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Dernière modification : Thursday, October, 8, 1998


l'Éditorial

Trois ans, quatre mois et 13 jours...

C'est pour moi un plaisir que de voir l'avènement de la "Charte des Thèses", cette idée sortie d'Internet sous le nom de "Contrat de Thèse" (CdT pour les intimes) au printemps 1995. Au delà de ce qu'elle apportera sur le terrain, c'est un signe extrêmement encourageant pour tous ceux et celles qui ne se satisfont pas des choses telles qu'elles sont.

Élaboré dans ce qui restera un des premiers brainstorming politiques dans le cyber-espace, ce concept a été patiemment finalisé pendant plusieurs mois, confronté avec pragmatisme et volonté aux réactions du terrain. Il en est ressorti une proposition réaliste mais ambitieuse. Dans une société que tout le monde dit bloquée, cette idée vient d'être inscrite dans les textes exactement trois ans, quatre mois et treize jours après la publication du rapport Hotdocs.

Entre temps, une alternance s'est produite au parlement, et la propostion de "Contrat de thèse" a été reçue favorablement, souvent pour des raisons similaires, par les deux équipes. Ce succès relativement rapide est un signe d'espoir absolument remarquable dans cette période de désaffection de la politique. J'espère que tous ceux et celles qui pensent que "rien ne peut changer" et qu'il ne sert à rien de s'investir dans une action collective trouveront là une occasion de réfléchir à la notion de citoyenneté et de participation.

Au delà de l'avancée que représente la publication de l'arrêté de Claude Allègre imposant la mise en place d'une Charte des Thèses dans chaque établissement, le point important est de savoir ce que les doctorants présents et surtout futurs vont en faire. D'ici quelques années, la quasi-totalité des concepteurs du CdT et de ceux qui l'ont négocié avec l'équipe de Cl. Allègre seront partis vers d'autres horizons et d'autres préoccupations. Que deviendra alors cet "acquis social" ? Sera-t-il absorbé et perdu dans les steppes de l'inertie universitaire ou donnera-t-il naissance à une nouvelle génération de doctorants, moins infantilisés et collés à la paillasse mais plus conscients de leurs droits et devoirs, et par là même plus "professionnels" ?

Je suis convaincu que cela dépendra crucialement des doctorants et de leur motivation à faire vivre ce dispositif. C'est pour faire partager encore une fois l'"esprit du CdT", et transmettre aux nouveaux doctorants les raisons qui nous ont fait militer pour ce concept dont ils vont bénéficier que nous avons composé ce numéro spécial CdT du Magazine de la Guilde. Il a été écrit en collaboration avec la Confédération des Etudiants-Chercheurs (CEC) et grâce à plusieurs contributions extérieures, que nous remercions sincèrement.

Nous souhaitons que ce numéro permette à ceux et celles qui n'ont pas participé aux temps "héroiques" de la conception du CdT de découvrir en quoi celui-ci peut changer positivement leurs conditions de travail. La référence absolue est bien sur le site Contrat de Thèse, maintenu par la Guilde et la CEC. Ce site, considérablement remodelé durant l'automne 1998, présente les motivations du CdT, et ses potentialités. Des exemples de mise en application de "Contrats" ou de "Chartes" sont exposés. Enfin, il explique également comment participer à la négociation d'une "Charte" des Thèses. Je vous conseille de lire le présent Mag comme une sorte de "guide touristique" vers le site du CdT.

J'espère que vous en tirerez l'envie de faire vivre cette belle idée qui introduit du "droit" là où régnaient trop souvent sous-entendus et rapports de force, pour ne pas dire de domination. Last but not least, n'oublions pas que ce qui est acquis ne l'est jamais éternellement : votre avenir sera ce que vous en ferez.

Pascal Degiovanni, président de la Guilde des Doctorants.

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