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Guilde des doctorants

 


Guide du doctorant : mode d'emploi

Ce guide est le fruit du travail bénévole de doctorants et jeunes chercheurs. Tout comme le logiciel libre sur Internet, il a vocation à évoluer et se remettre à jour grâce à vos contributions. Si vous voulez participer, voici la description du mode de travail utilisé. Pour nous aider, pour faire une suggestion, ou si vous n'y trouvez pas une information que vous possedez et jugez utile, contactez : gdd-guide@jeunes-chercheurs.org.

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4 La vie du doctorant au laboratoire

La Recherche, c’est comme GATACA, tout est censé s’y passer sans problèmes, les gens sont intelligents et cultivés, désinteressés et travaillent pour l’Honneur de l’Esprit Humain. Enfin, c’est peut être ce que l’on vous a dit, mais -- hélas -- ce n’est pas tout à fait ça...

Afin de dissiper toute ambiguité, sachez que le monde de la Recherche n’est pas foncièrement différent des autres milieux professionnels. Etant par essence assez petit (il n’y a que peu d’unités de recherche sur un domaine donné), il aurait même plutôt tendance à sentir le renfermé. Vous rencontrerez des gens extraordinaires, honnètes et intéressants, voire désinteressés, mais aussi quelques arrivistes fort ordinaires. Sachez que les qualités humaines des individus ne sont pas corrélées à leur aura scientifique. Enfin, comme dans toute communauté humaine, vous trouverez beaucoup de gens très occupés et pas forcément aussi disponibles ou détachés de leur quotidien que ce vous attendiez.

Ce tableau peut vous sembler déprimant mais ce n’est ni mieux ni pire qu’ailleurs. C’est la vie professionnelle avec ce qu’elle comporte de cotés positifs et négatifs. C’est un peu surprenant parfois, mais l’expérience vécue qui est collectée ici pourra vous aider à mieux vivre cette période. En ce qui concerne la suite de votre carrière, à vous de prendre les éléments humains en compte dans les choix que vus aurez à faire. Mais c’est une autre histoire (voir le tome Après la thèse de ce Guide).

L’objectif de cette section est donc d’approfondir les aspects humains liés à la thèse. C’est le complément naturel des ¡¡ trucs de métier ¿¿ qui sont exposés dans les autres sections. Nous espérons que ces conseils de bon sens vous aideront à mieux vivre dans votre laboratoire et en dehors.

Nous commencerons par des conseils de repérage dans cet univers impitoyable qu’est la Recherche (là on exagère un peu mais quelques trucs pour y voir clair sont toujours utiles). C’est l’objet des sections 4.1 et 4.3. La clef pour évoluer dans cet univers impitoyable, c’est de ne pas rester isolé sur sa paillasse (ou sa feuille blanche). Des conseils pour briser la solitude du doctorant sont donnés en section 4.1.3. Les associations de doctorants sont indispensables : voyez tout ce qu’elles peuvent vous apporter et comment les trouver en section 4.2.

Nous discuterons aussi quelques points liés à la gestion de stress (section 10) et de conflits (section 5.5). Ces deux dernières sections ont d’ailleurs été rédigées en étroîte collaboration avec deux pros du sujet, médecins et enseignants au Centre Hospitalier Universitaire de Tours.

4.1 Bienvenue dans le monde de la Recherche

4.1.1 Comment est structuré un labo ?

Il existe plein de type de laboratoires et vouloir en faire une typologie exhaustive serait peut être un peu long. Nous nous concentrerons donc sur certains traits assez génériques que l’on retrouvera dans la plupart des laboratoires intégrés au sein d’un établissement d’enseignement supérieur (université ou école).

Les personnels du laboratoire En dehors des animaux éventuellement destinés aux expériences, il y a en gros trois grandes espèces biologiques dans un labo :

  • Les ITA : on en parle le moins mais ils jouent un rôle indispensable. Ce sont les secrétaires bien sur, auxquelles vous aurez souvent affaire durant votre thèses mais aussi les techniciens et ingénieurs chargés des ateliers de mécanique, de l’informatique, des animaleries, de l’appareil très cher qui fait la fierté du labo...

    Bref ils font tourner la boutique en prenant en charge son intendance. Ils jouent donc un rôle indispensable et parfois mal reconnu. Ils seront à vos cotés lorsque vous utiliserez les ordinateurs du labo, lorsque vous commanderez des fournitures, lorsque vous organiserez une mission sur le terrain. Sachez les respecter et reconnaître leur travail et leur mérite : ce ne sont pas vos esclaves ! En particulier, pourquoi ne pas adjoindre leur noms à la liste des auteurs d’un article lorsque leur action a été cruciale ?

    Sachez enfin que les emplois d’ingénieur d’étude et de recherche constituent un des débouchés possibles après une thèse (Voir le tome III de ce Guide Après la thèse).

  • Les doctorants et postdocs : Vous êtes un chercheur encore jeune et en cours de formation mais chercheur quand même.

    Votre caractéristique par rapport aux deux autres catégories c’est que vous êtes de passage et que vous n’avez pas vocation à rester une longue période (ie 10 ans ou plus) au sein du laboratoire.

  • Les chercheurs permanents : ce sont les chercheurs et enseignants-chercheurs. Une epséce ancienne et souvent tourmentée mais qui est en charge de l’organisation scientifique du laboratoire. Votre directeur de thèse en fait partie.

    Cette espèce est structurée en diverses classes : les jeunes et les moins jeunes. Administrativement, cela se traduit par la division ¡¡ rang B ¿¿ (maîtres de conférences et chargés de recherche) versus ¡¡ rang A ¿¿ (professeurs et directeurs de recherche). Les responsabilités administrative de ¡¡ haut niveau ¿¿ (direction de laboratoire, responsabilité de filière etc) sont plutôt confiée à des rang A mais vous verrez que certains B en font au moins autant.

    Votre directeur de thèse est soit un rang A, soit un rang B habilité ou qui a demandé une autorisation d’encadrement. Voir le tome I de ce guide Avant la thèse.

A l’époque ou nous écrivons ce guide, une partie signifivative des rang B aura été recruté pendant les années 1980-90 alors que les rangs A l’ont éte bien avant en particulier dans les années 60 avant le coup d’arrêt des recrutement des années 70. Inutile de dire que cette ¡¡ fracture des générations ¿¿ n’est pas anodine. Bien entendu la frontière se déplace : dans 10 ans, une grande partie des rangs A actuels sera partie à la retraite ce qui contribuera à changer radicalement le paysage. A l’heure actuelle, il est encore trop tot pour dire quel sera le paysage final.

Les structures de pouvoir dans les laboratoires Un personnage central du laboratoire est le directeur du labo. LISTER LES ATTRIBUTIONS. Il est de plus en plus rare qu’un laboratoire se réduise à une seule équipe de recherche. Même si nous avons en France la tradition de laboratoires relativement monocolores, on se rapproche peu à peu d’un modèle commun au USA qui est celui du département à large spectre scientifique contenant un certain nombre de groupes ou équipes de recherches. Chaque groupe est coordonné par un chercheur (le responsable du groupe) et évidemment, un des problèmes du directeur du laboratoire consiste à articuler entre eux les intérêts parfois divergents des différents groupes.

Pour cela, le lieu approprié est le conseil de laboratoire. C’est une instance consultative où se définit la politique du laboratoire. Elle est présidée par le directeur du laboratoire. L’idée est que les différentes équipes et les différentes catégories de personnels y soient représentés et puissent participer à la définition de la politique du laboratoire.

INFOS CNRS.

Les doctorants peuvent être représentés au conseil de laboratoire. Nous le recommandons même fortement car c’est ici que vous pourrez faire remonter vous souhaits et participer à la vie collective du laboratoire. C’est pour vous une occasion d’apprendre comment fonctionne l’endroit où vous travaillez, de vous y positionner comme individu responsable et d’être confrontés aux arcannes d’un environnement professionnel. Cet apprentissage des responsabilités et de la vie en collectivité professionnelle vous sera indispensable pour réaliser vos projets professionnels post-thèse.

Enfin, cette participation est un élément indispensable au fonctionnement du dispositif de la Charte des Thèses. Nous vous l’avons présenté dans le premier tome de ce Guide, intitulé Avant la thèse. Il existe une Charte des Thèses dans chaque établissement habilité à délivrer le doctorat. Elle définit les droits et devoirs du doctorant vis à vis de son directeur de thèse et de son laboratoire d’acceuil. Elle précise également le rôle des responsables de formation doctorale. Nous en reparlerons plus en détails en section 5.4.2.

Le laboratoire et son environnement Ne perdez pas de vue qu’un laboratoire est souvent intégré dans un établissement d’enseignement supérieur et associé à un organisme de recherche. Dans le cas d’une tutelle mixte, les relations entre les différents partenaires sont régis par un contrat quadriennal qui, comme son nom l’indique est renouvelé tous les quatre ans. Qui dit contrat dit évaluation. C’est un autre point clef du fonctionnement des laboratoires. L’évaluation est hélas très complexe et pour parler franchement, le dispositif est plutôt bordélique voire ubuesque. Jugez plutôt :

  • La politique d’un établissement scientifique est censée être pilotée par un conseil scientifique, où participent des représentants des organismes de recherche, du ministère de tutelle et du monde socio-économique.
  • Chaque unité de recherche associée à un EPST comme le CNRS est évaluée par un comité d’évaluation. MORE ON THAT
  • Chaque enseignant-chercheur est censé être évalué par la commission de spécialistes de l’établissement ou par le Conseil National des Universités. Dans la pratique ce n’est qu’au moment des promotions que cela se produit.

    Les demandes de primes comme la Prime d’Encadrement Doctoral et de Recherche attribuée aux enseignants-chercheurs sont expertisées par les Directions Scientifiques du ministère en charge de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur.

  • Chaque chercheur du CNRS (par exemple) est évalué par une section du comité national du CNRS (aussi appelée la commission). Il fournit un rapport tous les deux ans et une fiche documentaire tous les ans. Hélas, en général les chercheurs n’ont quasiment jamais de retour sur leur évaluation régulière...

Evidemment, il n’y a pas vraiment de recouvrement entre ces diverses évaluations ce qui n’arrange rien. Il n’y a pas non plus de gestion des ressources humaines. Concrètement cela veut dire qu’un chercheur peut très bien passer 10 ans ou plus sans que jamais personne ne lui demande s’il se sent bien dans son travail. Evidemment, dans ces conditions, vous ne serez pas étonnés de rencontrer dans vos laboratoires des gens un peu désillusionnés, pour ne pas dire totalement démotivés voire même carrément destructurés. C’est un vaste problème qu’on ne va pas discuter ici mais qui montre une fois de plus la nécessité de communiquer avec son entourage afin d’obtenir un feedback sur son travail.

Au delà de ce panorama, ce qui est important pour vous c’est de comprendre quelles sont les structures de pouvoir associées aux formations doctorales. Le conseil de labo en est une mais ce n’est pas la seule. Nous verrons que les Ecoles Doctorales sont en fait au moins aussi importantes sinon plus. Elles sont discutées en section 3.

GUILDE DES DOCTORANTS, ÉTÉ 2000

4.1.2 Un peu de zoologie

PERSONALITES

PAS FINI! NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE...

4.1.3 Ne pas rester isolé

S’il y a un conseil crucial c’est bien celui là : ne restez pas scotché tout seul sur votre thèse pendant trois ans. Vous faites partie d’une communauté (le laboratoire), et il est important que vous parliez aux autres membres de cette communauté, quels qu’ils soient. En plus, comme nous l’expliquons en section 10, l’interaction avec les autres est cruciale pour se former à affronter les difficultés d’un environnement professionnel.

Bien sûr, vous serez plus facilement portés à discuter avec les autres doctorants et c’est absolument vital. Mais rien n’est plus désastreux qu’un laboratoire structuré en castes (doctorants, jeunes chercheurs, vieux chercheurs, techniciens) chaque catégorie sociale ne communiquant pas avec les autres. Il faut dire qu’une certaine image de la recherche, qui la présente comme une quête solitaire, est encore très présente. Elle se traduit par une tendance au repli sur soi poussée à l’extrème dans certaines disciplines de Sciences Humaines. Mais la Science ne se fait plus maintenant comme au siècle de Napoléon. C’est devenu une affaire d’équipe et la qualité des relations humaines est un des facteurs essentiels du succès.

N’hésitez pas à parler avec toutes les personnes de votre laboratoire et de votre équipe pédagogique. Cela vous apportera d’autre regards sur les divers métiers de l’enseignement supérieur et de la recherche qu’il s’agisse des fonctions de chercheurs, d’enseignant mais aussi d’ingénieur qui constituent un autre débouché possible pour les docteurs.

Au niveau scientifique, il importe aussi de ne pas rester isolé. Comme nous le développons en section 8, communiquer son travail est indispensable. Vous vous ferez connaître mais surtout vous en tirerez des pistes pour des travaux et collaborations à venir. C’est souvent à la confrontation entre deux approches qu’ont lieu les progrès les plus intéressants. Prenez donc le temps de découvrir d’autres personnes que celles de votre petite communauté habituelle. Votre travail n’en sera que plus enrichissant.

Evidemment, cela peut ne pas sembler évident à priori : tout doctorant a un jour hésité à aborder un chercheur confirmé de peur de le déranger (pretexte officiel) ou de paraître ignorant (souvent la véritable raison). Mais bon, il faut se débarasser de ce conditionnement très français et complétement stérile. Toutes les questions sont bonnes à poser, et vous serez surpris de voir combien n’ont en fait pas encore reçu de réponse. Même après 10 ou 20 ans de recherche sur un sujet donné, nos ignorances restent sans lacunes3... Concrètement, cela veut dire qu’il vaut mieux aller demander aux personnes compétentes plutôt que de sécher sur quelque chose de déjà étudié (ce qui ne dispense pas d’y passer du temps pour vraiment l’assimiler). D’une manière plus générale, on attend de vous que vous participiez activement à la vie du laboratoire et donc que vous sortiez de votre coquille d’étudiant bon élève (voir section 4.3.1).

4.2 Les associations de doctorants

4.2.1 Ce qu’elles peuvent vous apporter

Le premier truc qu’une association de doctorants peut vous apporter c’est de sortir de votre isolement et de voir des gens d’autres laboratoires. Rien que ce bénéfice est suffisamment important pour que vous n’hésitiez pas à rappliquer ventre à terre vers l’assoc la plus proche.

Au delà de cela, sachez que les associations ont la légitimité pour faire un certain nombre de choses :

  • Négocier la Charte des Thèses de l’établissement : La charte des Thèses, qui existe au niveau de chaque établissement, définit les droits et devoirs respectifs du doctorant, de son directeur de thèse et de l’unité d’acceuil. C’est donc le texte qui cadre les conditions de travail en thèse.

    Cette Charte est négociée au niveau de l’établissement et bien entendu, il importe que les doctorants puissent participer d’une part aux évolutions de la Charte mais aussi au suivi de son application sur le terrain. C’est un des rôles fondamentaux d’une association de doctorants. Nous en reparleront dans la section consacré à la Charte des Thèses et à la gestion des conflits (voir section 5.4.2).

  • Participer aux conseils des Ecoles Doctorales : Chaque Ecole Doctorale est dotée d’un conseil qui en assure le pilotage.

    PAS FINI! NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE...
    En clair, il y a une place pour vous dans le fonctionnement de l’Ecole Doctorale. A vous maintenant de faire vivre la démocratie en y participant.
  • Participer aux conseils centraux des établissements : Là encore, il s’agit de représenter les étudiants chercheurs auprès des instances de l’université (conseil scientifique et conseil d’administration).

    Vous allez dire qu’il y a les syndicats étudiants mais justement ils sont en général très loin des préoccupations des doctorants. Faut bien comprendre qu’il y a 2 millions d’étudiants en France et 60.000 doctorants. N’attendez donc pas d’organisations dont le cœur de cible est le premier et le second cycle qu’elles puissent facilement vous représenter. Le mieux à faire, c’est encore d’essayer de grapiller quelques sièges dans les conseils centraux pour vraiment participer à l’établissement.

  • Demander des financements pour l’organisation de manifestations : Pour monter un forum docteurs/entreprises, pour organiser des visites de laboratoires ou d’entreprises, pour inviter des intervenants dans le cadre de la préparation de l’insertion professionnelle, il faut des moyens financiers. Ne vous y trompez pas, on atteint vite quelques dizines de milliers de francs par an !

    Seule une association de doctorants bien structurée peut aller au devant des organismes susceptibles de financer ce genre de chose : Fond d’Action pour la Vie Etudiante (FAVE), conseils d’université, CROUS, conseils général et régional, municipalités etc.

Tout cela peut contribuer à améliorer vos conditions de travail. Donc si vous voulez développer des activités dans votre université, et faire bougerles choses vous ne devez pas rester seul dans votre coin mais soit vous investir dans l’association existante soit en créér une si elle n’existe pas encore.

Enfin, ans le cadre du projet DocNet, (voir section 7.3.2) ce sont les associations de doctorants qui, dans la plupart des cas, géreront les annuaires électroniques de profils de compétences. La politique de la Guilde des Doctorants (qui est responsable de la topologie du réseau DocNet) sera de favoriser l’initiative des doctorants et docteurs eux-même. Nous pensons que c’est un élément clef pour augmenter l’insertion professionnelle des docteurs dans les entreprises. Les docteurs ont tout à gagner en termes d’emploi si les associations acquièrent une visibilité au niveau des entreprises.

4.2.2 Comment les trouver ?

La Guilde des Doctorants maintient à jour une Carte de France des Associations. Elle est gérée automatiquement ce qui fait que de nouvelles associations s’inscrivent spontanément assez régulièrement. Consultez la pour savoir si une association existe près de chez vous :

Evidemment si vous êtes impliqués dans une association qui n’est pas référencée, n’hésitez pas à y inscrire votre association. La carte permet également la remise à jour des informations déjà saisie.

4.2.3 Comment aider mon association ?

La première aide que vous pouvez lui apporter c’est d’être conscient qu’une association n’est pas une société de services ! En clair, c’est un lieu d’entraide mais qui cesse de fonctionner si il y a trop de “consommateurs” et que trop peu de personnes font tourner la boutique4.

Une thèse, c’est trois ans à plein temps, souvent un peu plus. C’est donc au moins 700 jours ouvrables de travail, ce qui fait au bas mot 60 heures de pauses café ou glandouille (à 5 minutes par jour5). Vous ne ferez donc croire à personne que durant ces trois années vous n’aurez pas trouvé 3 heures pour filer un coup de main au moins une fois à l’assoc du coin ??? C’est un peu raide de faire la morale en ces termes mais franchement, si chaque doctorant se comporte en consommateur passif, et donc que chacun reste isolé dans son merdier, faudra pas venir pleurer ensuite parce que vous vous serez fait exploiter, entuber et rouler dans la farine par les prédateurs qui abondent dans ce bas monde. La solidarité a un prix minimal, c’est la participation.

Au delà de ces généralités énoncées sans langue de bois, sachez qu’il existe évidemment différents niveaux d’implication dans une association. Les plus motivés vont s’attaquer à l’organisation de projets de grande ampleur et il n’y a pas lieu de culpabiliser parce qu’on en fait moins. En fait, qu’il s’agisse d’un mailing postal, du rangement d’une salle après une conférence ou de la participation à une réunion d’information pour les étudiants de maîtrise, l’activité d’une assoc regorge de trucs ponctuels qui ne vous demanderont que quelques heures. Et même si c’est encore trop, retransmettre sur une liste de diffusion une offre d’emploi ou saisir un profil de maître de conférences sur le serveur de la Guilde vous prendra moins de temps que de fumer une cigarette.

En conclusion, participer est une question de volonté personnelle. Il existe différents niveaux de participation : choisissez celui qui vous semble adéquat mais évitez de ne faire que consommer.

4.2.4 La Confédération des Etudiants Chercheurs

Parmis toutes ces associations, un certain nombre se sont regroupées en une confédération : la CEC. Elle a été créée en 1996 dans la continuation du mouvement HotDocs. Son objectif est d’être une structure représentative de l’emsemble des personnels non permanents de la recherche. Les doctorants en font partie mais aussi les ATER et les postdocs. Bref, tout ceux et celles qui produisent de la Science comme chercheurs mais sans avoir un statut de fonctionnaire titulaire. Notez que la CEC permet des adhésions d’associations mais aussi d’individus pour ceux et celles qui ne sont pas membres d’une association de doctorant adhérente à la CEC.

La CEC joue un rôle extrèmement important et complémentaire de celui de la Guilde des Doctorants. Nous travaillons sur des valeurs communes, à savoir la promotion d’une formation doctorale de niveau professionnel, de haute qualité et qui permette aux docteurs de jouer pleinement leur rôle au sein de la société. La Guilde contribue à ces objectifs en utilisant l’Internet pour la mutualisation et la circulation d’informations tandis que la CEC porte ces mêmes valeurs devant les ministères et les institutions. Elle a vocation à représenter les doctorants. Un des meilleurs exemple est la Charte des Thèses : c’est un concept né sur HotDocs et, disons le, avec le support technique de la Guilde puis qui a été porté devant les institutions de la République par la CEC.

Pour en savoir plus, voici le serveur WEB de la CEC :

4.2.5 La Guilde des Doctorants

Parlons enfin un peu de nous : nous somme une “petite” asssociation par le nombre d’ádhérents (moins de 20) mais notre activité concerne la totalité d’entre vous. Vous êtes entre 10.000 et 22.000 à visiter notre site chaque mois.

Nous utilisons l’Internet pour favoriser la diffusion d’informations intéressant tous les doctorants, et pour mutualiser les bribes d’infos et d’expérience que chacun possède de son coté. Nous ne faisons pas de travail en local dans une université particulière mais nous rendons disponible toute information pertinente pour tous les doctorants et jeunes docteurs, indépendemment de leur lieu de travail.

La mode de fonctionnement est mutualiste : la membres de la Guilde (appelés les Guildeurs) sont peu nombreux et ne font que organiser l’information et développer des outils pour la manipuler. Mais les infos sont fournies par les utilisateurs, c’est à dire par vous même.

Ainsi, si vous voyez passez quelque chose d’intéressant qui mériterait d’être dans ce Guide du Doctorant et qui n’y est pas, ou si vous trouvez une erreur et que vous savez la corriger, alors écrivez nous pour que on mette votre correction dans le Guide.

Email Guide du Doctorant : gdd-guide@garp.univ-bpclermont.fr

De même, nous avons un système de diffusion d’offres d’emploi aussi bien en entreprises que dans le public (les fameux profils de maîtres de conférences, ATER etc). Pour que ca marche, il faut que vous postiez des offres.

Vous pouvez aussi faire de la publicité pour nous auprès des nouveaux doctorants en imprimant des exemplaires de ce Guide pour le leur montrer ou en faisant circuler des affiches décrivant notre action. Faites nous aussi remonter les infos sur les chartes des thèses pour que nous puissions affiner notre analyse des conditions de formation doctorales dans les universités. Signalez aux chercheurs de votre laboratoire notre site où ils peuvent déposer des propositions de thèses et trouver pas mal de réponses à des questions d’ordre administratif. Signalez aussi notre serveur aux étudiant de DEA : le tome Avant la thèse du Guide du Doctorant pourrait leur être utile.

Notre serveur WEB :

4.3 Participer à la vie du labo

Un labo, c’est comme une tribu de bonobos, ca comporte quelques rites sociaux indispensables à la cohésion du groupe (la comparaison s’arretera là). Nous allons détailler quelques uns de ces rites.

4.3.1 Les séminaires

Tout laboratoire qui se respecte organise un séminaire en gros hebdomadaire. C’est l’occasion d’inviter des chercheurs d’autres équipes pour se mettre au courant de leur activité. Cela peut concerner des équipes concurrentes, qui travaillent sur le même sujet mais un séminaire bien organisé est une manière de découvrir d’autres sujets, de s’ouvrir l’esprit à ce qui se fait par ailleurs.

On peut distinguer en gros deux types de séminaires : d’une part les exposés de spécialistes, fait par un expert du domaine devant un parterre d’experts du même domaine, et d’autre part les exposés plus généraux faits devant une audience plus large. Cette distinction est utile à connaitre si vous devez présenter vous même un exposé sur votre travail. Voir la section 8.3.1 qui est consacrée à la préparation de séminaires.

Du point de vue du doctorant, les séminaires sont parfois difficile à suivre. Il faut bien voir que c’est la rançon de l’hyperspécialisation. Normalement, une bonne organisation du séminaire permet d’écarter les orateurs notoirement imbaisables, les afficionados de l’hermetisme, les hyperspeedés des transparents. Mais bon, même avec des orateurs choisis avec discernement, il arrive toujours un moment où c’est plus difficile à suivre. Néanmoins, il est indispensable que vous assistiez le plus régulièrement aux séminaires. C’est une fenêtre sur ce qui se fait dans les autres laboratoires et une occasion de discuter avec les autres chercheurs. Bref c’est un moment fort de la vie sociale du laboratoire (qui est parfois accompagné d’un pot ou même d’un repas comme dans les lunch seminars des labos américains).

Mais bien évidemment, le séminaire du labo ne doit pas devenir une messe où le Grand Pr~e
tre officie, où le Haut Clergé (les profs et DR) psalmodie et où la basse plèbe se tait et applaudit à la fin. Un séminaire qui systématiquement ressemble à cela est encrouté et, à mon avis, sans grand intérêt. Donc n’hésitez pas à intervenir pour éviter cette dérive vers la perte de temps institutionnalisée. Si un orateur part dans des choses obscures ou va trop vite, n’importe qui est fondé à dire qu’il ne comprend pas, y compris un doctorant. Quelques questions naives mais qui appellent une clarification peuvent éviter à tout l’auditoire de perdre une heure. Pensez y et n’hésitez pas à poser des questions lorsque vous sentez que vous perdez pied.

4.3.2 Les soutenances de thèse

Les soutenances de thèse sont parmis les temps forts de la vie d’un labo. C’est un peu comme un gros séminaire interne ou quelqu’un - le doctorant - expose trois ans d’activité en public. Il y a tout un decorum avec jury et grandes formules mais c’est somme toute assez anecdotique. Parfois, on y observe quelques petites rivalités entre collègues s’étaler au travers de remarques feutrées et pas toujours subtiles... C’est amusant mais essayez de garder un peu de distance par rapport à ces mesquineries. Du point de vue du doctorant qui soutient, c’est un exercice de style qu’il convient de bien préparer. Le ratage n’est absolument pas permis à ce niveau là.

Après la soutenance vient un pot. Pas grand chose à dire sinon qu’il est préférable de ne pas se bourrer la gueule en public. Par contre rien n’empèche d’aller faire une troisième mi-temps en soirée loins des regards indiscrets.

MISEÀ JOUR SEPTEMBRE 2000

4.3.3 Le conseil de laboratoire

Il est consulté par la directeur du laboratoire sur : l’état, le programme, la coordination des recherches, la composition des équipes, les questions budgétaires (demandes & répartition des crédits), les contrats de recherche et les transferts de technologie, la diffusion de l’information scientifique de l’unité, la gestion des ressources humaines et aussi la politique de formation par la recherche. Il s’occupe aussi des questions de formation continue des personnels (cela peut inclure les doctorants). Rappelons qu’il n’a qu’une voix consultative mais c’est le lieu de démocratie au sein du laboratoire. Pour cette raison, nous pensons qu’il importe que les doctorants et postdocs y participent.

La composition du conseil de laboratoire est définie dans le texte reproduit en annexe du tome «Jeune chercheur » du Guide du Doctorant (article 3):

« La moitié au moins et les deux tiers au plus, des membres du conseil de laboratoire sont désignés par voie d’élection ; la répartition des membres à élire par les divers collèges (et sous-collèges) tient compte de leurs effectifs. Les autres membres sont nommés par le directeur de l’unité. »

Peut en faire partie tout électeur potentiel. D’après l’article 4 du texte suscité, cela inclut les étudiants-chercheurs : doctorants, ATER et postdocs ayant au moins un an d’ancienneté au sein du laboratoire à la date des élections :

«sous réserve d’une ancienneté minimale d’un an dans l’unité considérée, les personnels non permanents participant à l’activité de ’unité et répertoriés dans la base labintel. »

Il y a deux collèges (Article 4): chercheurs et enseignants chercheurs d’une part et ITA d’autre part. A priori, le mieux pour représenter les étudiants-chercheurs est de structurer le collège chercheurs et enseignants-chercheurs en sous-collèges dont un sera le collège des étudiants-chercheurs, comprenant les personnels non permanents du laboratoire ayant un an d’ancienneté6). Cela est possible d’après l’article 4 du texte sus-cité.

Vision globale: Evidemment, avec les Ecoles Doctorales qui sont aussi en charge des questions de formation par la recherche, on peut se demander s’il ne va pas y avoir de «conflits » ou de mic-mac entre ces divers lieux d’intervention. Mais en fait, les domaines d’intervention sont assez bien découpés et relativement disjoints :

  • Les conditions générales de déroulement d’une thèse dans un établissement autorisé à délivrer le doctorat sont régies par la Charte des Thèses.

    Ce sont les conseils centraux (CS et CA) de l’établissement qui ont mandat pour élaborer et modifier les Chartes des Thèses qui donnent le cadre général pour tout l’établissement.

  • L’Ecole Doctorale n’a de compétences que sur l’organisation des formations par la recherche, ce qui inclut en particulier les formations complémentaires. Elle n’a pas de compétences sur la politique scientifique ni sur le fonctionnement interne des laboratoires.

    Elle effectue la répartition des allocations de recherche du ministère. Elle est responsable du suivi des doctorants qui y sont rattachés et du respect des chartes des thèses des divers établissements auxquels elle est rattachée.

  • Le conseil de laboratoire n’a de compétences que sur ce qui se passe dans le laboratoire, et dans le respect de la charte des thèses de l’établissement (s’il s’agit d’un laboratoire hébergé au sein d’une université). Même si ca parait limité, cela inclut beaucoup d’aspects de la vie quotidienne du doctorant.

Prenons quelques exemples concrets pour y voir plus clair :



Question Entité compétente




Modification de la Charte des Thèses CS et CA de l’établissement


Mise en place d’une formation complémentaire Ecole Doctorale


Statistiques sur le devenir des docteurs Ecole Doctorale


Sécurité dans un laboratoire Conseil de laboratoire


Qui propose une thèse l’an prochain au labo ? Conseil de laboratoire


Achat de matériel Conseil de laboratoire


Qui va à tel ou tel congrès ? Conseil de laboratoire


Concrètement, pour beaucoup de questions courantes, il est assez facile avec un peu de bon sens de voir à quel interlocuteur s’adresser. Ces différentes instances ne sont pas là que pour résoudre des problèmes mais procèdent de la vie normale d’une université et des laboratoires. Il est donc très important que vous appreniez à y participer de manière constructive. C’est ainsi que vos conditions de travail s’amélioreront et évolueront peu à peu. Dans le monde de l’entreprise, on appelle cela le dialogue social.

Pour ce qui concerne la gestion de conflits, tout dépend évidemment du conflit. Nous avons essayé d’esquisser un système de médiations concentriques mais comme c’est un sujet à part entière, nous le discutons dans une section spécifique (voir section 5.5.2).

4.3.4 Les contrats
PAS FINI! NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE...


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Dernière modification de cette page: Monday, March 24, 2003