LA NOUVELLE PROCÉDURE DE RECRUTEMENT
Voici la nouvelle procédure de recrutement des maîtres de
conférences
et professeurs spécifiée par le décret daté d'avril 1995 (l'ancienne
procédure était
en vigeur depuis 1984 - loi Savary).
MAÎTRES DE CONFÉRENCES
2 points importants sont à retenir :
- il n'est plus nécecessaire d'être inscrit sur une liste de
qualification le doctorat suffit.
- c'est un concours sur poste, c'est-à-dire sur un emploi
affecté a une
université bien précise.
Voici comment ca se passe :
- Les candidats sont pré-sélectionnés par
la commission locale, qui
établit une liste des personnes à auditionner.
- Après audition, une sélection est faite et une liste de 5 noms,
classés par ordre alphabétique, est établie (5 noms par poste).
- Ces listes sont examinées par le CNU en vue d'obtenir une
qualification nationale VALABLE 1 AN.
Il y a 2 rapporteurs par dossier et
1 seule qualification par candidat par section est autorisée.
Donc, à ce stade, des candidats peuvent être éliminés
par le CNU et l'établissement des listes de qualifiés, est toujours par ordre
alphabétique.
- Classement par la commission locale, par ordre de mérite.
- Proposition par le CA de l'université du ou des premier(s), en
étant lié au classement fait en 4).
- Attribution ou non du poste.
Il existe un système de rattrapage si des postes sont non pourvus. Le
concours est réouvert tout de suite, seulement à l'intention des
qualifiés n'ayant pas obtenu de poste.
PROFESSEURS
Procédure trés proche de celle des MdC. Les
différences sont les suivantes :
- il faut avoir le doctorat, ainsi que l'habilitation a diriger des recherches.
- la qualification par le CNU nécessite une audition.
Depuis avril 1995, le système est tres différent pour le droit,
l'économie et pharmacie, du fait de l'influence du corps des agrégés.
LA DEMANDE DE QUALIFICATION
Le texte ci-dessous est issu d'une note diffusé par le Conseil National
des Universités (27 ème Section Informatique) le 15 octobre 1993.
Une version réactualisée pour 1994 est disponible en ftp anonyme
au site ftp.cnam.fr (dans le répertoire pub/CNU, et le fichier se nomme
note_candid_qualif_95.ps.Z).
Le candidat à la qualification prépare deux dossiers : l'un
envoyé à un rectorat (un seul) au début de la campagne de
qualification, l'autre, en double exemplaire, envoyé aux rapporteurs
désignés par le bureau de la commission compétente de la
section.
DOSSIER RECTORAL
Une partie de ce dossier (l'annexe B) est envoyée, par le rectorat, au
président de la commission de la section du CNU chargée de
l'étude de la demande. Le rôle essentiel de ce dossier est donc de
permettre au bureau de désigner le rapporteur. Nous souhaiterions qu'il
fasse ressortir clairement quelques informations simples telles que la date de
soutenance de thèse ou d'habilitation, le directeur de thèse, le
laboratoire au sein duquel la recherche s'est effectuée, le lieu
d'exercice actuel. Mais, l'information sémantique essentielle est la
définition brève, ou par quelques mots clés significatifs,
des thèmes de recherche du candidat, de façon à le mettre
en correspondance avec les rapporteurs compétents dans ce domaine.
DOSSIER RAPPORTEUR
Quelques mois après l'envoi du premier dossier à un rectorat, les
candidats reçoivent, du ministère, les nom et adresse de leurs
rapporteurs, à qui ils doivent envoyer un dossier scientifique complet.
Nous détaillerons le contenu de ce dossier ci-après. Notons que
le ministère n'utilise pas toujours les enveloppes timbrées
fournies dans le premier dossier pour indiquer au candidat le nom de leurs
rapporteurs. On ne peut donc que recommander à chaque candidat de
prendre toutes précautions utiles pour que les courriers envoyés
à l'adresse mentionnée aux annexes A ou B lui parviennent sans
délai.
Le dossier adressé aux rapporteurs est la base sur laquelle vont
travailler les rapporteurs et la commission. Si la qualité scientifique
d'un candidat est parfois indépendante de la qualité du dossier
qu'il soumet, il nous semble que chacun doit faire son effort. Ainsi, le
candidat doit présenter un dossier clair, objectif et complet et les
rapporteurs, comme la commission, doivent savoir interpréter avec
objectivité le contenu du dossier présenté.
LES CRITÈRES POUR LA QUALIFICATION
Pour permettre au candidat de comprendre nos objectifs, il n'est
peut-être pas inutile de rappeler les critères adoptés par
la commission 1 lors de la session de qualification de 1992. Rappelons que
c'est cette commission qui étudiera les demandes de qualification en
1994.
La qualification ayant été introduite dans les textes comme une
clé d'accès aux corps des enseignants chercheurs universitaires,
la commission a eu une réflexion générale sur le profil
des fonctions que doit assurer un enseignant d'université en
informatique.
Le travail d'un enseignant-chercheur est, "idéalement",
équilibré entre :
- des fonctions de recherche qui conduisent à :
- définir et poursuivre une recherche dans la discipline Informatique,
- communiquer avec d'autres et publier des résultats,
- animer, encadrer des chercheurs,
- participer à la diffusion des résultats de la recherche.
- des fonctions d'enseignement qui conduisent à :
- assurer des enseignements dans des thèmes variés de la
discipline Informatique pour des publics diversifiés,
- réaliser des supports pour l'enseignement de la discipline (livres,
polycopiés ou autres médias),
- coordonner des équipes pédagogiques pour enseigner tout ou
partie de la discipline.
- des fonctions collectives qui conduisent à :
- administrer l'enseignement ou la recherche, gérer des contrats,
- avoir des relations industrielles,
- expérimenter et administrer l'environnement informatique logiciel et
matériel,
- participer à l'animation et à l'administration des structures
universitaires.
Pour être qualifié aux fonctions d'enseignant chercheur en
Informatique, il faut donc présenter un bon équilibre
d'expérience entre les deux premières composantes ci-dessus,
éventuellement complétée par une participation dans la
troisième.
Il est important de remarquer que l'utilisation de l'informatique pour
réaliser des avancées significatives dans d'autres disciplines ne
peut être prise en considération que lorsque cela conduit aussi a
une avancée significative et attestée dans la discipline
Informatique.
L'équilibre de ces éléments ou l'écart par rapport
à cet équilibre est apprécié et
évalué par la commission, mais le profil des candidats doit
être évaluable par rapport aux deux composantes, enseignement et
recherche, l'absence de l'une d'entre elles pouvant entraîner le refus de
la qualification.
Qualification aux fonctions de maître de conférences
En règle générale, il nous semble que les candidats
doivent montrer dans leur dossier leurs aptitudes à la recherche,
notamment par le travail de publication, la participation à
l'encadrement, ainsi que leur intérêt pour les fonctions
d'enseignant par une participation significative à des enseignements en
informatique.
Nous admettons de la part des jeunes docteurs, qu'ils aient eu une
participation faible aux enseignements, mais pas que leur dossier ne fasse
aucune référence à une activité d'enseignement
passée ou à venir.
Nous considérons que les enseignants de longue date doivent avoir
montré leur capacité à assurer des enseignements dans
diverses composantes de la discipline, ainsi que leur intérêt pour
la recherche en informatique par une thèse récente ou quelques
publications significatives récentes.
De la même façon, nous attendons des candidats, au titre de
l'expérience professionnelle, qu'ils fassent la preuve de leur
connaissance du profil universitaire par une expérience de la recherche
attestée et une expérience de l'enseignement en Informatique dans
des environnements proches de l'Université.
LE DOSSIER AUX RAPPORTEURS
Comme conséquence de l'analyse explicitée au paragraphe
précédent, le dossier en tant qu'objet doit être porteur de
deux types d'informations qui sont matière à évaluation
:
- Des informations factuelles (enseignements, recherches, publications,
charges) : elles sont nécessaires pour évaluer le "passé"
du candidat et sa capacité à faire carrière dans
l'environnement universitaire.
- Des informations qualitatives : elles permettent au lecteur du dossier
d'appréhender le candidat et font qu'un dossier est "bien fait". Elles
sont constituées, par exemple, de la description des projets de
recherche et d'enseignement envisagés, de lettres de recommandation,
d'actions de valorisation, etc. Elles sont un argumentaire pouvant inciter les
rapporteurs à penser que le candidat a un potentiel intéressant,
quels que soient par ailleurs les faits attestés en matière
d'enseignement et de recherche pourvu qu'ils soient au-dessus du minimum
exigible.
Nous demandons d'organiser le dossier en plusieurs parties dont le contenu est
précisé ci-après.
Curriculum Vitae :
Identité : Nom, prénom, naissance, adresse.
Pour chaque année après le Baccalauréat préciser
:
- Pour chaque année où un diplôme a été
obtenu : lieu, date, mention.
- Pour un DEA (resp. diplôme d'ingénieur): identité du
responsable et sujet du mémoire (resp. du projet de fin d'études
et/ou du stage).
- Pour une thèse ou une habilitation à diriger des recherches:
- identité du directeur de thèse (habilitation), des rapporteurs
et des membres du jury ;
- mémoire de thèse (habilitation);
- rapports de pré-soutenance et de soutenance (les faire envoyer le cas
échéant par l'établissement ou par le directeur de
thèse (habilitation)).
Rappelons que le seul rapport de soutenance n'a aucune valeur scientifique et
que les rapports de pré-soutenance sont des éléments
essentiels d'appréciation dont il est important de disposer.
Fonctions assurées
- Lieux et dates des prises de fonction. Joindre une description succincte de
ces fonctions si elles ne relèvent pas de l'Education Nationale ou si
elles présentent des particularités notoires.
- Attestation et avis des responsables directs. Nous insistons tout
particulièrement sur l'intérêt de joindre au dossier des
attestations ou appréciations sur la carrière antérieure,
qui viennent conforter et étayer la description des activités du
candidat.
Enseignement
- Pour chaque année ayant donné lieu à des
activités pédagogiques et en détaillant au moins les trois
dernières années effectives (abstraction faite du service
national, des maternités ou autre interruption forcée) : sujet,
durée, niveau, effectifs, nature (cours, TD, TP, projets, etc.), contenu
succinct de chaque activité et sous quel statut elle a été
- Il serait souhaitable d'avoir une attestation du responsable direct
d'enseignement, au moins, pour la dernière année.
- Liste des polycopiés ou publications relevant des activités
citées. Lorsque ces travaux sont collectifs, il est nécessaire de
préciser tous les auteurs et la proportion dans laquelle le candidat a
participé.
- Texte synthétique précisant les enseignements que le candidat
se sent prêt à assurer (domaine, publics) soit parce qu'il en a
l'expérience soit parce qu'il souhaite investir dans cet enseignement.
Pour les chercheurs et ingénieurs n'ayant jamais eu de charge
obligatoire d'enseignement, une implication personnelle dans les
filières existantes sera appréciée car il est bien connu
que de nombreuses possibilités existent dans les établissements.
Cependant, afin de ne pas décourager ce genre de candidatures (souvent
très intéressantes du seul point de vue scientifique), il est
possible d'être moins exigeants sur le volume des activités en
question. Dans ce cas, les motivations pour le métier d'enseignant
chercheur et la démonstration d'une préparation à ces
fonctions sont des composantes indispensables du dossier. Toutefois, la
qualification aux fonctions de professeur implique ici un minimum
d'expérience d'enseignement.
Recherche
- Pour chaque année ayant donné lieu à des
activités de recherche et en détaillant complètement au
moins les trois dernières années effectives :
- Sujet, lieu et nature de chaque activité.
- Résultats obtenus :
- résultats théoriques ou méthodologiques,
synthèses,
- résultats d'expériences, mesures, évaluations,
- propositions de langages, d'architectures logicielles ou
matérielles,
- développement de logiciels ou de matériels.
- Diffusion de ces résultats: organisation de colloques, formations
spécialisées, distribution de produits, etc.
- Séjours extérieurs, relations mises en oeuvre,
coopérations éventuelles, etc.
- Participation significative à de grands programmes (ERASMUS, ESPRIT,
etc.).
- Encadrement éventuel de projets de fin d'études
d'ingénieur, mémoires CNAM, mémoires de DEA ou de
thèses, en précisant le pourcentage de participation du candidat
dans cet encadrement et la durée.
- Participation à des jurys de thèse, éventuellement en
tant que rapporteur.
- Attestation, au minimum, du responsable de recherche actuel.
- Présentation du projet de recherche personnel du candidat.
- Liste des publications (autres que les polycopiés et mémoires
cités par ailleurs), mentionnant la part du candidat en cas de
publication collective, et répartie comme suit :
- Ouvrages édités ou participations à de tels ouvrages.
- Articles publiés ou acceptés :
- dans des revues d'audience internationale avec comité de
rédaction,
- dans des revues d'audience nationale avec comité de rédaction,
- dans des revues sans comité de rédaction.
- Communications effectuées ou acceptées :
- à des manifestations d'audience internationale avec comité de
sélection,
- à des manifestations d'audience nationale avec comité de
sélection,
- à des manifestations sans comité de sélection,
- à des séminaires internes.
- Articles ou communications en cours de soumission.
- Rapports internes, rapports de fin de contrats, documentation technique.
- Autres formes de publications (préciser la forme et l'audience).
- Brevets.
- Pour les publications de la liste précédente, quelques
remarques doivent être faites :
- Il est recommandé de présenter les publications en plusieurs
sous-listes, en respectant la classification ci-dessus. Chacune des
publications doit être clairement identifiable.
- Il faut insister sur la notion d'audience, internationale ou nationale, qui
découle plus de la composition du comité de programme que de la
localisation de l'éditeur de la revue ou du congrès. Ainsi une
conférence dont le comité de programme est exclusivement
américain est nationale, alors qu'une conférence en France dont
le comité de programme est issu des cinq continents sera
internationale.
- Les publications soumises et non encore acceptées ne seront
examinées que si elles sont récentes. Il doit être
clairement établi que le processus de soumission est effectivement en
cours, et que la publication n'a pas été refusée. Pour les
publications soumises et acceptées, il est nécessaire de joindre
un justificatif d'acceptation.
- Contrairement à certaines idées répandues, les articles
de synthèse et d'application ne sont pas inférieurs aux articles
théoriques, bien au contraire, à la condition qu'ils soient de
qualité.
- Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que les textes
précisent que les candidats doivent envoyer un exemplaire des travaux,
ouvrages et articles, dans la limite de trois documents pour la qualification
aux fonctions de maître de conférences, et de cinq documents pour
la qualification aux fonctions de professeur. Cette "auto-évaluation"
doit être effectuée avec le plus grand soin.
Charges collectives
- Pour chaque année ayant donné lieu à des
activités administratives et en détaillant complètement au
moins les trois dernières années effectives :
- Sujet, lieu et nature de chaque activité.
- Evaluation du temps consacré à ces activités et des
éventuels résultats obtenus.
- Pour au moins la dernière année, attestation d'un responsable
direct.
INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES
Les textes prévoyaient la désignation d'un rapporteur par
candidat. Le décret de septembre 93 en prévoit maintenant deux,
et c'est mieux. On peut épiloguer sur le nombre, mais nous avons
déjà constaté qu'un dossier bien fait facilitait un
jugement objectif quels que soient le ou les rapporteurs. Par ailleurs, un
rapporteur s'attache à apprécier au mieux le dossier qui lui a
été confié, quitte à faire appel de lui-même
à d'autres collègues si cela lui paraît utile. Cela
justifie l'importance des lettres d'appréciations jointes au dossier.
Dans tous les cas, n'oublions pas que c'est la commission dans son ensemble qui
statue sur les candidatures.
Le refus de qualification d'un candidat n'est pas forcément un
désaveu de son activité par la commission, mais peut être
dû à une insuffisance du dossier par rapport aux critères
énoncés.
Rappelons que le motif de ce refus fait l'objet d'un rapport officiel
signé des membres du bureau de la commission. Ce rapport peut être
obtenu, sur demande formulée au plus tard dans le délai d'un an
à compter de la date de publication de la liste au journal officiel,
auprès des services du ministère, DGA 4, 45 rue des Saints
Pères 75006 Paris. Le candidat pourra éventuellement tenir compte
de ces remarques pour réorienter ou développer son
activité en vue du renouvellement de sa demande.
Rappelons que l'attestation de qualification obtenue du ministère est
fondamentale pour un recrutement, et doit faire partie du dossier de
candidature à un recrutement envoyé à
l'établissement. Elle comporte un numéro qui est actuellement
primordial pour la saisie des résultats des commissions de
spécialistes. Les textes actuels prévoient qu'il y a
indépendance entre la section où est obtenue la qualification et
la section dans laquelle est déclaré vacant le poste sur lequel
on se porte candidat. Evidemment, les commissions de spécialistes
tiennent souvent compte de l'adéquation entre les deux.
Dernière mise à jour le 10 août 1996