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Guide du doctorant : mode d'emploi

Ce guide est le fruit du travail bénévole de doctorants et jeunes chercheurs. Tout comme le logiciel libre sur Internet, il a vocation à évoluer et se remettre à jour grâce à vos contributions. Si vous voulez participer, voici la description du mode de travail utilisé. Pour nous aider, pour faire une suggestion, ou si vous n'y trouvez pas une information que vous possedez et jugez utile, contactez : gdd-guide@jeunes-chercheurs.org.

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5 Candidater Maître de Conference

Version originale rédigé par Pierre Lescanne.

Avertissement Ce qui est dit dans ce document n’engage que ses auteurs et évidemment aucune des institutions auxquelles ils appartiennent. De plus, évitez de suivre ce document à la lettre, car vous risqueriez de faire une présentation stéréotypée qui ne vous permettrait pas de vous distinguer des autres candidats.

Ce texte a été écrit à l’origine pour les doctorants qui faisaient une thèse sous la direction de Pierre Lescannes (auteur original). Il a eu une audience qui a dépassé ses attentes et, pour cette raison, la Guilde l’a incorporé au Guide du Doctorant5. La Guilde a continué à faire évoluer ce document à partir de 2001 afin de le rendre moins spécifique de l’informatique et aussi de le mettre en cohérence avec les autres parties du tome Après la thèse consacrées à la recherche d’un emploi dans le secteur universitaire.

Dernière modification, 31 août 2001

PIERRE LESCANNE (1998)
PASCAL DEGIOVANNI (2001)

5.1 Introduction

Les temps sont durs pour la recherche d’emplois : pour les non diplômés comme pour les diplômés, pour les candidats dans les entreprises comme pour les candidats dans l’enseignement supérieur (ATER et maître de conférences) et dans les EPST (Établissements publics scientifiques et technologiques, pour nous le CNRS et l’INRIA). Les postes se font rares et le nombre et la qualité des candidats augmentent. Par conséquent, rien dans le dossier et le curriculum ne doit être négligé. Un dossier incomplet ou mal agencé (on parle parfois de candidature suicidaire) conduit à l’élimination rapide alors même que le candidat a les qualités requises pour prétendre au poste offert ; cette situation est déchirante et frustrante pour le candidat comme pour celui qui l’a formé ou ceux qui ont passé du temps à écrire des lettres de recommandation. Dans la suite, j’appelle indistinctement <<jury>>, aussi bien les commissions de spécialistes qui recrutent les enseignants-chercheurs du supérieur que les jurys des EPST. Ce qui suit peut aussi en partie s’appliquer aux dossiers de bourse doctorale et post-doctorale et je rappelle qu’il s’agit du point de vue personnel de son auteur. Ce document a été écrit d’après ma propre expérience au CNU 27ème section, au comité national du CNRS (section 07), à des jurys INRIA ou à des commissions de spécialistes 27 ème section, mais il est frappant de voir les liens avec des conseils similaires donnés pour les États-Unis comme par exemple dans l’article d’Anthony Ralston dans les CACM vol. 39, n 3, de mars 1996.

Une bonne préparation du dossier de candidature à un poste de chercheur ou d’enseignant-chercheur (ATER ou Maître de conférences) est clairement importante ; en facilitant le travail du rapporteur, elle favorisera une vision objective du dossier. Outre les conseils présents dans ce guide, voici quelques documents qui compléteront votre information :

  • la note aux candidats à la qualification en 27eme section de SPECIF qui donne d’excellents renseignements (voir aussi la page de SPECIF sur les carrières)
  • le manuel du candidat édité par la SMF et la SMAI,

Lisez aussi pour vous faire une idée l’un des multiples livres qui existent sur la façon de rédiger un CV et destinés en général à des candidatures dans le secteur privé. Des conseils bien utiles y figurent.

5.2 Ce qu’il faut savoir

5.2.1 L’avant concours

Un chef d’établissement disait avec raison ¡¡ Je ne recruterai jamais quelqu’un que je ne connais pas ¿¿. La prise de contact avec l’endroit qui vous intéresse est un élément absolument crucial pour vos chances de succès mais aussi pour vous faire une idée d’où vous allez mettre les pieds pendant quelques années.

Comme les postes se font chers, si l’on veut devenir chercheur, il faut envisager de candidater aussi bien dans les grands que dans les petits établissements.

Certains disent mêmes que c’est dans les petits établissements qu’on fait la meilleure recherche, car l’environnement moins compétitif y est plus propice à l’émergence de l’originalité. On peut y mettre en place avec l’aide de jeunes chercheurs motivés une recherche qui se fera remarquer. Si l’on réussit bien on pourra demander une mutation dans un gros centre. Le phénomène du démarrage de petits établissements est net aux États-Unis où les postes (du moins en ce qui concerne l’informatique fondamentale) se sont fortement taris (voir l’article de Ralston déjà cité).

N’hésitez pas à vous renseigner bien longtemps à l’avance.

5.2.2 Les prises de contact

Même si vous êtes dans la même ville, prenez donc contact téléphoniquement ou électroniquement (il faut être moderne!) avec tous les chefs d’établissement d’enseignement où vous candidatez. Rencontrez-les au pire le jour de l’audition si vous venez d’une autre ville.

Prenez aussi contact avec une ou plusieurs équipes de recherche et les départements d’enseignement qui vous concernent. Cependant, faites clairement savoir votre choix d’équipe pour que votre recrutement s’inscrive bien dans une politique scientifique. De nombreuses sources d’information existent pour savoir qui fait qui dans une université ou un laboratoire (voir page 72).

Pour bien faire les choses, le responsable de l’équipe d’où vient le candidat doit être averti à l’avance de la candidature et dans tous les cas le dossier doit être préparé en relation avec lui. De même, n’oubliez pas les responsables d’enseignement car l’aspect pédagogique est important sur les emplois d’enseignant-chercheur.

En effet, un candidat ne va jamais tout-à-fait seul à la bataille, il est presque toujours le candidat d’une équipe et doit donc prendre ces éléments en compte. Que peut répondre un responsable d’équipe à la question (cf. la section 5.4.2) ¡¡ Comment cette candidature s’inscrit-elle dans la politique scientifique de votre équipe ? ¿¿ s’il n’a pas vu le dossier ou pire s’il n’est pas au courant de la candidature. De plus, connaissant la conjoncture, le responsable d’équipe pourra indiquer sur quels points le dossier devra insister.

5.2.3 Bien planifier ses démarches

En corrollaire de ce que nous avons dit, le dossier doit être prêt suffisamment à l’avance. D’une manière générale, l’anticipation est le secret de la réussite.

La carrière est quelque chose d’assez important pour qu’on y consacre un certain temps. Le dossier nécessite une préparation proportionnée aux enjeux. Il me semble qu’une quinzaine d’heures pour le premier dossier est un minimum, car il s’agit du premier exercice du genre.

Heureusement, l’informatique permet la réutilisation. Créez un répertoire où vous stockerez vos fichiers pour vous en resservir plus tard ; par exemple si vous êtes recruté, ce que je vous souhaite, cela sera utile pour les promotions. Pour de multiples raisons, la plus évidente étant la présence obligatoire de signatures de gens à l’emploi du temps chargé, il faut se donner un minimum de temps avant la date fatidique. Il faut aussi penser à des discussions avec le responsable d’équipe et le directeur de recherche qui vont conduire inévitablement à des re-rédactions.

Une semaine complète avant la date limite pour le bouclage définitif du dossier, c’est-à-dire au secrétariat du laboratoire d’accueil pour les dossiers CNRS, est un minimum absolu à ne dépasser en aucun cas, deux semaines paraissent raisonnables. Il faut prévoir un bon mois pour la version provisoire. Je recommande même de commencer à penser à une candidature et à en rédiger les premiers éléments avant même de savoir les dates de dépôt, pour se donner le temps de la réflexion.

La section 5.5 donne quelques ordres de grandeur des échelles de temps dans le processus de recrutement.

5.3 Le dossier

Il faut savoir que le rapporteur de votre dossier n’est pas forcément un spécialiste de votre discipline, mais qu’il souhaite néanmoins jouer le rôle d’avocat. À vous de l’aider, le dossier doit lui donner tous les éléments pour vous défendre et éventuellement des phrases qu’il pourra mettre dans son rapport, souvent les lettres de recommandation jouent ce rôle. Il faut donc savoir se présenter en évitant à la fois la modestie et la vanité.

Voici les éléments constitutifs de tout dossier. Si certains documents administratifs semblent en demander moins, ne les croyez pas, ce qui compte est ce que les membres des commissions demandent dans les faits.

5.3.1 Les activités de recherche

Cette partie et la suivante constituent ce qu’on appelle le ¡¡ curriculum détaillé ¿¿. Elle doit comporter une description de toutes vos activités de recherche. Par exemple, si un candidat a fait une recherche sur un autre sujet durant sont DEA, cette activité doit être décrite, c’est toujours un plus dans un dossier.

Dans l’introduction de cette partie du dossier, vous devez décrire votre recherche dans son contexte et avec ses enjeux, il s’agit là de faire une vulgarisation de haut niveau. Non seulement vous donnerez au non expert des éléments pour vous juger et pour comprendre l’objet de vos recherches, mais vous montrerez à l’expert que vous maîtrisez bien votre domaine et que vous êtes mûr pour faire un chercheur ou un enseignant-chercheur; vous lui donnerez les éléments à mettre dans son rapport pour décrire votre domaine de recherche. Si vous avez écrit un logiciel utilisé par d’autres chercheurs signalez-le en expliquant qui l’utilise et comment, ainsi que la manière par laquelle il est distribué, décrivez aussi sa documentation. Ne pas diffuser un logiciel que vous avez fait est une erreur. Vous pouvez envisager de faire une démonstration aux rapporteurs. Pensez cependant qu’ils sont très occupés dans ces périodes.

Dans tous les cas, n’oubliez rien de ce qui peut mettre en valeur vos travaux. En particulier, n’oubliez pas de joindre vos rapports de pré-soutenance de thèse qui sont un élément fondamental du dossier.

5.3.2 Les activités d’enseignement

N’oubliez surtout pas de décrire vos activités d’enseignement. Ceci est valable même pour les candidats à un poste de chercheur. Soyez à la fois analytique et synthétique, par exemple décrivez le type de public, le type d’enseignement, les volumes horaires et résumez le tout par un tableau.

Décrivez aussi le type d’enseignement que vous vous verriez prêt à faire. Sur ce point, ne soyez pas restrictif. Pensez dès votre thèse à vous ouvrir à des disciplines où il y a une forte demande du côté de l’enseignement. D’une manière plus générale, essayez de personnaliser cette partie. Trop de dossiers se limitent aux informations factuelles (volumes horaires) et donc, tous finissent par se ressembler. C’est à vous d’essayer de montrer quelle peut être votre valeur ajoutée au niveau pédagogique. Demandez vous ce que l’université qui vous recrute gagnera en vous recrutant comme enseignant !

5.3.3 Le programme de recherche

Quand un jury recrute un futur chercheur, il veut s’assurer que dans dix ans ou vingt ans, celui-ci sera encore un chercheur actif et donc autonome. Il est normal, même nécessaire qu’il soit demandé au candidat de décrire les grandes lignes de son programme de recherche sur les cinq ans à venir.

C’est un exercice utile et fructueux qui permet au candidat de se situer. Bien sûr, ce document doit indiquer comment le candidat s’adaptera à un environnement différent de celui où il a fait sa thèse.

5.3.4 La liste des publications

C’est une pièce importante du dossier. N’utilisez en aucun cas la liste chronologique. Classez vos publications par rubrique et soyez respectueux de ces rubriques ; par exemple, ne confondez pas les Lectures Notes in Computer Science avec un journal, une conférence nationale avec une conférence internationale, un papier soumis avec un papier accepté ; les rubriques recommandées sont les suivantes.

  • Journaux internationaux : dans le cas d’un article accepté mais non encore publié, joindre la lettre d’acceptation de l’éditeur, dans le cas contraire, l’article sera considéré comme l’équivalent d’un rapport de recherche.
  • Journaux nationaux,
  • Ouvrages publiés : il peut s’agir de monographies publiées dans des collections spécialisées ou de livres à part entière. Le point important est de bien mentionner où et dans quel cadre votre ouvrage a été publié. Rentrent dans cette catégorie la participation à un ouvrage collectif.
  • Conférences internationales avec comité de lecture et publication des actes,
  • conférences nationales avec comité de lecture et publication des actes. Il est peut-être bon de rappeler qu’une conférence italienne, scandinave, maghrébine ou nord-américaine est une conférence nationale, même si vous y avez participé.
  • conférences sans comité de lecture et/ou sans publication des actes : il s’agit de workshops, de rencontres de GDR, de séminaires etc.
  • rapports internes et articles soumis mais non encore acceptés.

Signalez bien les réutilisations d’un article dans un autre. Ainsi, transformer une communication dans un groupe de travail en une communication à une conférence avec comité de lecture, puis en un article dans un journal est admis, à condition d’être signalé. Le copier/coller ne l’est pas. Les signatures de communications comme seul auteur témoignent d’un travail personnel. Elles constituent une marque d’autonomie. Ce qui est apprécié dans une co-signature, c’est une réelle collaboration avec les autres auteurs.

5.3.5 Les recommandations

Les recommandations sont extrêmement importantes. Il semble que certains candidats sous-estiment l’attention que le jury leur porte.

Les recommandations d’enseignement : il faut des attestations de toutes les personnes qui vous ont encadré comme moniteur ou comme vacataire. Leur absence est toujours jugée négativement.

Les recommandations de recherche, cherchez plutôt une bonne lettre d’un chercheur reconnu que beaucoup de lettres anodines du genre <<J’ai rencontré Monsieur Untel, nous avons bu un pot, il m’a raconté sa recherche et je l’ai trouvé sympathique.>> Celle de votre directeur de recherche, celle de votre responsable d’équipe si ça n’est pas la même personne et celle de votre responsable de stage post-doctoral s’il y a lieu doivent y figurer obligatoirement. N’oubliez pas celle de votre directeur de stage de DEA si le DEA a été fait avec une personne différente de votre directeur de thèse. Là encore leur absence est jugée négativement.

Points importants : Évitez de joindre des recommandations sans l’avis de l’auteur (recommandation de l’année d’avant) et surtout des recommandations pour une autre candidature. Cette recommandation sera comptée sans valeur ou pire risque d’être démentie par son auteur. C’est l’un des multiples détails qui indisposent un jury.

5.3.6 Les activités d’animation
Un enseignant-chercheur n’est pas une personne qui doit se contenter d’aller de sa salle de cours à son bureau et à sa station de travail, mais c’est quelqu’un de qui on attend un investissement dans la vie collective. Sans que l’activité d’un doctorant soit celle d’un professeur d’université, il est bon de faire état de services à la communauté, étant entendu que participer à des jurys d’examens est un devoir normal d’enseignant et que ce qu’on attend dans ce cadre sont des actions qui n’ont pas un caractère obligatoire. Avoir eu des activités <<visibles>> n’est pas indispensable, il faut aussi des <<soutiers>>.

5.3.7 Questions pratiques sur le dossier

Où l’envoyer ? Question mille et une fois posée alors mettez vous la réponse dans le crane une fois pour toutes :

Tout dossier de candidature à un emploi d’enseignant chercheur doit être expédié au service du personnel de l’établissement d’affectation

Compléter son dossier après son dépôt Certains candidats considèrent que le seul dossier est celui qu’ils ont déposé, beaucoup d’autres au contraire, complètent ce dossier au cours de son examen. Je ne recommande pas cet exercice, car le rapporteur peut avoir déjà écrit son rapport, mais il faut savoir que cette possibilité existe, notamment pour signaler l’acceptation d’un article ou réparer un oubli. Certains candidats choisissent l’audition pour faire connaître ces modifications. C’est peut être le plus simple finalement ?

Les bons éléments d’un dossier:

  • Les publications : C’est le point fondamental. Veillez à bien séparer ce qui a été publié ou est accepté de ce qui n’est que soumis sans avoir encore été accepté.
  • Le stage post-doctoral : Il semble de plus en plus difficile d’obtenir un poste permanent directement après la thèse. Si vous avez effectué un postdoc, signalez le clairement et mettez le en valeur.
  • L’enseignement : Pour candidater sur un poste de maître de conférence, il semble qu’un exigence reconnue par beaucoup de commisions de spécialistes soit d’avoir enseigné.

    Le monitorat semble une expérience reconnue mais d’autres formes d’enseignement comme des combinaisons de vacations, de colles, de cours dispensés dans un cadre professionnelle peuvent tout aussi bien faire le poids. Le point essentiel est que dans beaucoup d’endroits, l’expérience pédagogique est aussi importante qu’un bon dossier de recherche.

  • Expliquez les incohérences : Un dossier peut comporter des éléments hors de la norme habituelle, plutôt que d’essayer de cacher ce que le rapporteur saura découvrir, expliquez ces faits et montrez-en les aspects positifs. En voici deux exemples :

    • Les trous : Par exemple, si vous êtes une mère de famille et qu’il s’agit de la naissance d’un de vos enfants, il faut le dire, s’il s’agit d’un problème plus personnel difficile à présenter, le directeur de recherche pourra l’évoquer discrètement dans sa lettre de présentation.
    • Les réorientations thématiques ou géographiques : Comme il s’agit a priori d’éléments positifs, il faut absolument les expliquer.

5.4 L’audition et la décision

5.4.1 L’audition

Les différents jurys y attachent plus ou moins d’importance. Il faut bien la préparer notamment par des répétitions, et il faut éviter d’être long et technique.

Apparemment les consignes sur la préparation des auditions circulent bien, car la qualité des transparents augmente et les exposés se ressemblent de plus en plus donnant parfois l’impression d’exercices de <<singes savants>>. Il faut donc y mettre de la spontanéité. Il peut-être de bon ton de distribuer aux auditeurs un résumé du dossier, par exemple une photocopie des transparents. Évitez cependant de distribuer un document trop abondant6.

Le plan de votre exposé Pour le plan de l’exposé d’audition, il faut se rappeler qu’on est limité dans le temps. Il n’y a rien de pire pour l’impression que donne un candidat que d’être interrompu sèchement par le président au moment où il allait dire les choses les plus importantes. Il faut donc que vous répétiez pour savoir en combien de temps vous tiendrez. Pour l’exposé des activités d’enseignement il faut éviter de réciter un catalogue de cours et TD dispensés.

Pour la recherche, j’aime bien un exposé en trois temps, d’abord un exposé général pour que tout le monde dans l’assistance comprenne sur quoi vous travaillez, enfin un exposé plus technique pour le spécialiste et enfin un exposé pointu où vous pouvez vous permettre de larguer même le spécialiste, car après tout il faut montrer que vous avez fait de la recherche avancée. Pour certains détails pratiques, on pourra s’inspirer des conseils de Ian Parberry.

Soyez vous mêmes Le jury cherche à recruter une personne, ne cherchez pas à masquer votre personnalité. Ne soyez pas comme le candidat suivant, ni comme le candidat précédent, pour cela soyez vous même. Montrez-vous sous votre vrai jour, ne soyez donc pas contracté, personne ne veut vous manger, vous n’avez rien à perdre, tout à gagner.

Ne fabriquez pas vos réponses en fonction de ce que vous pensez être attendu par le jury, vous pouvez vous tromper complètement. Certes il y a des réponses qu’un jury ne souhaite pas entendre. À la question (stupide à mon avis) ¡¡ Entre Thuilley aux groseilles et Togny aux Boeufs, quelle université choisirez-vous ? ¿¿ Evitez de répondre, sortez-vous en par une pirouette. Ne vous ruez sur aucune des deux réponses ¡¡ Togny aux Boeufs bien sûr ! ¿¿ ou ¡¡ Thuilley aux groseilles bien sûr ! ¿¿. Personne ne croira la première réponse, car sinon, pourquoi auriez-vous candidaté à Thuilley aux groseilles où se trouve votre petit ami ? De même, la deuxième réponse froissera les Tognas pure souche qui croient que Togny aux Boeufs est le centre du monde informatique.

Comment énerver un jury à l’audition ? Il se peut que le jury soit fatigué et irritable. Voici quelques conseils pour l’énerver :

  • Choisir une fonte minuscule.
  • Faire des transparents subliminaux c’est-à-dire des transparents que vous affichez moins d’un dixième de seconde. C’est mieux encore quand ils sont remplis de plus de textes qu’il n’en faut, surtout si l’on a appliqué la recommandation ci-dessus.
  • Arriver en retard. Pour éviter cette bourde, on pourra toujours prendre contact avec le président qui saura se montrer compréhensif en cas d’empêchement majeur.
  • Ne s’adresser qu’au premier rang de la salle ou au rétroprojecteur.
  • Dépasser le temps et résister au président de séance quand il vous demande d’arrêter.
  • Etre snob, arrogant ou provocant, dans l’attitude ou dans le vêtement (grunge, sexy ou endimanché), quoique ça puisse être un moyen d’être original !
  • Mimer un striptease avec les transparents, c’est-à-dire cacher le bas et le découvrir peu à peu.
  • Emballer les transparents dans des pochettes qui deviennent opaques quand elles sont sur le rétro-projecteur.
  • Eluder les questions.

5.4.2 Les coulisses du jury

Après les auditions, commence la réunion proprement dite du jury qui n’est pas publique. Les membres du jury s’engagent à ne pas dévoiler ce qui s’y dit et il n’est pas correct d’essayer d’en connaître le contenu. Ceci dit, autant vous raconter comment ca se passe en général car cela peut vous aider à y voir plus clair et à mieux comprendre comment le jury que vous aurez en face de vous fonctionne.

Cette réunion comprend les phases suivantes :

  • La lecture des rapports : Après élimination éventuelle et rare des candidatures irrecevables, le jury commence par le commentaire des dossiers, rarement la lecture in extenso des rapports, par les deux rapporteurs, avec la recommandation d’un classement en trois catégories : A (excellent), B (bon), C (ne passera pas). Il est clair qu’il faut éviter d’être classé en C!
  • L’élimination : Ce terme peut paraître dur, mais quand il y a beaucoup de candidats, cette phase est indispensable pour pouvoir passer à la phase d’examen attentif et de sélection des derniers dossiers, en nombre toujours plus grand que le nombre de postes. Les dossiers qui sont techniquement ou syntaxiquement mauvais ou incomplets disparaissent lors de cette phase, ainsi que ceux de la classe C et certains de la classe B. Ce sera le cas du vôtre si vous n’avez pas suivi grosso-modo le schéma ci-dessus. Certains changements de catégories et des harmonisations d’avis divergents des rapporteurs pourront intervenir lors de cette phase.
  • Les premiers votes-sélections : En général, c’est seulement lors de cette phase que les membres sont appelés à voter pour la première fois, et que des candidatures ¡¡ techniquement ou syntaxiquement bonnes ¿¿, mais ¡¡ sémantiquement faibles ¿¿ commencent à disparaître.

    C’est aussi là que les éléments de politique scientifique sont évoqués, que les établissements d’enseignement et les équipes de recherche s’expriment et que les groupes informels se manifestent sinon ouvertement du moins officieusement par les votes. Pour un candidat, être dans cette dernière catégorie de candidats retenus pour le classement final, doit être un objectif. Ce résultat est prévisible, la plupart du temps, sans que l’on puisse préjuger de l’étape suivante. La figuration dans cette liste s’appelle souvent ¡¡ une candidature bien appréciée par le jury ¿¿.

  • Le choix et les classements : Une fois un groupe de candidats potentiels extrait, une discussion en profondeur commence. Suivant les jurys, elle est plus ou moins ouverte ou retenue et elle aboutit au classement des heureux élus. À cause de règles administratives précises et contraignantes, tous les candidats retenus dans la phase précédente ne figurent pas forcément dans les listes de classement, mais, en général, le jury estime qu’ils devraient être classés.

En fait, le jury tombe assez vite d’accord sur la liste des 5 candidats à retenir. Le point difficile est le classement. C’est à ce niveau que les supputations sur vos intentions peuvent entrer en ligne de compte. La ligne que nous recommandons de suivre est simple : de la même manière que l’alchimie du classement fait partie du secret de la commission, vos intentions ne regardent que vous jusqu’au moment ou vous ferez publiquement connaître votre choix une fois les résultats des concours publiés.

Dit autrement, si une université veut vous recruter, qu’elle s’en donne les moyens en vous classant assez haut pour que vous ayez des chances.

5.5 Quelques données numériques

Bien sûr, ces données sont indicatives. Ainsi, les inquiets allongeront les délais, les audacieux les raccourciront, les sages ou les curieux les compareront au temps consacré par leurs amis candidats dans le privé.

Taille du dossier (Maître de conférences)

Activités de recherche 2-6 pages
Activités d’enseignement 1-4 pages
Projet de recherche et d’enseignement1-3 pages
Activités d’animation 10 lignes
Échéances
Temps de préparation ¿ 15 heures
Délai avant bouclage - 15 jours
Version provisoire - 40 jours
Demande des recommandations- 60 jours
Article
Entre début écriture et envoi 3-6 mois
Entre envoi et acceptation 6-12 mois
Entre acceptation et publication12-24 mois


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Dernière modification de cette page: Monday, March 24, 2003