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Guide du doctorant : mode d'emploi
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6 Enseigner pendant la thèse
6.1 IntroductionL’activité d’enseignement est une des formes de formation complémentaire pendant le déroulement de la thèse. Historiquement, elle n’a pas été reconnue comme cela car pendant très longtemps, l’objectif du doctorat était de former les futurs universitaires du pays. A l’époque du doctorat d’État, nombre de personnes travaillaient plusieurs années au sein de l’université comme assistants avec charge d’enseignement avant d’obtenir le titre de Docteur d’État. Mais au cours des années 90, avec l’augmentation d’effectif des formations doctorales débouchant sur de nombreux métiers, l’enseignement universitaire a cessé d’être le débouché ”canonique” pour les doctorants. L’activité pédagogique doit être considérée comme une formation complémentaire parmis d’autres. Certes, ceux et celles qui veulent devenir maîtres de conférences ou enseignants dans le secondaire (lycées et classes préparatoires) souhaitent naturellement avoir un contact avec l’enseignement dès la thèse mais c’est aussi une expérience que certaines entreprises apprécient comme un entraînement à la présentation orale et en public. Bref, la pédagogie est une valeur reconnue bien au delà des enceintes universitaires ! L’objectif de cette section est donc de présenter quelques un des moyens de pratiquer une activité d’enseignement pendant le déroulement d’une thèse. Nous commencerons par les possibilités les plus évidentes comme les contrats de type monitorat (section 6.2) et ATER (section 6.3), puis nous explorerons des possibilités moins connues mais intéressantes : les vacations à l’université (section 6.4) et enfin des possibilités au sein d’établissements d’enseignement secondaire ou de centres de formation autres. A vous de choisir celle qui vous convient le mieux. En effet, c’est comme pour tout : on peut aimer enseigner ou ne pas l’aimer. Ne considérez pas forcément comme un must de faire 64 heures équivalent TD par an. Pour conclure cette introduction, mentionnons que vous trouverez plus d’informations sur les métiers de l’enseignement dans le tome Après la thèse de ce guide. En particulier, nous y décrirons les concours d’enseignants (CAPES et AGREG). 6.2 Monitorat d’initiation à l’enseignement supérieurCréé en 1989 par le ministère de l’éducation nationale, il s’adresse aux allocataires MENRT et aux élèves des écoles normales désireux de poursuivre une thèse tout en ayant une expérience dans l’enseignement supérieur. L’objectif était bien sur, mais pas exclusivement, de préparer les campagnes de recrutement de maîtres de conférences des années 30 (de l’ordre de 25.000 postes en dix ans !).
6.2.1 Recrutement et rémunération”Un moniteur est recruté parmi les meilleurs titulaires d’une allocation de recherche. Il touche environ 2200 francs brut par mois”. Pour un allocataire de recherche MESR, cela donne un total brut par mois d’environ 9800 francs. Il faut enfin savoir que seulement 36% des allocataires de recherche sont moniteurs (soit 4500 moniteurs en tout), la sélection est donc très importante. Depuis 1999, leur nombre a légèrement été augmenté.
6.2.2 La mission d’enseignement des moniteursLe moniteur doit effectuer une charge égale à un tiers de la charge d’un maître de conférences, soit 64 heures de TD ou 96 heures de TP par an. Cela correspond à deux heures hebdomadaires de travaux dirigés pendant une année. D’autre part, dans de nombreuses universités deux heures de TD correspondent à trois heures de TP. Les enseignements ne peuvent être réalisés qu’en premier cycle. Il y a quelques exceptions dans les rares établissements d’enseignement supérieur n’hébergeant pas de premier cycle. Le moniteur assure son enseignement sous la conduite d’un tuteur. Il participe aussi deux fois par an à un cycle de stages d’une semaine, où sont abordées entre autres les techniques d’enseignement. La structure qui gère cette formation complémentaire est le Centre d’Initiation à l’Enseignement Supérieur (CIES). En fait, comme nous allons le voir, les stages dépendent très fortement du CIES auquel vous êtes rattachés.
6.2.3 Les CIESLes Centres d’Initiation à l’Enseignement Supérieur sont ”l’occasion pour tous les moniteurs d’une vaste région et d’horizons sociaux et disciplinaires très différents de se rencontrer, de tisser des liens qui pourront leur servir dès la préparation de leur thèse ou bien des années plus tard”. Il en existe quatorze actuellement, tous indépendants les uns des autres et tous gérant des universités et établissements d’enseignement situés dans une région donnée. Leurs buts sont de former des jeunes chercheurs à l’enseignement et de favoriser leur mobilité après l’obtention de leur thèse. En pratique, les CIES dispensent une formation complémentaire transversale, c’est à dire susceptible d’intéresser les doctorants de toutes les disciplines. D’ailleurs, les stages CIES sont l’occasion de rencontrer des doctorants d’autres disciplines. Pour beaucoup de doctorants moniteurs de sciences dites exactes (respectivement de sciences humaines), c’est le seul lieu où ils ont l’occasion de rencontrer ceux de l’autre monde. Cette socialisation est souvent très appréciée. Les formules utilisées pour les stages sont très variables. Elles dépendent du directeur du CIES, et des besoins qu’expriment les moniteurs eux-mêmes. On trouve évidemment des doctes séances sur la structure interne du mammouth (Structures et missions de l’enseignement supérieur), ou sur les métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mais vous aurez aussi des stages de théatre pour apprendre à maîtriser sa voix et sa gestuelle, des stages de relaxation, d’utilisation des nouvelles technologies. Il y a aussi des stages disciplinaires. Non ce ne sont pas des marches forcées avec sac à dos pour ceux qui n’ont pas été sages. Il s’agit de séances de travail où les moniteurs d’une discipline travaillent en utilisant leurs connaissances scientifiques : conception de cours, de séances de travaux dirigés, de supports d’apprentissages etc. Bref comme vous le voyez, tout est possible ! A notre connaissance, le ski extrème et le parachutisme n’ont pas encore été introduits. Avec un directeur dynamique et des moniteurs qui lui donnent un retour et qui donc participent à la définition des stages, un CIES est un outil fantastique. Comme l’a souligné en substance Mr. Bravo, inspecteur chargé d’évaluer le dispositif des CIES à 10 ans, pour qu’il y ait réponse de la part des directeurs de CIES, encore faut t’il qu’il y ait un appel de la part des usagers des CIES. C’est un problème réél car beaucoup de moniteurs vivent les stages CIES comme une perte de temps dès lors que la qualité n’est pas au top. Souvenez vous néanmoins qu’un directeur de CIES sera d’autant plus enclin à être dynamique qu’il sent que les moniteurs témoignent de l’intérêt pour ses activités. Bref, ne vous contentez pas d’être des consommateurs mais soyez acteurs des CIES : si c’est bien dites le, si c’est merdique, dites le aussi ! Enfin, de manière expérimentale, quelques CIES (par exemple celui de Lyon) ont ouvert certains stages aux non-moniteurs. Cette initiative est à saluer11. Enfin, le ministère étudie depuis quelques temps la possibilité d’ouvrir les CIES aux ATER, PRAG et Maîtres de Conférences qui n’auraient pas été moniteurs. L’idée n’est pas loin de faire des CIES une sorte de lieu de formation continue à l’enseignement supérieur. Monitorat et carrière ”Les moniteurs n’ont pas acquis de droits particuliers au moment de leur candidature à une maîtrise de conférence”. D’un point de vue légal, le monitorat n’entraîne ni droits, ni devoirs par rapport à l’état, pour ce qui est de la carrière ultérieure. On imagine bien, cependant, que sélectionnés parmi les meilleurs allocataires (eux-mêmes sélectionnés parmi les meilleurs étudiants diplômés de DEA) et formés spécialement à l’enseignement supérieur, ils auront au moment de leur candidature des atouts très forts. Cependant et comme partout, cela dépend aussi de la capacité du moniteur à vraiment tirer profit de ces atouts. On voit lors de commissions de recrutement des moniteurs borner leur description d’activité pédagogique à un énoncé d’heures effectuées. Il est clair que c’est très insuffisant et que tout candidat qui saura montrer sa valeur ajoutée pédagogique l’emportera sur un moniteur qui se borne à compter ses heures. WILLIAM EL KAIM (1996), COMPLÉTÉ EN 2000 6.3 ATER : Attaché temporaire d’enseignement et de rechercheL’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER) est un emploi d’enseignant-chercheur contractuel à durée déterminée. Un contrat d’ATER peut fournir un financement en fin de thèse (cette possibilité est utilisée plus ou moins suivant les disciplines et les endroits) ou un financement relais entre la fin de la thèse et l’obtention d’un poste d’enseignant permanent (cadre postdoctoral). Actuellement, il existe de l’ordre de 4000 supports budgétaires d’ATER en fonction12 ! Nous vous invitons à vous reporter au tome Après la thèse où d’autres aspects de l’ATER seront développés et certains éléments présentés ici approfondis. 6.3.1 AvertissementCette section sur les ATER comporte un certain nombre d’informations qui sont certes valables au moment où nous écrivons ces lignes (juillet 2000, corrigées en août 2001) mais qui pourraient bien cesser de l’être. En effet, un projet de réforme du statut des ATER a été lancé par Cl. Allègre à l’époque où il était ministre. Mais le projet n’a pas fait l’objet d’un consensus parmi les diverses organisations consultées. Du coup, il a été mis au placard en juin 1999, et depuis le ministre à changé. Ceci dit, beaucoup de gens s’accordent pour dire que le statut des ATER pose des problèmes et donc nous conjecturons qu’une réforme est susceptible d’être mise en route à n’importe quel moment. Les points essentiels de la réforme concernent les conditions et modalités de recrutement, ainsi que la charge d’enseignement et le salaire. Évidemment, le reste (à savoir l’attractivité et l’intérêt des ATER en dépendront. Affaire à suivre donc...
6.3.2 Conditions de recrutementLes ATER sont recrutés par les établissements d’enseignement supérieur pour un contrat à durée déterminée (CDD) d’une année, renouvelable un certain nombre de fois suivant la catégorie à laquelle vous appartenez. Ce renouvellement n’est pas automatique, il faut donc refaire un dossier, être sélectionné et attendre une seconde fois trois mois avant de toucher son salaire. Un conseil donc, faites des économies !! Pour être ATER, il faut :
Dans les projets de réforme, cette dernière possibilité devrait disparaître. Dans la pratique elle est très peu utilisée et constitue vraiment un piège.
6.3.3 Comment postuler ? Quel salaire ?Pour des informations sur les candidatures aux postes d’ATER, reportez-vous à la section 7.2.1Informations pratiques pour candidater ATERsubsubsection.7.2.1, page 54Informations pratiques pour candidater ATERsubsubsection.7.2.1 du troisième tome du guide « après (la thèse) ». Dans le même tome 3, vous trouverez en section 7.2.2Charges d’enseignement et rémunérationsubsubsection.7.2.2 des informations sur les charges d’enseignement et les rémunérations. Pour des informations sur les cumuls d’activité envisageables avec un poste d’ATER, consultez la section 7.2.3Cumul d’activités pour les ATERsubsubsection.7.2.3.
6.3.4 L’ATER, une bonne affaire ou un piège ?Comme nous l’avons vu, les ATER en l’état actuel des choses peuvent servir à deux choses : financer une ou deux années de thèse ou servir de contrat post-doctoral. Nous allons voir ce que cela implique dans ces deux optiques. L’ATER doctorant : Il est souvent utilisé pour financer la dernière année de thèse, quand celle ci s’étale sur près de trois ans ou plus et qu’un financement comme un CIFRE, ou une allocation du ministère ou une bourse régionale ne suffisent pas. Les derniers mois de thèse ne laissant pas beaucoup de temps au doctorant, pour préparer ses cours et s’occuper de son enseignement. Pour cette raison, une demi-charge est souvent un avantage mais hélas les demi-ATER sont en voie de disparition. Donc en sciences dites exactes, l’utilisation d’un ATER pour une fin de thèse risque fort de rendre les choses assez difficiles. En sciences humaines, où le contexte est quoiqu’on en dise moins compétitif, cela pose moins de problèmes. L’ATER postdoc : Dans cette situation, tout dépend de l’optique que vous avez. A priori, faire un ATER postdoctoral suppose un projet professionnel orienté vers l’enseignement supérieur ou la recherche. Disons le franchement et sans ambiguité, vu la charge d’enseignement un ATER n’est absolument pas compétitif face à un séjour postdoctoral dans une université correcte. En clair, sur le plan recherche, vous serez largués par ceux qui auront eu un ou deux ans de recherche quasiment à plein temps. Cet effet est bien sûr très sensible au niveau du recrutement dans les organismes de recherche. A ce niveau là, l’ATER peut fonctionner comme un “piège”. Néanmoins, ce jugement est à nuancer si on prend en compte la dimension pédagogique. Un doctorant qui souhaite tenter un recrutement maître de conférences mais qui n’a pu enseigner pendant sa thèse peut se faire une expérience d’enseignement très appréciable. Dans ce cas là, ce qui était un handicap devient au contraire un élément positif dans l’optique d’un recrutement dans l’enseignement supérieur. Il serait également intéressant d’avoir une étude quantitative de la corrélation entre le recrutement MCF et le fait d’avoir effectué un ATER sur place auparavant. Malheureusement ces chiffres ne sont pas rendus publics (en admettant qu’ils existent). Bref, c’est à vous de voir mais en l’état actuel des choses, tout dépend du type de poste que vous visez... Force est de constater que ce n’est pas simple.
6.4 VacationsLe terme vacations désigne en fait un engagement contractuel entre un établissement d’enseignement et un individu en vue d’une prestation donnée. Si vous ètes vacataires, il vaut vous voir comme un intervenant sur une mission précise. Par exemple, si vous ètes interrogateur en classes préparatoires13, vous aurez un contrat de vacataire dans un lycée. Les universités embauchent également des vacataires pour pallier à certains besoins. 6.4.1 Conditions à remplirEvidemment les vacations viennent en plus d’une activité principale : n’espérez pas vous financer uniquement pour cela : le vacataire est par définition “jetable” ! D’ailleurs les conditions pour être vacataire en université sont explicites : vous ne pouvez être vacataire que si une des conditions suivantes est vérifiée :
Deux remarques importantes complètent cette liste :
Concernant le premier point ci-dessus (vacations après 28 ans) D. Alejo, confronté au problème et intervenu sur HOTDOCS en 2000, nous donne un résumé de la situation. Le problème était que le rectorat refusait d’accorder une autorisation de cumul de rémunération pour effectuer des vacations en raison d’un âge supérieur à 28 ans et d’un statut d’allocataire simple (donc salarié). En effet dans ce cas, il y a une contradiction entre deux textes :
Après avoir consulté les textes, il s’est révélé un cas ou il est possible de faire des vacations après 28 ans (voir archives HOTDOCS). Le rectorat a quand même cédé et a accordé cette autorisation, mais il a fallut être appuyé en haut lieu pour faire valoir ce droit car malgré les documents avancés, le rectorat restait sur ses positions ! Ce n’est pas une faveur qui est demandée, même si le rectorat le laisse entendre. Il est bien possible d’effectuer des vacations dans un établissement du supérieur dépendant du ministère de l’éducation nationale après 28 ans dans la mesure ou vous avez un contrat de travail (allocation de recherche) que vous faite plus de 1000 heures /an (horaires du labo) et que ce travail n’est pas de l’enseignement (thèse = travail de recherche). Ceci s’applique à toutes les personnes diposant d’un contrat du type allocation de recherche ou encore CIFRE et BDI. Dans ce cas, c’est le statut de salalarié qui prime sur le statut d’étudiant ! En revanche, le titulaire d’une bourse -- c’est à dire qui n’a pas signé de contrat de travail -- et qui est agé de plus de 28 ans ne peut effectuer pas de vacations.
6.4.2 Aspects pratiquesConcrètement, l’interlocuteur administratif lorsque vous ètes vacataire dans une université est le service du personnel. Parfois les département d’enseignement peuvent vous aider à préparer votre dossier d’engagement pour des vacations mais ce n’est pas toujours le cas. Pour faire des vacations, vous devrez remplir un dossier qui comportera vraisemblablement les éléments suivants :
Les deux derniers points nécessitent des signatures extérieures. Sachez ensuite que le dossier complet doit être visé par le chef de l’établissement au sein du quel vous effectuez vos vacations. Bref, si vous voulez être payé assez vite, prenez vous y à l’avance ! WILLIAM EL KAIM, 10 AOÛT 1996, COMPLÉTÉ EN JUILLET 2000
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