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Dernière modification : Thursday, July, 2, 1998
l'Éditorial
À la suite des élections législatives, et à en croire certains, cette rentrée universitaire se devait de marquer une rupture en matière d'Enseignement Supérieur et de Recherche. Comme le nouveau ministre l'avait annoncé à moultes reprises, la question de l'emploi des jeunes formés par la recherche serait au coeur des préoccupations du nouveau ministère. Cette rupture induite par les élections anticipées de 1997 promettait d'être d'autant plus intéressante que, est-t-il besoin de le rappeler, les doctorants et surtout les post-doctorants d'aujourd'hui sont en un sens les "enfants" du ministère Jospin-Allègre du gouvernement Rocard, qui avait décidé du doublement du nombre de docteurs lors de tables rondes en 1989.
Par ailleurs, le travail entamé en 1995 et visant à améliorer les conditions de déroulement des formations doctorales, tant au niveau encadrement, que sur le statut social et la préparation à l'insertion professionnelle, a commencé à porter ses fruits : le concept de "Contrat de Thèse", défini dans le Rapport HotDocs et repris par la Confédération des Étudiants Chercheurs (CEC) a trouvé un écho dans les projets de "Charte" ou de "Convention" des thèses discutés au ministère depuis Mai 1997 (initié sous F. Bayrou et continué sous C. Allègre). Dans la continuation des États Généraux lancés par F. Bayrou, l'Académie des Sciences a mis sur pied une commission sur "L'avenir des docteurs universitaires" à laquelle la CEC a participé.
C'est dans ce contexte, globalement porteur d'espoirs, que nous avons décidé de lancer ce cyber-magazine, afin de faire le point sur l'actualité concernant les formations par la Recherche, mais aussi l'Enseignement Supérieur, la Recherche et l'Innovation. Complémentaire du Journal Virtuel des Thésards, son originalité est d'impliquer fortement ses lecteurs dans sa rédaction : abonnés des listes HotDocs, membres d'associations de doctorants, chercheurs, industriels. Il s'agit aussi de contribuer au partage du fond documentaire accumulé depuis deux ans par les anciens du rapport HotDocs et du groupe Action-HotDocs. Ainsi, nous espérons contribuer à la mutualisation des idées entre associations et individus.
Chaque numéro de ce magazine, dont la periodicité n'est pas encore fixée, sera centré sur un sujet précis. Sur chaque sujet, des appels à contributions seront lancés, et vous serez invités à contribuer au contenu du magazine. Évidemment, ce premier numéro est un peu spécial car c'est le premier, et il est profondément expérimental. De plus, pour lancer le concept, il a été élaboré à partir d'un fond en partie existant au niveau du groupe Action-HotDocs, ce qui peut lui donner une allure un peu "sortie de chapeau". Enfin, il s'appuie sur une actualité qui touche particulièrement les doctorants, hélas dans le mauvais sens.
En effet, force est de constater que le budget 1998 n'a pas été à la hauteur de nos espérances : si l'on note un certain effort en termes de créations de postes d'enseignants chercheurs, on remarque aussi la présence de 1200 PRAGS. Comme nous le rappelons dans notre dossier statistique, c'est plus qu'en 1996, lorsque F. Bayrou, pris en tenaille entre des contraintes budgétaires particulièrement serrées, et une pression étudiante sans équivalent depuis 1987, créa 1000 postes de PRAG dans le cadre d'un plan d'urgence. Cette mesure n'avait pas été sans entraîner des réactions : en partie, la CEC est issue du "kilo-PRAG" de 1996. Mais au delà de cette anecdote, nombre de débats ont eu lieu depuis début 1996 sur les missions de l'enseignement supérieur, la dualité enseignement-recherche, et les métiers universitaires. Malheureusement, nous constatons que la question des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche n'a toujours pas fait l'objet d'une réflexion étendue. Les équipes se succèdent, mais les mêmes erreurs se répètent. C'est pourquoi nous avons choisi de consacrer ce premier numéro à la question PRAG, et plus généralement au problème des personnels enseignants (et chercheurs) de l'enseignement supérieur.
Par ailleurs, le Magazine contient plusieurs autres rubriques, dont la liste n'est pas vraiment fixée ni définitive. Informations pratiques, administratives, vie des associations et même des mots croisés en Java. Nous avons aussi voulu donner la parole à d'autres groupes qui travaillent sur l'enseignement supérieur, la recherche et les formations doctorales grâce à une rubrique intitulée "Un autre regard". Encore une fois, c'est à vous de faire vivre ces rubriques en suggérant des thèmes ou de nouvelles idées, en proposant des articles et des interviews, ou en réagissant aux précédents numéros.
Pascal Degiovanni, président de la Guilde des Doctorants.