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Guide du doctorant : mode d'emploi

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3 Comment enseigner (avec une thèse) ?

3.1 Pourquoi préparer un concours d’enseignement ?

3.1.1 Enseigner : une vocation...

Il faut être conscient du fait que ces concours sont des concours de recrutement. Le choix de préparer un concours d’enseignement doit être le plus possible commandé par sa propre vocation. Il n’est pas inutile de rappeler cette banalité à une époque où un certain nombre de candidats considèrent la préparation à de tels concours comme l’aboutissement naturel de leur cursus scolaire (quatrième année d’Ecole Normale Supérieure par exemple). L’Agrégation ou le CAPES servent dans ce cas de roue de secours de luxe si la situation en recherche s’avère mal engagée au terme de la thèse ou d’études post-doctorales. Il en résulte un paradoxe un peu inquiétant : les meilleures places de ces concours, et en particulier de l’Agrégation, se trouvent finalement occupées par des personnes parfois moins motivées mais mieux préparées que les candidats universitaires motivés mais n’ayant pas pu accéder à une Ecole Normale Supérieure et ne jouissant donc pas des mêmes moyens.

Interrogeons-nous désormais sur l’expression ¡¡ avoir la vocation d’enseigner ¿¿ . L’enseignement est avant toute chose une expérience humaine à accomplir dans le désir de guider et d’aider l’autre : c’est un état d’esprit. De nombreux facteurs peuvent inciter un étudiant à choisir le métier d’enseignant. En particulier, il est souvent tentant de vouloir tenir le même rôle que celui de professeurs qui ont marqué notre parcours scolaire par un subtil mélange d’enthousiasme, de fermeté et de disponibilité. A ce niveau, une mise en garde est nécessaire. Vouloir imiter, dix ans après, le professeur génial de seconde enseignant dans un ¡¡ bon ¿¿ lycée, c’est à dire un lycée épargné des réels problèmes de discipline que vous risquez en revanche de cotoyer de très près, peut s’avérer être une expérience décevante. En effet, en dix ans le comportement de l’élève typique a évolué et les problèmes de discipline au cœur d’un établissement ne sont plus les mêmes. Ils ne correspondent pas à l’instantané que vous aviez pris quand vous étiez lycéens. Choisir de préparer un concours d’enseignement, c’est aussi envisager d’être muté à 25 ans dans une zone sensible (Seine Saint-Denis, quartiers Nord de Marseille...). De ce décalage entre la réalité et la situation idéalisée de l’enseignement que vous pouvez avoir résultera une frustration néfaste pour vous et vos élèves si vous n’avez pas suffisamment réfléchi au préalable à la dimension humaine du métier d’enseignant.

3.1.2 Ce que peut apporter une préparation aux concours

Une préparation sérieuse à l’Agrégation ou au CAPES, même si elle n’est pas courronnée de succès, demeure une étape importante dans la carrière de quiconque se destine à enseigner, que ce soit en lycée ou à l’Université. Elle est le lieu de la synthèse d’un certain nombre de concepts imparfaitement maitrisés par l’étudiant typique au sortir du premier cycle ou de classes préparatoires. Ce travail de réflexion sur les fondements de sa discipline pourra certainement aider le futur jeune Maître de Conférences à mieux appréhender sa charge d’enseignement. La préparation à l’Agrégation ou au CAPES est l’endroit et l’occasion de faire cet apprentissage car elle permet de mettre le doigt sur certains points subtils qui nécessitent un soin pédagogique particulier et d’ainsi savoir expliquer les soit-disantes ¡¡ évidences ¿¿. C’est en tout cas le cas pour les Sciences exactes où le programme d’Agrégation est une liste de leçons et de montages de niveau premier cycle universitaire. Dans le cas des Sciences expérimentales (Physique , Chimie, Biologie), cela permet aussi de développer un savoir-faire expérimental couvrant la totalité du programme de premier cycle. Cela peut aider le futur Maître de Conférences lors d’encadrement de Travaux Pratiques en DEUG ou Licence. De plus, la préparation à de tels concours permet de développer une connaissance précise de la bibliographie (assez faible au sortir de la Maîtrise) que vous serez en mesure de communiquer à vos futurs étudiants. Une bonne préparation d’un concours de l’enseignement apporte donc un savoir important, une bonne culture générale et une connaissance assez précise de sa discipline. Remarquons que la préparation et la réussite sont deux notions différentes. En particulier, le cas, certes assez rare, d’une reussite à l’Agrégation pendant une année de DEA ou de thèse demeure assez pauvre en tant qu’expérience pédagogique.

Un des objectifs du monitorat (se reporter au paragraphe concerné) est de former de futurs Maîtres de Conférences compétents du point de vue de l’enseignement. Cette formule ne sera pleinement efficace que dans le cas où une année entière aura été consacrée à une réflexion sur sa discipline. La préparation d’un concours d’enseignement peut être l’occasion d’effectuer cette reflexion. C’est aussi l’occasion d’une première approche de la pédagogie, même s’il faut distinguer encore une fois les Sciences exactes des Sciences humaines. Les épreuves du concours peuvent en effet être assez proches de la situation réelle en Sciences exactes puisqu’il s’agit de faire une leçon sur un point très précis du programme de lycée ou de DEUG. En Sciences humaines en revanche, l’aspect pédagogique se trouve, semble t-il, largement masqué par l’aspect purement érudition. Ceci refléte également une perception différente du statut d’agrégé au sein des différentes disciplines : la conscience de corps étant davantage marquée au sein des Sciences humaines que des Sciences exactes. L’accession à un poste de Maître de Conférences suppose en pratique le statut d’agrégé pour les Sciences humaines, mais pas du tout pour les Sciences exactes.

Par l’entrainement à l’oral, la préparation d’un concours d’enseignement est également cencée forger des qualités minimales requises pour tout enseignant : organisation d’un tableau, clarté d’expression, précision du langage et du message que l’on veut faire passer. Un vrai travail sur soi doit souvent être fait pour accéder à ses qualités. Pour quelqu’un ayant des difficultés à parler devant un auditoire, présenter une leçon devant un amphithéatre rempli d’agrégatifs est un moment difficile à passer mais cela reste une expérience très formatrice pour un futur enseignant. La préparation à un concours d’enseignement apprend aussi la modestie. Elle montre clairement qu’il faut savoir éviter d’aborder un point qui n’est pas bien maitrisé pour ne pas s’exposer à des questions embarrassantes qui peuvent aller jusqu’à jeter le discrédit sur l’enseignant auprès d’un auditoire d’étudiants. Le public étudiant de DEUG est un public exigeant à juste titre et n’hésite pas, par le biais du bouche à oreille, à deserter au bout de quelques semaines une salle de TD, s’il estime que le TD-man ne répond pas correctement à ses questions. Mieux vaut faire moins compliqué mais mieux expliqué !

3.1.3 Les difficultés d’adaptation face à une situation réelle

Le but d’une préparation au concours est de former un bon enseignant destiné lui même à former de brillants étudiants. En quelle mesure cet objectif est-il atteint ? Qu’est-ce qu’un bon enseignant ?

Comme nous l’avons souligné plus haut, la préparation d’un concours de l’enseignement fournit au futur enseignant un savoir complet sur sa matière et l’aide à construire un édifice cimenté par la connaissance livresque et rendu cohérent par le reseau de liens connectant les différents concepts internes à sa discipline. Les méthodes utilisées pour y parvenir sont aussi bien théoriques qu’expérimentales. S’il est indéniable que ce type de préparation est bénéfique pour quiconque prétend à l’érudition, l’est-t-elle réellement pour le futur enseignant et de quelle façon indirecte l’étudiant de collège, de lycée ou de DEUG profitera-t-il de cette préparation ? Dans l’état actuel des choses, la préparation aux concours prépare à réussir le concours mais n’est pas une préparation à enseigner. Cette préparation n’est pas suffisamment corrélée avec le niveau de compréhension des étudiants. Elle est même presque complètement décorrélées en Sciences humaines. Dans ce dernier cas, le mode de sélection ne sanctionne quasiment que le degré d’érudition des candidats, les qualités pédagogiques entrant très peu en compte dans les résultats, ce qui est discutable pour un concours visant à recruter de futurs enseignants. Il en résulte de plus une inadaptation criante entre le niveau d’érudition recquis à l’Agrégation et les directives du Ministère visant à renforcer l’aspect pédagogique du métier d’enseignant. Dans tous les cas, une année d’IUFM a du mal à combler le manque de préparation à la pédagogie, d’autant que cette dernière est simultanée à la première prise de fonction alors qu’il serait nécessaire qu’elle soit antérieure ! De plus, il existe un manque de communication évident entre le secondaire et le milieu universitaire, en particulier dans les Sciences humaines, et ce manque de communication a tendance à s’accentuer gravement depuis quelques années. Le secondaire s’adapte en effet tant bien que mal aux exigences de la société tandis que le milieu universitaire s’y refuse par crainte d’une baisse du niveau des concours d’enseignement.

3.2 Descriptif des concours d’enseignement

3.2.1 L’Agrégation

Diplômes recquis

Pour présenter le concours de l’Agrégation, il faut remplir une des conditions suivantes :

  • Avoir une Maîtrise. La discipline ne doit pas nécessairement être identique à celle choisie pour l’Agrégation : typiquement, on peut avoir une Maîtrise de physique et désirer passer l’Agrégation de mathématiques ou inversement.
  • Avoir une Licence, à condition d’être aussi titulaire du CAPES.
  • Avoir un diplôme d’ingénieur.

Deux types d’Agrégation existent : l’Agrégation externe décrite ici et l’Agrégation interne préparée par des professeurs certifiés, i.e. diplômés du CAPES, et en activité depuis au moins 5 ans.

Quelques statistiques

Quelle que soit la discipline préparée, le taux d’admis est d’environ 10% du total des candidats, c’est-à-dire du total des inscrits qui ont au moins passés UNE épreuve. Pour donner une idée seuls 2/3 des candidats assistent à toutes les épreuves. Attention, ces chiffres ne sont que des moyennes sur les différentes disciplines. Ils cachent la très grande sélectivité de certaines disciplines telles que l’Histoire (3% d’admis), la Chimie ou les Lettres Modernes (6%). Pour plus de précisions sur ces statistiques, nous conseillons au lecteur de consulter le rapport de jury relatif à leur discipline.

Déroulement du Concours

L’Agrégation fonctionne suivant le principe admissibilité puis admission. Les épreuves écrites ont lieu début avril, les épreuves orales en juin/juillet. Suivant les disciplines, le concours présente des formes assez différentes. En Sciences humaines, le programme de l’Agrégation change chaque année partiellement (c’est le cas pour l’Histoire, et pour la Géographie par exemple) voire complètement (c’est le cas pour les Lettres classiques, les Lettres modernes, la Grammaire etc...). En revanche, le programme relatif aux Sciences exactes (Mathématiques, Physique, Chimie...) est en général reconduit d’une année sur l’autre, à quelques modifications près. Il est donc plus facile de se préparer sur plusieurs années comme nous le verrons dans le troisième paragraphe.

Pour plus de détails sur les programmes relatifs à chacune des disciplines, on pourra consulter le serveur du ministère de l’éducation nationale dont l’adresse (au 8 aout 2000) est :

Remarque : le serveur est assez incomplet en ce qui concerne les Sciences exactes. Pour connaître plus précisément les programmes, on pourra consulter les rapports de jury publiés chaque année. Ces rapports contiennent les sujets non corrigés de l’année précédente, les remarques et conseils du jury, quelques statistiques ainsi que la liste des leçons, montages... La lecture des rapports de jury est à recommander à tout candidat. Ils sont en principe disponibles dans n’importe quelle bibliothèque universitaire ou dans n’importe quel CRDP (Centre de Recherche de Documentation Pédagogique) mais dans ce dernier cas ils sont payants (de l’ordre de 60 FF).

3.3 Quand préparer l’Agrégation ?

Pour répondre à cette question, plusieurs cas sont à envisager selon la position de l’intéréssé dans son cursus scolaire. Pour décider quand passer l’Agrégation, il faut savoir qu’en cas de réussite au concours, une seule année de report de stage est accordée. Cela signifie que le stage de validation doit être effectué dans les deux ans suivant la réussite au concours. Un monitorat permet de valider l’Agrégation, et il est beaucoup plus facile d’obtenir un monitorat quand on a l’Agrégation. Il faut également savoir que dès lors de son accession dans le Corps de Maîtres de Conférences, toute personne titulaire de l’Agrégation est automatiquement radié du Corps des Agrégés. En fait, l’Agrégation n’est pas utile pour devenir Maître de Conférences sauf pour les Sciences humaines où par tradition, il est pratiquement impossible d’obtenir un monitorat ou un poste à l’université sans avoir l’Agrégation.

Cas de la personne ayant terminé son doctorat, voire des études post-doctorales

Ce cas est le plus simple à envisager (mais aussi le plus rare) puisque le problème d’intercaler la préparation à un concours ne se pose pas ici, celui-ci apparaissant comme l’aboutissement du ¡¡ parcours scolaire ¿¿. Ce type de situation, si simple soit-il, peut s’avérer dangereux. En effet, si le fait d’avoir fait une thèse, pour peu qu’elle touche à certains sujets susceptibles d’être en rapport avec le programme d’Agrégation, demeure un réel atout (plus grande maturité que le candidat fraichement sorti de sa Maîtrise), il faut néanmoins se rendre à l’évidence que le concours reste un exercice scolaire qui doit être préparé comme tel (au moins en partie...). Si la scolarité typique jusqu’en Maîtrise encourage ce type de préparation via le rythme des examens, trois ans ou plus de rupture avec ce type de système peut être handicapant voire néfaste s’il n’y a pas eu de prise de conscience de cette difficulté par le candidat tôt dans l’année de préparation. En revanche, en cas de réussite au concours de l’Agrégation, le profil de l’Agrégé-Docteur est semble-t-il très séduisant pour l’obtention d’un poste en Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles, même si le classement à l’Agrégation n’est pas excellent...

3.3.1 Positionnement du DEA par rapport à la préparation du Concours

Le DEA avant l’Agrégation

Faut-il faire son DEA avant ou après la préparation à un concours d’enseignement ? Tout dépend du DEA. Si celui-ci est suffisamment généraliste, c’est-à-dire s’il permet d’approfondir plusieurs points importants du programme d’Agrégation, il peut être très avantageux de faire son DEA avant l’Agrégation. De plus, dans les disciplines telles que les Sciences exactes où le programme varie peu d’une année sur l’autre, et du fait du faible volume horaire, il est souvent possible de commencer à préparer l’Agrégation pendant son année de DEA. On peut par exemple donner des ¡¡ colles ¿¿ ce qui permet de dégrossir considérablement le travail ou de préparer les épreuves ¡¡ techniques ¿¿ (thème et version grecque et latine pour les Lettres Classiques). À chacun de trouver ce qui peut être fait en fonction de sa discipline...

Il existe bien-entendu plusieurs contre-parties à ce type de cursus coupant le DEA du Doctorat. La première, évidente, sera pour le doctorant une mise en route sensiblement plus longue que dans le cas traditionnel où le doctorat est dans la continuité du DEA car les techniques apprises en DEA apparaîtront un peu plus lointaines. Un deuxième travers, plus génant car plus complexe à controler pour l’étudiant, doit aussi être signalé. C’est celui de trouver et de concrétiser un projet de thèse. A ce stade, il faut se mettre à la place du directeur de thèse potentiel. Il n’est pas du tout sûr qu’il vous attende un an. Il faut lui soumettre votre souhait de passer l’Agrégation l’année suivante dès le choix de votre stage de DEA afin de le prévenir le plus tôt possible pour que la situation soit très claire pour tout le monde !!! Il faut bien se rendre compte que la recherche d’une thèse pendant l’année de concours est une affaire très délicate à gérer car elle déconcentre le candidat en lui rajoutant un souci supplémentaire. Ce soucis est d’autant plus difficilement surmontable qu’il intervient pendant la période critique de préparation des oraux (mai/juin). Il faut que la thèse soit conclue (au moins une promesse morale entre le directeur et l’étudiant) en septembre de l’année de préparation au concours. Mais même dans ce cas, la situation demeure instable en pratique. En effet, le directeur de thèse potentiel peut ne pas tenir son engagement; il peut y avoir des problèmes d’obtention d’une allocation de recherche si le laboratoire de thèse est convoité par de nouveaux étudiants en stage de DEA; enfin, si tout se passe bien, il faudra encore trouver un monitorat pendant l’été sous peine de ne pas pouvoir valider l’Agrégation par le stage pratique. Cette dernière difficulté n’est pas insurmontable mais elle rajoute un stress après une année de préparation à l’Agrégation déjà chargée. Passer l’Agrégation aprés son DEA peut donc faciliter la réussite au concours mais rendra la réalisation de votre projet de thèse plus compliquée.

Le DEA après l’Agrégation

Passer l’Agrégation dans la continuité de la Maîtrise est de loin la situation la plus fréquente. Elle présente trois avantages non négligeables et deux inconvénients. Le défaut majeur (qui n’est souvent pas un réel problème) par rapport aux deux situations déjà mentionnées ci-dessus est le relatif manque de recul qui ne condamne en rien les chances au concours : si le programme des deux premiers cycles est bien maitrisé, le recul d’un DEA ou d’une thèse est un plus mais rien d’autre... Le deuxième inconvénient mineur est qu’une fois l’Agrégation réussie, vous n’avez plus qu’un an (report de stage) pour obtenir votre DEA et trouver un thèse et un monitorat. Le premier avantage déjà évoquée plus haut est qu’elle situe clairement l’Agrégation comme une synthèse des deux premiers cycles universitaires. On reprend tout ce qui a été vu et on approfondit. Le deuxième avantage de cette situation intervient en cas d’échec au concours. Alors que la rupture entre DEA et thèse ne peut concrètement pas dépasser un an à moins de tirer un trait sur la thèse, il n’est pas du tout génant dans son cursus de passer l’Agrégation plusieurs fois et de faire son DEA ensuite. Le troisième avantage est de garder la thèse dans la continuité du DEA ce qui évite les désagréments mentionnés ci-dessus pour la concrétisation de votre projet de thèse. En conclusion, si vous maîtrisez bien le programme de DEUG, Licence et Maîtrise, c’est le meilleur moment pour passer l’Agrégation. Mais si vous pensez que vous avez besoin de recul, il est tout à fait possible de faire un DEA avant de passer l’Agrégation, même si cela peut compliquer la réalisation de votre projet de thèse.

BAPTISTE PORTELLI

DAMIEN JURINE, MARS 2001


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