difficile. Le nombre de docteurs formés par an a doublé entre 1986 et 1990. Depuis, le flux de jeunes diplômés ne semble pas diminuer. Malheureusement, la dégradation de l'embauche dans le secteur public laisse présager que 60 % des docteurs devront trouver un emploi ailleurs. De fait, un grand nombre de docteurs se retrouvent dans des situations précaires (ATER, post-doc), d'autres s'expatrient ou se tournent vers l'administration et l'enseignement secondaire. Plus grave, certains sont sans emploi. En proposant ces emplois jeunes aux docteurs, vous ne faites que reporter et augmenter le problème de la précarité de l'emploi qui touche près de 40 % des docteurs.
Depuis le début de l'année, le gouvernement a engagé une politique ambitieuse d'innovation afin que la France puisse combler son retard dans les nouvelles technologies. Le renforcement du couplage recherche-industrie doit constituer la priorité d'une nouvelle politique technologique. Le rapport de Monsieur Henri Guillaume ainsi que les assises de l'innovation sont là pour en témoigner. La formation par la recherche, parce qu'elle apprend la rigueur, l'anticipation, la gestion de l'incertitude, la prise de décision, l'acquisition d'une méthode, nous amène à penser que les docteurs disposent d'un potentiel réel en matière d'innovation. Encore faut il que ce potentiel puisse s'exprimer ! Nous ne pensons pas que ces emplois jeunes pour docteurs le permettent, même si durant le contrat, il leur est prévu du temps pour qu'ils effectuent du consulting en entreprise.
Cette mission d'intégrer les nouvelles technologies dans l'enseignement secondaire doit bien évidemment se faire par l'intermédiaire des IUFM. Cela requiert la création de postes d'enseignants-chercheurs et non pas celle d'emplois précaires qui dévalorisent notre formation et qui mettent en péril notre future insertion professionnelle. Nous souhaitons, à présent, que le ministère se soucie davantage de l'avenir des docteurs dans l'intérêt de notre pays.
En vous remerciant par avance de l'intérêt que vous allez porter aux propos tenus dans cette lettre ouverte, nous vous assurons de notre participation en vue d'améliorer la situation des jeunes docteurs. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l'expression de nos respectueuses salutations.
Les docteurs et doctorants en physique
membres de l'ARDP.
Les étudiants membres de Campus Actif
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