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Guilde des doctorants

 


Guide du doctorant : mode d'emploi

Ce guide est le fruit du travail bénévole de doctorants et jeunes chercheurs. Tout comme le logiciel libre sur Internet, il a vocation à évoluer et se remettre à jour grâce à vos contributions. Si vous voulez participer, voici la description du mode de travail utilisé. Pour nous aider, pour faire une suggestion, ou si vous n'y trouvez pas une information que vous possedez et jugez utile, contactez : gdd-guide@jeunes-chercheurs.org.

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7 Formations complémentaires

7.1 Pourquoi et dans quel cadre ?

En fait, la thèse ne se réduit pas à la production d’un manuscrit et d’articles spécialisés. Même si parfois votre environnement immédiat vous poussera à rester le nez sur la paillasse, vous devez vous ouvrir l’esprit au travers de formations complémentaires. Si vous ne le faites pas, l’hyperspécialisation vous guette et, dans le monde changeant où nous vivons, plus personne n’a que faire d’un hyperspécialiste réfractaire à tout ce qui n’est pas son sujet de recherche.

Les formations complémentaires sont donc un moyen pour vous d’acquérir des connaissances supplémentaires et grâce à cela de prendre pleinement conscience de vos potentialités. C’est donc un élément crucial pour l’élaboration du projet professionnel post-thèse.

Même si vous vous destinez à une carrière académique, n’oubliez pas que vous ne travaillerez pas toute votre vie sur un même sujet. Vous aurez de plus une mission pédagogique qui nécessite une formation généraliste solide, une grande culture scientifique et une ouverture sur autre chose que le monde universitaire.

Les formations complémentaires qui peuvent être soit purement scientifiques soit à vocation plus générale sont le moyen pour acquérir la culture générale de haut niveau et l’ouverture d’esprit qui vous seront utiles. Evidemment, concilier cela avec la focalisation que demande un travail de recherche n’est pas facile mais dites vous bien qu’il n’y a plus de place ni pour les hyperspécialistes exclusifs qui savent tout sur rien, ni pour pour les pipologues à large bande qui ne savent rien sur tout.

Il existe différents types de formations complémentaires :

  • les formations scientifiques ou de spécialité : elles visent à apporter des connaissances ou des compétences dans une spécialité donnée. Il peut s’agir de votre domaine de recherche mais pas forcément.

    Dans leur ensemble, elles sont dispensées sous une forme plutot proche de l’enseignement académique habituel. Les cadres sont toutefois multiples et sont décrits en section 7.2.

  • les formations transverses : au contraire des précédentes, elles apportent des compétences, des connaissances qui sont soit communes à la plupart des ensembles disciplinaires (techniques de rédaction ou langues étrangères), soit complètement transverses C’est le cas des formations à l’élaboration du projet professionnel qui mentionnera l’ensemble de vos compétences.

    Ces formations ont en général une forme assez à très éloignée des enseignements académiques. Nous y consacrons plusieurs parties de cette section : la sous section 7.3 est consacrée au projet professionnel et au profil de compétences, la sous section 7.3.3 aux doctoriales

Enfin, une activité d’enseignement peut être considérée comme une formation complémentaire. Les possibilités pour enseignere pendant la thèse sont discutées en section 6 de ce volume.

La “validation” des formations complémentaires est de la compétence de l’Ecole Doctorale dont vous dépendez. Comme nous allons le voir, chaque Ecole Doctorale va proposer un certain nombre de formations mais une Ecole Doctorale peut valider comme formation quelque chose qu’elle n’organise pas elle même. Par exemple une Ecole d’Été, une conférence, ou encore une formation à la recherche d’emploi organisé par une autre institution.

Il est extrèmement important que vous profitiez de cette souplesse : vous n’êtes plus un enfant que l’on mène sur les bancs de l’école et qui reçoit un enseignement pensé par d’autres. La formation complémentaire du doctorant est composée par le doctorant lui-même ! C’est une démarche beaucoup plus proche de la formation continue dans un cadre professionnel, où vous disposez d’un crédit temps afin de vous perfectionner tout au long de votre vie.

Enfin, une des problèmes cruciaux étant la gestion du temps entre les impératifs de la recherche et l’ouverture au travers de formations complémentaires, une section entière de ce guide est consacrée à la gestion de temps. Nous vous en conseillons vivement la lecture.

7.2 Formations complémentaires de spécialité

7.2.1 Comment choisir ses cours de spécialité ?

On peut distinguer deux optiques complémentaires :

  • Choisir un cours très proche de son sujet de recherche pour approfondir ses connaissances et se mettre au parfum des derniers développements dans son propre domaine.
  • Choisir un cours sur un autre sujet afin de s’ouvrir l’esprit et de découvrir autre chose.

Mon expérience personnelle est qu’il faut un mélange des deux. D’un coté vous aurez évidemment besoin d’approfondir vos connaissances sur votre sujet de recherche mais c’est une très bonne stratégie que d’aller voir autre chose. D’abord ca repose l’esprit, et surtout c’est un capital à long terme qui vous sera utile lorsque vous changerez de sujet, ou pour préparer vos enseignements, ou encore si vous faites un travail de veille technologique qui vous amène au contact de spécialistes de domaines différents du votre.

Niveau temps, le raisonnable est de suivre un à deux cours chaque année sachant que je compte une école spécialisée (voir section suivante) comme un cours. En gros, suivre un cours vous prendra de l’ordre de deux à trois heures de présence/déplacement par semaine pendant 8 à 20 semaines plus ce que vous le bosserez en plus.

7.2.2 Les écoles spécialisées

Dans beaucoup de disciplines sont organisées des écoles spécialisées qui sont ni plus ni moins que des sessions de formation continue. Elles ont en général lieu en été (on parle alors d’écoles d’été) et dans des endroits un peu isolés ou dans des centres de conférences.

Exemples : l’école d’été des Houches en Physique, l’école Géométrie Algébrique en Liberté (GAEL) en mathématiques

Les sessions sont de durées variables (une à cinq parfois six semaines). En général, le matin est consacré à des cours magistraux avec l’après midi soit des séances de discussions soit des séminaires soit des cours de voile (si si, c’est possible !). C’est un bon moyen d’avoir un état de l’art sur la recherche dans un domaine assez vaste. En fait, tout doctorant devrait participer au moins à un école de ce type dans son domaine. Outre l’intérêt scientifique évident, c’est aussi une occasion de rencontrer les autres doctorants et postdocs qui travaillent dans un domaine. Bref, une bonne école c’est intéressant scientifiquement et c’est agréable sur le plan humain.

Pour y participer, il suffit de regarder les panneaux d’affichage dans votre labo ou les sites WEB d’annonce ou de demander à votre directeur de thèse (ca fait partie de son job de vous conseiller sur le choix d’une école spécialisée). En fait, il n’existe pas d’endroit où sont centralisées toutes ces annonces (enfin, pour le moment). Une école est annoncée de six à 12 mois à l’avance avec cloture des inscriptions entre trois et six mois avant.

Il y a évidemment des frais d’inscription qui sont parfois élevés (plus de 5.000 F pour une session d’un mois aux Houches par exemple). Mais souvent, les organisateurs sont en relation avec des organismes qui fournissent des bourses pour doctorants ou postdocs. La stratégie consiste donc à essayer d’avoir le maximum au travers d’une demande de bourse et à compléter le financement par le laboratoire d’acceuil. La formation continue du CNRS est une bonne piste pour financer les gens : elles finance les agents CNRS donc elle peut financer le jeune CR du labo qui veut aller à la même école que vous. Dans ce cas, ça fait autant d’argent qui n’est pas pris sur le budget du labo et donc qui est utilisable pour envoyer un doctorant à une telle école. Pensez aussi à voir avec votre responsable d’Ecole Doctorale s’il n’a pas une enveloppe dans un coin.

Last but not least, vu la reconnaissance de ces écoles spécialisées dans les diverses communautés scientifiques, vous n’aurez aucun mal à faire valider la participation à l’une d’elle comme formation complémentaire auprès de votre Ecole Doctorale.

7.2.3 Les cours d’Ecoles Doctorales

Les Écoles Doctorales vont évidemment proposer des enseignement spécialisés dans leurs disicplines. C’est à priori ce qu’elles savent faire le mieux.

Qu’il s’agisse de cours de DEA ou de cours post-DEA, vous n’aurez aucune difficulté à trouver des enseignements et à les faire valider.

PAS FINI! NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE...

7.2.4 D’autres pistes

De nombreuses autres pistes existent :

  • Les cours du Collège de France : on n’y pense pas toujours mais ce sont des cours de niveau DEA à post-DEA et c’est gratuit et l’entrée est libre !

    La plupart des cours ont lieu à Paris, au Collège de France mais depuis quelques années, un certain nombre sont délocalisés en province. Les cours changent tous les ans et chaque professeur, qui est un expert reconnu dans sa discipline, doit faire un cours qui montre les développements les plus pertinents de la recherche dans son domaine. La qualité des intervenants fait qu’en général, c’est vraiment très très bien. Un certain nombre d’entre eux comme Claude Cohen-Tannoudji par exemple sont de très grand pédagogues et les cours sont suivables sans problèmes dès le DEA ! Comme quoi excellence n’est pas synonyme d’hermétisme...

    Chaque prof produit un polycopié, en général manuscrit et donc diffusé de manière un peu confidentielle. Mais si vous allez au premier cours, vous pouvez aller demander au prof comment s’en procurer. Très utile, voire indispensable, pour retravailler le cours par la suite.

    Pour en savoir plus sur les programmes et les horaires des cours :

  • Les stages d’informatique des boites d’info : des entreprises comme Microsoft ou Sun ont des sessions de formation à l’ingéniérie système. Si vous vous destinez au métier d’administrateur système ou si votre recherche vous conduit à aller utiliser des outils systèmes assez pointus, c’est une piste à explorer. Seul problème : en général c’est vraiment cher.
  • Le séminaire Bourbaki : bon d’accord c’est spécifique aux mathématiques mais l’exemple est intéressant. Deux fois par an, pendant deux jours, sont organisés des exposés sur divers sujets. Ce ne sont pas vraiment des cours car ils ne sont pas assez long mais ce ne sont pas des exposés pour les experts du sujet. On peut parler d’exposés généralistes. Dans le cas du séminaire Bourbaki, l’exposé ne porte pas forcément sur les travaux de l’orateur ce qui renforce la dimension pédagogique. Des analogues existent comme la fameuse RCP 25 de Strasbourg à l’interface Physique et Mathématiques.
  • Les Groupements de Recherche (GDR) qui sont des regroupements de chercheurs impulsés par le CNRS autour d’une thématique donnée. Il peut arriver qu’ils organisent des conférences d’introduction ou de revue sur leur domaine. C’est souvent un bon moyen d’avoir un état de l’art au niveau d’une communauté scientifique bien précise.

DERNIÈRE MISE À JOUR, DÉCEMBRE 2001

7.3 Formations complémentaires et projet professionnel

7.3.1 Formations complémentaires et employabilité

D’ici la fin de votre thèse, vous serez ammneés à entamer des démarches pour préparer l’après thèse : quel métier allez vous exercer. Même si cet aspect est amplement développé dans le tome Après la thèse, vous devez savoir que le marché de l’emploi est tel qu’il importe d’avoir préparé cette transition. Nous ne sommes plus à l’époque ou chaque docteur était assuré d’avoir un poste aprés sa thèse.

Pour bien préparer cette nouvelle étape, le secret consiste à anticiper. N’attendez pas la fin de votre thèse pour commencer à vous poser des questions : c’est le meilleur moyen de se retrouver sur le carreau ! C’est pour cela que nous abordons ces aspects ici et que nous vous encourageons à lire le tome Après la thèse de ce Guide le plus tôt possible. Concrètement, vous devez tout au long de votre thèse faire le point sur vos envies, vos aspirations et vos compétences. En clair, vous allez préciser un projet professionnel.

L’ensemble de votre expérience professionnelle (qui inclut au moins votre thèse), de votre formation et de vos acquis dans tous les domaines va s’articuler autour de ce projet pour constituer ce qui s’appelle votre profil (ou bilan) de compétences (PC). Ce concept recouvre une présentation des activités, des compétences et connaissances que vous voulez valoriser. C’est à partir de ce ”bilan” que vous pourrez élaborer un projet professionnel, c’est-à-dire définir vers quelles activités professionnelles vous désirez vous tournez, dans quel cadre. Le profil de compétences vient alors étayer alors ce projet.

En résumé, le projet professionnel et le profil de compétences sont les deux éléments nécessaires pour une recherche d’emploi fructueuse. Ces deux moyens forts vont augmenter votre capacité à trouver un emploi correspondant à vos aspirations (que l’on appelle l’employabilité).

Bien sûr, on ne le dira jamais assez, tout ceci reste valable même si vous faites le choix d’une carrière académique : il y a de nombreux instituts de recherche et universités qui ont toutes et tous leur propre ¡¡ culture d’entreprise ¿¿. Choisir entre les diverses possibilités procède de la même démarche qu’une recherche d’emploi dans le secteur privé.

Evidemment, mettre au point ces deux éléments de base ne se fait pas comme cela, un bon matin entre les croissants et le café. Ca s’apprend et un certain nombre de formations complémentaires sont là pour vous guider dans cet apprentissage. Notons qu’une des forces des grandes écoles est précisément d’avoir intégré cela dans leurs formations depuis longtemps. Dans le domaine des formations doctorales, c’est quelque chose de nouveau qui mais prend son essort au début des années 2000. Comme nous l’avons déjà souligné, ces formations sont souvent éloignées par leur forme des cours traditionnels universitaires. Ne les rejetez pas à priori parce que ca ne ressemble à rien de ce que vous connaissez. Ayez au contraire une attitude active, participez et faites vous expliquer la démarche pédagogique.

Notre objectif dans cette partie du Guide du Doctorant est de décrire ce qui existe sur le terrain, à quoi cela sert et quels sont les divers partenaires susceptibles d’intervenir dans ce domaine.

7.3.2 Le Profil ou bilan de Compétences

Le profil de compétences (PC) est différent du Curriculum Vitae traditionnel. Ce dernier est rédigé le plus souvent en fonction d’une offre d’emploi bien précise (réponse à une annonce ou candidature spontanée). Le PC se situe en amont au sens où, d’une part il est parfaitement adapté à une diffusion sur serveur Internet (diffusion non ciblée) et d’autre part son élaboration fournit la matière indispensable à la rédaction d’un bon C.V. En fait, le Profil de Compétences, c’est le matériau de base pour amorcer une recherche d’emploi, et le CV est un outil particulier utilisé pendant la recherche d’emploi. Pour tenir compte de cette contrainte tout en rendant la démarche utile et efficace, un PC doit présenter une synthèse de vos compétences et de vos aspirations professionnelles, de manière à illustrer votre parcours.

La notion de profil ou de bilan de compétence est une notion déjà ancienne et qui a donné lieu à de nombreux développements. L’annexe E résume quelques éléments historiques relatifs à ce concept. A lire si on veut compléter sa culture personnelle.

A l’été 2000, la Guilde des Doctorants a lancé une vaste opération visant à favoriser la mise au point de leurs profils de compétences par les doctorants ainsi que leur affichage sur le réseau Internet. Ce projet, qui porte le nom de DocNet est à la fois un outil de diffusion de fiches personnelles de doctorants et en même temps un système d’aide à la réflexion sur son potentiel et ses compétences. Ce système est décrit dans une section spéciale mais nous voulons mentionner ici qu’il existe des formations complémentaires pour vous aider à mettre au point votre profil de compétences. Mais n’oubliez pas que la démarche d’élaboration du profil de compétences consiste avant tout à mener une réflexion personnelle sur vos activités passées qu’il s’agisse de formation ou d’expériences professionnelles ou personnelles). L’existence de formations constitue une aide bien utile mais ne saurait en aucun cas vous dispenser d’un minimum de travail et d’efforts. Prenez ces formations comme un appui à votre démarche personnelle et non comme un moyen de conjurer passivement le mauvais sort.

Voici quelques unes des entités susceptibles d’en organiser dans votre voisinage :

  • Les associations de doctorants : que ce soit dans le cadre de DocNet ou en dehors, certaines associations organisent des formations complémentaires pour aider les doctorants à affiner leur profil de compétences et leur projet professionnel.

    Il peut s’agir de séminaires et de tables rondes avec des entrepreneurs, de forums de rencontres docteurs/entreprises ou bien directement de séances d’aide à la rédaction de PC. Dans tous les cas, nous vous recommandons de profiter de ces activité. C’est souvent aussi l’occasion de rencontrer d’autres doctorants qui sont dans la même démarche que vous ainsi que des anciens de l’université en entreprise et donc de bénéficier de leur expérience.

    Dans le cas de DocNet, si une association gère un nœud du réseau DocNet, un groupe de valideurs a été constitué au sein de l’entité qui gère ce noeud DocNet (voir les pages de présentation du noeud dont vous dépendez). Ces valideurs ont l’avantage d’avoir un regard extérieur sur les profils. Ils sont censés vous apporter une aide lors de l’élaboration de votre fiche personnelle et donc de votre profil de compétences.

  • Ecoles Doctorales : elles vont elles aussi proposer un certain nombre de formations sur les questions d’insertion professionnelle. Elles proposeront aussi des formations sur le fonctionnement des entreprises, les dispositifs d’aide à l’innovation, les questions liées à la propriété intellectuelle et industrielle.

    Nous vous conseillons de ne pas vous limiter à un ensemble de cours suivi passivement. Malgrès toute la bonne volonté des responsables de formation doctorales, il y aura nombre de cas où la seule offre disponible sera composée de cours magistraux. N’hésitez pas à négocier avec les responsables d’Ecoles Doctorales pour faire valider d’autres activités.

  • Les URIS : ce sont des associations d’ingénieurs qui ont développé ces dernières années des modules d’accompagnement pour les jeunes diplômés en recherche d’emploi. Ils ont décidé depuis 1998 d’ouvrir ces formations à des jeunes doctorants et docteurs. Leur formation Objectif Premier Emploi est clairement un cycle de formation à la conception d’un profil de compétence. Le plus simple est de vous adresser à votre association de doctorants pour savoir si cette possibilité existe dans votre région.
  • Autres : de nombreuses institutions sont susceptibles d’intervenir. Citons par exemple l’APEC ou l’AFIJ et enfin l’ABG que tout le monde connaît.

    Le principal intérêt de cette dernière est d’avoir un réseau de correspondants dans les universités. En théorie, ces personnes sont précisément là pour vous aider dans la rédaction de PC. Nous recommandons donc aux associations de doctorants de les contacter pour les aider à mettre en place des animations autour de nœuds DocNet associatifs. Nous y reviendrons dans la section consacrée à DocNet.

Ne perdez pas de vue que en fait, ces différents organismes sont susceptibles de travailler ensembles.

7.3.3 Les Doctoriales

Le principe Les Doctoriales sont un séminaire d’une semaine qui a pour but d’apporter aux doctorants un premier contact et quelques connaissances sur le monde de l’entreprise. Il n’est pas réservé aux doctorants qui se destinent dès le début de leur thèse à l’entreprise, tous peuvent en tirer profit. Comme elles se déroulent dans un lieu clos, que chacun réside sur place, les Doctoriales permettent un maximum d’échanges entre doctorants d’origines diverses. Chacun peut donc y acquérir un bagage minimum de culture sur ce qu’est l’industrie, d’apprendre à travailler en groupe, toutes choses qui s’avèrent utiles dans tous les métiers, à commencer par celui de chercheur...

Le but du séminaire est en fait d’aider les doctorants à prendre conscience de leurs compétences, à les expliciter et à les positionner par rapport au marché de l’emploi.

Qui les organise ? Pour l’année 2000, l’appel d’offres pour l’organisation des Doctoriales s’adresse :

  • aux établissements universitaires (Ecoles doctorales, CIES...), aux établissements de recherche (EPST, EPIC, EPA),
  • aux organismes impliqués dans la formation par la recherche ou dans le développement des relations entre recherche publique et entreprise qui souhaitent mettre en oeuvre des séminaires Doctoriales, avec le soutien financier du ministère.

En pratique, on trouvera dans les organisateurs des universités, des Ecoles Doctorales (c’est la tendance actuelle) et des établissements de recherche.

L’importance va être maintenant mise sur l’élaboration du projet professionnel et l’élaboration du profil de compétences. En ce sens, les Doctoriales vont avoir un rôle à jouer en appui du réseau DocNet.

Pour en savoir plus sur ces appels d’offres, consultez :

Comment y participer ? L’Association Bernard Grégory maintient un calendrier des futures Doctoriales :

Les Doctoriales sont souvent organisées en collaboration ou même par les Ecoles Doctorales. Renseignez vous donc auprès de votre Ecole Doctorale pour en savoir plus.

Est-ce que ca veut le coup ? Il n’y a pas vraiment eu d’enquête de satisfaction exhaustive mais les témoignages dont nous avons eu connaissance sont bons. En général, la plupart des participants ont souligné :

  • La prise de conscience de la place des docteurs dans l’entreprise.
  • Un premier contact avec le monde de l’entreprise ce qui permet d’accéder aux bases du vocabulaire d’entreprise et d’en appréhender les méthodes de pensée et de travail. Il ressort de cela un constat de la nécessité de s’adapter à ce milieu ce qui nécessite un effort réel mais pas insurmontable.
  • Les opportunités de contact avec des doctorants d’autres horizons, un apprentissage en vraie grandeur du travail en équipe hors du laboratoire de thèse.
  • Un nouveau regard sur le travail de thèse et la formation doctorale qui souligne sa dimension d’expérience professionnelle.

Bref, comme le dit un des participants aux Doctoriales Rhône-Alpes 1997 :

¡¡ Alors un conseil à tous ceux qui hésitent. Allez-y. On ne vous donnera pas un travail à la sortie des Doctoriales, mais vous saurez où le chercher. ¿¿

Quelques nuances toutefois Le tableau n’est pas si rose que cela. Le principal problème vient de l’essoufflement de l’impulsion initiale : certaines Doctoriales ont maintenant du mal à recruter des doctorants et il y a eu au moins un cas d’annulation par manque de participants en 1999.

Les raisons sont multiples mais on peut en dégager au moins trois :

  • Manque de reconnaissance du temps passé à les organiser : certains organisateurs ressentent un effet d’usure après avoir organisé des Doctoriales sans que leur implication soit reconnue.
  • Aspect financement agissant comme discriminant entre les doctorants. En clair, certains labos financent plus ou moins facilement la participation de leurs doctorants aux Doctoriales.
  • Manque de motivation des doctorants principalement parce que l’encadrement (directeurs de thèses et de laboratoires) ne valorise pas (voire dévalorise) la participation aux Doctoriales.

Sur le premier point, un doctorant ne peut faire grand chose. Par contre sur les deux autres, c’est différent :

  • La motivation : c’est le paramètre qui dépend le plus de vous. Mais c’est vrai qu’un doctorant seul peut facilement se laisser convaincre que c’est du temps perdu pour sa thèse (alors que non). Donc le plus simple, c’est d’y aller à plusieurs et d’impliquer l’association locale.

    Encore une fois, on retombe sur la problématique de l’isolement du doctorant mais c’est aussi à chacun d’entre vous de faire un pas pour aller vers le monde extérieur.

  • Le fric : là aussi, il ne faut pas se laisser démonter. Les Ecoles Doctorales ont de l’argent pour cela et peuvent financer un certain nombre de participation, en particulier de ceux pour lesquels les labos peuvent le moins aider (tous les labos ne sont pas aussi riches).

    Enfin, si c’est une question de mauvaise volonté, vous pouvez utiliser la méthode de la pression hierarchique : d’abord demander à plusieurs - ça a plus de poids - et de manière argumentée au directeur du labo, puis ensuite si ca ne marche vraiment pas, passez au directeur d’École Doctorale puis à la direction de l’établissement. Chacun va évidemment aller demander au directeur du labo ce qui ne va pas... En général, une fois que l’échelon N+1 a demandé pourquoi ça merde, l’échelon N change de comportement (dans la limite de ses moyens bien sur).

Un des derniers problèmes des Doctoriales, c’est que c’est un fusil à un coup. Rien n’assure que le doctorant qui a participé à une Doctoriale pourra bénéficier de formations ultérieures pour continuer le travail commencé et donc que sa réflexion sur son projet professionnel sera ensuite poursuivie.

Mais bon, nous pensons que cela est moins grave qu’il n’y parait : avec DocNet nous espérons que les associations de doctorants et de docteurs, en collaboration avec les Ecoles Doctorales vont être motivées pour précisément mettre au point le suivi nécessaire sans même que cela soit explicite.

DERNIÈRE MISE À JOUR, SEPTEMBRE 2000


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Dernière modification de cette page: Monday, March 24, 2003