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Guilde des doctorants

 


Guide du doctorant : mode d'emploi

Ce guide est le fruit du travail bénévole de doctorants et jeunes chercheurs. Tout comme le logiciel libre sur Internet, il a vocation à évoluer et se remettre à jour grâce à vos contributions. Si vous voulez participer, voici la description du mode de travail utilisé. Pour nous aider, pour faire une suggestion, ou si vous n'y trouvez pas une information que vous possedez et jugez utile, contactez : gdd-guide@jeunes-chercheurs.org.

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2 Guide du fonctionnaire des établissements de recherche

Rédigé par Stéphane Aymard.

Ce guide concerne ceux qui viennent d’être recrutés (ou qui le seront bientôt) dans la Fonction Publique. Il existe de nombreux statuts. J’ai choisi ici les plus courants: les postes d’ingénieurs et de chercheurs dans les organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA...), les postes d’enseignants-chercheurs dans les universités et écoles et les postes d’enseignants (parfois ”chercheurs”) dans le secondaire voire le supérieur (classes post-bac, DEUG, IUT...). Pour les principaux textes juridiques, je renvoie le lecteur à la source (cf les sites web signalés sur la Guilde) car les résumés et synthèses passent forcément sous silence certains points qui en cas de difficulté peuvent se révéler très utiles.

2.1 Qu’est-ce que la fonction publique ?

Cette première partie donne une description générale de la Fonction Publique et peut être sautée par ceux qui connaissent déjà le système. Il n’est pas inutile à connaître pour situer ou comparer le chercheur , l’ingénieur ou l’enseignant-chercheur parmi les autres fonctionnaires.

2.1.1 Les différentes fonctions publiques

Il y a en France près de 5 millions de fonctionnaires qui sont répartis dans les trois fonctions publiques régies par les statuts de la loi du 13 juillet 1983. La première, la fonction publique d’Etat regroupe 2,5 millions d’agents des administrations centrales de l’état (services centraux des ministères), des services déconcentrés (préfectures, rectorats, directions départementales...), des établissements publics d’enseignement (universités, lycées, collèges) ou des établissements publics administratifs rattachés aux différents ministères. La deuxième, la fonction publique territoriale (créée en 1984) emploie 1,5 millions d’agents des collectivités territoriales (la commune, le département, la région) et de leurs établissements publics. Enfin, la troisième, la fonction publique hospitalière (créée en 1986) emploie 850 000 agents des établissements d’hospitalisation publics, des maisons de retraite publiques; des établissements publics relevant des services départementaux de l’aide sociale à l’enfance, etc.


Les 3 fonctions publiques


Tous les agents ne sont pas fonctionnaires titulaires. Environ 10% sont contractuels. Il y a autant de femmes que d’hommes dans la fonction publique d’Etat (en comptant les militaires), mais 67% de femmes en catégorie B. Dans la fonction publique territoriale et dans la fonction publique hospitalière, il y a une plus forte proportion de femmes. Les principaux ministères employeurs pour la fonction publique d’Etat sont l’Education Nationale (52% des effectifs), la Défense (17%), l’Economie (9%), l’Intérieur (8%) et l’Equipement (5%), la Justice (3%) et l’Agriculture (2%).


Les différents ministères


2.1.2 Les catégories

Dans chacune de ces fonctions publiques, il existe trois catégories hiérarchiques, elles-mêmes constituées de plusieurs corps de métiers. La catégorie A (qui recrute au niveau licence, maîtrise, diplôme d’ingénieur ou doctorat) correspond aux emplois de direction, de conception et d’encadrement. La catégorie B (qui recrute au niveau du Baccalauréat) correspond aux emplois d’application et de rédaction. La catégorie C (qui recrute au niveau CAP/BEP) correspond aux emplois d’exécution.

Dans la fonction publique d’Etat, la catégorie A est la plus nombreuse (les deux tiers étant des enseignants). Dans les autres fonctions publiques, la catégorie C est la plus nombreuse :


Les différentes catégories par fonction publique


2.1.3 Les principaux métiers

Il existe plus d’un millier de métiers différents dans la fonction publique, dont voici les principaux :




Catégorie

Corps

Effectifs






Administrateur (civil, territorial), auditeur (Cour comptes, Conseil Etat...)

6 000



Ingénieur (de recherche, mines, ponts et chaussées, agronome, météo...)

5 000



Maître de Conférences Professeur d’Université

50 000



Professeur agrégé (lycées)

45 000



A

Chargé de recherche Directeur de recherche

17 000



Magistrat

6 000



Officier supérieur (Commandant, Lieutenant-Colonel, Colonel) Général

15 000



Médecins, pharmaciens, vétérinaires...

5 000



Attaché (d’administration, territorial)

35 000



Inspecteur (impôts, trésor, travail...)

30 000



Professeur certifié (+ écoles)

470 000



Ingénieur (d’études, travaux publics/ruraux/agricoles/eaux et forêts, territorial...)

45 000



Officier (Sous-Lieutenant, Lieutenant, Capitaine)

25 000






Infirmier

190 000



Educateur

20 000



Rédacteur territorial

40 000



Technicien

50 000



B

Secrétaire (médicale, mairie, administration)

45 000



Sous-officier (Sergent, Sergent-chef, Adjudant, Adjudant-chef, Major)

210 000



Contrôleur (trésor, impôts...)

60 000



Assistante sociale

30 000



Greffier

6 000



Lieutenant police

17 000






Gardien de la paix

100 000



Adjoint (technique, administratif)

150 000



Agent (technique, administratif, entretien, école, police)

390 000



Aide soignant

160 000



C

Ouvrier (professionnel, entretien)

140 000



Surveillant pénitencier

20 000



Sapeur

30 000



2.2 Les droits et obligations

Les fonctionnaires ont un certain nombre de droits (dont certains ont nécessité de longues négociation de la part des syndicats) mais aussi des devoirs qui sont parfois méconnus. En effet, à la différence du secteur privé, les fonctionnaires signent rarement un contrat lors de leur embauche. Ils n’ont donc, mis à part l’avis de nomination (ou de titularisation), aucun document contractuel ni convention collective de rattachement. Pour savoir à quoi ils s’engagent, il leur faut lire les textes de loi. Le premier d’entre eux est la loi du 13/07/1983 qui donne les droits et obligations des fonctionnaires. J’ai repris dans cette partie l’essentiel des droits et obligations :

2.2.1 La loi de 1983

Il existe une quinzaine de droits. Certains d’entre eux sont détaillés (pour les modalités d’application) dans des décrets dont les références sont données en bibliographie.

    Liberté d’opinion - Art. 6. - La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires. Aucune distinction ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur sexe, de leur état de santé, de leur handicap ou de leur appartenance ethnique.
  1. Non-harcèlement - Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la promotion, l’affectation et la mutation ne peut être prise à l’égard d’un fonctionnaire en prenant en considération: 1o Le fait qu’il a subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement d’un supérieur hiérarchique ou de toute personne qui, abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions, a donné des ordres, proféré des menaces, imposé des contraintes ou exercé des pressions de toute nature sur ce fonctionnaire dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers ; 2o Ou bien le fait qu’il a témoigné de tels agissements ou qu’il les a relatés.
  2. Droit syndical - Art. 8. - Le droit syndical est garanti aux fonctionnaires. Les intéressés peuvent librement créer des organisations syndicales, y adhérer et y exercer des mandats...
  3. Participation - Art. 9. - Les fonctionnaires participent, par l’intermédiaire de leurs délégués siégeant dans des organismes consultatifs, à l’organisation et au fonctionnement des services publics, à l’élaboration des règles statutaires et à l’examen des décisions individuelles relatives à leur carrière. Ils participent à la définition et à la gestion de l’action sociale, culturelle, sportive et de loisirs dont ils bénéficient ou qu’ils organisent.
  4. Droit de grève - Art. 10. - Les fonctionnaires exercent le droit de grève dans le cadre des lois qui le réglementent.
  5. Protection - Art. 11 - Les fonctionnaires bénéficient, à l’occasion de leurs fonctions, d’une protection organisée par la collectivité publique dont ils dépendent, conformément aux règles fixées par le code pénal et les lois spéciales...
  6. Sécurité de l’emploi - Art. 12. - En cas de suppression d’emploi, le fonctionnaire est affecté dans un nouvel emploi dans les conditions prévues par les dispositions statutaires régissant la fonction publique à laquelle il appartient.
  7. Accès à la notation - Art. 17. - Les notes et appréciations générales attribuées aux fonctionnaires et exprimant leur valeur professionnelle leur sont communiquées.
  8. Accès au dossier - Art. 18. - Le dossier du fonctionnaire doit comporter toutes les pièces intéressant la situation administrative de l’intéressé, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité. Il ne peut être fait état dans le dossier d’un fonctionnaire, de même que dans tout document administratif, des opinions ou des activités politiques, syndicales, religieuses ou philosophiques de l’intéressé. Tout fonctionnaire a accès à son dossier individuel dans les conditions définies par la loi. Art. 19 - Le pouvoir disciplinaire appartient à l’autorité investie du pouvoir de nomination. Le fonctionnaire à l’encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l’intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l’assistance de défenseurs de son choix...
  9. Rémunérations - Art. 20 - Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l’indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. S’y ajoutent les prestations familiales obligatoires.
  10. Congés - Art. 21. - Les fonctionnaires ont droit à : des congés annuels ; des congés de maladie ; des congés de maternité et des congés liés aux charges parentales; des congés de formation professionnelle ; des congés pour formation syndicale.
  11. Formation - Art. 22. - Le droit à la formation permanente est reconnu aux fonctionnaires. Ceux-ci peuvent être tenus de suivre des actions de formation professionnelle dans les conditions fixées par les statuts particuliers.
  12. Hygiène et sécurité - Art. 23. - Des conditions d’hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail.

Les principales obligations sont données ci-dessous. Ce sont en fait essentiellement des contraintes liées au statut de fonctionnaire.

    Conditions de recrutement - Art. 5. - Nul ne peut avoir la qualité de fonctionnaire : 1o S’il ne possède la nationalité française ; 2o S’il ne jouit de ses droits civiques ; 3o Le cas échéant, si les mentions portées au bulletin no 2 de son casier judiciaire sont incompatibles avec l’exercice des fonctions ; 4o S’il ne se trouve en position régulière au regard du code du service national ; 5o S’il ne remplit les conditions d’aptitude physique exigées pour l’exercice de la fonction.
  1. Non-cumul de fonctions - Art. 25. - Les fonctionnaires consacrent l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Les fonctionnaires ne peuvent prendre, par eux-mêmes ou par personnes interposées, dans une entreprise soumise au contrôle de l’administration à laquelle ils appartiennent ou en relation avec cette dernière, des intérêts de nature à compromettre leur indépendance.
  2. Secret professionnel - Art. 26. - Les fonctionnaires sont tenus au secret professionnel dans le cadre des règles instituées dans le code pénal. Les fonctionnaires doivent faire preuve de discrétion professionnelle pour tous les faits, informations ou documents dont ils ont connaissance dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.
  3. Information du public - Art. 27. - Les fonctionnaires ont le devoir de satisfaire aux demandes d’information du public.
  4. Obéissance - Art. 28. - Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.
  5. Sanctions - Art. 29. - Toute faute commise par un fonctionnaire dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions l’expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. Art. 30. - En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu’il s’agisse d’un manquement à ses obligations professionnelles ou d’une infraction de droit commun, l’auteur de cette faute peut être suspendu par l’autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline.
  6. Cessation de fonctions - Art. 24. - La cessation définitive de fonctions qui entraîne radiation des cadres et perte de la qualité de fonctionnaire résulte : 1o De l’admission à la retraite ; 2o De la démission régulièrement acceptée ; 3o Du licenciement ; 4o De la révocation. La perte de la nationalité française, la déchéance des droits civiques, l’interdiction par décision de justice d’exercer un emploi public et la non-intégration à l’issue d’une période de disponibilité produisent les mêmes effets.

D’autres décrets complètent ces droits et devoirs, notamment au sujet de la formation (possibilité de prendre un congé formation), des compléments de rémunération (cumuls, consultance, mais aussi intéressement financier sur les redevances issues de brevets, etc...).

2.2.2 L’action sociale

Un peu comme dans les entreprises, les fonctionnaires bénéficient de prestations données par le ”comité d’entreprise”, qui porte un nom différent. Au CNRS, par exemple, c’est le CAES (Comité d’Action et d’Entraide Sociale). Ces comités proposent en général des locations pour les vacances avec des tarifs préférentiels en fonction de l’avis d’imposition, des réductions pour les activités culturelles et sportives (médiathèque, théâtre, cinéma, piscines), des prêts (en général assez limités), des chèques vacances (avec une somme versée en complément de votre épargne, le tout étant donné sous forme de chèque), des centres de vacances pour les enfants, etc...

A côté de ces activités, vous avez comme dans le privé une visite médicale, une médecine préventive, une assistante sociale, et en général une cantine. Les droits et devoirs des fonctionnaires sont comparables à ceux du privé prévus dans le droit du travail. Par exemple, l’employeur prend en charge une partie du prix de votre ticket de cantine (s’il n’y a pas de cantine, vous pouvez avoir des ”tickets restaurant”).

Vous êtes soumis à des règles d’hygiène et de sécurité semblables à celles du privé. Vous pouvez, en principe, contacter assez facilement l’inspecteur hygiène et sécurité de votre organisme et lui poser vos questions. A titre d’exemple, vous n’avez pas le droit de déjeuner sur votre lieu de travail, ni de fumer, etc...Toutes les informations générales se trouvent dans le code du travail (voir bibliographie). La Fonction Publique dispose de quelques exceptions au code du travail qui concernent surtout la nomination des membres dans les comités représentatifs.

2.2.3 Les instances paritaires

Tous ces droits et obligations ont été négociés et peuvent être aménagés. D’autres peuvent également être introduits. Les décisions se prennent normalement de façon collégiale. C’est à dire qu’il existe un certain nombre d’instances paritaires (composées à parité de représentants de l’administration et de représentants du personnel) qui se réunissent et examinent les principaux dossiers en cours.

Le Comité Technique Paritaire (CTP) est consulté, plusieurs fois par an, par le directeur de l’Etablissement sur les questions et les projets de décisions ou de textes relatifs : aux problèmes généraux d’organisation et de fonctionnement des services, aux programmes de modernisation des méthodes et techniques de travail, et à leur incidence sur la situation des personnels, aux orientations des actions de formation et aux conditions de leur mise en œuvre, aux règles statutaires, aux critères de répartition des primes, à l’hygiène et à la sécurité, aux orientations des actions sociales et aux conditions de la mise en œuvre de celles-ci.

Les Commissions Administratives Paritaires (CAP) existent pour différents corps de fonctionnaire. Constituées, comme les CTP, pour moitié de représentants de l’administration, et pour moitié de représentants du personnel élus, les commissions administratives paritaires sont saisies pour avis préalable. Elles ont donc une vocation consultative. Les commissions administratives paritaires jouent un rôle primordial dans la carrière des agents de type ITA, IATOS... Elles sont obligatoirement consultées à toutes les étapes de leur carrière : recrutement : refus de titularisation, prolongation de stage, licenciement, déroulement de carrière : avancement de grade au choix, par sélection professionnelle, avancement d’échelon, changement de corps au choix, mutation, détachement, disponibilité, discipline et licenciement, exercice du droit syndical. De leur côté, les personnels peuvent saisir les commissions administratives paritaires sur : les problèmes relatifs au temps partiel, les refus d’autorisation d’absence, soit pour préparation d’examens ou concours administratifs, soit pour formation professionnelle, les problèmes liés aux notations, aux propositions d’avancement, le refus d’une demande de démission.

De la même façon, les universités ont des représentants dans leurs conseils d’administration (CA), Conseil Scientifique (CS) et Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU). Ces représentants sont élus dans différentes catégories : enseignants-chercheurs de rang A (professeur), de rang B, IATOS, personnels extérieurs, éventuellement étudiants.

Les syndicats sont également présents dans le milieu de la recherche et de l’enseignement supérieur. On retrouve les principaux représentants nationaux : Force Ouvrière (FO) avec le Syndicat National des Personnels de Recherche des Etablissements d’Enseignement Supérieur (SNPREES), Confédération Générale des Travailleurs (CGT), Confédération Française Des Travailleurs (CFDT) avec le SGEN (Syndicat Général de l’Education Nationale), la Confédération Générale des Cadres (CGC) avec le Syndicat National Indépendant de la Recherche Scientifique (SNIRS), ainsi que des syndicats ¡¡ indépendants ¿¿, propres à l’Education Nationale (Fédération Syndicale Unitaire - FSU ou Fédération de l’Education Nationale - FEN) ou régionaux.

2.2.4 Congés et absences

Quelle que soit la nature de votre absence, vous devez avertir votre responsable hiérarchique et l’informer de la date de votre reprise du travail. Les congés annuels Rémunérés peuvent différer d’un établissement à l’autre. Au CNRS, par exemple, ils sont fixés à 32 j ours ouvrés (2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif pour une période de fonction inférieure à un an). Le décompte des jours est fait par année civile. Les absences pour congé annuel ne peuvent excéder 31 jours consécutifs, sauf pour le personnel originaire des DOM-TOM qui bénéficie d’un ¡¡ congé bonifié ¿¿. Le report des congés annuels est possible au plus tard au 28 février de l’année qui suit.

Les congés de maternité. Pour chacun des deux premiers enfants, la mère bénéficie d’un congé rémunéré qui se décompose en six semaines de congé prénatal (huit à partir du troisième enfant) et dix semaines après la naissance. Le père peut bénéficier, lui, de trois jours dans les quinze jours entourant la naissance, ou à l’occasion d’une adoption.

Le congé parental. Non rémunéré, il est accordé de droit à l’occasion de chaque naissance ou adoption pour six mois renouvelables jusqu’à la date anniversaire des trois ans de l’enfant, à la mère, au terme du congé de maternité ou d’ adoption, et au père, après la naissance ou l’adoption d’un enfant de moins de trois ans. Le bénéficiaire perd, pendant cette période ses droits à la retraite, mais conserve (réduits de moitié) ses droits à l’avancement.

Les congés de maladie. Les agents en congé de maladie sont rémunérés pendant trois mois à plein traitement et neuf mois à demi-traitement. En cas de maladie nécessitant des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée, ou pour quelques maladies déterminées, le fonctionnaire a droit après avis du comité médical à un congé de longue maladie - rémunéré un an à plein traitement et deux ans à demi-traitement - ou de longue durée - rémunéré trois ans à plein traitement et deux ans à demi-traitement. Après un congé de longue maladie ou de longue durée, il est possible après avis du comité médical de reprendre une activité à mi-temps pour raison thérapeutique, rémunérée à plein temps. Le mi-temps thérapeutique est accordé pour une période de trois mois renouvelable dans la limite d’un an par affection ayant ouvert droit au congé.

Les agents peuvent bénéficier d’un congé rémunéré pour formation syndicale dans la limite de douze jours par an. Les fonctionnaires chargés d’un mandat syndical ont droit, à ce titre, à des dispenses d’activité de service.

Si vous êtes victime d’un accident de travail ou de service, vous percevrez l’intégralité de votre traitement jusqu’à la reprise de vos fonctions. Tous les frais médicaux sont pris en charge à 100%. Si l’accident a entraîné une invalidité égale ou supérieure à 10%, vous avez droit à une allocation temporaire d’invalidité. Sont considérés comme accidents du travail ou de service, les accidents survenus pendant le travail, au cours du trajet habituel entre le domicile et le lieu de travail ou encore pendant une mission : vous devez alors être en possession d’un ordre de mission. Tout agent du CNRS en mission, affecté, détaché, ou mis à disposition à l’étranger ou dans les DOM-TOM bénéficie d’ une garantie de rapatriement par Mondial Assistance France.

Des autorisations facultatives d’absence peuvent être accordées pour : mariage (cinq jours), décès ou maladie grave du conjoint, des père, mère, enfants, beaux-parents (trois jours), soins à un enfant malade (six jours ouvrés par an ; la durée peut être portée à douze jours si le conjoint salarié ne bénéficie pas de la même autorisation), déménagement (deux jours).

Depuis 1995, le mi-temps de droit pour une durée de trois ans, pour des raisons familiales, est institué dans la fonction publique. Par ailleurs, vous avez le droit de demander un service à temps partiel. L’autorisation d’assurer un service à temps partiel est donnée pour des périodes comprises entre six mois et un an, ou égales à deux ans ou à trois ans et peut être renouvelée dans les mêmes conditions. Vous percevrez alors une fraction de votre traitement et de vos primes proportionnelle à la durée de votre travail. Il existe deux exceptions : les agents qui travaillent à 90 % sont rémunérés à 91,4 % et ceux qui travaillent à 80 % à 85,7 %. Les périodes à temps partiel sont assimilées à des périodes de travail à temps plein pour les droits à l’avancement, la promotion et la formation. Au terme d’une période de travail à temps partiel, vous pouvez reprendre un service à temps plein.

2.2.5 Les sanctions

Comme dans le secteur privé, les fonctionnaires peuvent être sanctionnés pour faute professionnelle ou pour non-respect des devoirs énoncés ci-dessus. Ces sanctions sont classées en différentes catégories et vont du simple avertissement verbal au licenciement, en passant par les blâmes, les inscriptions sur le dossier carrière, etc...

2.3 L’environnement de travail

Quel que soit le poste que vous occupez, vous cotoyez d’autres fonctionnaires dont il est important de connaître le statut. En effet, vous pouvez être amenés dans le futur à les encadrer, voire à les noter. Il est donc utile de connaître, très sommairement leurs fonctions et leurs rôles. De la même façon, il n’est pas inutile de connaître les différents types d’établissements, avec lesquels vous aurez à collaborer.

2.3.1 Les établissements

Pour simplifier, on peut dire qu’il existe trois grands types d’établissements publics qui effectuent de la recherche : les EPCSCP (Etablissements Publics à Caractère Scientifique, Culturel et Professionnel), les EPST (Etablissements Publics à Caractère Scientifique et Technique) et les EPIC (Etablissements Publics à Caractère Industriel et Commercial). Les premiers correspondent aux universités, écoles, instituts, etc. Les deuxièmes sont des établissements publics où travaillent presque exclusivement des fonctionnaires: CNRS, INSERM, INRA...Les troisièmes sont des établissements ”mixtes” où l’on trouve aussi bien des fonctionnaires que des agents de statut privé: CIRAD, CEA... Ces établissements, comme leur nom l’indique ont en plus une vocation commerciale. En fait, ils ont surtout un contrôle financier moins important de la part de l’Etat. Le graphique de la figure 4 donne une représentation des organismes de recherche, avec la tutelle de rattachement au sein du Ministère de la Recherche, les liens avec d’autres ministères ainsi que le nombre d’agents (en milliers).


Les établissements publics


Pour finir de planter le décor, on peut citer quelques chiffres concernant la recherche en France. Le BCRD (Budget Civil de la Recherche Développement) est de l’ordre de 57 Milliards de Francs. Il comprend les salaires versés aux personnels des organismes de recherche (ce qu’on appelle, avec les crédits de fonctionnement les ”dépenses ordinaires”), soit environ 30 Milliards et les Autorisations de programmes (le reste) dont des fonds gérés directement par le Ministères : le FRT (Fonds de la Recherche Technologique et le FNS (Fonds National de la Science), chacun proche de 1 Milliard. En plus de ce BCRD, il faut comptabiliser les salaires versés aux enseignants-chercheurs des universités (une cinquantaine de Milliards) et rajouter à l’ensemble les dépenses de recherche des entreprises. Au total, on obtient la DIRD (Dépense Intérieure de Recherche Développement). En général, ce chiffre est rapporté au PIB. En France, on a une DIRD égale à 2,2% du PIB ce qui n’est pas si mal, mais en dessous des Etats-Unis ou du Japon...

Pour le nombre de personnes, on a environ 44 000 enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences), 33 000 chercheurs (CNRS, INRA, INSERM...) et 30 000 ingénieurs, auxquels il faut rajouter 12 000 PRAG, 10 000 ATER, 67 000 thésards et 30 000 techniciens et administratifs.

2.3.2 Les corps de métiers

Le personnel est divisé en catégories de métiers que l’on appelle traditionnellement ”corps”. Il y a donc des corps de chercheurs, des corps d’enseignants-chercheurs, des corps de personnels techniques ou administratif, etc...Dans chaque corps, il peut exister plusieurs grades. Par exemple, un ingénieur de recherche peut être deuxième classe, première classe ou hors classe; ce qui donne trois grades différents pour le corps des ingénieurs de recherche. Les grades les plus importants sont donnés plus loin dans la partie ”rémunérations”

Les principaux corps de métiers sont donnés ci-dessous avec leurs fonctions telles qu’elles sont décrites dans les décrets régissant les statuts :

Dans les disciplines médicales, il existe d’autres corps, notamment les chefs de clinique ou assistants des hôpitaux (docteurs qui peuvent parfois être inscrits en thèse de sciences), les praticiens hospitaliers -maîtres de conférences ou professeurs...

2.3.3 Les branches d’activité professionnelle

Ensuite, certains personnels sont regroupés dans des ”Branches d’Activité Professionnelle” (BAP). Chaque établissement a ses propres ”BAP” ce qui ne facilite rien (mais cela devrait changer dans quelques temps). Par exemple, les BAP des Universités sont les suivantes:

B.A.P No 1 - Agriculture, techniques agro-alimentaires, botanique, horticulture et espaces verts
B.A.P No 2 - Biologie, physiologie, zoologie et collections animales
B.A.P No 3 - Métiers d’appui de la physique, astronomie, géophysqiue, météorologie
B.A.P No 4 - Génie mécanique et productique
B.A.P No 5 - Electronique, électrotechnique, informatique industrielle
B.A.P No 6 - Mathématiques, statistique et informatique
B.A.P No 7 - Chimie, minéralogie, géologie, paléontologie
B.A.P No 8 - Activités médicales, paramédicales, sociales et socio-culturelles
B.A.P No 9 - Métiers d’appui des sciences humaines et sociales
B.A.P No 10 - Métiers de l’audiovisuel, imprimerie, micrographie, reprographie et édition
B.A.P No 11 - Arts graphiques et architecture
B.A.P No 12 - Information, communication et diffusion
B.A.P No 13 - Services généraux
B.A.P No 14 - Administration générale, gestion financière et comptable

Celles du CNRS sont les suivantes:

BAP I : Informatique et calcul scientifique
BAP II : Electronique, électrotechnique
BAP III : Travail des matériaux et bureau d’études
BAP IV : Information, diffusion, communication
BAP V : Gestion scientifique et technique
BAP VI : Bâtiments scientifiques et services généraux d’unités de recherche
BAP VII : Instrumentation scientifique, techniques de laboratoire, science des matériaux
BAP VIII : Techniques de la chimie
BAP IX : Techniques des sciences de la vie et des milieux naturels
BAP X : Techniques des sciences humaines et sociales

L’INRA, de l’INSERM, et les autres EPST ont également leurs propres BAP qui sont cependant moins nombreuses. Nous n’avons mentionné ci-dessus que les BAP des organismes qui couvrent toutes les disciplines.

Au sein de chaque BAP, il peut exister certaines spécialités qui se rapprochent fortement des sections du CNU par exemple. Lors d’une carrière le changement de BAP est en général assez difficile, même s’il est théoriquement possible lors d’une mutation ou d’une promotion. En fait, il peut se faire lors d’un concours interne, mais comme souvent, les membres des jurys ont une petite préférence pour les candidats issus du sérail.

2.4 Les rémunérations

2.4.1 L’indice

Tous les fonctionnaires ont un ”indice” qui correspond à leur grade. Cet indice est appelé ”Indice Nouveau Majoré” (INM) pour des raisons inintéressantes, mais il est important de le savoir pour le distinguer de ce que l’on voit parfois apparaître sous le nom d’Indice Brut et qui n’a strictement aucun intérêt. L’indice (INM) permet de calculer la rémunération annuelle brute, tout simplement en le multipliant par une valeur qui est ré-évaluée régulièrement (après négociation). Aujourd’hui, elle est égale à 335,86 F (cf Fig. 5).




au 01/12/00335,86 F


au 01/12/99334,19 F


au 01/04/99331,55 F


au 01/11/98329,90 F


au 01/04/98328,28 F


au 01/10/97325,67 F


au 01/03/97324,05 F


Valeur du point


2.4.2 Les grilles

Les rémunérations dépendent donc de l’indice associé. Chaque grade comporte plusieurs ¡¡ échelons ¿¿ qui dépendent essentiellement de l’ancienneté. Ainsi quand vous êtes recruté, vous êtes en principe au premier échelon, puis au bout de quelques mois, vous accédez au deuxième échelon, et ainsi de suite. Les tableaux suivants donnent les échelons et les indices associés des principaux grades. Dans certains cas, il existe en plus des échelons des ”chevrons” dont les durées ne sont pas données ci-dessous:


Ingénieurs d’études


Echelons

Indices

Durée





Hors classe



4eme échelon

782

échelon terminal




3eme échelon

759

2 ans




2eme échelon

728

2 ans




1er échelon

695

2 ans





1ere classe



5eme échelon

672

échelon terminal




4eme échelon

641

4 ans




3eme échelon

611

4 ans




2eme échelon

581

3 ans




1er échelon

554





2eme classe



13eme échelon

618

échelon terminal




12eme échelon

596

2 ans




11eme échelon

573

2 ans




10eme échelon

560

2 ans




9eme échelon

535

2 ans




8eme échelon

509

2 ans




7eme échelon

491

1 an 6 mois




6eme échelon

466

1 an 6 mois




5eme échelon

447

1 an 6 mois




4eme échelon

425

1 an 6 mois




3eme échelon

404

1 an 6 mois




2eme échelon

385

1 an 6 mois




1er échelon

369

1 an






Ingénieurs de Recherche


Echelons

Indices

Durée





Hors classe



4eme échelon

880, 915, 962

échelon terminal




3eme échelon

820

3 ans




2eme échelon

733

3 ans




1er échelon

657

2 ans





1ere classe



5eme échelon

820

échelon terminal




4eme échelon

782

3 ans




3eme échelon

733

3 ans




2eme échelon

657

3 ans




1er échelon

581

3 ans





2eme classe



11eme échelon

712

échelon terminal




10eme échelon

685

3 ans




9eme échelon

657

3 ans




8eme échelon

618

2 ans




7eme échelon

581

2 ans




6eme échelon

549

2 ans




5eme échelon

513

2 ans




4eme échelon

491

2 ans




3eme échelon

463

1 an 6 mois




2eme échelon

436

1 an 6 mois




1er échelon

411

1 an






Chargés de Recherche


Echelons

Indices

Durée





1ere classe



9eme échelon

820

échelon terminal




8eme échelon

782

2 ans 10 mois




7eme échelon

748

2 ans 9 mois




6eme échelon

718

2 ans 6 mois




5eme échelon

672

2 ans 6 mois




4eme échelon

622

2 ans 6 mois




3eme échelon

563

2 ans 6 mois




2eme échelon

504

2 ans 6 mois




1er échelon

475

2 ans