On me le répète depuis que je suis en thèse, il faut publier
Impossible de passer outre, impossible de se faire oublier.
En plus, je déteste rédiger en langue anglaise
Car, je ne modèle plus ma pensée comme de la glaise
Ce qui me pousse à forger mes idées à en entrer en transe
Pour envoyer un article dans une de ces "bonnes" conférences
Décidément, aujourd'hui je ne suis pas à mon aise
Car j'ai des problèmes avec ma thèse.
Je dois encore me battre, seul, pour atteindre mon but
Et passer outre les piles d'articles à lire qui me rebutte.
Tel est mon destin, et celui de mes compagnons
Ceux qui marchent à mes cotés, et qui voient que nous gagnons
Chaque jour en expérience, en maturation
Chaque jour en courage et en conviction
Après les souffrances, vient enfin le jour de la soutenance
La merveilleuse source de délivrance
Finis les doutes, les peurs et les cauchemards perpétuels
On atteint alors l'apogée du plaisir, l'orgasme intellectuel.
Peu importe alors la mention, peu importent les questions
Seule compte la fin du calvaire, la défense de notre bastion.
La période de faste passée le ROI DOCTEUR s'assoit
Et avec lucidité il s'aperçoit
Qu'avec son diplôme rien ne va de soi
Et qu'aucun poste après il ne reçoit.
L'histoire ne nous dit pas
S'il continua à mordre aux appats
D'un système qui en fait son repas
Et qui le voue socialement au trépas.
Dédié à tous les doctorants.
El Kaim William, juin 1995.